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Wall Street calme avant la Fed, le Nasdaq franchit les 10.000 pts

| Boursier | 570 | 4 par 1 internautes

New York évolue en ordre dispersé dans l'attente des annonces de la Réserve fédérale, attendues à 20h, suivies une demi-heure plus tard d'une conférence de pressede Jerome Powell.

Wall Street calme avant la Fed, le Nasdaq franchit les 10.000 pts
Credits Reuters

La Bourse de New York évolue en ordre dispersé mercredi, dans l'attente des annonces de la Réserve fédérale, attendues à 20h, suivies une demi-heure plus tard d'une conférence de presse de son président Jerome Powell. Le Dow Jones et le S&P 500 cèdent du terrain, mais le Nasdaq poursuit son "rally" franchissant en séance le seuil psychologique des 10.000 points pour la première fois de son histoire. Les cours du pétrole résistent, malgré un bond surprise des stocks de brut aux Etats-Unis.

A deux heures de la clôture, le Dow Jones cède 0,39% à 27.166 points, tandis que l'indice large S&P 500 lâche 0,21% à 3.200 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, progresse encore de 0,48% à 10.001 pts, un nouveau record après celui inscrit mardi soir à 9.953 pts.

Du côté des valeurs, seuls trois des indices sectoriels du S&P 500 s'affichent dans le vert, les technologiques (+1,4%), la santé (+0,2%) et les biens de consommation de base (+0,16%). Au sein du Dow Jones, Microsoft (+3%) et Apple (+2,4%) bondissent, affichant de nouveaux records, suivis de Johnson & Johnson (+2,3%) et Procter & Gamble (+1%). Les plus fortes baisses reviennent à Boeing (-4,6%), ExxonMobil (-4%) et Chevron (-2,5%).

Plus tôt dans la journée, les Bourses asiatiques ont fini en ordre dispersé. Le Nikkei a gagné 0,15% et le Shanghai composite a cédé 0,4%. En Europe, l'EuroStoxx 50 et le CAC 40 ont reculé d'environ 0,8%.

Les nouvelles projections économiques de la Fed attendues avec impatience

Les Bourses mondiales ont puissamment rebondi ces dernières semaines, soutenues par un reflux de la pandémie de coronavirus en Europe et aux Etats-Unis, qui entretient les espoirs de reprise économique rapide à partir du 3e trimestre. Les marchés boursiers américains ont désormais presque effacé leur plongeon de mars lié aux mesures de confinement prises pour juguler le Covid-19. Lundi soir, le S&P 500 avait même retrouvé son niveau du début de l'année, portant les niveaux de valorisation des actions américaines à leurs plus haut niveau depuis des décennies, ce qui les rend vulnérables à toute mauvaise surprise.

Dans ce contexte, les annonces de la Fed et de son président Jerome Powell, attendues ce mercredi soir seront décortiquées par les acteurs du marché. Ces derniers n'attendent pas de nouvelles mesures monétaires de la part de la banque centrale (qui a multiplié les programmes de soutien depuis mars), mais ils sont impatients de connaître les nouvelles prévisions économiques de la Fed, qui s'était abstenue d'en faire depuis sa réunion de décembre 2019, en raison de la crise sanitaire.

Par ailleurs, les marchés s'attendent à ce que la banque centrale américaine confirme son intention de maintenir ses taux directeurs proches de zéro pendant une période prolongée, afin d'accompagner la reprise économique. Il est probable que Jerome Powell répète que la Fed n'envisage pas de recourir à des taux négatifs, malgré les pressions en ce sens exercées par Donald Trump.

10e séance de baisse pour le dollar, le pétrole résiste

Sur le marché des changes, le dollar est en route pour sa 10e séance de recul consécutive, avant les annonces de la Fed. Il s'agit de la plus longue série baissière depuis 2006 pour le billet vert, qui a désormais reflué de 6,5% par rapport à son pic du 20 mars. L'indice du dollar, qui mesure l'évolution du billet vert face à un panier de 6 devises de référence (euro, livre sterling, franc suisse, yen, dollar canadien et couronne suédoise), recule avant la Fed de 0,18% à 96,15 points. L'euro gagne 0,25% à 1,1368$, évoluant à son plus haut niveau depuis trois mois, après être tombé fin mars sous 1,07$.

Les cours du pétrole sont volatils mercredi, chutant après l'annonce d'une nette baisse des stocks de pétrole aux Etats-UNis, mais parvenant ensuite à revenir en terrain positif. Avant les décisions de la Fed, le baril de brut léger américain WTI pour livraison juillet gagnait 0,23% à 39,03$ sur le Nymex, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance août grappillait 0,05% à 41,20$.

Aux Etats-Unis, les stocks de pétrole pour la semaine close au 5 juin ont augmenté de 5,7 millions de barils à 538,1 millions de barils, alors que le consensus tablait au contraire sur un recul de 1,9 million de barils à la faveur du redémarrage de l'économie américaine. Les cours restent cependant soutenus par la perspective d'une baisse de la production, tant du côté de l'Opep+ que des pays tiers, à commencer par les Etats-Unis, où le nombre de puits en activité a plongé au plus bas depuis la mi-2009.

De son côté, l'or se stabilise mercredi, le contrat à terme d'août cèdant 0,06% à 1.720,80$ l'once sur le Comex. Le métal jaune progresse d'environ 13% depuis le début de l'année, faisant office de valeur-refuge face à la multiplication des risques.

L'OCDE prévoit contraction du PIB de 7,3% aux Etats-Unis en 2020

Sur le front macro-économique, les grandes institutions continuent d'ajuster leurs prévisions à l'aune de la pandémie de Covid-19. Après la Banque mondiale lundi, c'est au tour de l'OCDE de publier ce mercredi ses nouvelles projections de profonde récession pour 2020, suivie d'un rebond rapide mais partiel en 2021. Le PIB mondial devrait ainsi se contracter d'au moins 6% cette année, selon l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (la Banque mondiale tablait, elle, sur -5,2%). En 2021, le rebond devrait atteindre 5,2% (contre +4,2% pour la Banque mondiale).

Outre ce scénario central, l'OCDE envisage un scénario du pire, en cas de deuxième vague de coronavirus : le PIB mondial chuterait alors de 7,6% en 2020, suivi d'une reprise plus timide, limitée à 2,8% l'an prochain.

Aux Etats-Unis, l'OCDE prévoit une contraction du PIB de 7,3% cette année, avant un rebond de 4,1% l'année prochaine. Dans l'éventualité d'une seconde vague, la récession serait de 8,5% cette année, et le PIB américain ne regagnerait que 1,9% en 2021.

VALEURS A SUIVRE

Apple (+2,4%) n'en finit plus de monter en bourse. La capitalisation boursière du groupe technologique de Cupertino franchit ce jour les 1.500 milliards de dollars, alors que Deutsche Bank et Evercore ISI viennent de rehausser leurs objectifs de cours.

AMC Entertainment (+11%), géant américain de l'exploitation de salles de cinéma, basé au Kansas, prévoit la réouverture en juillet de l'ensemble de ses salles, après les avoir fermées mi-mars en raison de la pandémie de Covid-19. Le titre se redresse aujourd'hui à Wall Street.

GameStop (+5%), distributeur américain de jeux vidéo, a dévoilé une perte trimestrielle plus importante que prévu. Le titre décroche... Pour le premier trimestre fiscal, la perte nette a atteint 166 millions de dollars soit 2,57$ par titre, contre un profit de 7 M$ environ un an avant. La perte ajustée trimestrielle est ressortie à 104 millions de dollars soit 1,61$ par titre, alors que les revenus ont chuté de 17% à 1,02 Md$.

AbbVie (+2%) a dévoilé un accord de partenariat avec Genmab pour le développement et la commercialisation de traitements contre le cancer.

Tesla (+7%). Elon Musk estime qu'il est temps désormais d'intensifier la production de camions électriques, si l'on en croit un courrier électronique signé du patron de Tesla que Reuters a pu se procurer.

Ford Motor (-5%), le constructeur automobile du Michigan, a annoncé un renforcement de son alliance avec l'Allemand Volkswagen pour produire jusqu'à huit millions de véhicules commerciaux.

Vroom (+2%), le spécialiste de la vente en ligne de voitures d'occasion, a fait des premiers tours de piste tonitruants hier sur le Nasdaq en s'adjugeant 117% de hausse après avoir levé 467,5 millions de dollars, montant supérieur aux prévisions. Le prix d'introduction en bourse était fixé à 22 dollars, 2$ de plus que la fourchette indicative, et le titre a terminé hier à 47,9$.

Starbucks (-4%) a annoncé ce mercredi anticiper un plongeon de son profit opérationnel du troisième trimestre de 2,2 milliards de dollars du fait des fermetures liées au nouveau coronavirus. La chaîne de cafés table sur une perte ajustée trimestrielle allant de 55 à 70 cents par titre, et anticipe une chute allant jusqu'à 45% de ses ventes US à comparable sur la période. Le bpa ajusté annuel est attendu désormais entre 55 et 95 cents.

Uber (-5%) ne devrait pas mettre la main sur GrubHub (-1%). Les pourparlers entre les deux parties seraient proches de tomber à l'eau selon une source bien informée de 'CNBC'. Cette dernière évoque notamment des problèmes de concurrence. La société de livraisons de repas basée à Chicago serait par ailleurs sur le point de conclure un accord avec une société européenne. Les noms de Just Eat, Takeaway.com et Delivery Hero sont mentionnés.

Delta Air Lines (-5,7%) anticipe une chute de 90% de ses revenus du second trimestre en glissement annuel. Le groupe aérien doit renégocier ses accords de dette afin d'éviter le défaut l'année prochaine. Le groupe entend par ailleurs réduire ses sorties de cash à zéro d'ici la fin de l'année 2020.

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