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Clôture de Wall Street : sans relief, le plan de relance US tarde à se concrétiser

| Boursier | 370 | Aucun vote sur cette news

La Bourse de New York a terminé la semaine en demi-teinte, vendredi, mettant fin à deux semaines de hausse d'affilée, ponctuées de records.

Clôture de Wall Street : sans relief, le plan de relance US tarde à se concrétiser
Credits Reuters

La Bourse de New York a terminé en demi-teinte vendredi, mettant fin à deux semaines de hausse d'affilée, ponctuées de records. Les marchés ont consolidé ces derniers jours face aux incertitudes sur l'adoption d'un nouveau plan de soutien budgétaire aux Etats-Unis, alors que l'épidémie de coronavirus continue de flamber outre-Atlantique. Les investisseurs s'inquiètent en outre du risque d'un Brexit dur. Sur le plan sanitaire, le comité consultatif de la FDA américaine a donné un avis favorable à la mise sur le marché en urgence du vaccin de Pfizer/BioNTech, un pas de plus vers la campagne de vaccination.

A la clôture, le Dow Jones a progressé de 0,16% à 30.046 points, retrouvant symboliquement le seuil des 30.000 pts, tandis que l'indice large S&P 500 a cédé 0,13% à 3.663 pts et que l'indice Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a reculé de 0,23% à 12.377 pts.

Les indices ont réduit leurs pertes après que le Sénat américain a voté la prolongation d'une semaine du financement de l'Etat fédéral, évitant ainsi un "shutdown" des services fédéraux ce vendredi soir. Le projet de budget pour l'exercice 2021 (qui devrait inclure le fameux plan de soutien face au Covid) devra donc être approuvé avant vendredi prochain.

Du côté des valeurs, Walt Disney a flambé de 13,6%, terminant à un niveau record, après que le groupe a fait des prévisions impressionnantes pour ses services de vidéo en streaming, dont Disney+, à horizon de l'exercice 2024.

Sur l'ensemble de la semaine, le DJIA a reculé de 0,6%, le S&P 500 a rendu 1% et le Nasdaq a lâché 0,7%, mais les trois indices restent proches de leurs sommets historiques, soutenus par l'espoir d'une sortie de la crise du Covid-19 en 2021 à la faveur de la vaccination.

Les Américains gardent le moral malgré la flambée de Covid-19

Sur le plan macro-économique aux Etats-Unis, le moral des Américains tient bon en ce début décembre malgré la progression de l'épidémie de coronavirus et le retour de mesures de restriction dans de nombreux Etats. L'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains, mesuré par l'Université du Michigan, a ainsi grimpé à 81,4 en décembre contre un consensus de marché de 76, et après 76,9 en novembre.

Par ailleurs, l'indice des prix à la production a augmenté de 0,1% en novembre comparaison au mois antérieur, en ligne avec le consensus des économistes. Hors alimentation et énergie cette fois, le 'PPI' américain s'est affiché en augmentation de 0,1%, alors que le consensus était logé à +0,2% par rapport au mois précédent.

Les chances d'adopter un plan de relance avant Noël semblent diminuer

A Washington, le suspense se poursuit sur la possibilité d'adopter un nouveau plan de soutien face à la crise du Covid-19 avant la fin de la législature actuelle, prévue à la fin de la semaine prochaine. Deux projets d'un montant presque équivalent sont désormais en discussion : le premier, d'un montant de 908 milliards de dollars, a été déposé la semaine dernière par un groupe bipartisan de sénateurs démocrates et républicains. Le deuxième projet, d'un montant de 916 Mds$, a été présenté mardi soir par le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

M. Mnuchin et Nancy Pelosi, la leader démocrate de la Chambre des représentants ont tous deux fait état de "progrès" dans les négociations, mais Mme Pelosi a émis des doutes jeudi soir en estimant qu'il n'était pas exclu que les discussions se poursuivent au-delà de Noël... Selon la presse américaine, les discussions sont ralenties par les réticences du président républicain du Sénat, Mitch McConnell, dont le soutien est essentiel pour voter un nouveau plan. McConnell aurait posé des conditions, exigeant notamment que le plan de soutien prévoie de protéger les entreprises de poursuites judiciaires liées au Covid-19.

Il semble de plus en plus difficile de faire adopter un plan avant la fin de la législature (en principe vendredi prochain, 18 décembre...), alors que de nombreux programmes d'aide aux Américains face à la crise du coronavirus prendront fin le 31 décembre, privant notamment 12 millions de personnes d'indemnités de chômage... Un échec reporterait d'au moins un mois l'adoption d'un nouveau package, qui serait soumis au nouveau Congrès entrant en fonction en janvier, mais qui ne devrait pas voter de lois avant l'investiture du président élu Joe Biden prévue le 20 janvier.

Les marchés se montrent aussi plus prudents en cette fin de semaine au vu de la situation sur le Brexit, avec des négociations une nouvelle fois dans l'impasse. Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a ainsi évoqué jeudi soir la "forte possibilité" d'une rupture sans accord avec l'Union Européenne. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a elle aussi estimé que le 'no-deal' était désormais plus probable. Les négociations continuent toutefois jusqu'à dimanche...

Le pétrole Brent a retrouvé les 50$ cette semaine

Sur le marché pétrolier, les cours ont marqué le pas vendredi, mais le bilan de la semaine est positif : en 5 séances, le WTI a encore gagné 0,7% et le Brent a avancé de 1,5%, dépassant même jeudi le seuil des 50$ en clôture, pour la première fois depuis mars dernier. Les cours du pétrole ont regagné environ 30% depuis début novembre dans l'espoir d'une reprise de la demande, et d'une amélioration sur le front sanitaire en 2021 grâce aux vaccins contre le Covid-19.

Vendredi soir, le pétrole brut léger américain (WTI) a cédé 0,5% à 46,57$ le baril, pour le contrat de janvier sur le Nymex, tandis que le contrat sur le Brent pour livraison en février a reculé de 0,6% à 49,97$ le baril.

VALEURS A SUIVRE

Walt Disney s'est envolé de 13,6% à 175,72$, un nouveau record, au lendemain d'une journée virtuelle d'investisseurs au cours de laquelle le géant américain des loisirs a dévoilé des données et des ambitions impressionnantes pour ses services de vidéo en streaming, dont Disney+, lancé il y a à peine plus d'un an. Disney+ a ainsi conquis 86,8 millions d'abonnés à la date du 2 décembre, contre un peu plus de 73 millions en fin de quatrième trimestre fiscal, achevé le 3 octobre. En incluant Hulu et ESPN+, les services de streaming du groupe comptent au total environ 137 million d'abonnés.

A horizon de la fin de l'exercice 2024, le groupe vise désormais 260 millions de clients pour Disney+ et 350 millions pour Disney+, Hulu et ESPN+ réunis, ce qui correspond à tripler ses ambitions initiales faites à l'automne 2019 (80 à 90 millions d'abonnés à Disney+)...

Fort du succès de Disney+, le groupe a annoncé jeudi une hausse du prix de l'abonnement Disney+ aux Etats-Unis, à 7,99$ par mois, soit 1$ supplémentaire, à partir de mars 2021. En Europe, l'abonnement à Disney+ coûtera 2 euros de plus, soit 8,99 euros par mois, au lieu de 6,99 euros, à partir du 23 février 2021.

Airbnb (-3,7%) a fait l'objet de quelques prises de bénéfices pour son 2e jour de cotation, après son envolée de 113% la veille pour son démarrage sur le Nasdaq. DoorDash (-5,9% à 175$), l'autre grande IPO de la semaine, a corrigé d'environ 8% en deux séances, après sa flambée de 85% mercredi pour son introduction à Wall Street.

Les deux "licornes" ont réussi leurs débuts boursiers, parvenant à fixer des prix d'introduction bien plus élevés que les fourchettes indicatives envisagées, ce qui leur a permis de lever plusieurs milliards de dollars pour financer leur développement (3,3 Mds$ pour DoorDash et 3,5 Mds$ pour Airbnb).

Pfizer (-1,4%) a fait l'objet de prises de bénéfices. Un comité d'experts indépendants de la FDA a donc voté hier jeudi à une large majorité en faveur d'une autorisation d'utilisation d'urgence du vaccin du groupe américain et de son partenaire allemand BioNTech (-1,7%) contre le Covid-19. La FDA va suivre ce conseil. Elle a déjà contacté les centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) aux Etats-Unis ainsi que l'Operation Warp Speed afin qu'ils mettent en oeuvre leurs plans de distribution de vaccins. Il s'agira du premier vaccin disponible aux USA.

Apple (-0,67%)/Qualcomm (-7,3%). Le groupe à la pomme travaille selon 'Bloomberg' sur son propre modem cellulaire, pour remplacer les produits de Qualcomm... Le développement aurait commencé cette année, selon un dirigeant du groupe, qui aurait fait cette confidence aux employés.

Broadcom (-1%) a dépassé les attentes de marché sur le trimestre clos et annoncé la nomination d'un nouveau directeur financier. Pour le quatrième trimestre fiscal, le bénéfice net est ressorti à 1,25 milliard de dollars et 2,93$ par titre, contre 818 millions un an avant. Le bpa ajusté a représenté 6,35$ contre 5,39$ un an avant. Les revenus ont totalisé 6,47 milliards, contre 5,78 milliards l'an dernier. Kirsten Spears prend par ailleurs la tête de la direction financière.

Oracle (+1,9%) a publié un bénéfice net de 2,44 milliards de dollars (80 cents par action) pour son deuxième trimestre fiscal, pour un chiffre d'affaires de 9,8 Mds$, en légère hausse de 1,8%. En données ajustées des éléments non récurrents, le bénéfice par action de l'éditeur américain de logiciels de gestion s'établit à 1,06$, contre 0,9$ un an plus tôt. Ces chiffres sont globalement supérieurs à ceux attendus. Le consensus des analystes tablait ainsi sur un bpa de 1$ et sur des ventes de 9,77 Mds$. Safra Catz, CEO du groupe, a précisé que les résultats du 2e trimestre fiscal avaient été portés par la forte hausse des ventes de deux applications Cloud du groupe, Fusion et NetSuite, qui ont bondi respectivement de 33% et 21% sur un an.

Adobe (-0,2%). Le groupe software américain a dépassé les attentes de marché pour son quatrième trimestre et rehaussé ses prévisions. Sur le T4, le bénéfice par action est ressorti à 2,81$, contre 2,66$ de consensus et 2,29$ un an avant. Les revenus ont été de 3,42 milliards, contre 3 milliards un an plus tôt et 3,36 Mds$ de consensus. Sur l'exercice, le groupe prévoit un bpa de 11,2$ et des revenus de 15,15 Mds$.

Mastercard (-1,2%). La Cour suprême du Royaume-Uni a validé ce jour une procédure en nom collectif contre le groupe de cartes de crédit, accusé d'avoir surfacturé plus de 46 millions de personnes en Grande-Bretagne pour un total de 14 milliards de livres sur une période de 15 années.

Lululemon Athletica (-6,7%) a rehaussé ses prévisions de chiffre d'affaires et de bénéfice pour le trimestre entamé, intégrant ainsi l'impact positif des mesures de confinement et de l'essor du sport à domicile. Pour le troisième trimestre, le groupe a dégagé un bénéfice de 144 millions de dollars et 1,1$ par titre, contre 126 millions un an avant. Le bpa ajusté a représenté 1,16$ contre 88 cents de consensus. Les revenus ont grimpé de 22% à 1,1 Md$ avec le e-commerce. La croissance à comparable est ressortie à 19%.

Costco Wholesale (+0,6%), le distributeur d'Issaquah, a dévoilé hier soir des comptes trimestriels supérieurs aux attentes de marché, avec une progression de 86% de ses ventes en ligne. Pour le premier trimestre fiscal, Costco a réalisé un bénéfice de 1,17 milliard de dollars et 2,62$ par titre, contre 844 millions un an avant. Les revenus se sont améliorés de 17% à 42,4 milliards de dollars. La croissance à comparable s'est établie à 15%.

MetLife (-0,7%). Le Suisse Zurich Insurance et Farmers Exchanges ont conclu le rachat à MetLife d'activités d'assurance dommages aux Etats-Unis pour un montant de 3,94 milliards de dollars.

Ferrari (+0,45%). L'administrateur délégué de Ferrari, Louis Camilleri, a démissionné pour motifs personnels. Il sera remplacé pour l'heure par le président John Elkann. Camilleri dirigeait le groupe italien depuis juillet 2018. Il a pris la décision de démissionner alors qu'il souffrait de problèmes de santé et avait du être hospitalisé après avoir été contaminé par le Covid-19, selon une source de Reuters, selon laquelle son état de santé n'était toutefois pas la raison de sa démission.

Tesla Motors (-2,7%) a reculé avant son intégration au S&P 500. Le broker Jefferies a abaissé sa recommandation à 'conserver' contre 'acheter', mais relevé son objectif de cours à 650$ contre 500$ auparavant.

Nio (-7,1%), rival chinois de Tesla, a aussi cédé du terrain à Wall Street. Comme Tesla en début de semaine, le groupe a annoncé à son tour une augmentation de capital. Celle-ci porte sur 60 millions d'ADS (American Depositary Shares) et pourrait permettre à Nio de lever 2,7 milliards de dollars.

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