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Wall Street dopé par les résultats bancaires et les "stats"

| Boursier | 391 | Aucun vote sur cette news

La Bourse de New York est repartie en nette hausse, jeudi, saluant les comptes meilleurs que prévu publiés par les grandes banques américaines au 3e trimestre.

Wall Street dopé par les résultats bancaires et les "stats"
Credits Reuters

La Bourse de New York est repartie en nette hausse, jeudi, saluant les comptes meilleurs que prévu publiés par les grandes banques américaines au 3e trimestre. Les investisseurs ont aussi été rassurés par les chiffres hebdomadaires de l'emploi aux Etats-Unis et par un ralentissement des prix à la production en septembre. Les cours du pétrole ont repris leur ascension, sur fond de déficit durable de l'offre mondiale de brut.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones grimpe de 1,54% à 34.906 points, tandis que l'indice large S&P 500 gagne 1,65% à 4.435 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, avance de 1,68% à 14.816 pts. En Europe, les Bourses ont aussi été portées par les comptes du 3e trimestre, notamment de Publicis, SAP et LVMH. A Paris, le CAC 40 a terminé en hausse de 1,3% à 6.685 pts.

La totalité des 11 indices sectoriels du S&P 500 progressent jeudi, à commencer par les matériaux de base (+2,2%), les services de communication (+2%), les technologiques (+1,8%) et l'industrie (+1,7%). L'indice des financières gagne 1,5%, soutenu notamment par Citigroup (+0,5%), Bank of America (+3%), et Morgan Stanley (+1,9%), qui ont publié jeudi des comptes trimestriels meilleurs qu'attendu. JP Morgan Chase regagne 1,2%, après son recul de la veille après ses résultats. Wells Fargo cède en revanche -2,1%. Goldman Sachs (+0,3%) sera la dernière grande banque à publier ses chiffres vendredi.

Les grandes technologiques repartent de l'avant, à l'instar d'Apple (+1,9%), Salesforce (+1,8%), Microsoft (+1,7%), Alphabet (+2,3%) et Amazon (+0,6%).

Les derniers indicateurs macro-économiques, publiés jeudi, ont plutôt rassuré sur la croissance et l'inflation, au lendemain de la publication des Minutes de la Fed, qui a confirmé son intention de commencer à réduire ses achats d'actifs, sans doute à partir de novembre ou de décembre prochain.

L'emploi rebondit, la vaccination anti-Covid progresse aux Etats-Unis

Les marchés ont apprécié l'annonce d'un recul des inscriptions au chômage aux Etats-Unis la semaine dernière après plusieurs semaines décevantes. Pour la semaine close au 9 octobre, les inscriptions au chômage sont ainsi ressorties au nombre de 293.000, en repli de 36.000 par rapport à la semaine antérieure. Le consensus était positionné plus haut, à 320.000. C'est la première fois depuis le début de la crise du coronavirus, en mars 2020, que le nombre d'inscriptions au chômage retombe sous le seuil des 300.000 par semaine.

Ces chiffres laisse espérer une amélioration du marché de l'emploi en octobre, après deux mois de créations d'emplois en demi-teinte face à la propagation du variant delta du Covid-19 qui a entraîné une ralentissement conjoncturel.

Depuis l'été, les obligations de vaccination des salariés de nombreux secteurs, notamment dans les services fédéraux, ont toutefois permis aux Etats-Unis d'améliorer leur taux de vaccination, ce qui a pu contribuer à l'amélioration du marché de l'emploi. Ainsi, 77% des Américains éligibles ont désormais reçu au moins une dose de vaccin, a indiqué Jeff Zients, le coordonnateur de la réponse Covid-19 de la Maison Blanche.

Les prix à la production moins élevés que prévu en septembre aux Etats-Unis

Par ailleurs, l'indice américain des prix à la production pour septembre a fait un peu baisser la tension sur le front de l'inflation. Le PPI a ainsi augmenté de 0,5% en comparaison du mois antérieur, contre +0,6% attendu par le consensus de marché, et de 8,6% en glissement annuel. Hors alimentaire et énergie cette fois, l'indice des prix à la production n'a augmenté que de 0,2%, contre 0,5% de consensus (+6,8% en glissement annuel, contre +7% de consensus de place).

Mercredi, l'indice des prix à la consommation (CPI) avait en revanche augmenté plus que prévu pour atteindre 5,4% sur un an, après 5,3% en août et 5,3% attendu par le consensus des économistes. Mais si la dynamique de hausse des prix ralentit au niveau des prix à la production, comme semble l'indiquer les chiffres de septembre, cela pourrait signifier que le pic d'inflation pourrait enfin être proche après plusieurs mois d'envolée.

De nombreux responsables de la Fed ont prévu des interventions publiques ce jeudi, notamment James Bullard (St. Louis), Raphael Bostic (Fed d'Atlanta), Thomas Barkin (Richmond), John Williams (Fed de New York) et Patrick Harker (Philadelphie).La gouverneure de la Fed Michelle Bowman a déclaré jeudi qu'à la condition que l'économie continue de s'améliorer comme prévu, elle était "très à l'aise à ce stade avec une décision de commencer à réduire les achats d'actifs avant la fin de l'année et, de préférence, dès la prochaine réunion de novembre".

Le "tapering" de la Fed devrait être achevé à l'été 2022

Mercredi soir, le rapport de la dernière réunion de politique monétaire de la banque centrale américaine avait confirmé que le "tapering" était proche, sans créer de remous sur les marchés, qui ont été préparés depuis des semaines à cette éventualité. Selon les "Minutes", la Fed étudie une réduction de ses achats d'actifs de 15 milliards de dollars par mois, à partir de la mi-novembre ou de la mi-décembre prochain. Certains responsables, plus inquiets d'une inflation durable, ont cependant plaidé pour un rythme de réduction supérieur à 15 Mds$ par mois.

Pour soutenir l'économie américaine face aux effets de la crise du coronavirus, la Fed achète actuellement pour 120 Mds$ par mois d'obligations d'Etat (80 Mds$) et de créances adossées à des crédits hypothécaires ou MBS (40 Mds$). Si elle réduit ces achats de 15 Mds$ par mois (-10 Mds$ d'emprunts d'Etat et -5 Mds$ de MBS), il lui faudra 8 mois pour mettre fin à ce programme de soutien face à la pandémie, qui s'achèvera donc à la mi-juillet 2022 si le "tapering" commençait à la mi-novembre, ou à la mi-août s'il démarrait mi-décembre. La prochaine réunion de la Fed, qui se déroulera les 2 et 3 novembre prochains, devrait être l'occasion de préciser ce calendrier.

Sur les marchés obligataires, les taux d'intérêts se sont détendus jeudi pour la 3e séance consécutive, le rendement du T-Bond à 10 ans cédant encore 2 points de base à 1,52%. Ce taux était autour de 1,3% le 22 septembre juste avant que la Fed n'annonce son intention de commencer son "tapering" avant la fin de l'année. Côté devises, l'indice du dollar recule en soirée de 0,06% à 94,03 points face à un panier de devises, après avoir atteint mardi son plus haut depuis juillet 2020. L'euro est quasi-stable à 1,1590$.

Le pétrole poursuit son ascension

Sur les marchés pétroliers, les cours ont repris leur progression jeudi, malgré la publication d'une hausse bien plus importante que prévu des stocks hebdomadaires de pétrole aux Etats-Unis. Le baril de brut léger américain WTI gagne 1% à 81,22$ pour le contrat à terme de novembre sur le Nymex, tandis que le Brent de la Mer du Nord avance de 0,9% à 83,92$ (contrat de décembre). Le WTI évolue tout près de son plus haut depuis novembre 2014, tandis que le Brent est près de ses sommets de trois ans.

Les stocks américains de brut ont progressé la semaine dernière de 6,1 millions de barils (mb), alors que les analystes tablaient sur une hausse de seulement 1 mb. Il s'agit de la troisième hausse consécutive des stocks de pétrole brut après sept semaines de baisse d'affilée. Les cours ont cependant été soutenus par le dernier rapport mensuel de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) qui a revu en hausse ses prévisions de demande mondiale sous l'effet de la substitution du gaz (victime de pénuries) par le pétrole.

L'or a poursuivi son rebond, avançant de 0,2% (après un bond de 2% mercredi) pour atteindre à 1.797,90$ l'once pour le contrat à terme de décembre sur le marché Comex. Le métal jeune frôle ainsi les 1.800$ l'once, un seuil qu'il n'a plus franchi depuis début septembre. Le bitcoin confirme jeudi soir son retour au dessus de 57.000$, autour des 57.118$ (+0,2% sur 24h), selon le site Coindesk.

VALEURS A SUIVRE

Bank of America (+3%) a réalisé une performance particulièrement robuste sur le troisième trimestre fiscal, affichant sur la période un bénéfice net applicable aux actionnaires ordinaires de 7,26 milliards de dollars et 85 cents par action, contre 4,44 milliards de dollars un an avant. Les reprises de réserves ressortant à 1,1 milliard de dollars ont fortement amélioré les profits. La banque a par ailleurs enregistré de bonnes performances dans les opérations de crédit et de trading equity. Les revenus se sont appréciés de 12% à 22,8 milliards de dollars. Les revenus nets d'intérêt se sont améliorés de 10% à 11,1 milliards. Le consensus était de 71 cents de bénéfice par action pour 21,7 milliards de revenus.

Morgan Stanley (+1,9%), la banque d'affaires américaine, a annoncé pour son troisième trimestre fiscal, clos fin septembre, des revenus de 14,8 milliards de dollars contre 11,7 milliards un an plus tôt. Le bénéfice net part du groupe a été de 3,7 milliards de dollars et 1,98$ par titre, contre 2,7 milliards de dollars un an avant. Les provisions pour pertes de crédit ont été réduites de 111 à 24 millions de dollars. L'établissement a donc battu le consensus de profit, avec les activités de banque d'investissement et de gestion d'actifs. Le consensus était logé à 1,68$ de bpa et 14 milliards de dollars de recettes.

Citigroup (+0,5%) a annoncé pour son troisième trimestre fiscal, clos fin septembre, un bénéfice net en forte amélioration de 48% à 4,6 milliards de dollars soit 2,15$ par action, contre 3,1 milliards de dollars un an avant. Le consensus de marché était de 1,65$ de bpa sur la période. Les profits de la banque américaine ont été soutenus par les reprises de réserves (pour 1,16 milliard) constituées durant la pandémie. Les revenus de banque d'investissement ont grimpé de 39% à 1,9 milliard de dollars. Les revenus totaux du groupe sur le trimestre ont baissé de 13% à 17,2 milliards de dollars, contre 16,9 milliards de consensus.

Wells Fargo (-2,1%), l'une des principales banques américaines, a annoncé pour son troisième trimestre fiscal un bénéfice net de 5,12 milliards de dollars soit 1,17$ par titre, contre 3,22 milliards de dollars un an avant. Le consensus était de moins d'un dollar de bpa. Le groupe a libéré des fonds mis de côté pour couvrir les prêts dégradés provoqués par la pandémie de Covid-19, améliorant ainsi fortement sa rentabilité nette. La banque de San Francisco a affiché des revenus de 18,8 milliards de dollars sur la période, contre 19,3 milliards un an avant et 18,2 milliards de consensus de marché. Les revenus nets d'intérêt ont baissé de 5% à 8,9 milliards.

US Bancorp (-2,7%) a publié pour son troisième trimestre fiscal un bénéfice par action de 1,30$ et des revenus proches de 5,9 milliards de dollars. Le consensus était de 1,16$ de bénéfice par action pour 5,77 milliards de revenus. Le management évoque l'élan continu de l'activité de commissionnement.

Domino's Pizza (+2%). Le groupe américain de restauration a raté le consensus de revenus sur la période close. La chaîne de livraison de pizzas a annoncé pour son troisième trimestre fiscal un bénéfice net de 120 millions de dollars soit 3,24$ par action, contre 99 millions de dollars un an avant. Les revenus se sont établis quant à eux à 998 millions de dollars, contre 968 millions un an auparavant et 1,03 milliard de dollars de consensus. Le consensus de bpa était de 3,11$.

Walgreens Boots Alliance (+9%), la chaîne pharmaceutique américaine, a publié pour son quatrième trimestre fiscal des bénéfices et ventes supérieurs aux attentes. Le bénéfice net est ressorti ainsi à 627 millions de dollars et 72 cents par titre, contre 373 millions de dollars un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action a été de 1,17$, contre un consensus FactSet de 1,02$. Les revenus ont atteint 34,3 milliards de dollars, contre 30,4 milliards sur la période correspondante, l'an dernier. Le consensus de ventes était de 33 milliards de dollars. Pour l'exercice clos, les revenus se sont améliorés de 8,6% à 132,5 milliards, alors que le bénéfice ajusté par action a grimpé de 15% à 4,91$.

UnitedHealth (+4,3%), la firme américaine d'assurance et de soins de santé basée dans le Minnesota, a annoncé pour son troisième trimestre fiscal un bénéfice net de 4,09 milliards de dollars soit 4,28$ par action, contre 3,17 milliards de dollars et 3,3$ par titre un an auparavant. Le bénéfice ajusté par action a été de 4,52$, contre 4,41$ de consensus FactSet. Les revenus se sont élevés à 72,3 milliards de dollars, contre 65,1 milliards un an plus tôt et 71,3 milliards de consensus. Le groupe a par ailleurs rehaussé sa guidance de bénéfice ajusté par action dans une fourchette allant de 18,65 à 18,9$.

Taiwan Semiconductor (+2,2%) a dégagé sur le troisième trimestre un bénéfice par action de 6,03 nouveaux dollars de Taïwan, contre un consensus FactSet de 5,78$NT. Le groupe dépasse même les prévisions de brokers les plus élevées de ce point de vue. Soutenu par la demande en composants, TSMC a annoncé ainsi une progression de 14% de son bénéfice au troisième trimestre, sur fond de pénurie mondiale de puces. Le groupe taïwanais, premier sous-traitant mondial pour la fabrication de semi-conducteurs, a réalisé sur le trimestre allant de juillet à septembre un bénéfice de 156 milliards de dollars taïwanais, supérieur aux 149 milliards du consensus.

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