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Clôture de Wall Street : nouveaux records grâce à Disney et Jerome Powell

| Boursier | 339 | Aucun vote sur cette news

Le Dow Jones et le S&P 500 ont inscrit de nouveaux records, mercredi, soutenus par un bond de plus de 7% de l'action Walt Disney et des propos optimistes de Jerome Powell.

Clôture de Wall Street : nouveaux records grâce à Disney et Jerome Powell
Credits Reuters

Les indices Dow Jones et S&P 500 ont inscrit de nouveaux records, mercredi, soutenus par un bond de plus de 7% de l'action Walt Disney, dont le service de vidéo en streaming Disney+ a déjà séduit 10 millions d'abonnés en 24 heures. L'audition du président de la Fed, Jerome Powell, devant le Congrès américain, n'a pas apporté d'éléments vraiment nouveaux, mais les marchés ont apprécié le ton optimiste du patron de la Fed sur la croissance économique des Etats-Unis, qualifiée de "durable". Par ailleurs, les investisseurs continuent de tabler sur la signature prochaine de l'accord commercial de "Phase 1" entre les Etats-Unis et la Chine.

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,33% à 27.783 points, tandis que l'indice large S&P 500 a progressé de 0,07% à 3.094 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, a légèrement reculé, de 0,05%, à 8.482 pts.

Jerome Powell prévoit une "croissance durable" aux Etats-Unis

Dans son discours devant la Commission économique conjointe ('Joint Economic Committee') du Congrès à Washington, Jerome Powell a confirmé que la Fed comptait faire une pause dans son cycle de baisses des taux. "Nous estimons que l'orientation actuelle de la politique monétaire demeurera probablement appropriée, tant que les informations reçues sur l'économie resteront globalement compatibles avec nos perspectives de croissance économique modérée, d'un marché du travail vigoureux et d'une inflation proche de notre objectif symétrique de 2%".

La Fed a abaissé son taux directeur trois fois cette année pour le ramener à sa fourchette cible actuelle de 1,5% à 1,75%, et à l'issue de son dernier geste, le 30 octobre dernier, Jerome Powell avait déjà indiqué que seule une nette dégradation des conditions économiques pourrait désormais motiver la banque centrale à faire de nouveaux gestes baissiers.

Ce mercredi, il a précisé que la Fed table sur une "croissance durable" aux Etats-Unis, ainsi qu'un marché de l'emploi "fort" et une inflation proche de 2%, même s'il a souligné un "risque persistant" concernant la croissance mondiale et les effets de la guerre commerciale.

Malgré ces risques, la croissance américaine a jusqu'ici mieux résisté que d'autres régions du monde, même si la hausse du PIB s'est un peu tassée au 3e trimestre, à +1,9% en rythme annuel contre +2% au deuxième trimestre.

M. Powell a en outre mis en garde le gouvernement Trump contre la montée du déficit fédéral, quelques heures avant l'annonce d'un bond de 34% de ce déficit en octobre, à 134,5 milliards de dollars, malgré la forte hausse des recettes douanières issues des surtaxes imposées à la Chine par Donald Trump. "Les impôts de nos enfants et de nos petits enfants serviront davantage à rembourser la dette plutôt qu'à (investir dans) des domaines dont ils ont vraiment besoin comme l'éducation, la santé, les soins et la sécurité", a souligné le patron de la Fed.

Donald Trump étrille la Fed et réclame des taux négatifs

Mardi, Donald Trump a fait un discours énergique devant l'Economic Club de New York, au cours duquel il s'est attribué le bénéfice de cette croissance solide, liée selon lui à sa politique économique, notamment à son plan de baisses d'impôts. Le président américain s'est aussi félicité des niveaux records de la Bourse, mais il a accusé une nouvelle fois la Fed d'avoir freiné la croissance économique et celle des indices boursiers, qui seraient selon lui "25% plus haut" sans les "erreurs" de la Fed.

Pour le locataire de la Maison Blanche, la banque centrale est coupable d'avoir abaissé trop peu et trop tard ses taux directeurs face au ralentissement conjoncturel mondial observé depuis un an. "Rappelez-vous que nous sommes en concurrence active avec les pays qui ont ouvertement réduit les taux d'intérêt, de sorte que beaucoup d'entre eux sont maintenant payés pour s'endetter, cela s'appelle des taux d'intérêts négatifs. Qui a déjà entendu parler d'une telle chose ?" s'est-il exclamé.

"Donnez-moi un peu de ça (des taux négatifs : ndlr). Donnez-moi une partie de cet argent. Je veux une partie de cet argent. Notre réserve fédérale ne nous laisse pas le faire", a déploré le président américain.

Le retrait des barrières douanières, point d'achoppement entre Washington et Pékin

Donald Trump est par ailleurs resté avare de détails sur les négociations commerciales en cours avec la Chine. Il a estimé qu'un accord de Phase 1 était "proche", tout en menaçant de relever les taxes d'importation si Pékin refusait de le signer.

Il a par ailleurs fustigé l'Union européenne à qui il a reproché d'avoir érigé de "terribles barrières douanières", à la veille d'une décision très attendue de Washington, jeudi, sur une hausse des droits de douane sur le secteur automobile européen. Côté européen, on espère que ces taxes seront une nouvelle fois reportées, après avoir été déjà repoussées de 6 mois en mai dernier, dans l'attente de la conclusion d'un accord commercial transatlantique.

Concernant les négociations avec la Chine, les discussions achopperaient sur la question du retrait de certaines taxes d'importation existantes, réclamées par la Chine. Washington serait prêt à renoncer aux taxes supplémentaires prévues le 15 décembre prochain, mais selon le 'Wall Street Journal', la grande question est de savoir si les Etats-Unis accepteront aussi de revenir sur les taxes douanières déjà imposées, notamment celles entrées en vigueur le 1er septembre sur environ 112 milliards de dollars de marchandises chinoises importées. Le représentant au Commerce des États-Unis Robert Lighthizer, initialement opposé aux taxes mises en place le 1er septembre, serait désormais réticent à les annuler sans engagement ferme de Pékin, précise le 'WSJ'.

L'inflation en hausse modérée en octobre aux Etats-Unis

Les dernières statistiques économiques américaines concernant l'inflation ont été bien accueillies dans l'ensemble par les investisseurs. Ainsi, les prix à la consommation ont augmenté plus vite que prévu en octobre, notamment en raison d'une hausse des prix des carburants, des médicaments et des loisirs. L'indice CPI a progressé de 0,4% sur un mois et de 1,8% sur un an, mais reste assez loin du rythme de 3% sur un an atteint l'an dernier. Hors énergie et alimentation, les prix sont en outre restés sages, progressant de 0,2% sur un mois, et de 2,3% sur un an (contre 2,4% en septembre).

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de référence, est resté ferme mercredi à 98,34 points (+0,04%), tandis que l'euro est resté stable (+0,01%) à 1,1008$. Sur les marchés obligataires américains, le rendement du T-Bond à 10 ans recule nettement de 6 points de base à 1,88%, après la publication des chiffres de l'inflation. Ce taux était tombé jusqu'à 1,53% il y a un mois, sur fond de craintes d'une récession, avant de rebondir vivement jusqu'à 1,92% la semaine passée grâce à la détente sur le front commercial, et après que la Fed a signalé une pause dans son cycle baissier.

Le pétrole est reparti à la hausse mercredi, après des propos optimistes de l'Opep pour le marché pétrolier en 2020. Le cours du baril de brut léger américain (WTI) a regagné 0,85% à 57,28$ sur le Nymex (contrat à terme de décembre), tandis que le Brent de la mer du Nord a repris 0,50% à 62,37$ (contrat à terme de janvier). Les cours du brut ont regagné plus de 9% depuis début octobre, mais sont encore à environ 14% en dessous de leurs plus hauts annuels d'avril dernier.

VALEURS A SUIVRE

Walt Disney (+7,32% à 148,72$ !) a fini sur un nouveau record historique, au lendemain du lancement du service Disney+ de vidéo en streaming. ce dernier a connu quelques ratés pour son démarrage aux USA, au Canada et aux Pays-Bas, du fait d'un afflux de connexions liées au succès initial. Disney a indiqué mercredi avoir déjà engrangé 10 millions de demandes d'abonnement dès le premier jour de souscription à Disney+. L'action de Netflix, le leader du marché de la vidéo en streaming, et principal concurrent de Disney+, a perdu plus de 3% mercredi.

Tech Data (+4,3%) a grimpé, s'ajustant sur le prix de l'offre d'Apollo Global Management, qui va racheter le groupe pour 5,4 milliards de dollars, 130$ par titre. La prime ressort à 24,5% sur la moyenne à 30 jours précédant le 15 octobre.

Alphabet (stable). Google devrait proposer sous peu des comptes bancaires. Ainsi, le géant de l'Internet va offrir des comptes chèques l'année prochaine aux consommateurs. Le projet du groupe de Mountain View est dénommé 'Cache'. Le Californien s'associera à des banques et des établissements de crédit afin de mener à bien cette offensive dans la finance personnelle.

Tesla (-1,1%). Elon Musk a annoncé la construction de la gigafactory '4' du groupe à Berlin. Ainsi, le patron de Tesla a choisi la capitale allemande pour installer son usine géante européenne de voitures électriques.

Nike (+2%) va arrêter de vendre directement ses produits sur Amazon (-1%). Le géant américain des chaussures et accessoires de sport a confirmé l'information à CNBC. Ainsi, Nike mettra un terme à l'essai pilote lancé en 2017 sur Amazon.

Applied Materials, NetApp, Beazer Homes et Cisco Systems, publiaient leurs comptes trimestriels après la clôture.

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