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Clôture Wall Street : une fin de trimestre en beauté !

| Boursier | 274 | Aucun vote sur cette news

La Bourse de New York a progressé vendredi, dernier jour de cotation du premier trimestre, qui a permis d'effacer la correction du 4ème trimestre 2018. L'introduction de Lyft a été un succès sur le Nasdaq.

Clôture Wall Street : une fin de trimestre en beauté !
Credits Reuters

Les actions américaines ont fini le 1er trimestre en beauté, vendredi, dans l'espoir d'une baisse des taux de la Fed cette année, et de la conclusion d'un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine. A ce sujet, la Maison Blanche a fait état vendredi soir de négociations "franches et constructives" avec Pékin. Pour ce dernier jour de cotation du mois de mars, le succès de l'introduction au Nasdaq de Lyft (concurrent d'Uber dans les VTC) a entretenu un climat serein. Le rejet de l'accord de Brexit par le parlement britannique, pour la 3ème fois en trois mois, a en revanche été globalement ignoré par les marchés.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,82% à 25.928 points, alors que l'indice large S&P 500 a pris 0,67% à 2.834 pts, et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a grimpé de 0,78% à 7.729 pts. Sur la semaine, les trois indices ont gagné respectivement 1,6%, 1,2% et 1,1%, malgré une certaine volatilité en début de semaine, liée au turbulences sur les marchés obligataires.

Le premier trimestre se clôt sur une nette hausse pour les trois indices : +11,1% pour le Dow Jones, +13% pour le S&P 500 (son meilleur trimestre depuis 1998 !) et +16,5% pour le Nasdaq. Les marchés boursiers mondiaux ont rebondi de l'ordre de 10% au premier trimestre, effaçant les excès de pessimisme du dernier trimestre 2018. L'EuroStoxx 50 a grimpé de 11,6% et à Paris, l'indice CAC 40 a progressé de 13% depuis le début de l'année.

Des progrès "dans tous les domaines" entre Washington et Pékin

Un vent d'optimisme a soufflé vendredi en provenance de Pékin, où se négocie depuis jeudi les détails de l'accord commercial très attendu entre Washington et Pékin. Des sources de l'administration Trump citées par l'agence 'Reuters' ont ainsi fait état vendredi de progrès dans "tous les domaines", alors que les négociations ont repris jeudi à Pékin à haut niveau.

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a qualifié de "fructueux" un dîner de travail organisé jeudi soir à Pékin. Vendredi soir, la Maison Blanche a affirmé dans un communiqué que les deux parties "continuent de progresser à travers des discussion franches et constructives", ajoutant qu'elle se réjouissait d'accueillir la semaine prochaine à Washington le vice-président chinois Liu He, pour la suite des négociations.

Le Brexit sans effet, les marchés blasés ?

Sur le marché des changes, l'indice du dollar est resté solide vendredi, progressant de 0,05% à 97,25 points, au plus haut depuis trois semaines, tandis que l'euro était stable à 1,1221$. La livre sterling perdait 0,18% à 1,3020$, après le rejet par le parlement britannique de l'accord de Brexit, pour la 3ème fois depuis janvier.

Ce vote accroît le risque de Brexit sans accord, le Royaume-Uni ayant désormais jusqu'au 12 avril pour proposer un plan alternatif, faute quoi, le pays sortira de l'Union européenne sans accord.

Le président du Conseil européen Donald Tusk a convoqué vendredi un sommet européen spécial pour le 10 avril. Compte-tenu des multiples rebondissements dans ce dossier, les investisseurs ont peu réagi vendredi, en attendant d'y voir plus clair. De nombreux experts continuent d'espérer un report, voire un abandon du Brexit...

La courbe des taux US reprend son cours normal

Les opérateurs ont été soulagés par le retour à la normale sur les marchés obligataires américains, où la courbe des taux a retrouvé sa pente croissante, après une inversion pendant 6 séances d'affilée sur le segment 3 mois/10 ans.

Ainsi, le rendement de l'emprunt d'Etat américain de référence, le T-Bond à 10 ans, regagnait 2 points de base à 2,41%, après avoir chuté dans la semaine à 2,35%, son plus bas niveau depuis 2017. Il est repassé au-dessus du rendement du bon à 3 mois, qui est revenu à 2,38% (-5 points de base), allégeant les craintes de récession.

En période de croissance économique, il est logique que les taux à long terme soient supérieurs aux taux à court terme. L'inversion de cette courbe traduit au contraire des inquiétudes des investisseurs sur l'avenir de l'économie. Une inversion durable de la courbe des taux s'est ainsi le plus souvent traduite par le passé par une récession, en moyenne dans les 15 mois suivant le début du phénomène...

Wall Street anticipe une baisse des taux de la Fed cette année

Face aux signes de ralentissement de la croissance, la Réserve fédérale a modifié la semaine dernière ses prévisions de PIB et l'inflation à la baisse, et a indiqué qu'elle interrompait son cycle de hausse des taux jusqu'à la fin de cette année. De nombreux investisseurs tablent même désormais sur une baisse des taux directeurs cette année.

Ainsi, l'outil "Fed Watch" du marché de Chicago CME montrait vendredi soir une forte probabilité, de 65,6%, pour que les taux des "fed funds" soient en décembre prochain inférieurs à leur niveaux actuel (2,25%-2,50%). La probabilité est de 41,4% pour que les taux soit de 2%-2,25% fin 2019, et elle est de 19,3% pour que ce taux redescende à 1,75%-2%. L'outil FedWatch est calculé d'après les contrats à terme sur les taux des fed funds, le principal taux directeur de la Fed.

Les pressions politiques s'accroissent aussi sur la Fed. Vendredi, le conseiller économique de Donald Trump, Larry Kudlow, a ainsi appelé la banque centrale à baisser ses taux. "Je me fais l'écho de la vision du président" Trump, a-t-il indiqué sur 'CNBC', affirmant qu'il "aimerait" voir la Fed décider "immédiatement" d'une baisse d'un demi-point, et ajoutant qu'elle n'aurait pas dû relever son taux directeur au-delà de 2%. Mercredi, Stephen Moore, l'économiste que Donald Trump a décidé de nommer au Conseil de la Fed avait lui aussi jugé que la Fed devrait immédiatement réduire le taux des fonds fédéraux d'un demi-point.

Jeudi, le vice-président de la Fed, Richard Clarida, a indiqué que la Fed pouvait baisser ses taux et même sortir du cadre traditionnel de sa politique monétaire si l'économie subissait des difficultés inattendues. En d'autres termes, un nouveau programme de rachat d'actifs ("QE") n'est pas exclu. "Si nous avons un choc défavorable pour l'économie (..) la première réponse serait d'employer les outils monétaires habituels (...) Si cela ne suffit pas, il y a d'autres instruments dans la boîte à outils qui ont déjà été employés et il est certain qu'on les emploierait à nouveau si nécessaire", a-t-il ajouté.

Les statistiques US soufflent le chaud et le froid début 2019

Sur le front macro-économique, la conjoncture des Etats-Unis continue d'envoyer un image contrastée en début d'année. Les revenus et dépenses des ménages sont ainsi ressortis inférieurs aux attentes de marché en janvier (les chiffres de février seront publiés avec retard en raison du "shutdown").

Les revenus personnels ont augmenté de 0,2% sur un mois, contre +0,3% de consensus, tandis que les dépenses personnelles ont progressé de 0,1%, contre +0,3% de consensus de place.

En outre, l'indice des prix PCE ajusté (dit "core PCE", le plus suivi par les économistes de la Fed) s'est apprécié de 0,1% par rapport à décembre, contre +0,2% de consensus. Sur un an le rythme de hausse des prix selon le "core PCE" est tombé à 1,8% contre 2% un mois plus tôt, s'éloignant de l'objectif de 2% de la Fed.

Par ailleurs, les ventes de logements neufs ont atteint 667.000 unités en février, mieux que les 615.000 attendus par le consensus de place et après 636.000 en janvier. L'indice final du sentiment des consommateurs américains mesuré par l'Université du Michigan pour le mois de mars 2019 est lui aussi ressorti supérieur aux attentes de marché, à 98,4, contre un consensus de 97,8.

Enfin, l'indice manufacturier régional PMI de Chicago a un peu déçu, à 58,7, contre 60,3 de consensus et 64,7 en février. Il reste toutefois largement supérieur à la barre des 50 séparant expansion de contraction.

VALEURS A SUIVRE

Lyft, rival californien d'Uber dans les services de VTC, a réussi son introduction en Bourse sur le Nasdaq. Le titre a bondi de 22% dans les premiers échanges, avant de réduire nettement ses gains pour finir en hausse de 8,7% à 78,29$. A ce cours, la société est valorisée 26,4 milliards de dollars.

Face à la forte demande, Lyft avait relevé mercredi la fourchette indicative de son introduction, et a finalement "pricé" son offre en haut de fourchette, à 72$ pièce. Lyft a ainsi pu lever 2,34 milliards de dollars à l'occasion de cette introduction, en cédant un total de 32,5 millions de titres. Le groupe était valorisé 15 Mds$ lors de sa dernière levée de fonds privée remontant à l'an dernier. Il avait lancé mi-mars sa tournée de présentation, et l'introduction avait été très rapidement sursouscrite.

Le groupe VTC réalise donc la plus grosse opération d'introduction en bourse dans le domaine 'technologique' à Wall Street depuis Alibaba en 2014. Le succès de cette opération est également de bon augure pour Uber Technologies, qui doit également débouler le mois prochain sur la cote américaine. La valorisation d'Uber devrait quant à elle dépasser amplement les 100 Mds$.

DowDuPont (+1,1%). Le colosse américain de la chimie a abaissé ses estimations de revenus pour le premier trimestre, du fait notamment d'inondations dans le Midwest ayant affecté son activité agrochimique ce mois. Le groupe, né de la fusion de Dow Chemical et DuPont il y a deux ans, table pour le trimestre en cours sur des revenus en décroissance de 6 à 9%, contre une guidance antérieure d'environ -5% fournie lors des publications de la fin du mois de janvier. L'Ebitda trimestriel est anticipé en recul d'un peu moins de 20%, contre un peu plus de 10% auparavant estimé.

Apple (+0,65%). Comme de nombreux analystes financiers depuis le début de la semaine, Warren Buffett ne semble pas totalement convaincu, à ce stade, du succès à venir des services annoncés en grande pompe lundi dernier par Apple. L'oracle d'Omaha, président et fondateur de Berkshire Hathaway, s'est déclaré hier incapable de prédire la réussite de la nouvelle gamme de services proposés par la firme à la pomme, dont un service de vidéo en streaming baptisé Apple TV+. Il a revanche affirmé qu'il était certain que le grand public sortirait vainqueur de la course dans laquelle se sont lancés les fournisseurs de contenus pour tenter de le fidéliser. Berkshire possède une participation d'environ 5,3% au capital d'Apple.

BlackBerry (+13%), la star canadienne déchue du marché des assistants personnels, a annoncé pour son quatrième trimestre un bénéfice positif, profitant d'une forte croissance de plus de 70% de ses revenus de licences et de propriété intellectuelle. Ces revenus ont totalisé 99 millions de dollars sur le trimestre clos fin février 2019, contre 58 M$ un an avant. Le bénéfice net est pour sa part ressorti à 51 millions de dollars soit 8 cents par action, contre une perte de 10 millions de dollars soit 6 cents par titre un an avant, à la même époque. Les revenus totaux se sont établis quant à eux à 255 millions de dollars, contre 233 millions un an auparavant.

CarMax (+9,6%). Le groupe a publié des résultats supérieurs aux attentes de marché pour le trimestre clos. Le détaillant américain en véhicules d'occasion a réalisé au quatrième trimestre fiscal, clos fin février, un bénéfice net de 193 millions de dollars soit 1,13$ par action, contre 122 M$ un an avant. Le consensus de bpa était de 1,04$. Les revenus trimestriels ont totalisé 4,32 milliards de dollars, contre 4,08 Mds$ un an plus tôt et 4,37 Mds$ de consensus. La croissance à comparable est ressortie 'en ligne' à environ 3%.

Wells Fargo (-1,57%). Tim Sloan, directeur général de la banque américaine, va quitter immédiatement le groupe sur fond de scandale relatif aux pratiques commerciales de la firme. Le conseil d'administration de l'établissement a jugé préférable, après ce second départ abrupt de 'CEO', de chercher un candidat externe pour remplacer Sloan. Le DG de la banque a expliqué sa démission par le fait que la concentration sur sa personne constituait une distraction empêchant Wells d'aller de l'avant.

Celgene (+7,8%) grimpe, bénéficiant de l'avis d'Institutional Shareholder Services, favorable à l'offre d'acquisition de Bristol-Myers Squibb. Le géant pharmaceutique américain BMS, basé à New York, avait proposé en début d'année de racheter son compatriote du New Jersey Celgene dans le cadre d'une opération de 74 milliards de dollars en cash et actions.

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