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Wall Street en hausse, à contre-courant de l'Europe et l'Asie

| Boursier | 467 | Aucun vote sur cette news

La Bourse de New York progresse mercredi, soutenue par les valeurs énergétiques et la hausse des cours du pétrole et du gaz.

Wall Street en hausse, à contre-courant de l'Europe et l'Asie
Credits Reuters

La Bourse de New York progresse mercredi, soutenue par les valeurs énergétiques et la hausse des cours du pétrole et du gaz. Contrairement aux marchés européens, qui ont fini en berne de plus de 1%, les investisseurs américains semblent ignorer les inquiétudes en provenance de la Chine, où la croissance ralentit et où le géant immobilier Evergrande est au bord de la défaillance. En outre, les autorités chinoises ont annoncé une réglementation plus contraignantes pour les casinos, dont les cours de Bourse ont plongé à Hong Kong.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones avance de 0,67% à 34.808 points, tandis que l'indice large S&P 500 gagne 0,75% à 4.476 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, progresse de 0,53% à 15.117 pts. Plus tôt en Europe, l'indice EuroStoxx 50 a terminé en baisse de 1,1% et en Asie, le Nikkei a chuté de 0,5%, le Hang Seng de 1,8% et le CSI 300 chinois de 1%.

Les 11 indices sectoriels du S&P 500 pointent tous dans le vert, à commencer par l'énergie (+3,2%) , les industrielles (+1,3%) et les matériaux de base (+1,2%). Dans un environnement international de plus en plus incertain, les investisseurs semblent se rabattre sur le marché américain jugé moins fragile que d'autres. Les marchés américains devraient rester assez volatils dans l'attente de la réunion des 21 et 22 septembre de la Fed, à l'issue de laquelle la Réserve fédérale pourrait dévoiler son très attendu calendrier de réduction de ses achats d'actifs ("tapering").

Les stocks de pétrole US au plus bas depuis 3 ans

Parmi les valeurs en vue, Diamondback Energy (+6,8%), Marathon Oil (+6,6%) ou Chevron (+1,7%) se distinguent dans le segment de l'énergie, soutenus par l'annonce d'une forte baisse des stocks de pétrole brut aux Etats-Unis la semaine dernière et sur fond de perturbations dans la production américaine, liées au passage de l'ouragan Ida et de la tempête Nicholas. A Hong Kong, le groupe de casinos Sands China a plongé de 32% et Wynn Macau a dégringolé de 29% après l'annonce par Pékin d'un projet visant à accroître la surveillance de ce secteur dans la province semi-autonome de Macao.

Le cours du baril de brut léger américain WTI bondit de 2,9% à 72,51$ pour le contrat à terme d'octobre, tandis que le Brent gagne 2,5% à 75,48$ (contrat de novembre). Pour la semaine close le 10 septembre, les stocks de brut américains ont reculé de 6,4 millions de barils à 417,4 mb, contre une baisse de 3,5 mbj attendue par le consensus. Les stocks sont désormais revenus au plus bas depuis trois ans, en septembre 2019.

En revanche, l'or rechute de 0,7% à 1.794,70$ (contrat à terme de décembre), tandis que l'indice du dollar cède 0,1% à 92,54 points face à un panier de devises, et l'euro a repris 0,06% à 1,1810$ face au billet vert. Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond à 10 ans reprend 3 points de base à 1,31%, tandis que celui du Bund allemand à 10 ans a fini à -0,31% (+3 pb). Le bitcoin poursuit son rebond, en hausse de 2,8% pour évoluer autour de 48.280$ sur plateforme Bitfinex.

La croissance chinoise ralentit, Evergrande au bord du gouffre

En Chine, la production industrielle et la croissance des ventes au détail ont ralenti considérablement en août. Les ventes de détail n'ont ainsi progressé que de 2,5% sur un an contre +8,5% en juillet et +7% attendu. La production industrielle a augmenté de 5,3% en août par rapport à l'année précédente, son rythme le plus faible depuis juillet 2020.

La reprise remarquablement forte de la Chine s'est nettement ralentie ces derniers mois, les entreprises étant aux prises avec des reprises sporadiques de Covid-19, qui ont entraîné des goulets d'étranglement au niveau de l'approvisionnement et des matières premières élevées.
En outre, les tours de vis réglementaires imposés par le pouvoir aux établissements de crédit, au secteur technologiques et désormais aux casinos, contribuent à ce ralentissement. Selon Bloomberg, Pékin aurait averti plusieurs grandes banques du pays que China Evergrande, le géant immobilier surendetté, ne pourrait pas honorer les intérêts dus le 20 septembre sur un de ses emprunts.

Une défaillance de ce géant qui emploi indirectement 3,8 millions de personnes, risque de provoquer une crise systémique, estiment les experts. Evergrande poursuit ses négociations avec ses banques créancières en vue d'étaler ses remboursements ou de prolonger la durée de certains emprunts. Le numéro deux de l'immobilier en Chine croule sous une dette de plus de 300 Milliards de dollars.

Suspense autour d'une rencontre Biden-Xi

L'actualité est aussi marquée ce mercredi par les tensions sino-américaines. Le président américain Joe Biden a ainsi démenti les informations du 'Financial Times' selon lesquelles son homologue chinois Xi Jinping aurait refusé son invitation à prendre part à un sommet en tête-à-tête.

Le FT avait cité de nombreuses sources au fait de la question et du contenu de l'appel téléphonique entre Biden et Jinping qui s'est déroulé jeudi dernier (leur premier entretien depuis 7 mois). "Apparemment, Xi Jinping a laissé entendre que le ton employé et l'atmosphère de la relation entre les deux pays devaient d'abord être améliorés" avant une rencontre, a aussi affirmé une source de l'agence Reuters. Le sommet du G20 d'octobre en Italie était évoqué comme possible lieu de rencontre entre les deux dirigeants, mais Xi Jinping n'a pas quitté la Chine depuis le début de la pandémie de coronavirus.

Des statistiques toujours solides aux Etats-Unis

Aux Etats-Unis, les indicateurs macro-économique du jour ont plutôt rassuré, contrairement à ceux venus de Chine. Ainsi, l'indice 'Empire State' d'activité manufacturière régionale de la Fed de New York pour le mois de septembre s'est envolé à 34,3, contre un consensus de seulement 18. L'indicateur était de 18,3 un mois auparavant. L'indice traduit ainsi une forte accélération de l'expansion dans le secteur dans la région de New York.

La production industrielle américaine a augmenté de 0,4% en août, un peu mois que prévu (+ 0,5%) mais toujours dynamique. En juillet, la production avait augmenté de 0,8% selon les données révisées du jour.

Par ailleurs, l'indice américain des prix à l'import pour le mois d'août a, de façon surprenante, reculé de 0,3% en comparaison du mois antérieur, contre +0,2% de consensus et +0,4% pour la lecture révisée du mois antérieur. L'indicateur progresse de 9% sur un an contre +10,3% en juillet. L'indice des prix à l'export grimpe quant à lui de 0,4% par rapport à juillet (+0,4% de consensus) et de 16,8% en glissement annuel.

Enfin, l'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta pour le mois de septembre se situe à 3,1%. Il était de 3% pour sa lecture antérieure. Mardi, les marchés avaient été soulagés par la publication d'une inflation légèrement moins élevée que prévu en août. Sur un an, l'indice CPI des prix à la consommation a grimpé de 5,3% contre 5,4% attendu et après +5,5% en juillet, ce qui laisse espérer que le pic de la hausse des prix a été atteint.

Demain jeudi, les investisseurs suivront les inscriptions au chômage, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie, les stocks des entreprises et surtout les ventes de détail du mois d'août (consensus FactSet -1%, -0,2% hors automobile et -0,3% hors automobile et essence).

Enfin, vendredi, journée des Quatre Sorcières, sera aussi marqué par la publication de l'indice préliminaire du sentiment des consommateurs de l'Université du Michigan pour le mois de septembre.

VALEURS A SUIVRE

Dans l'actualité de la crise sanitaire, Joe Biden va rencontrer ce mercredi les dirigeants de Microsoft, Walt Disney et Walgreens Boots Alliance pour promouvoir la campagne de vaccination contre le Covid-19 dans le secteur privé, rapporte le Wall Street Journal.

Microsoft (+1,4%) a annoncé hier soir la nomination de son directeur des affaires légales (CLO), Brad Smith, en tant que vice-président du groupe. En outre, le géant software américain va augmenter son dividende de 11% à 62 cents, contre 56 cents auparavant, et a dévoilé un nouveau plan de rachat d'actions de 60 milliards de dollars. Smith, qui avait rejoint Microsoft en 1993, était devenu conseiller général en 2002. Il rapportera dans ses nouvelles fonctions au président et CEO Satya Nadella. Le titre a progressé de 35% cette année et affiche la deuxième plus importante capitalisation boursière à Wall Street. Le précédent plan de rachat d'actions, de 40 milliards de dollars, avait été annoncé en septembre 2019.

Citrix (+2,9%), le fournisseur américain d'outils de collaboration, virtualisation et mise en réseau, facilitant le travail mobile et les services cloud, considère une cession de la compagnie. Le groupe prévoit de prendre contact avec de potentiels acquéreurs dans les prochaines semaines, croit savoir Bloomberg. Des personnes familières de la question citées par l'agence indiquent que Citrix, qui pèse 14 milliards de dollars à Wall Street, explore donc une vente potentielle avec ses conseillers, après une forte baisse du titre cette année. Bloomberg relève toutefois que le groupe a déjà considéré une cession en 2017, mais que les discussions avec ses prétendants d'alors, dont Bain et Thoma Bravo, avaient achoppé sur des questions de valorisation.

Pfizer (+0,17%) pourrait demander en novembre une autorisation d'utilisation d'urgence de la FDA aux Etats-Unis pour son vaccin anti-covid conçu avec BioNTech (+5%), pour les enfants de la tranche d'âge de six mois à cinq ans, indique le Financial Times. Le FT évoque les commentaires du directeur financier du laboratoire américain, Frank D'Amelio, lors d'une conférence de la veille.

Le management de Pfizer avait en effet précisé hier, lors d'une conférence Morgan Stanley, que le géant pharmaceutique s'attendait à disposer des données de sécurité et immunogénicité du vaccin sur les enfants de 5 à 11 ans d'ici à la fin du mois de septembre, en vue d'une demande d'autorisation d'utilisation d'urgence début octobre. La direction du groupe évoquait la soumission, peu après, des données sur des enfants de 6 mois à 5 ans. En cas de données positives, la demande pourrait être effectuée quelques semaines après celle concernant les 5-11 ans. Scott Gottlieb, administrateur du laboratoire, a expliqué lors d'une autre conférence que l'autorisation pour le vaccin Pfizer / BioNTech chez les enfants âgés de 6 mois à 5 ans pourrait arriver en fin d'année 2021 ou en début d'année prochaine.

JP Morgan (+0,5%). Le Royaume-Uni aurait engagé JP Morgan afin d'explorer une éventuelle cession de la chaîne de télévision Channel 4, indique Sky News. Les sources proches de la question de 'Sky' précisent ainsi que le département britannique au Digital, à la Culture, aux Médias et au Sport a pu confirmer le recrutement de la banque américaine. Toutefois, une telle décision n'indique pas encore une cession de la chaîne, mais bien évidemment l'intention de la vendre.

Apple (-1,8%) poursuit sa correction malgré l'annonce, mardi, de ses nouveaux produits, dont l'iPhone 13, à l'occasion d'une "keynote" tenue depuis son siège de Cupertino en Californie. Outre le nouveau smartphone, le directeur général d'Apple Tim Cook et d'autres responsables du groupe ont présenté l'Apple Watch Series 7, de nouveaux iPad et iPad Mini, ainsi que des nouveaux AirPods 3. Sans oublier les nouvelles versions des systèmes d'exploitation iOS 15 et iPadOS 15, qui seront toutes deux disponibles à partir du 20 septembre.

Cette keynote a cependant été éclipsée par une décision de justice, qui a sommé vendredi dernier Apple d'ouvrir aux développeurs son système de paiement dans son App Store, ce qui pourrait coûter plusieurs milliards de dollars en manque à gagner à la firme à la pomme.

Regeneron (+1,2%). Le groupe pharmaceutique américain a annoncé que l'administration US allait lui commander 1,4 million de doses supplémentaires de son traitement contre le Covid-19 à base d'anticorps, REGEN-COV, portant le total à près de trois millions.

Amazon (+0,4%) a scellé un partenariat avec Deliveroo (-1,1% à Londres) permettant aux utilisateurs d'Amazon Prime de bénéficier de la livraison gratuite de repas au Royaume-Uni, rapporte mercredi le Financial Times. Alors que le géant du commerce en ligne était entré au capital de la plateforme de livraisons de repas il y a maintenant deux ans, les abonnés Prime vont pouvoir bénéficier d'un an de livraison gratuite sur Deliveroo sur toutes les commandes de plus de 25 livres (environ 30 euros). Amazon "recherche toujours des moyens d'offrir encore plus de valeur aux membres Prime", a indiqué Lisa Leung, directrice de Prime et du marketing chez Amazon UK.

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