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Clôture de Wall Street : séance en demi-teinte face aux incertitudes

| Boursier | 416 | Aucun vote sur cette news

Wall Street a fini sur une note hésitante jeudi, les investisseurs manquant de visibilité sur l'évolution de la crise sanitaire. En outre, le chômage a augmenté plus que prévu la semaine dernière aux Etats-Unis.

Clôture de Wall Street : séance en demi-teinte face aux incertitudes
Credits Reuters

La Bourse de New York a fini en ordre dispersé jeudi, les investisseurs étant toujours partagés entre les espoirs de reprise économique face à la crise du Covid-19, et la crainte d'une seconde vague de la pandémie, qui compromettrait le redémarrage de la croissance. Les questions commerciales ont aussi pesé, après le retrait des Etats-Unis des négociations internationales sur la taxation des géants du numérique. Sur le plan sanitaire, le nombre de cas de Covid-19 continue d'augmenter dans de nombreux Etats américains, de même que le nombre de chômeurs.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,15% à 26.080 points, tandis que l'indice large S&P 500 a fini stable (+0,06%) à 3.115 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a progressé de 0,33% à 9.943 pts. Le S&P 500 a été soutenu par les indices sectoriels de l'énergie (+1,2%), des biens de consommation de base (+0,5%) et des technologies (+0,5%).

A noter que les volumes sont faibles depuis deux jours à Wall Street, en recul de plus de 15% par rapport à la normale. En outre, les marchés se préparent, vendredi, à une "journée des 4 sorcières", qui correspond à l'arrivée à échéance simultanée des options et des contrats à terme sur les indices et sur les actions individuelles.

Plus tôt dans la journée, les autres places mondiales ont consolidé. En Asie, le Nikkei a cédé 0,45% et le Shanghai composite a gagné un petit 0,12%, tandis qu'en Europe, l'EuroStoxx 50 a lâché 0,5%, et à Paris, le CAC 40 a abandonné 0,75%.

Le chômage augmenté plus que prévu la semaine dernière aux Etats-Unis

Les indicateurs macro-économiques du jour sont ressortis contrastés aux Etats-Unis. Les chiffres hebdomadaires de l'emploi ont quelque peu déçu, le nombre de chômeurs restant supérieur au million. Pour la semaine close au 13 juin, les inscriptions au chômage ont atteint 1,508 million, en repli de 58.000 par rapport à la semaine précédente, mais plus élevées qu'anticipé puisque le consensus était positionné à 1,29 million.

La moyenne à quatre semaines ressort à 1,774 millions, en repli de 234.500. Enfin, le nombre de chômeurs indemnisés sur la semaine close le 6 juin s'établit à 20,54 millions, en recul de 62.000 sur sept jours. Avant que le coronavirus ne mette à l'arrêt la majeure partie de l'économie américaine, le précédent record datait de 1982 avec 695.000 demandes hebdomadaires.

En revanche, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie a très positivement surpris, puisqu'il est ressorti dans le vert à +27,5, alors qu'il était attendu négatif de -22,7. Il signale donc un franc rebond de l'activité manufacturière dans la région considérée.

Enfin, l'indice des indicateurs avancés américains du Conference Board a rebondi plus que prévu, de 2,8% en mai par rapport à avril, contre un consensus de marché de +1,7% et une lecture révisée à -6,1% pour le mois d'avril.

Une situation sanitaire toujours inquiétante aux Etats-Unis

Face à cette situation incertaine, le président de la Fed, Jerome Powell, a réaffirmé mercredi devant le Sénat que la banque centrale utiliserait tout ses outils pour soutenir la reprise, et a estimé au passage que l'Etat devrait faire davantage en ce sens, afin de prolonger l'effet des plans d'environ 3.000 Mds$ déjà adoptés depuis mars par le Congrès américain.

L'administration Trump a jusqu'ici temporisé concernant un nouveau "package" de soutien, en attendant d'observer la vigueur du rebond de l'économie depuis la levée des restrictions dans la plupart des Etats américains. Toutefois, ce déconfinement rapide s'accompagne depuis la fin mai d'une résurgence du nombre de cas de Covid-19 dans un certain nombre d'Etats, dont le Texas, la Californie, la Floride et la Caroline du nord et du sud.

Les Etats les plus touchés par la pandémie, notamment ceux de la côte Est, continuent toutefois de voir leur situation s'améliorer. Globalement, le nombre de nouveaux cas et de décès reste à un niveau élevé et stable depuis deux mois, avec en moyenne 20.000 nouveaux cas par jour et entre 500 et 1.000 décès, selon les données publiées par l'OMS. Au total, 2,15 millions d'Américains sont tombés malades, et plus de 117.000 sont morts du coronavirus.

L'OCDE avertit contre le risque de guerre commerciale

Donald Trump a réaffirmé jeudi soir sa ferme opposition à l'idée d'une nouvelle fermeture des commerces et des entreprises, malgré la progression des nouveaux cas de contaminations au coronavirus dans plusieurs Etats. Le leader américain a ainsi confirmé les récents commentaires de son conseiller économique Larry Kudlow, ou ceux du secrétaire au Trésor Steven Mnuchin. "Nous ne fermerons pas le pays à nouveau. Nous n'aurons pas à le faire", a souligné Trump dans un entretien à la chaîne 'Fox News'.

Sur le front commercial, le dossier de la taxe numérique est revenu empoisonner les relations entre l'Union européenne et les Etats-Unis, après que Washington a claqué la porte des discussions internationales sur la taxation des géants du numérique. Steven Mnuchin a ainsi quitté mercredi les négociations que mènent près de 140 Etats depuis plusieurs mois pour réformer la fiscalité transfrontalière et l'adapter à l'ère numérique, en dénonçant le manque d'avancées sur le sujet.

Ces discussions, organisées sous l'égide de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), devaient aboutir d'ici à la fin de l'année. Le secrétaire général de l'OCDE Angel Gurria a prévenu que l'absence de "solution multilatérale" pourrait déboucher sur une "guerre commerciale". "Une guerre commerciale, en particulier en ce moment où l'économie mondiale traverse une crise historique, porterait plus encore préjudice à l'économie, à l'emploi et à la confiance", a alerté M. Gurria ce jeudi dans une déclaration écrite.

Le pétrole rebondit, l'Opep entend respecter ses coupes de production

Sur les marchés pétroliers, les cours sont repartis à la hausse ce jeudi, sur fond de baisse de la production mondiale en mai, qui laisse espérer un rééquilibrage entre l'offre et la demande. Le baril de brut léger américain WTI pour livraison juillet a repris 2,3% à 38,84$ sur le Nymex, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance août a rebondi de 2% à 41,51$.

Selon l'agence 'Bloomberg', l'Opep a tenu jeudi une réunion de son Comité de suivi de l'accord de l'Opep (JMMC), au cours de laquelle il aurait été décidé d'accélérer dans les prochains mois les coupes de production, qui n'ont pas été respectées en mai, notamment en raison d'une production plus élevée que prévu de l'Irak. Ce dernier pays se serait toutefois engagé à compenser ce manquement sur les prochains mois.

L'Alliance Opep+, entre l'Opep et d'autres pays producteurs s'est engagée à réduire de 9,7 millions de barils par jour sa production jusqu'à la fin juillet. Selon des sources citées par 'Reuters', cet objectif n'aurait toutefois été atteint en mai qu'à hauteur de 87%.

VALEURS A SUIVRE

Hertz Global Holdings (-10%) a plongé en clôture après avoir annoncé l'abandon définitif de son projet d'augmentation de capital. Le loueur américain de voitures, en procédure de faillite depuis la 22 mai, avait annoncé mercredi soir qu'il suspendait cette opération controversée de 500 millions de dollars après avoir été "avisé oralement" par la SEC, le gendarme de la Bourse américaine, de son intention d'enquêter sur cette levée de fonds.

Hertz s'est placé le 22 mai dernier sous la protection de la loi sur les faillites aux Etats-Unis, après avoir vu ses revenus s'effondrer avec la crise du coronavirus, qui a stoppé net les réservations, notamment à partir des aéroports américains, où le groupe est très implanté. L'échec de sa tentative de lever des fonds fragilise le plan de restructuration envisagé par la direction.

Tesla (+1,2%). Jefferies a rehaussé son objectif de cours à 1.200 dollars contre 650 dollars. Le broker souligne la construction du 'momentum' sur le dossier du constructeur de véhicules électriques.

De son côté, Nio (+4,9%), le concurrent chinois de Tesla, approche de son plus haut niveau depuis 15 mois.

U.S. Steel (-13,1%) a émis un gros 'profit warning' en raison de la crise du Covid-19, et a annoncé un projet de levée de fonds de plus de 500 M$ pour renforcer son bilan. L'action U.S. Steel a plongé de 10,4% mercredi à Wall Street, après que le sidérurgiste américain a indiqué s'attendre désormais à des pertes bien plus importantes que prévu pour son 2ème trimestre fiscal en cours.

Le sidérurgiste prévoit ainsi pour ce trimestre, qui s'achèvera fin juin, à une perte nette de 3,06$ par action contre une perte de 1,73$ attendue par le consensus FactSet. Le groupe a expliqué qu'une "partie significative" de son outil de production est restée à l'arrêt pendant le trimestre en raison de l'épidémie de Covid-19. U.S. Steel a en outre annoncé une augmentation de capital de 57,5 millions de titres, soit environ 517 millions de dollars.

Carnival (-1,4%). Le géant de la croisière a publié ce jeudi une perte nette trimestrielle de 4,4 milliards de dollars, plombé par l'arrêt de la majeure partie de ses activités du fait, bien évidemment, de la pandémie de coronavirus Covid-19. Le groupe anticipe par ailleurs un résultat net négatif pour l'ensemble de l'exercice.

T-Mobile (+3,6%) va réduire ses effectifs plus rapidement que prévu suite à son acquisition prévue par Sprint, selon le 'Wall Street Journal'.

Biogen (-7,5%) a chuté après une décision de justice lui retirant les droits sur le Tecfidera. Ce médicament contre la sclérose en plaques avait rapporté l'an dernier 3,3 Mds$ à Biogen aux Etats-Unis l'an dernier.... Biogen était opposé au génériqueur Mylan dans cette affaire.

KKR (+2,8%) a scellé l'acquisition de l'opérateur néerlandais de parcs et d'hébergements de loisirs Roompot, pour un montant non divulgué.

Alphabet (-1,2%). Un logiciel d'espionnage aurait pris pour cible le navigateur internet Chrome développé par la firme Google, filiale d'Alphabet, par le biais de 32 millions de téléchargements d'extensions. C'est du moins ce qu'ont indiqué à Reuters des chercheurs d'Awake Security.

Alphabet (-1,2%)/ Amazon (+0,49%) / Apple (stable)... La France s'est offusquée ce jour, qualifiant de provocation la décision des Etats-Unis de se retirer des discussions internationales sur la taxation des géants du numérique. L'UE a évoqué une taxe communautaire faute d'accord sur le sujet.

Spotify (+12,7%), plateforme de musique en ligne, a signé un deal exclusif avec Kim Kardashian West pour héberger un podcast portant sur les erreurs judiciaires et la réforme de la justice pénale. Le Suédois a aussi signé un partenariat avec Warner Bros et DC (entité dédiée aux super-héros) dans les podcasts.

Chevron (+0,4%) va se séparer de sa participation minoritaire dans le projet North West Shelf, le plus important complexe d'exploitation de gaz naturel liquéfié (GNL) d'Australie. Le géant pétrolier américain indique avoir reçu des sollicitations d'acquéreurs potentiels.

JP Morgan Chase (-0,5%). La Chine a autorisé la banque américaine à lancer son activité de dérivés. Il s'agit d'une première pour un opérateur étranger.

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