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Wall Street : au rebond, malgré les interrogations sur la reprise

| Boursier | 520 | Aucun vote sur cette news

Au lendemain d'une séance difficile, la Bourse de New York évolue mardi en légère hausse, soutenue notamment par les "technos".

Wall Street : au rebond, malgré les interrogations sur la reprise
Credits Reuters

Au lendemain d'une séance difficile, la Bourse de New York évolue mardi en légère hausse, soutenue notamment par les "technos". Les investisseurs restent cependant préoccupés par un possible ralentissement de la reprise économique, alors que la pandémie de coronavirus entame une deuxième vague, notamment en Europe. Le président de la Fed, Jerome Powell, a répété mardi devant le Congrès que la reprise était "très incertaine" et a estimé que de nouvelles mesures de soutien budgétaire et monétaire seraient sans doute nécessaires.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones avance de 0,39% à 27.254 points, tandis que l'indice large S&P 500 gagne 0,81% à 3.307 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et "biotechs", progresse de 1,31% à 10.919 pts. Le Nasdaq lâche cependant près de 10% par rapport à son record du 2 septembre à 12.056 pts.

Au sein du Dow Jones, Nike (+2,7%) grimpe à quelques heures de la publication de ses derniers résultats trimestriels. Microsoft (+1,9%), Apple (+1%) et Salesforce (+1%) font partie des plus fortes hausses, tandis que les banques restent à la peine (-1,26% pour JP Morgan et -1,4% pour Goldman Sachs).

Les tensions politiques retardent encore le plan de relance

Les trois indices américains viennent d'enchaîner trois semaines de baisse consécutive, et à ce stade, le S&P 500 s'oriente vers son pire mois de septembre depuis 2011. Dans un contexte sanitaire incertain, les marchés s'inquiètent de l'incapacité de la Maison Blanche et du Congrès à s'accorder sur un nouveau plan de relance, sur fond de campagne électorale très dure entre Donald Trump et son adversaire démocrate Joe Biden.

L'incertitude politique pèse donc sur le climat boursier, à six semaines de l'élection présidentielle américaine. Les tensions politique se sont encore exacerbées ce week-end après le décès de Ruth Bader Ginsburg '("RBG"), l'une des neuf membres de la Cour suprême. Donald Trump insiste pour nommer très rapidement un nouveau juge, ce qui ferait basculer la Cour Suprême du côté conservateur pour des années, les juges étant nommés à vie. Les démocrates de leur côté, exigent que le nouveau juge soit nommé par le président qui sera élu le 3 novembre prochain.

Les investisseurs déplorent que ce bras de fer inattendu entre républicains et démocrates sur la nomination d'un nouveau juge, complique encore la recherche d'un compromis sur le nouveau plan de relance... Or, le temps presse, le précédent plan budgétaire massif de 2.200 milliards de dollars, mis en place en mars, étant désormais arrivé à son terme, et de nombreuses mesures d'aide aux entreprises et aux salariés ont pris fin.

Jerome Powell prudent, la Fed prête à en faire davantage

Les économistes craignent que sans un rapide nouveau coup de pouce budgétaire, l'emploi et la consommation en pâtissent, enrayant la fragile reprise de l'économie américaine. La Réserve fédérale, qui a mis en place une batterie sans précédent de programmes de soutien à l'économie, n'a pas modifié cette politique lors de sa dernière réunion des 15 et 16 septembre, et estime que c'est désormais à la classe politique d'agir davantage.

Ce mardi, devant la Commission des services financiers de la Chambre des représentants, Jerome Powell a cependant affirmé qu'en cas de dégradation de la conjoncture, la Réserve fédérale se tient prête à en faire davantage si nécessaire. "Le chemin devant nous reste très incertain", a-t-il dit du patron de la banque centrale américaine, ajoutant que"nous demeurons engagés à utiliser tous nos instruments pour faire ce que nous pouvons, pour aussi longtemps que nécessaire, pour s'assurer que la reprise sera aussi forte que possible et pour limiter les dégâts durables pour l'économie", a-t-il dit. "Il est probable que davantage de soutien budgétaire sera nécessaire", a-t-il poursuivi.

Jerome Powell (qui doit être auditionné trois fois au Congrès cette semaine) a aussi rappelé que la reprise dépendra de l'évolution de la crise sanitaire. "Une reprise complète ne sera susceptible de se produire que lorsque les gens auront confiance dans le fait qu'il est sûr de s'engager à nouveau dans une large gamme d'activités".

Des indicateurs encourageants pour le marché du logement US

Sur le plan macro-économique aux Etats-Unis, les reventes de logements existants du mois d'août 2020 aux Etats-Unis sont ressorties supérieures aux attentes, à 6 millions d'unités, contre 5,96 millions de consensus et 5,86 millions rapporté un mois avant. Le prix médian des logements existants a par ailleurs atteint un record de 310.000$, en croissance de 11,4% en glissement annuel.

Par ailleurs, l'indice manufacturier régional de la Fed de Richmond est ressorti bien supérieur au consensus, à +21 en septembre, contre +12 attendu et après +18 un mois plus tôt. Cet indicateur signale une accélération de l'expansion de l'activité manufacturière de la région.

VALEURS A SUIVRE

Intel (stable), géant américain des microprocesseurs, a obtenu le feu vert des autorités américaines pour continuer à fournir certains produits, dont des puces et des semi-conducteurs, au colosse chinois des équipements télécoms Huawei Technologies. Depuis une semaine, de nouvelles restrictions empêchent les firmes américaines de traiter librement avec Huawei.

Tesla (-4%) retombe à Wall Street, son CEO Elon Musk ayant tempéré les ardeurs des opérateurs avant le fameux 'Battery Day' du leader californien de l'automobile électrique. Les investisseurs seront très attentifs aux annonces technologiques du groupe, dont la valorisation devient désormais très exigeante, ainsi qu'à sa stratégie en matière de batteries. Musk, qui avait initialement promis que le Battery Day allait être "dingue", a admis toutefois sur Twitter que la technologie présentée ce jour ne parviendrait pas à la production de masse avant 2022.

Le patron de Tesla reconnaît donc la difficulté à accélérer la production et précise que la stratégie du constructeur en matière de production de batteries ne tournera pas à plein régime à court terme. "Cela affecte la production à long terme, en particulier sur les Semi, Cybertruck et Roadster, mais ce que nous annonçons n'atteindra pas une production sérieuse à haut volume avant 2022".

Nike (+2,7%), géant des chaussures et accessoires de sport, annoncera ses derniers comptes trimestriels ce soir, après la clôture de Wall Street, avec probablement un impact fort de l'épidémie du fait des fermetures et de l'impact de la crise sur la consommation. Le consensus est de 46 cents de bpa ajusté pour 9,12 Mds$ de revenus.

AutoZone (-2,5%), le détaillant américain en pièces automobiles, a annoncé un solide quatrième trimestre fiscal ce jour. Profits et ventes ont ainsi progressé nettement au-dessus des attentes. Le bénéfice net sur ce trimestre clos fin août a représenté 741 millions de dollars et 30,93$ par titre, contre 565 millions de dollars un an avant. Le consensus était d'environ 25$ de bpa. Les revenus se sont améliorés de 14% à 4,55 milliards de dollars, contre 4,16 Mds$ de consensus FactSet. La croissance domestique à comparable est ressortie à près de 22%, contre +11% de consensus de marché.

Oracle (-1%) / Walmart (+1,3%). Alors que la reprise de TikTok aux Etats-Unis par Oracle et Walmart semblait scellée, et que Donald Trump disait samedi avoir validé le projet, le feuilleton ne cesse depuis de rebondir et le ton s'est durci entre le président américain et ByteDance, la maison-mère chinoise du réseau social de partage de vidéos courtes.

Ainsi, les projets d'accord publiés par ByteDance et Oracle ont révélé des contradictions. ByteDance, a en effet déclaré qu'il détiendrait 80% de TikTok Global, une société américaine nouvellement créée, et qui conservera la plupart des opérations de l'application dans le monde. ByteDance a ajouté que TikTok Global deviendrait ainsi sa filiale. A l'inverse, Oracle et Walmart affirment que la majorité des parts de TikTok seraient entre des mains américaines.

Trump a haussé le ton, menaçant d'interdire les services de TikTok aux Etats-Unis à partir de dimanche prochain si la société n'était pas contrôlée par des groupes américains. Si Oracle et Walmart "ne prennent pas le contrôle total, alors nous n'approuverons pas l'accord", a ainsi déclaré dimanche soir le président américain sur 'Fox News'. Le rédacteur en chef du média chinois 'Global Times' a affirmé pour sa part que le gouvernement chinois n'accepterait pas non plus l'accord entre ByteDance, Oracle et Walmart dans sa forme actuelle...

Alibaba (stable). Ant Group a rehaussé le montant de son introduction en bourse programmée à 35 milliards de dollars. La filiale de paiement en ligne d'Alibaba veut donc lever ce montant record à Hong Kong et Shanghai. Ant espérait initialement une levée de fonds allant jusqu'à 30 milliards de dollars. Les nouveaux chiffres résultent d'une amélioration de la valorisation d'Ant Group de 225 à 250 milliards de dollars, selon les sources de Bloomberg. Il s'agira quoi qu'il advienne d'une IPO record.

Tiffany (+0,5%). LVMH (-1,1%) a pris acte de la décision de la Cour de justice du Delaware en faveur d'un procès devant commencer en janvier, et non en novembre 2020 comme le demandait le joaillier new-yorkais. La justice du Delaware avait été saisie par Tiffany, qui accuse LVMH de vouloir se retirer de son projet de rachat de 16 milliards de dollars.

Comcast (+3,5%). Le fonds activiste Trian Fund Management, connu pour ses actions sur les dossiers Procter & Gamble ou GE, a pris une participation d'environ 900 millions de dollars au capital de Comcast, représentant 0,4% des parts, selon une personne familière de la question citée par le Wall Street Journal. Trian va donc lancer une campagne activiste sur le dossier, jugé sous-évalué. Le fonds a récemment débuté des discussions "constructives" avec le management de Comcast.

GameStop (+22,8%!) Ryan Cohen, qui vient de prendre une participation de 10% au capital du distributeur de jeux vidéo, pense que le détaillant peut devenir un clair rival d'Amazon en étendant sa gamme. Cohen mène des discussions avec le management et certains administrateurs de GameStop. Sa firme RC Ventures entend s'impliquer plus sur ce dossier GameStop, pour produire les meilleurs résultats pour les actionnaires. Cohen veut élargir l'offre en ligne du groupe pour concurrencer Amazon et les géants du e-commerce en livrant rapidement les clients.

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