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Wall Street bondit, ignorant l'incertitude de l'élection

| Boursier | 474 | Aucun vote sur cette news

La très bonne tenue de la cote américaine se confirme à l'approche de l'élection présidentielle...

Wall Street bondit, ignorant l'incertitude de l'élection
Credits Reuters

La très bonne tenue de la cote américaine se confirme à l'approche de l'élection présidentielle. Le Dow Jones prend 1,4% avant bourse, le S&P500 1,1% et le Nasdaq 0,6%. On aurait pu croire pourtant que l'élection américaine allait inciter les opérateurs à la prudence, mais il n'en est visiblement rien, sur un marché alimenté par les largesses des banques centrales. Les derniers bons chiffres manufacturiers publiés à travers le monde suscitent d'ailleurs l'optimisme, malgré les restrictions croissantes liées à la crise sanitaire.

Sur le Nymex, le baril de brut WTI prend actuellement 3,5% à 38$. L'once d'or gagne 0,8% sur les 1.900$. L'indice dollar recule de 0,6% face à un panier de devises de référence.

Sur le front économique ce jour outre-Atlantique, les commandes industrielles de septembre seront communiquées à 16 heures (consensus +0,6% en comparaison du mois antérieur).

Hier, le président en poste Donald Trump et son rival démocrate Joe Biden ont clos leurs campagnes dans les Etats clés ('swing states') susceptibles de faire basculer le scrutin. Dans cette dernière ligne droite, Trump a multiplié les attaques contre le vote par correspondance...

Après avoir atteint de nouveaux records historiques début septembre, la Bourse de New York avait perdu du terrain depuis deux mois, à l'approche de l'élection présidentielle américaine de ce mardi 3 novembre. La semaine dernière, les marchés ont même vécu leur pire semaine depuis mars, au début de la crise du coronavirus, avec une chute de 6,5% pour le Dow Jones, de 5,6% pour le S&P 500 et de 5,5% pour le Nasdaq.

Dans une Amérique de plus en plus polarisée politiquement, le ton a été particulièrement acrimonieux pendant la campagne électorale entre le président républicain Donald Trump et son rival démocrate Joe Biden, sur fond de crise sanitaire du coronavirus. Joe Biden reste en tête des sondages, mais les investisseurs se souviennent qu'en 2016, les mêmes sondages donnaient la Démocrate Hillary Clinton gagnante face à Donald Trump, qui l'a finalement emporté...

Les marchés financiers s'interrogent aussi sur la configuration politique générale à venir, car les Américains sont aussi appelés ce mardi à renouveler la totalité de la Chambre des représentants (actuellement dominée par les Démocrates) et plus d'un tiers, soit 35 sièges, du Sénat (contrôlé actuellement par le Républicains).

Mais ce que les marchés craignent par dessus tout est un résultat trop serré pour être annoncé dès le soir des élections, le mardi 3 novembre, ce qui ouvrirait la voie à des contestations. Une telle situation entraînerait une période d'incertitude de plusieurs jours voire plusieurs semaines, et serait préjudiciable pour les marchés financiers. Ce scénario s'était déjà produit en 2000, et il a fallu plus d'un mois, jusqu'au 12 décembre, pour que la Cour Suprême juge que le républicain George W. Bush l'avait emporté contre le Démocrate Al Gore.

L'épisode avait entraîné quelques turbulences à la Bourse (-7% pour le S&P 500), mais le climat politique général était à l'époque plus apaisé qu'en 2020 : cette fois, Donald Trump a déjà laissé entendre clairement qu'il contesterait le résultat de l'élection en cas de défaite. Il a mis en cause la probité du système de vote par correspondance, qui a été largement utilisé par les électeurs sur fond de pandémie de Covid-19. Des observateurs craignent des tensions sociales voire des violences dans le pays entre les partisans des deux camps en cas de contestation.

En dehors de ce scénario du pire, les autres scénarios sont nettement moins perturbants pour la Bourse américaine, qui se focalisera à nouveau sur les fondamentaux de l'économie et la reprise de l'activité face à la pandémie de Covid-19.

Alors que la crise du coronavirus a plombé la croissance tant vantée par Donald Trump, Joe Biden n'est pas le candidat préféré de Wall Street, dans la mesure où il compte relever les impôts des ménages aisés et des entreprises, et durcir les réglementations.

Cependant, les marchés s'en accommoderaient, surtout si en cas de "vague bleue", qui verrait les deux chambres du Congrès être contrôlées par les Démocrates. Dans ce cas, les chances augmenteraient pour l'adoption d'un nouveau plan massif de soutien à l'économie américaine pour faire face à la 2e vague de coronavirus. A moyen terme, Biden aurait toutefois les mains libres pour des réformes fiscales et réglementaires peu favorables à Wall Street.

Par ailleurs, le scénario d'une victoire de Joe Biden, assortie d'un Sénat restant contrôlé par les Républicains, est considéré comme neutre à négatif pour les marchés financiers, en raison du risque de paralysie politique. Enfin, le scénario d'un statu quo, à savoir une victoire de Donald Trump et un Sénat toujours à dominante républicaine, est jugé positif pour Wall Street.

La crise sanitaire se poursuit quant à elle, les données restant toujours aussi alarmantes en Europe et aux Etats-Unis. Selon l'Université Johns Hopkins, qui fait référence sur le sujet, le nombre de cas confirmés du nouveau coronavirus dans le monde depuis le début de l'épidémie approche des 47 millions, dont 9,3 millions aux USA, 8,3 millions en Inde et 5,6 millions au Brésil. Le virus a fait 1,21 million de morts dans le monde depuis son apparition, dont 231.566 aux Etats-Unis, 160.253 au Brésil et 123.097 en Inde. En Europe, c'est la France qui inquiète le plus avec 1,46 million de cas confirmés, ce qui fait du pays le cinquième le plus touché au monde, juste derrière la Russie.

Dans l'actualité des entreprises cotées à Wall Street, alors que la saison des trimestriels touche à sa fin, les opérateurs suivront tout de même ce jour les derniers comptes de McKesson, Johnson Controls, Sysco, Prudential Financial, Gannett, Humana ou Gartner.

Les valeurs

Trivago, le comparateur allemand d'hôtels sur Internet coté à Wall Street, bondit après l'annonce d'une perte trimestrielle moins lourde que prévu.

PayPal, spécialiste du paiement online, corrige sur des perspectives décevantes pour le quatrième trimestre. Le groupe a publié pour le troisième trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action en augmentation de 75% à 1,07$ et des revenus en expansion de 25% à 5,46 milliards de dollars. Ces chiffres sont supérieurs aux attentes, mais le groupe n'anticipe pour le T4 qu'une croissance de 17 à 18% de ses bénéfices, pour des revenus en augmentation de 20 à 25%.

Mondelez a annoncé des trimestriels supérieurs aux attentes, et table sur une croissance de plus de 5% de son bénéfice annuel. Le groupe aux marques Oreo et Cadbury, qui va restaurer ses rachats d'actions, a affiché sur le trimestre clos des revenus de 6,67 milliards, en croissance de 5%, pour un bénéfice ajusté par action de 63 cents. Le consensus était de 62 cents de bpa et 6,5 milliards de recettes.

Sysco. Le groupe alimentaire américain a annoncé pour son premier trimestre fiscal des profits et ventes en retrait avec la pandémie, mais supérieurs aux attentes de marché. Le bénéfice net est ressorti à 217 millions de dollars et 42 cents par titre, contre 454 millions un an avant. Le bénéfice ajusté par titre a régressé à 34 cents, contre 98 cents un an plus tôt et 25 cents de consensus. Les revenus ont chuté de 23% à 11,8 milliards de dollars, contre 11,7 milliards de consensus.

Twitter et Facebook, les réseaux sociaux américains, ont pris des mesures pour avertir les utilisateurs d'éventuels messages des candidats à l'élection présidentielle américaine ou de leurs équipes revendiquant la victoire avant les résultats officiels.

Ferrari. Le constructeur automobile italien a réalisé au T3 un Ebitda de 330 millions d'euros (300 ME de consensus), en hausse de 6,4% sur un an, pour des revenus en repli limité de 3% à 888 ME. La marge d'Ebitda s'est ainsi améliorée de 330 points de base à 37,2% grâce à un mix produit/prix favorable et à une limitation des coûts. Le groupe a généré un cash flow industriel positif de 77 ME. Il a livré 2.313 véhicules sur la période, en recul de 161 unités sur un an, et compte récupérer cette année 500 unités sur les 2.000 perdues à la suite de la suspension de la production pendant sept semaines en raison de la pandémie. Le management vise le haut de la fourchette des prévisions fournies début août, à savoir un Ebitda ajusté d'environ 1,125 MdE pour des revenus supérieurs à 3,4 MdsE.

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