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Wall Street : Dow Jones et Nasdaq corrigent encore

| Boursier | 1061 | Aucun vote sur cette news

La cote américaine, qui décrochait hier soir suite aux derniers commentaires de Jerome Powell à propos de l'inflation et des taux, peine encore ce...

Wall Street : Dow Jones et Nasdaq corrigent encore
Credits Reuters

La cote américaine, qui décrochait hier soir suite aux derniers commentaires de Jerome Powell à propos de l'inflation et des taux, peine encore ce vendredi. Le DJIA perd 1,32% à 34.334 pts et le S&P 500 1,16% à 4.342 pts, alors que le Nasdaq cède 0,66% à 13.087 pts. Le baril de brut WTI abandonne 1,6% à 102$. L'once d'or cède 0,4% à 1.941$. L'indice dollar prend 0,5% face à un panier de devises de référence.

L'indice PMI composite américain préliminaire du mois d'avril 2022 s'est établi à 55,1, contre un consensus de marché de 57,5. L'indice manufacturier ressort à 59,7, supérieur aux attentes, mais l'indicateur des services recule à 54,7, nettement inférieur au consensus qui était de 58.

Le président de la Fed, Jerome Powell, qui s'exprimait jeudi soir lors d'une réunion organisée par le FMI à Washington, a tenu des propos particulièrement fermes, affirmant qu'il lui semblait "approprié d'agir un peu plus vite que prévu" pour relever les taux directeurs. Il a martelé qu'il était "absolument essentiel de restaurer la stabilité des prix", et de ramener l'inflation vers l'objectif de moyen terme de la Fed de 2% par an.

Il a reconnu pour la première fois en public qu'il était possible que la Fed relève ses taux directeurs d'un demi-point lors de sa réunion des 3 et 4 mai. Cette hausse des taux d'intérêt de 50 points de base sera "sur la table", a-t-il dit, ajoutant être favorable à l'idée de relever rapidement les taux ("front-loading") lors d'un cycle de sortie de politique monétaire accommodante.

M. Powell a ajouté que la Fed ne pariait pas sur le fait que l'inflation aurait atteint un pic en mars, et qu'elle "agira rapidement" pour ramener les taux directeurs à un niveau neutre, voire en terrain restrictif si c'est approprié. Le patron de la Fed a aussi reconnu que l'objectif de la banque centrale de piloter un atterrissage en douceur de l'économie ne sera ni simple ni facile. "Notre objectif est d'utiliser nos outils pour re-synchroniser l'offre et la demande afin que l'inflation baisse, et qu'elle le fasse sans que cela n'aboutisse à une récession", a commenté M. Powell. "Personne à la Fed ne vous dira que ce sera simple ni facile. Ce sera très complexe. Nous ferons de notre mieux pour y parvenir", a-t-il ajouté. "Il est absolument essentiel de restaurer la stabilité des prix. Les économies ne fonctionnent pas sans stabilité des prix".

Lors de sa réunion de mars, la banque centrale américaine avait relevé le taux des "fed funds" d'un quart de point, sa première hausse depuis trois ans, pour le porter entre 0,25% et 0,50%. Les responsables de la Fed estiment que le niveau neutre pour l'économie serait d'environ 2,4%. Mais plusieurs membres de la Fed pensent qu'il faudra aller plus loin pour tacler l'inflation, qui a atteint 8,5% sur un an en mars aux Etats-Unis. James Bullard, patron de la Fed de St-Louis, estime même qu'il faudrait porter le taux des "fed funds" à 3,5% d'ici à la fin de l'année, et les relever de trois-quarts de point dès mai...

Lors de la même réunion consacrée à l'économie mondiale, Christine Lagarde, la présidente de la BCE, a affirmé que l'institution prendra lors de sa réunion de juin des décisions clés sur la fin de son programme d'achat d'actifs et sur l'évolution des taux directeurs. Elle a souligné que les économies de la zone euro et des Etats-Unis évoluent à des rythmes différents, et a précisé que près de la moitié de l'inflation dans la zone euro est due à la hausse des prix de l'énergie, qui subit un "choc d'offre"

Plus tôt dans la journée, plusieurs membres de la BCE se sont prononcés en faveur d'une accélération du resserrement monétaire afin de contrer l'inflation. Le Belge Pierre Wunsch envisage ainsi une hausse de taux dès juillet, tandis que l'Allemand Joachim Nagel a évoqué un arrêt des achats de la BCE dès juin, ce qui ouvrirait la porte à une hausse de taux.

Les marchés obligataires ont vivement réagi à ces déclarations. Aux Etats-Unis, les marchés anticipent désormais non moins de trois hausses d'un demi-point d'affilée de la part de la Fed, lors des réunions de mai, juin et juillet. Le rendement du T-Bond à 10 ans, qui grimpait hier, se maintient ce jour à 2,89%, et le taux à 2 ans américain, qui réagit davantage à la politique monétaire, est remonté à 2,73%, lui aussi au plus haut depuis novembre 2018.

Sur le front géopolitique, la Russie, qui revendique le contrôle de Marioupol, dit aussi vouloir prendre celui du Donbass. Les Etats-Unis pensent que les quatre prochaines semaines seront décisives pour l'avenir de l'Ukraine, et viennent d'annoncer 800 M$ d'aides militaires supplémentaires.

Les valeurs

Snap Inc (+5%), maison-mère de Snapchat, a quelque peu déçu au premier trimestre fiscal, affichant un creusement de sa perte. Néanmoins, la croissance des utilisateurs a dépassé les attentes de marché. Le nombre d'utilisateurs actifs quotidiens a grimpé de 18% à 332 millions, mais le groupe a essuyé une perte nette dans "un environnement opérationnel difficile". Les prévisions concernant les utilisateurs sont positives, mais le groupe prévient aussi que... les perturbations de chaîne d'approvisionnement, les problèmes de main-d'oeuvre et l'inflation pourraient affecter les dépenses publicitaires.

Le groupe californien de Santa Monica a affiché sur le trimestre clos fin mars des revenus de 1,06 milliard de dollars, en augmentation de 38% en glissement annuel, contre 1,07 milliard de consensus. La perte nette trimestrielle a été de 360 millions de dollars, contre 287 millions un an plus tôt. L'Ebitda ajusté a été positif de 64 M$, contre 2 M$ de déficit un an avant. Le free cash flow a été de 106 M$, contre 126 M$ sur la période comparable, l'an dernier.

American Express (-1%) a publié pour son premier trimestre fiscal des revenus en croissance de 29% à 11,7 milliards de dollars, pour un bénéfice net de 2,1 milliards de dollars et 2,73$ par titre à comparer aux 2,2 Mds$ de l'an dernier. Les dépenses des membres ont soutenu l'activité, avec la reprise des voyages et des activités de divertissement. Le consensus était logé à 2,44$ de bénéfice trimestriel par action. Les dépenses de voyages et divertissement ont grimpé de 121% sur une base ajustée par rapport à l'année antérieure, et retrouvent en mars, pour la première fois, leurs niveaux pré-pandémiques. AmEx maintient ses prévisions annuelles de croissance des revenus allant de 18% à 20%, alors que le bénéfice par action est attendu entre 9,25 et 9,65$.

Newmont (-5%), le géant minier de Denver, a annoncé pour son premier trimestre un bénéfice net attribuable aux actionnaires en retrait à 432 millions de dollars soit 54 cents par titre, contre 538 millions de dollars sur la période comparable de l'an dernier. La production aurifère a représenté 1,34 millions d'onces, en repli de 8%, affectée par la crise sanitaire et Omicron. L'Ebitda ajusté a été de 1,4 milliard de dollars.

Verizon (-6%), l'opérateur télécom américain, a annoncé pour son premier trimestre fiscal des revenus de 33,6 milliards de dollars, en croissance de 2,1% en glissement annuel, pour un bénéfice net de 4,7 milliards de dollars en repli de 12% et un Ebitda ajusté de 12 milliards en baisse de 1,1%. Le bénéfice ajusté par action a été de 1,35$ sur le trimestre clos contre 1,36$ au premier trimestre 2021. Le consensus de place était de 1,34$ de bénéfice ajusté par action pour 33,53 milliards de dollars de revenus.

Schlumberger (+5%), le géant des services pétroliers, a publié un bénéfice trimestriel supérieur aux attentes de marché et fait état d'une hausse de son dividende de 40%. Le bénéfice net trimestriel a représenté 510 millions de dollars et 36 cents par titre, contre 299 millions de dollars sur la période comparable, l'an dernier. Hors éléments non récurrents, le bénéfice ajusté par action a été de 34 cents, contre un consensus FactSet de 33 cents. Les revenus se sont améliorés de 14% en glissement annuel pour atteindre 5,96 milliards de dollars, ce qui dépasse également le consensus.

HCA Healthcare (-16%), le géant hospitalier de Nashville, décroche à Wall Street. Pour le premier trimestre fiscal, le groupe a fait état de revenus de 14,94 milliards de dollars, ainsi que d'un bénéfice net part du groupe de 1,27 milliard de dollars soit 4,14$ par titre. L'Ebitda ajusté a été de 2,94 milliards de dollars. Le cash flow des activités opérationnelles s'est élevé à 1,34 milliard. Un an plus tôt, les revenus étaient de moins de 14 milliards et le bénéfice se situait à 1,42 milliard. Le consensus était de 4,25$ de bénéfice ajusté par action pour 14,74 milliards de dollars de revenus.

Kimberly-Clark (+9%), l'acteur américain des produits de consommation, est attendu en vive hausse à Wall Street. Le groupe a battu le consensus de profit sur le trimestre clos et revu en hausse ses prévisions. Pour le premier trimestre fiscal, Kimberly a affiché un bénéfice net de 523 millions de dollars soit 1,55$ par titre, contre 584 millions un an avant. Le bénéfice ajusté par action s'est élevé à 1,35$, contre un consensus FactSet de 1,24$. Les revenus sont ressortis à 5,09 milliards de dollars, conte 4,74 milliards un an avant et 4,92 milliards de consensus. La guidance de ventes annuelles est révisée en hausse, avec une croissance organique désormais anticipée entre 4 et 6%. Le bpa ajusté est attendu entre 5,6 et 6$.

Gap dévisse de 17% à Wall Street, alors que le détaillant américain en vêtements vient d'alerter sur ses ventes et d'annoncer par ailleurs le départ de la dirigeante de la chaîne Old Navy, Nancy Green. Gap a déclaré qu'il voyait maintenant les ventes du premier trimestre décliner de 11 à 15%, contre 5% à 9% de baisse anticipée en mars. Le groupe n'a fait aucune référence à ses perspectives pour l'année complète, qui incluent un bénéfice ajusté de l'ordre de 1,85 à 2,05$ par action.

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