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Clôture de Wall Street : une cinquième hausse, malgré des hésitations

| Boursier | 303 | Aucun vote sur cette news

La Bourse de New York a inscrit une nouvelle hausse jeudi à la clôture, mais la séance a été assez hésitante, posant la question de l'essoufflement du rebond.

Clôture de Wall Street : une cinquième hausse, malgré des hésitations
Credits Reuters

Malgré une séance en dents de scie, Wall Street est parvenu jeudi à aligner une cinquième séance consécutive de hausse, notamment grâce à la hausse des secteurs industriel et immobilier et aux services collectifs. La distribution et les compagnies aériennes ont en revanche subi des pertes après des annonces décevantes (American Airlines, Macy's, Kohl's). Le président de la Fed, Jerome Powell, a brièvement fait tomber les indices dans le rouge, après avoir évoqué une réduction importante du bilan de la banque centrale américaine...

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné mercredi 0,50% retrouvant de justesse le niveau des 24.000 points, tandis que l'indice large S&P 500 a progressé de 0,45% à 2.569 pts, et que l'indice Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a gagné 0,42%, à 6.986 pts.

Depuis le début de l'année, les indices ont désormais regagné 2,9% (Dow Jones), 3,5% (S&P 500) et 5,3% (Nasdaq) après avoir reculé en 2018 pour la première fois depuis 10 ans, en 2008. L'an dernier, le Dow Jones avait perdu 6,4%, le S&P 500 5,6% et le Nasdaq avait cédé 3,9%.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de six devises de référence) a regagné 0,34% à 95,56 points, tandis que l'euro a lâché 0,35% à 1,1500$.
Sur les marchés obligataires américains, les taux d'intérêts sont repartis en hausse, le rendement du T-Bond à 10 ans reprenant 2 points de base à 2,73% au lendemain de la publication des Minutes de la Fed montrant que de nombreux banquiers centraux sont favorables à une pause dans le durcissement monétaire.

Jerome Powell donne encore des sueurs froides au marché

Le président de la Fed, Jerome Powell, a toutefois causé des remous jeudi en séance, en déclarant qu'à l'avenir, "le bilan (de la Fed) sera considérablement moins élevé qu'il ne l'est actuellement". Il a ainsi donné le sentiment que la Fed pourrait décider d'accélérer le rythme de réduction de ce bilan, une action qui correspond à une politique monétaire restrictive, au même titre que des hausses de taux.

Intervenant devant l'American Economic Club, le patron de la Fed a précisé que "nous voulons faire revenir notre bilan à un niveau plus normal, un niveau suffisant mais pas plus pour nous permettre de conduire notre politique monétaire". Il a précisé qu'il ne savait pas quel était le niveau exact pouvant être considéré comme "normal".

La vitesse à laquelle la banque centrale réduit son bilan est un sujet de préoccupation permanent pour les marchés qui y voient un mécanisme moins direct que la hausse des taux directeurs pour renchérir le coût du crédit. Dans un contexte de turbulences boursières, chaque intervention de Jerome Powell a des répercussions importantes, et souvent négatives, sur les marchés financiers. Powell s'est notamment attiré les foudres de Donald Trump, qui lui reproche de relever les taux d'intérêts directeurs trop rapidement, alors que l'inflation ne montre pas de signe de dérapage au-delà de l'objectif de 2% de la Fed.

Les "Minutes" suggèrent une pause dans le cycle haussier de la Fed

Mercredi, les Minutes de la dernière réunion de la Fed avaient en revanche été bien accueillies. De façon surprenante, elles s'étaient montrées bien plus accommodantes que le communiqué de décembre, qui avait largement contribué au plongeon boursier... Le compte-rendu a relevé que "de nombreux participants ont exprimé l'opinion que, surtout dans un environnement de moindre pression inflationniste, le Comité (de politique monétaire : ndlr) pourrait se permettre d'être patient concernant la poursuite de sa politique de raffermissement monétaire".

Les Minutes envisagent donc clairement une pause dans le cycle haussier, ce qui n'avait pas été clair à l'issue de la réunion de décembre, contribuant au plongeon boursier... Jerome Powell, avait dû rectifier le tir le 4 janvier, évoquant la "patience" et "flexibilité" de la Fed, ce qui avait donné le coup d'envoi de l'actuel rebond boursier, après un mois de décembre calamiteux.

Les signes de ralentissement se multiplient en Chine

Sur le plan macro-économique, la journée de jeudi n'a pas apporté d'éléments fondamentalement nouveaux... Les dernières statistiques venant de Chine n'ont fait que confirmer le ralentissement de l'économie. Les ventes de voitures neuves ont reculé en 2018 pour la première fois en 20 ans, notamment en raison de la guerre commerciale avec les Etats-Unis. En outre, la hausse des prix à la production a atteint son plus bas niveau en deux ans et celle des prix à la consommation a atteint son plus bas niveau en six mois.

Sur le front commercial, Américains et Chinois ont bouclé mercredi un round de trois jours de négociations qui semblent avoir permis un certain nombre d'avancées. Selon un communiqué du Bureau du représentant américain au commerce, publié mercredi soir, "les discussions se sont concentrées sur les engagements de Pékin à acheter une quantité substantielle de produits agricoles, pétroliers et manufacturés, ainsi que d'autres produits et services aux Etats-Unis". Aucun détail n'a encore été divulgué, alors que les deux pays se sont donnés jusqu'au 1er mars pour conclure un accord.

Au Etats-Unis, la situation reste dans l'impasse au sujet du "shutdown", Donald Trump ayant quitté mercredi de manière abrupte une réunion avec Nancy Pelosi et Chuck Schumer. "Je viens de quitter une réunion avec Chuck et Nancy, une totale perte de temps. J'ai demandé ce qui allait se passer dans 30 jours si je rouvrais rapidement les choses (ndlr : l'administration), allez-vous approuver une Sécurité aux Frontières comprenant un Mur ou une Barrière d'Acier ? Nancy a dit, NON. J'ai dit bye-bye, rien d'autre ne fonctionne!", a indiqué le Président américain sur Twitter.

D'après le Département américain au travail ce jeudi, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 5 janvier 2019 sont ressorties au nombre de 216.000, contre un consensus de 224.000 et un niveau révisé à 233.000 pour la semaine antérieure.

VALEURS A SUIVRE

Le secteur aérien a été sous pression après un "profit warning" d'American Airlines (-4,1%), qui intervient une semaine après celui de Delta Air Lines (+0,5%). La compagnie basée à Fort Worth ne table plus que sur un bénéfice par action annuel compris entre 4,40 et 4,60 dollars, contre une fourchette précédente allant de 4,50 à 5$. Le transporteur, qui évoque des tarifs intérieurs plus faibles que prévu, anticipe par ailleurs une hausse de son revenu unitaire limitée à 1,5% sur le quatrième trimestre, contre une augmentation comprise entre 1,5% et 3,5% auparavant.

Parmi les autres compagnies aériennes, Delta Air Lines a progressé de 0,5%, United Continental Holdings a perdu 2,8%, JetBlue Airways a lâché 0,46%, Southwest Airlines a fléchi de 0,12% mais Alaska Air Group a gagné 1,9%.

Kohl's (-4,8%) a enregistré des ventes de fin d'année (novembre et décembre) en hausse de 1,2% à magasins comparables. Sur l'exercice, le groupe vise désormais un bénéfice par action compris entre 5,50 et 5,55$, contre une précédente fourchette de 5,35/5,55$. Les résultats du quatrième trimestre seront dévoilés le 5 mars.

Macy's (-17,7%) annonce que ses ventes de fin d'année (novembre et décembre) sont ressorties en hausse de 1,1% à magasins comparables. Sur l'exercice, le groupe vise désormais un bénéfice par action compris entre 3,95 et 4$, contre une précédente fourchette de 4,10/4,30$, et 4,23$ de consensus. Les ventes comparables sont quant à elles attendues en hausse de 2%, contre une précédente fourchette de +2,3/+2,5%.

L Brands (-4,4%) enregistre des ventes de 2,48 Mds$ en fin d'année (période de cinq semaines se terminant le 5 janvier 2019), contre 2,52 Mds$ un an avant. A magasins comparables, les ventes sont stables. Sur le quatrième trimestre, le groupe vise désormais un bénéfice par action proche de la borne haute de la fourchette de prévisions précédemment dévoilée, qui allait de 1,90 à 2,10$.

Target (-2,8%) annonce que ses ventes de fin d'année (novembre et décembre) sont en hausse de 5,7% à magasins comparables. Le groupe vise toujours une croissance des ventes comparables d'envrion 5% sur le quatrième trimestre, et un bénéfice par action compris entre 5,30 et 5,50$ sur l'exercice. Target annonce en outre le départ programmé de Cathy Smith (CFO). Aucun successeur n'a pour le moment été désigné.

Amazon (-0,19%), dont le patron Jeff Bezos vient d'annoncer son divorce à l'amiable, a annoncé un accord lui permettant une montée potentielle au capital de la jeune pousse française Balyo. La start-up française, spécialiste des solutions robotisées innovantes pour les chariots de manutention a conclu un accord commercial et capitalistique de 7 ans avec le géant américain selon les termes duquel Amazon recevra gratuitement des bons de souscription d'actions qui seront exerçables en fonction de l'achat par Amazon de produits embarquant la technologie Balyo. La totalité des bons de souscription d'actions, représentant jusqu'à 29% du capital et des droits de vote de Balyo, pourrait être exercée au choix d'Amazon, si Amazon commande jusqu'à 300 millions d'euros de produits embarquant la technologie Balyo.

Twitter (+2,6%) rebondit à Wall Street, profitant d'un conseil de Bank of America Merrill Lynch, qui vient de revoir son conseil à l'achat avec un objectif de 39$. Le broker évoque l'usage accru des jeunes et le niveau plus élevé d'engagement. En outre, le réseau social média a annoncé des mises à jour comprenant des bulles de dialogue.

KB Home (-4,4%) a publié ses résultats du quatrième trimestre. Les bénéfices sont de 97 M$ (0,96$ par action), contre 84 M$ (0,84$ par action) un an avant. Les revenus s'élèvent à 1,35 Md$, contre 1,40 Md$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,93$, pour des ventes de 1,34 Md$. Le groupe a délivré 3.389 logements sur la période (en légère hausse), pour un prix moyen de 395.200$, en baisse de 5% en glissement annuel.

Costco Wholesale (+0,35%) annonce des ventes de 15,42 Mds$ sur le dernier mois de l'année 2018 (période de cinq semaines se terminant le 6 janvier 2019), soit une hausse de 7,8% en glissement annuel. A magasins comparables, les ventes sont en croissance de 6,1% (+7,5% aux Etats-Unis), tandis que les ventes E-commerce grimpent de 13,6%.

Bed Bath & Beyond (+16,5%) présente ses résultats du troisième trimestre fiscal. Les profits sont de 24,4 M$ (0,18$ par action), contre 61,3 M$ (0,44$ par action) un an avant. Les revenus s'élèvent à 3,03 Mds$, contre 2,95 Mds$ un an plus tôt (-1,8% à magasins comparables). Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,18$, pour des revenus de 3 Mds$. Le groupe vise un bénéfice par action d'environ 2$ sur l'exercice fiscal 2018 et 2019, contre un consensus, respectivement de 1,99$ et 1,56$.

Nike (-0,2%). La Commission européenne a ouvert une enquête approfondie sur le traitement fiscal accordé au groupe par les Pays-Bas.

Tesla (+1,9%). Le patron du groupe, Elon Musk, qui vient de lancer la construction de la gigafactory chinoise de Shanghai, a annoncé que Tesla allait stopper la commercialisation des Model S et X les moins chers.

Ford (-1%) a annoncé son intention de supprimer des milliers de postes en Europe. Le constructeur automobile du Michigan entend ainsi redresser ses activités déficitaires dans la région et y atteindre une marge opérationnelle de 6%. Le groupe emploie 53.000 personnes en Europe. Steven Armstrong, vice-président pour la région Europe, Moyen-Orient et Afrique, n'a pas quantifié l'ampleur des suppressions d'emplois, précisant juste qu'il s'agirait de milliers de postes. Le dirigeant n'exclut pas des fermetures de sites.

Fiat Chrysler (+1,5%) a conclu un accord amiable avec le Département américain de Justice et des propriétaires de véhicules pour plus de 700 M$, dans l'affaire de fraude aux émissions polluantes de ses moteurs diesel. C'est du moins ce qu'affirment des sources de Reuters.

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