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Clôture de Wall Street : sur un nuage, avec l'accord commercial

| Boursier | 376 | Aucun vote sur cette news

La Bourse de New York a fini en hausse lundi, les trois principaux indices signant de nouveaux records historiques à la clôture.

Clôture de Wall Street : sur un nuage, avec l'accord commercial
Credits Reuters

La Bourse de New York a fini en hausse lundi, les trois principaux indices signant de nouveaux records historiques à la clôture. A l'approche de la fin d'une année faste, les investisseurs savourent l'annonce d'un accord commercial de "Phase 1" entre Washington et Pékin. Cet accord, confirmé en fin de semaine dernière, comprend un début de démantèlement des barrières douanières érigées depuis 18 mois, un élément très apprécié des investisseurs. Par ailleurs, la levée des incertitudes sur le Brexit a aussi soulagé les marchés financiers américains et européens. Le pétrole a salué la réduction des risques mondiaux en se hissant au plus haut depuis trois mois.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,36% à 28.235 points, tandis que l'indice large S&P 500 a avancé de 0,72% à 3.191 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a bondi de 0,91% à 8.814 pts. Depuis le 1er janvier, le DJIA affiche une hausse de 21%, le S&P 500 gagne 27% et le Nasdaq grimpe de 33% !

Ailleurs, l'indice Shanghai composite a gagné lundi 0,56%, et en Europe, l'EuroStoxx 50 a grimpé de 1,12%. A Paris, le CAC 40 a pris 1,23%, terminant tout près de 6.000 points pour la première fois depuis 2007 !

L'accord de "Phase 1" signé officiellement en janvier ?

Dix-huit mois après le début de la guerre commerciale, Donald Trump a donc confirmé vendredi que les Etats-Unis ont conclu un accord de Phase 1 "très large avec la Chine. Ils ont accepté de nombreux changements structurels, et des achats massifs de Produits Agricoles, Énergétiques et Biens Manufacturés, et bien plus encore", a ainsi tweeté le président américain.

De son côté, le vice-ministre chinois du Commerce, Wang Shouwen, a annoncé que "les deux pays sont parvenus à une identité de vue sur le texte d'un accord économique et commercial préliminaire". Le ministre a aussi évoqué des réductions progressives des droits de douane américains.

Dimanche, le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, a affirmé sur la chaîne CBS que l'accord avec Pékin était "totalement prêt", et qu'il allait au-delà des biens agricoles pour englober les questions de la propriété intellectuelle, des services financiers et des devises. En outre, il comporte des garanties fortes concernant l'application des engagements pris. M. Lighthizer a ajouté qu'il restait des sujets de désaccord qui devront être résolus lors des négociations de "Phase 2", dont le calendrier n'est pas encore déterminé.

Le responsable américain a précisé que l'accord de "Phase 1" devrait être signé en janvier.

Lundi, le conseiller économique de la Maison blanche, Larry Kudlow, a estimé sur 'Fox News' que les exportations américaines vers la Chine allaient "doubler" à terme grâce à l'accord. A plus court terme, l'accord prévoit que les Etats-Unis réduiront leurs droits de douane sur certains produits en échange de l'achat par la Chine d'environ 20 milliards de dollars de produits américains au cours des deux prochaines années, a-t-il ajouté.

Vers un début de démantèlement des droits de douane

Concernant les droits de douane, les taxes de 10% sur quelque 160 milliards de dollars de produits chinois prévues à partir du dimanche 15 décembre ont été annulées. Le gouvernement chinois a de son côté annulé son projet de taxer ce même 15 décembre les automobiles américaines et d'autre produits importés des Etats-Unis.

Pour les taxes déjà mises en place, celles d'un montant de 15% instaurées en septembre sur 120 Mds$ de produits chinois seront divisées par deux à 7,5%. Mais celles de 25% appliquées à 250 Mds$ d'autres marchandises chinoises importées restent en place.

Les marchés financiers ont été soulagés par l'arrêt de l'escalade des barrières douanières, même si les experts soulignent que les détails de l'accord ne sont pas encore connus, et qu'il reste ensuite un long chemin à parcourir avant que les deux pays ne parviennent à un accord complet sur l'ensemble de leurs différends, notamment le respect de la propriété intellectuelle. Il est donc probable que de nouvelles tensions commerciales continueront de tenir les marchés financiers en haleine en 2020.

A court terme, les investisseurs aimeraient connaître le montant des produits agricoles américains que Pékin s'est engagé à acheter (Donald Trump a évoqué 50 milliards de dollars, mais le chiffre n'a pas été confirmé par la Chine). Ils aimeraient aussi savoir à quelle date Washington procédera à la diminution de moitié des taxes de septembre sur 120 Mds$ de produits chinois.

La livre au plus haut depuis juin 2018 après la victoire de Boris Johnson

Sur le marché des changes, le dollar continue de subir des prises de bénéfices. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 grandes devises, a cédé lundi 0,13% à 97,05 points tandis que l'euro a progressé de 0,23% à 1,1145$.

La livre sterling a poursuivi son "rally" (+0,1% à 1,3343$), au plus haut depuis juin 2018, après avoir bondi de 1,3% vendredi, pour saluer la large victoire du parti conservateur de Boris Johnson aux législatives au Royaume-Uni. Le Premier ministre a donc reçu un mandat clair pour mener à bien le Brexit d'ici au 31 janvier 2020. Le texte devrait être soumis au parlement britannique dès vendredi. Une autre phase s'ouvrira ensuite, celle de la négociation d'accords commerciaux bilatéraux entre Londres et l'Union européenne et ses autres partenaires, à commencer par les Etats-Unis.

Donald Trump a d'ailleurs chaudement félicité vendredi Boris Johnson pour sa "grande victoire", qui ouvre selon le président américain la voie vers un accord commercial avec Washington.

Le pétrole WTI au plus haut depuis plus de trois mois

Sur les marchés obligataires américains, les cours ont reculé lundi, faisant remonter les taux d'intérêts (qui évoluent mécaniquement en sens inverse). Le rendement du T-Bond à 10 ans a repris 6 points de base à 1,88%. En Europe, le rendement du Bund à 10 ans a regagné 1 point de base à -0,28%.

Le marché pétrolier a encore progressé lundi, après un bond de 1,5%, vendredi, suite à la confirmation d'un accord commercial sino-américain. Le cours du baril de brut léger américain (WTI) a gagné 0,2% à 60,21$ sur le Nymex (contrat à terme de janvier), au plus haut depuis plus de trois mois. Le Brent de la mer du Nord a pris 0,2% à 65,34$ pour le contrat à terme de février.

Les cours restent aussi soutenus par le nouvel accord de l'Opep+, conclu le 6 décembre. Le cartel pétrolier mené par l'Arabie saoudite et ses alliés, dont la Russie, ont décidé d'une réduction supplémentaire de leur production de 500.000 barils par jour jusqu'en mars 2020 afin de soutenir les cours.

L'activité repart doucement aux Etats-Unis

Sur le plan macro-économique, l'indice manufacturier Empire State de la Fed de New York, publié lundi, s'est amélioré en décembre à 3,5 contre 2,9 en novembre, mais un peu moins que le consensus qui était logé à 4. Ce chiffre traduit une accélération modérée de l'expansion de l'industrie manufacturière dans la région de New York.

Par ailleurs, l'indice d'activité Markit PMI flash composite s'est élevé à 52,2 en décembre, contre un consensus de 52,4, et après 52 en novembre. L'indicateur manufacturier était un peu supérieur aux attentes, à 52,5 contre un consensus de 52,4. L'indice des services est ressorti à 52,2 contre 51,6 en novembre, et se trouve désormais à son plus haut niveau depuis 5 mois. Les indices montrent que l'activité outre-Atlantique s'est légèrement renforcée tout en restant en expansion modérée.

Enfin, l'indice du marché immobilier américain de la National Association of Home Builders (NAHB) a progressé plus que prévu en décembre à 76 contre un consensus de 70.

VALEURS A SUIVRE

Boeing (-4,3%) va-t-il être contraint d'arrêter temporairement sa production de 737 MAX ? Selon les indiscrétions du 'Wall Street Journal', l'option est clairement sur la table du côté de Seattle après que le directeur de l'agence fédérale américaine de l'aviation eut indiqué la semaine dernière que la certification du best-seller n'interviendrait pas avant l'an prochain, et non en décembre, comme l'espérait encore récemment la direction du géant américain.

"Il y a un nombre de procédures, d'étapes importantes qui doivent être franchies et si vous faites le calcul, chacune de ces étapes va prendre du temps", a déclaré mercredi dernier, Steve Dickson, sur la chaîne 'CNBC'.

"Nous continuons à travailler en étroite collaboration avec la FAA et les régulateurs mondiaux pour la certification et la remise en service sûre du MAX", a déclaré Boeing dans un communiqué dévoilé ce week-end. "Nous continuerons d'évaluer les décisions de production en fonction du calendrier et des conditions de remise en service, qui seront basés sur les approbations réglementaires et peuvent varier selon les juridictions".

L'appareil est cloué au sol depuis mars, après deux crashs qui ont fait 346 morts et mis en lumière une défaillance du système anti-décrochage MCAS dont est équipée cette toute dernière version du B-737. Boeing a déjà réduit la production du 737 de 19% dans les semaines qui ont suivi le deuxième accident mais le groupe américain continue à produire 42 appareils par mois... qu'il ne peut pas livrer. Résultat, plus de 380 avions attendraient de pouvoir être expédiés aux compagnies aériennes et les coûts de stockage de Boeing explosent... Le conseil d'administration de Boeing doit se réunir en ce début de semaine et pourrait faire une annonce très rapidement.

International Flavors & Fragrances (-10,4%). Le groupe new-yorkais a annoncé un accord de rapprochement avec la division nutrition et sciences de la vie de DuPont (+0,1%). Ce deal majeur de 26,2 milliards doit donner naissance à un groupe de 45 milliards de dollars de valorisation. L'opération se déroulera en deux temps, via une scission de l'activité de DuPont puis une fusion de cette dernière avec IFF. A l'issue de la transaction, DuPont détiendra 55,4% du nouvel ensemble contre 44,6% pour IFF. Le chimiste bénéficiera par ailleurs d'un paiement cash de 7,3 milliards de dollars à la finalisation l'année prochaine.

Fiat Chrysler Automobiles (+1,75%). PSA aurait le soutien du gouvernement français pour son projet de fusion avec Fiat Chrysler Automobiles. Selon les sources proches du dossier citées par 'Bloomberg', Bercy, qui détient une participation de 12,2% dans PSA via la BPI, soutiendrait le protocole d'accord que le groupe sochalien s'apprête à signer. Le conseil d'administration de PSA doit se réunir mardi pour examiner les termes de ce qui sera un accord contraignant, précise l'agence. L'opération doit donner naissance au quatrième groupe automobile mondial.

Intel (-0,16%), géant californien des microprocesseurs, a annoncé l'acquisition de l'Israélien Habana Labs pour un montant total de 2 milliards de dollars. L'opération permet de renforcer les opérations d'Intel dans les 'puces' dédiées à l'intelligence artificielle, sur un marché adressable total attendu à plus de 25 milliards de dollars en 2024.

Pfizer (+2,1%), le colosse pharmaceutique américain, a profité de l'annonce d'un renforcement de son dividende de 5,6%. Le nouveau dividende trimestriel ressort donc à 38 cents, contre 36 cents auparavant. Il sera payable le 6 mars 2020 aux actionnaires au 31 janvier.

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