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Clôture de Wall Street : nouvelle séance noire, le plan de soutien se fait attendre

| Boursier | 406 | Aucun vote sur cette news

La Bourse de New York a connu une nouvelle journée agitée, mercredi, perdant près de 10% en séance avant de finir en recul de 5% à 6% pour les principaux indices.

Clôture de Wall Street : nouvelle séance noire, le plan de soutien se fait attendre
Credits Reuters

La Bourse de New York a connu une nouvelle journée agitée, mercredi, perdant près de 10% en séance avant de finir en recul de 5% à 6% pour les principaux indices. A la clôture, l'indice Dow Jones a perdu 6,3% à 19.898 points, tandis que l'indice large S&P 500 a abandonné 5,18% à 2.398 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a perdu 4,7% à 6.989 pts. Le cours du pétrole WTI a sombré de plus de 24%, tombant près de 20$ le baril, au plus bas depuis plus de 18 ans, début 2002 !

L'indice Vix de la volatilité, aussi appelé "l'indice de la peur", est reparti vers de nouveaux sommets historiques, en hausse de 12,5% à plus de 85 points. Il est supérieur à ses sommets de la fin 2008, dans le sillage de la faillite de la banque Lehman Brothers, qui avait entraîné la débâcle boursière et entraîné une récession.

Le Dow Jones est désormais revenu au plus bas depuis l'automne 2016, effaçant tous ses gains acquis depuis l'élection de Donald Trump comme président américain en novembre 2016.

Malgré les récentes annonces de plans d'aide de la part des banques centrales et des gouvernements à travers le monde, le coup d'arrêt brutal donné à l'économie mondiale par les mesures anti-Covid-19, continue de paniquer les investisseurs, dont la seule préoccupation est actuellement de se procurer des liquidités.

Toujours pas de détails sur le plan de soutien de l'administration Trump

Ce mercredi, la cotation des trois principaux indices américains a dû être réservée à la baisse pendant un quart d'heure à 17h55 (heure française), lorsque la chute a atteint 7%. A la reprise de la cotation, les pertes se sont encore accrues, frôlant les 10%, les investisseurs s'inquiétant du manque de précisions données jusqu'ici par l'administration Trump au sujet des mesures de soutien à l'économie pour faire face à la crise du coronavirus. La presse évoque un plan de 1.300 milliards de dollars, mais les détails restent donc encore flous.

Dans sa conférence de presse désormais quotidienne depuis la Maison Blanche, Donald Trump s'est décrit comme un "président en temps de guerre" et a annoncé la quasi-fermeture de la frontière avec la Canada, mais n'a pas encore donné de détails sur le plan de soutien massif tant attendu par les marchés, notamment en aide au secteur aéronautique.

Lors de sa conférence de presse, Donald Trump a déclaré : "je me considère, d'une certaine manière, comme un président en temps de guerre. C'est une guerre que nous menons, c'est une situation très très difficile". Le président américain s'est engagé à prendre des mesures économiques majeures, dont la suspension des expulsions et des saisies immobilières. Il a aussi annoncé la fermeture de la frontière entre les Etats-Unis et le Canada pour tout "voyage non essentiel".

Washington pourrait prendre des participations dans des entreprises en difficulté

Après la clôture, le Sénat a approuvé le second volet d'une loi organisant la lutte contre la pandémie, tandis que le conseiller économique de Donald Trump, Larry Kudlow, a affirmé que le gouvernement envisageait de prendre des participations dans le capital d'entreprises en difficulté dans le cadre de son plan d'aide en préparation. Il a souligné que le sauvetage par l'Etat de General Motors pendant la crise de 2008-2009 s'était avéré une bonne affaire pour le gouvernement fédéral.

M. Kudlow a précisé que cette idée n'était qu'un hypothèse parmi d'autres et que la décision finale dépendrait de la manière dont le Congrès modifierait ou non le projet. Il a ajouté que Washington ferait "tout ce qui est nécessaire" pour soutenir l'économie US face aux conséquences du Covid-19, ajoutant que le plan envisagé d'environ 1.300 milliards de dollars, pourrait être encore augmenté si la crise s'avérait plus grave que prévu.

Le dollar bondit de 2% en séance, les taux remontent

Sur le marché des changes, le dollar a bondi mercredi, profitant d'un effet de valeur refuge. L'indice du dollar, qui reflète son évolution face à 6 devises de référence (euro, livre sterling, franc suisse, dollar canadien, yen et couronne suédoise) a grimpé de 1,37% à 100,94 points après avoir bondi de 2% en séance, tandis que l'euro a perdu plus de 1% à 1,0913$.

Les obligations d'Etat ont poursuivi leur correction entamée la veille. Les annonces de plans de relance massifs, qui vont alourdir la dette publique, ont entraîné des tensions sur les taux souverains. Les taux d'intérêts, qui évoluent en sens inverse des cours, sont ainsi fortement remontés après être tombés la semaine dernière à des plus bas historiques.

Aux Etats-Unis, le rendement du T-Bond a 10 ans a encore repris 11 points de base à 1,19% (après +37 points de base mardi, sa plus forte hausse depuis 1982 !), remontant au dessus de 1%, après être tombé brièvement sous 0,5%, un plus bas historique, le 9 mars dernier. Ce taux était encore logé autour de 1,9% fin 2019 avant la crise du coronavirus...

Même scénario en Europe, où le rendement du Bund allemand à 10 ans a bondi de 20 pdb à -0,25%, celui de l'OAT à 10 ans a grimpé de 12 pdb à 0,33% et celui du Gilt britannique a pris 24 pdb à 0,79%.

Le pétrole en chute libre, s'approche des 20$ le baril

Le pétrole WTI s'est littéralement effondré, approchant désormais des 20$ le baril, après être passé lundi sous le seuil des 30$ le baril. Le cours du baril de brut léger américain (WTI) a plongé de plus de 24% à 20,37$ pour le contrat à terme d'avril coté sur le Nymex, tombant au plus bas depuis début 2002, il y a plus de 18 ans ! Le Brent de mer du Nord a lâché 10,4% à 24,88$ pour le contrat à terme de mai, au plus bas depuis le printemps 2003.

Les cours subissent le double effet de l'effondrement de la demande de pétrole dû à la propagation du coronavirus, et de la fin de l'accord Opep+ qui permettait de soutenir les cours depuis 2016...

VALEURS A SUIVRE

* Amazon (+1,2%). Contre la tendance, le géant du net reste proche de ses sommets en bourse. Le groupe a annoncé hier le recrutement de 100.000 employés pour ses entrepôts et ses livraisons aux Etats-Unis afin de faire face à un bond des commandes en ligne, alors que de nombreux consommateurs se sont tournés vers internet depuis le début de l'épidémie de coronavirus.

* GAP (-5,5%) va fermer tous ses magasins en Amérique du Nord pendant deux semaines afin d'endiguer la propagation du coronavirus.

* FedEx (+5%). Le groupe de livraison a renoncé à ses prévisions financières pour 2020, citant l'impact "important" de la crise du coronavirus sur son activité, et a annoncé qu'il allait réduire ses coûts pour faire face aux incertitudes engendrées par la pandémie. Sur les trois mois clos fin février, la firme a dévoilé un bpa ajusté de 1,41$ pour des revenus de 17,5 Mds$. Des données supérieures aux attentes des analystes.

* Boeing a plongé de 18%. En mal de liquidités, le géant américain cherche à obtenir "des dizaines de milliards" de dollars en garanties de prêts du gouvernement américain et d'autres aides, selon des sources citées mardi soir par 'Reuters'. Le concurrent d'Airbus a déclaré aux législateurs qu'il était dans l'impossibilité de se financer sur des marchés actuellement très chahutés, et qu'il avait besoin d'un soutien gouvernemental important pour répondre à ses besoins de liquidités. Boeing, qui fait face à une double crise, celle du B-737 MAX et celle du Covid-19, a confirmé lundi qu'il était en pourparlers avec l'administration au sujet d'un soutien à court terme. De son côté, Donald Trump a déclaré lundi et a répété mardi que le gouvernement apporterait son soutien au groupe.

* Delta Air Lines (-26%), United Airlines (-30%) et American Airlines (-25,2%) ont encore plongé ! Les compagnies aériennes américaines cherchent à obtenir un plan de sauvetage gouvernemental de plus de 50 milliards de dollars, alors que la Maison blanche prépare dans l'urgence un ensemble de mesures budgétaires face à la forte chute de la demande dans le secteur due au coronavirus.

* MACY'S (-7,4%) a décidé mardi de fermer temporairement tous ses magasins aux Etats-Unis en raison de la pandémie de coronavirus mais a indiqué que son site de commerce en ligne continuait de fonctionner. La fermeture est pour le moment prévue jusqu'au 31 mars.

* General Mills (-3,2%) a dévoilé, au titre de son troisième trimestre fiscal, un bénéfice net de 454,1 M$ ou 74 cents par titre contre un profit de 446,8 M$ ou un bpa de 74 cents un an plus tôt. Le bpa ajusté est ressorti à 77 cents contre 76 cents de consensus alors que les revenus ont légèrement diminué à 4,18 Mds$ (4,21 Mds$ de consensus). Le groupe, qui a été pénalisé par la faiblesse des ventes en Asie en raison de l'épidémie de coronavirus, a néanmoins relevé la prévision de croissance de son bénéfice ajusté pour 2020, la demande pour ses produits ayant beaucoup augmenté avec le confinement des ménages en Amérique du Nord et en Europe. La société a toutefois précisé qu'elle ne savait pas combien de temps dureraient les commandes plus importantes.

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