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Wall Street creuse ses pertes, l'inflation arrive

| Boursier | 586 | 1 par 1 internautes

La cote américaine creuse ses pertes avant bourse ce mercredi, après un début de semaine difficile marqué surtout par les craintes liées à l'inflation...

Wall Street creuse ses pertes, l'inflation arrive
Credits Reuters

La cote américaine creuse ses pertes avant bourse ce mercredi, après un début de semaine difficile marqué surtout par les craintes liées à l'inflation. Justement, les chiffres des prix US à la consommation publiés ce jour ont confirmé une douloureuse poussée inflationniste. Le Nasdaq perd 1,3% en pré-séance ce jour, alors que le DJIA et le S&P 500 abandonnent respectivement 0,4% et 0,6%. Le baril de brut WTI remonte de 1,3% sur le Nymex à 66,1$. L'once d'or prend 0,2%. L'indice dollar bondit de 0,5% face à un panier de devises de référence. Le bitcoin progresse de 2% vers les 56.400$ sur Bitfinex.

Les chiffres américains de l'inflation publiés ce mercredi confirment les craintes récentes de marché, puisque l'indice des prix à la consommation pour le mois d'avril 2021 est ressorti en nette hausse de 0,8% en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de +0,2%. Le CPI progresse ainsi de 4,2% en glissement annuel contre 3,6% de consensus. Hors alimentation et énergie, l'indicateur grimpe de 0,9% par rapport au mois antérieur, contre un consensus de 0,3%. Le CPI hors éléments volatils augmente ainsi de 3% en comparaison de l'an dernier, contre 2,3% de consensus.

Evidemment, le rendement des treasuries à 10 ans se tend suite à ces chiffres d'inflation préoccupants, à 1,64% désormais, contre 2,34% pour l'échéance à 30 ans. La cote boursière américaine creuse quant à elle ses pertes avant bourse. A 4,2%, l'inflation américaine ressort au plus haut de 13 ans, ce qui devait arriver un jour compte tenu de la constante fuite en avant de la Fed et des dérapages budgétaires récurrents.

Cet indicateur était particulièrement surveillé, alors que les marchés sont actuellement préoccupés par la flambée des prix des matières premières et le risque de poussée de l'inflation du fait également des contraintes de supply chain.

Jeudi, ce sera au tour de l'indice des prix à la production aux Etats-Unis d'être publié.

Le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques américains pour la semaine close au 7 mai sera révélé à 16h30.

Le Département américain au Trésor annoncera pour sa part à 20 heures le déficit budgétaire du mois d'avril (consensus 349 milliards de dollars de déficit).

L'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta pour le mois de mai sera communiqué à 16h45.

Le vice-président de la Fed Richard Clarida, ainsi que Raphael Bostic et Patrick Harker, interviendront dans la journée.

Après le coup de tabac sur les valeurs technologiques, lundi, la correction boursière s'est généralisée hier mardi, les investisseurs préférant alléger leurs positions dans l'attente des derniers chiffres de l'inflation. Les taux d'intérêts ont continué de se tendre, tandis que le dollar est resté affaibli. A la clôture hier, l'indice Dow Jones a perdu 1,36% terminant à 34.269 points, sa pire séance depuis février, alors qu'il avait bien résisté lundi, franchissant même en séance les 35.000 pts pour la 1ère fois. L'indice large S&P 500 a cédé 0,87% à 4.152 pts (après -1,04% lundi), et le Nasdaq a limité les dégâts, en recul de seulement 0,09% à 13.389 points, après avoir abandonné 2,55% lundi, sa pire journée depuis le mois de mars. Le Nasdaq a désormais perdu 5,3% par rapport à son précédent record du 26 avril, à 14.138 pts.

Hier, les chiffres de l'inflation en Chine (CPI et PPI) ont montré une accélération de la hausse des prix dans la 2e économie mondiale. Les prix de gros ont ainsi bondi de 6,8% sur un an, après +4,4% en mars, au plus haut depuis octobre 2017. Le consensus attendait une hausse de 6,5%. Les prix à la consommation ont de leur côté augmenté de 0,9% sur un an, après +0,4% en mars, mais moins qu'attendu par les économistes (+1%).

Malgré les déclarations quasi-unanimes de la Fed sur le caractère temporaire de l'inflation et sur la nécessité d'un soutien monétaire prolongé jusqu'à la fin 2023, un certain nombre d'experts sont convaincus que la banque centrale américaine sous-estime le risque inflationniste, et qu'elle sera forcée de commencer à réduire son soutien bien avant la fin 2023, pour juguler la hausse des prix engendrée par la reprise mondiale et l'envolée des cours des matières premières.

De très nombreux responsable de la Fed s'expriment cette semaine, dont le patron de la branche de Chicago, Charles Evans, qui a répété lundi que la Fed poursuivrait longtemps sa politique actuelle. Il a ajouté qu'une hausse temporaire de l'inflation annuelle à 2,5% ne l'inquiéterait pas si elle menait à un chiffre à long terme de l'ordre de 2% (l'objectif de la Fed).

Hier , la gouverneure de la Fed Lael Brainard a aussi prôné la "patience", en estimant que les mauvais chiffres de l'emploi en avril, dévoilés vendredi dernier (seulement 2660.000 créations de postes contre 1 million attendus) prouvaient que la Fed avait eu raison d'afficher sa volonté de ne pas réduire son soutien trop tôt à l'économie. Mary Daly, la présidente de la Fed San Francisco, a renchéri mardi lors d'une intervention séparée, affirmant qu'il n'était pas encore temps de parler de réduire le soutien de la banque centrale... Elle s'est dite "optimiste" sur la sortie de la crise du Covid-19 d'ici à 2022, et a estimé que les hausses des prix et des salaires observées actuellement sont la conséquence de "goulets d'étranglements" et sont "sans doute transitoires".

Même schéma de réflexion pour le patron de la Fed de Philadelphie, Patrick Harker, qui a jugé mardi "prématuré" de parler de "tapering" (réduire les montant des achats d'actifs). Il a dit s'attendre à ce que l'inflation grimpe cette année à 2,3% en glissement annuel, et l'inflation sous-jacente à 2%. Enfin, James Bullard (Fed de St-Louis) a lui aussi dit qu'il était trop tôt pour parler de "tapering", dans un entretien avec la chaîne 'CNBC'.

La reste de la semaine sera encore riche en déclarations de la Fed, avec le vice-président de la Fed Richard Clarida, aujourd'hui et demain, puis James Bullard (Fed de St-Louis) suivi vendredi du patron de la Fed de Dallas, Robert Kaplan. Ce dernier est le seul à s'être prononcé ouvertement ces derniers jours pour l'ouverture dès à présent d'un débat sur la diminution du programme massif de rachat d'actifs de la Fed.

Mardi, sur le front de l'emploi américain, le rapport JOLTS a fait ressortir un nombre record d'ouvertures de postes en mars à 8,123 millions, contre 7,45 millions de consensus de place et 7,53 millions environ pour la lecture révisée (en hausse) du mois antérieur... Vendredi, les créations de postes aux USA pour le mois d'avril avaient largement déçu, avec seulement 266.000 créations non-agricoles contre près d'un million espéré. Joe Biden en a profité pour effectuer un petit rappel à l'ordre et affirmer que les Américains à qui il était proposé un emploi correct devaient l'accepter sous peine de perdre leurs allocations. La Maison blanche va travailler avec les Etats pour s'assurer que les chômeurs ne refusent pas d'emplois convenables.

Sur les marchés pétroliers, les deux variétés de brut ont gagné plus de 30% depuis le début de l'année, les investisseurs anticipant une accélération de la demande au second semestre 2021 à mesure que les effets de la pandémie de coronavirus s'estompent dans les principales zones économiques mondiales. Colonial Pipeline a été contraint vendredi de fermer son immense réseau d'oléoducs après la cyberattaque. Le groupe a cependant a indiqué lundi qu'il avait commencé à rouvrir ses lignes de distribution "par étape" avec pour objectif de rétablir l'essentiel des opérations "d'ici la fin de la semaine".

Les valeurs

Amazon Le Tribunal de l'Union européenne a annulé une décision de la Commission européenne demandant au géant américain du e-commerce de rembourser 250 millions d'euros d'arriérés d'impôts au Luxembourg. La deuxième juridiction de l'Union européenne estime que l'exécutif européen n'a pas démontré qu'Amazon avait bénéficié d'un avantage indu dans son accord fiscal avec le Grand-duché.

Electronic Arts, géant américain du jeu vidéo, a fait état hier soir d'un objectif de chiffre d'affaires ajusté supérieur aux attentes pour l'exercice, avec la demande pour 'FIFA 21' et 'Apex Legends' et malgré l'assouplissement des restrictions sanitaires. EA a publié pour l'exercice 2021 un net bookings de 6,19 milliards de dollars en croissance de 15% et supérieur de 600 millions de dollars aux attentes initiales.

Gap reprend le versement d'un dividende et les rachats d'actions propres.

Chesapeake Energy a dévoilé un bénéfice trimestriel de 295 millions de dollars et le versement d'un dividende. Il s'agit des premiers résultats du groupe depuis sa sortie de faillite en février.

Pfizer soumet des données à l'Agence britannique du médicament (MHRA) sur l'efficacité de son vaccin anti-covid, développé avec son partenaire allemand BioNTech, pour les adolescents âgés de 12 à 15 ans. Les CDC américains vont se réunir ce jour pour discuter des recommandations concernant l'usage du vaccin chez les 12-15 ans.

Wendy's, la chaîne américaine de restauration rapide, a relevé ses prévisions financières annuelles de profits ce mercredi. Le groupe mise donc sur la réouverture de l'économie et la levée des restrictions, ainsi que sur ses nouveaux menus breakfast.

Lemonade, l'assureur en ligne US, corrige avant bourse à Wall Street, le groupe ayant publié une guidance de revenus plus faible qu'attendu pour le trimestre entamé. En outre, la perte du premier trimestre est ressortie plus lourde que prévu.

FuboTV, service américain de vidéo à la demande par abonnement proposant surtout des événements sportifs en direct, mais aussi des actualités et séries, a publié le meilleur premier trimestre de son histoire et fait état d'une croissance des abonnements plus importante qu'attendu. Les revenus publicitaires et les recettes totales ont également dépassé les attentes.

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