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Clôture Wall Street : encore de la prudence

| Boursier | 261 | Aucun vote sur cette news

La cote américaine est restée hésitante face aux mauvais chiffres de l'inflation ce jeudi...

Clôture Wall Street : encore de la prudence
Credits Reuters

La cote américaine est restée hésitante face aux mauvais chiffres de l'inflation ce jeudi... Le S&P 500 a terminé en retrait de 0,33% à 4.360 pts, mais le DJIA a pris malgré tout 0,15% à 34.987 pts, alors que le Nasdaq a reculé encore de 0,70% à 14.543 pts. Le baril de brut WTI se replie de nouveau de 2% à 71,60$ sur le Nymex. L'indice dollar gagne 0,1% désormais face à un panier de devises. Le bitcoin cède 4% sur 24 heures vers les 31.600$. Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond US à 10 ans ressort à 1,35% et celui du 30 ans à 1,97%.

Les opérateurs demeurent donc globalement prudents, alors que les débats se poursuivent sur les questions des pics respectifs potentiels de croissance, de bénéfices ou d'inflation... Dans le même temps, la Fed tente toujours de rassurer, mais les marchés commencent à intégrer un peu l'idée d'un durcissement à moyen terme. Jerome Powell a prévenu que les responsables de la Fed allaient discuter de la composition et du rythme des achats d'actifs lors de la prochaine réunion, mais aucune décision ne semble imminente.

ECO ET DEVISES

Jerome Powell intervenait pour la seconde fois ce jour devant le Congrès US à l'occasion de son témoignage semi-annuel de politique monétaire. Le président de la Fed a adopté devant le Sénat un discours assez comparable à celui de la veille devant une commission financière de la Chambre des représentants... Il a indiqué que les anticipations d'inflation n'étaient pas à des niveaux problématiques, mais a admis qu'il n'était pas à l'aise avec une inflation bien supérieure à 2%, comme elle l'est actuellement... Le leader de la Fed ne pense pas qu'il y ait un problème de financement des déficits à court terme. Powell suggère de nouveau que le 'tapering' est encore très éloigné. La Fed attend surtout une forte amélioration supplémentaire du marché du travail, alors que l'économie confirme sa vigueur. Le dirigeant se montre prudent concernant le taux de participation à la force de travail, indicateur de plus en plus mis en avant par la banque centrale américaine. "Nous ne savons pas où le taux de participation à la force de travail s'installera", relativise Powell...
Hier, Powell avait déjà reconnu une hausse "notable" de l'inflation, qui devrait selon lui rester élevée durant les prochains mois. La banque centrale américaine reste prête à ajuster sa politique si l'inflation augmente trop fortement. Néanmoins, il anticipe toujours un retour ultérieur au calme et une stabilisation. L'inflation devrait selon lui rester élevée cette année puis se modérer. Le leader de la Fed constate par ailleurs la hausse des valorisations des actifs, mais ne s'alarme pas et évoque "des niveaux généralement solides" de stabilité financière. Sur les prix des maisons, Powell temporise aussi ce jour, suggérant que les tensions devraient se dissiper avec de moindres pressions provenant des matières et de l'approvisionnement.

Les discussions concernant le tapering, la réduction des achats d'actifs de la Fed actuellement logés à 120 milliards de dollars par mois, devraient se poursuivre lors des prochaines réunions. Powell a souligné que la banque fournirait "un préavis" avant d'annoncer toute décision d'apporter des changements. Le timonier de la Fed juge que la croissance américaine devrait atteindre cette année son plus haut niveau depuis des décennies. Le marché américain du travail est loin du niveau requis pour procéder au tapering. La Fed veut donc observer des progrès supplémentaires de ce point de vue avant d'agir et de réduire son soutien à l'économie. Cela semble rassurer les marchés, qui ne 'pricent' pas pour l'heure l'hypothèse d'une inflation durablement haute.

Pour Powell, il reste beaucoup de chemin à faire sur le marché de l'emploi, qui est à 7,5 millions de postes de son niveau pré-pandémique, les difficultés affectant particulièrement les travailleurs à bas salaires et les minorités. Le taux de participation à la force de travail reste en outre déprimé, note Powell.

L'indice US des prix à la production pour le mois de juin a progressé de 1% en comparaison du mois antérieur selon le rapport dévoilé hier, alors que le consensus des économistes était de 0,5%. En glissement annuel, l'indice des prix à la progression s'envole de 7,3% contre 6,8% de consensus. Hors alimentaire et énergie, le PPI américain s'est apprécié de 1% en comparaison du mois de mai, deux fois plus que prévu. Il augmente de 5,6% en comparaison de l'an dernier, contre 5,1% de consensus.
Les chiffres de l'inflation américaine publiés mardi sont ressortis également préoccupants : Ainsi, l'indice US des prix à la consommation du mois de juin a grimpé de 0,9% en comparaison du mois antérieur, bien plus que prévu puisque le consensus était de +0,5%. L'indicateur ajusté, hors alimentaire et énergie, a lui aussi progressé de 0,9% par rapport au mois précédent, contre 0,4% de consensus. Le CPI monte donc de 5,4% en glissement annuel, contre 4,9% de consensus. Le CPI ajusté, hors éléments volatils, augmente de 4,5% par rapport à l'an dernier, contre 4% de consensus... Ainsi, les prix à la consommation aux Etats-Unis ont affiché là leur plus forte hausse en 13 ans !

Le Livre Beige de la Fed, résumé des conditions économiques récentes (de fin mai à début juillet) par région, publié hier soir, a fait ressortir notamment un rebond du tourisme américain après l'impact de la pandémie. Le Livre beige traduit une poursuite de la reprise économique américaine et de forts gains en termes d'emploi, mais aussi une indéniable progression des prix. La reprise économique, "modérée à robuste", se renforce, mais les États-Unis font donc aussi face à d'importantes pénuries et une inflation croissante. De nombreuses entreprises auraient du mal à recruter, tandis que des millions d'Américains demeurent pourtant sans emploi. Les compagnies rencontreraient plus généralement des difficultés à faire face à la reprise très forte de la demande.

A noter par ailleurs que l'indice manufacturier régional de la Fed de Philadelphie pour le mois de juillet est ressorti à 21,9, contre 28,1 de consensus et 30,7 pour sa lecture du mois antérieur. Il traduit toujours une forte expansion, mais rate donc largement le consensus.
L'indice Empire State de la Fed de New York pour le mois de juillet a en revanche flambé à 43 (!), contre 18 de consensus et 17,4 un mois avant. L'indice marque une très nette accélération et s'affiche à un niveau record.
Les prix à l'import et à l'export de juin ont été aussi annoncés. L'indice des prix à l'import a progressé de 1% en comparaison du mois antérieur (1,2% de consensus) et de 11,2% sur un an. L'indice des prix à l'export a augmenté de 1,2% par rapport à mai et de 16,8% en glissement annuel.

Les inscriptions au chômage aux États-Unis restent de leur côté sous la barre des 400.000 et sont au plus bas depuis mars 2020. Le Département américain au Travail vient en effet d'annoncer, pour la semaine close au 10 juillet, des inscriptions au chômage au nombre de 360.000, en repli de 26.000 par rapport à la semaine antérieure et assez proches du consensus.

La production industrielle américaine du mois de juin 2021 est ressortie en hausse de 0,4% en comparaison du mois antérieur, contre +0,7% de consensus et +0,7% pour la lecture révisée du mois antérieur. La production manufacturière a décliné de 0,1%, contre +0,3% de consensus. Le taux d'utilisation des capacités de production a été de 75,4%, contre 75,6% de consensus et 75,1% un mois auparavant.

Ailleurs, les chiffres du PIB chinois du second trimestre ont été un peu "légers" (7,9% de croissance tout de même hors ajustements saisonniers contre 8% de consensus), mais l'activité du mois de juin a positivement surpris. La production industrielle en juin a grimpé de 8,3% contre 8% de consensus. Les ventes de détail se sont envolées de 12,1% contre 11% de consensus. La Banque de Corée a opté pour le statu quo sur les taux, tout en signalant son intention de durcir prochainement sa politique afin de répondre aux déséquilibres financiers.

Les valeurs

Morgan Stanley (+0,2%) a annoncé pour son second trimestre fiscal 2021 des revenus totalisant 14,8 milliards de dollars, largement supérieurs aux attentes, pour un bénéfice par action de 1,85$. Le consensus était de 1,65$ de bpa hors éléments pour 13,96 milliards de revenus. Sur la période comparable, un an avant, les revenus ressortaient à 13,7 milliards de dollars. Le bénéfice net part du groupe trimestriel a atteint 3,5 milliards de dollars, contre 3,2 milliards de dollars sur la période comparable de l'an dernier. James P. Gorman, CEO, juge que la firme a délivré un nouveau trimestre très solide, avec des contributions de l'ensemble des activités.

US Bancorp (+3,2%), l'établissement bancaire américain, a annoncé pour son second trimestre fiscal un bénéfice dilué par action de 1,28$ et des revenus totalisant 5,78 milliards de dollars. Le consensus était de 1,14$ de bpa ajusté pour 5,62 milliards de dollars de revenus. Le bénéfice net consolidé est ressorti à 1,98 milliard de dollars. Le CEO de la banque estime que les positions de liquidités et de capitaux restent solides.

Bank of New York Mellon (-1,2%) a publié pour son second trimestre fiscal un bénéfice de 991 millions de dollars et 1,13$ par action, contre 901 millions de dollars sur la période comparable de l'an dernier. Les revenus ont totalisé quant à eux 3,96 milliards de dollars, contre 3,92 milliards sur le trimestre antérieur et 4,01 milliards un an avant. Le consensus était de 1$ de bénéfice ajusté par action pour 3,88 milliards de dollars de revenus. Les revenus de commissions se sont améliorés de 4% en glissement annuel. Les autres recettes ont décliné de 50 millions de dollars. La reprise de provision pour pertes de crédit a été de 86 millions de dollars.

UnitedHealth (+1,3%) a dépassé les attentes de marché sur le trimestre clos et rehaussé ses estimations pour l'exercice pour la seconde fois cette année. Le leader américain de l'assurance santé table désormais sur un bénéfice ajusté par action allant de 18,3 à 18,8$, contre une fourchette antérieure allant de 18,1 à 18,6$. La nouvelle guidance comprend toujours un impact négatif estimé de 1,8$ du fait des effets de la crise sanitaire. Sur le trimestre clos, le groupe a dégagé un bpa ajusté de 4,70$, contre un consensus de 4,43$. Les revenus de l'unité Optum, qui gère les prestations de médicaments et propose des services d'analyse de données de santé, ont grimpé de 17% à 38,3 milliards de dollars. Les revenus totaux ont augmenté de près de 15% à 71,3 milliards de dollars.

AIG (+3,6%) va vendre une participation de 9,9% dans son activité Life & Retirement à Blackstone pour 2,2 milliards de dollars de cash et céder par ailleurs ses intérêts dans un portefeuille immobilier américain pour 5,1 milliards de dollars.

Netflix (-0,9%) se prépare à attaquer le marché des jeux vidéo. D'ici un an, le roi du streaming devrait proposer des jeux sur sa plateforme. Selon les sources toujours bien informées de 'Bloomberg', les jeux apparaîtront aux côtés des émissions courantes en tant que nouveau genre de programmation, à l'instar de ce que Netflix a fait avec les documentaires ou les émissions spéciales de stand-up. La société ne prévoit pas actuellement de faire payer un supplément pour ce nouveau contenu.
Dernier signe en date des ambitions de la firme californienne sur ce marché en pleine croissance, elle vient d'embaucher un ancien cadre d'Electronic Arts (stable) et de Facebook (-0,9%). Mike Verdu rejoindra en effet Netflix en tant que vice-président du développement des jeux, sous la responsabilité du directeur de l'exploitation Greg Peters, a annoncé la société mercredi soir. M. Verdu était auparavant vice-président de Facebook chargé de collaborer avec les développeurs pour proposer des jeux et d'autres contenus sur les casques de réalité virtuelle Oculus. Le dirigeant a également occupé le poste de directeur de la création chez Zynga entre 2009 et 2012... Face à la concurrence de Disney+, Amazon ou HBO Max, Netflix cherche de nouveaux relais de croissance.

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