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Clôture de Wall Street : nouveaux records après les annonces de la Fed

| Boursier | 559 | 3 par 3 internautes

Après des débuts incertains, la Bourse de New York a terminé en hausse mercredi, le Dow Jones et le S&P 500 signant même de nouveaux records.

Clôture de Wall Street : nouveaux records après les annonces de la Fed
Credits Joshua Roberts / Reuters

Après des débuts incertains, la Bourse de New York a terminé en hausse mercredi, le Dow Jones et le S&P 500 signant même de nouveaux records. La Réserve fédérale a rassuré les marchés en maintenant sa politique monétaire ultra-accommodante et en assurant qu'elle ne relèverait pas ses taux directeurs avant la fin 2023, tout en révisant en nette hausse ses prévisions de croissance pour 2021 aux Etats-Unis. Les taux d'intérêts se sont légèrement détendus après ces annonces, tandis que le dollar a chuté et que le pétrole a réduit ses pertes.

A la clôture, le Dow Jones a avancé de 0,58% à 33.015 points, un nouveau sommet, terminant pour la première fois au-dessus des 33.000 pts. L'indice large S&P 500 a grimpé de 0,29% à 3.974 pts, un nouveau record donc, tandis que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a rebondi de 0,4% à 13.525 pts. Peu avant la publication du communiqué de la Fed, le DJIA gagnait 0,15%, mais le S&P 500 cédait 0,46% et le Nasdaq abandonnait un peu plus de 1%.

Pas de hausse des taux de la Fed avant fin 2023

La Réserve fédérale américaine a donc annoncé mercredi soir le maintien de ses taux d'intérêts directeurs à leur niveau actuel (entre 0% et 0,25%) et la poursuite au même rythme de ses achats d'actifs, soit 120 milliards de dollars par mois afin de surmonter la crise du coronavirus. La Fed a par ailleurs confirmé dans ses nouvelles projections économiques qu'elle ne comptait pas relever ses taux directeurs avant la fin 2023, malgré les signes d'une reprise économique solide et d'une hausse de l'inflation.

Pour 2021, la Fed prévoit désormais une solide croissance de 6,5% du PIB aux Etats-Unis (contre 4,2% prévu en décembre), et une inflation dépassant légèrement son objectif de 2%, à 2,2% pour le "Core PCE", la mesure préférée de la Fed pour l'inflation. La hausse des prix se stabiliserait ensuite à 2% en 2022 et à 2,1% en 2023. Les précédentes projections faites en décembre tablaient sur une inflation un peu inférieure, de 1,8% en 2021, de 1,9% en 2022 et de 2% en 2023.

Les taux marquent le pas après la Fed

Le président de la Fed Jerome Powell a une nouvelle fois affirmé que la banque centrale était prête à attendre avant de modifier sa politique accommodante que le marché de l'emploi se soit entièrement remis de la crise du Covid, ajoutant que les Etats-Unis comptaient encore 9,5 millions d'emplois de moins qu'avant la pandémie, qui a détruit plus de 22 millions d'emplois au printemps 2020, avant d'en recréer environ 12,5 millions.

La Fed a aussi souligné que l'économie américaine, toujours affectée par la crise du coronavirus, restait "affaiblie" dans les secteurs les plus négativement affectés, malgré un rebond observé des indicateurs d'activité et d'emploi. La crise continue de faire peser un "risque considérable" sur les perspectives économiques, estime la Fed. Dans ses nouvelles projections, la Fed prévoit le retour d'un taux de chômage pré-pandémie à 3,5% fin 2023, après 3,9% fin 2022 et 4,5% fin 2021.

Sur marchés obligataires, les taux ont marqué le pas après la Fed, tout en restant en progression par rapport à la veille. Le taux de l'emprunt d'Etat américain (T-Bond) à 10 ans a fini à 1,64% contre 1,66% avant la Fed, et 1,62% mardi soir, toujours sur ses plus hauts depuis janvier 2020. Ce taux n'était que de 0,9% fin décembre 2020.

Le dollar recule, le pétrole réduit ses pertes

La réaction a été plus vive sur le marché des changes, où l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence) a perdu 0,50% à 91,40 points (contre +0,15% avant la Fed), tandis que l'euro, stable avant la Fed, s'est ensuite envolé de 0,70% à 1,1980$.

Les cours du pétrole, qui perdaient plus de 1,5% avant la Fed, ont effacé une partie de ces pertes par la suite. Le contrat à terme d'avril sur le baril de pétrole brut WTI n'a finalement cédé que que 0,3% à 64,60$ (-1,6% avant la Fed) sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance mai a lâché 0,6% à 68$ (-1,8% avant la Fed). Le pétrole a néanmoins aligné 4 séances de recul consécutives, après un gain de plus de 30% depuis le début de l'année.

Les cours ont été affectés mercredi par l'annonce d'une hausse des stocks de pétrole pour la 4e semaine d'affilée aux Etats-Unis. Pour la semaine close le 12 mars, les stocks de brut ont bondi de 2,4 millions de barils à 500,8 mb, contre une hausse de seulement 0,4 mbj attendue par le consensus. Par ailleurs, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a jeté un froid en affirmant dans son dernier rapport mensuel que le marché pétrolier n'est pas à l'aube d'un nouveau supercycle, contrairement à ce qu'ont récemment indiqué plusieurs grands établissements de Wall Street.

Sur le plan macro-économique, les marchés ont pris connaissance mercredi des mises en chantier de logements pour février, qui sont ressorties en forte baisse à 1,421 million d'unités, contre un consensus de 1,57 million et après 1,58 million en janvier. Les permis de construire ont aussi chuté à 1,682 million, contre 1,75 million de consensus et après 1,881 million en janvier.

Mardi, les derniers chiffres américains de la production industrielle et des ventes de détail avaient eux aussi déçu, traduisant une reprise économique fébrile et encore irrégulière aux Etats-Unis.

Face au Covid, Joe Biden prévoit des grands travaux et... des hausses d'impôts

Par ailleurs, les marchés continuent de suivre de près l'évolution de la situation sanitaire, qui se dégrade à nouveau en Europe, au risque de freiner la reprise économique en cours, d'autant que la campagne de vaccination contre le Covid a du mal à accélérer sur fond de doutes sur le vaccin AstraZeneca. Aux Etats-Unis, où la campagne de vaccination se poursuit activement, les marchés suivent la prochaine étape prévue par le président Joe Biden , à savoir un vaste plan de rénovation des infrastructures et de développement des énergies nouvelles aux Etats-Unis.

Selon les rumeurs, le programme de grands chantiers pourrait dépasser les 2.000 milliards de dollars et pourrait être annoncé jeudi. Les Républicains ont d'ores et déjà prévenu qu'ils s'opposeraient à des hausses d'impôts si elles étaient inclues dans ce plan. Selon les rumeurs de presse, le projet pourrait contenir environ 1.000 Mds$ de hausses d'impôts, notamment sur les sociétés et les Américains les plus riches.

Enfin, les marchés suivront de près jeudi la première rencontre entre des responsables chinois et américains en Alaska. L'administration de Joe Biden entend afficher sa fermeté face à la Chine lors de cette première rencontre avec les chefs de la diplomatie chinoise.

Mercredi, dans une interview diffusée par ABC News, Joe Biden a provoqué des vagues en attaquant de front le président russe Vladimir Poutine, qu'il a notamment accusé d'ingérence dans la présidentielle américaine de 2020 au profit de Donald Trump, ajoutant qu'il devrait "en payer le prix".

VALEURS A SUIVRE

Lennar (+13,8%!), le promoteur immobilier américain, a dévoilé un premier trimestre fiscal supérieur aux attentes de marché. Sur le trimestre clos fin février, le groupe a bénéficié d'un fort marché immobilier domestique et des taux bas. Le bénéfice par action a plus que doublé à 3,2$, contre 1,71$ de consensus. Les revenus ont totalisé 5,33 milliards contre 5,1 milliards de consensus. Ils ressortent en croissance de 18%. Pour le second trimestre, le groupe table sur des livraisons unitaires allant de 14.200 à 14.400, avec un taux de marge de 25% malgré la hausse des coûts salariaux et de matières. Les livraisons annuelles sont anticipées entre 62.000 et 64.000.

Eastman Kodak (-3%) a annoncé pour l'année 2020 des revenus voisin d'un milliard de dollars, alors que la balance de trésorerie ressortait à 196 millions de dollars en fin de période. Sur l'exercice clos fin décembre, les revenus ont décliné de 213 millions. La perte nette GAAP est ressortie à 541 millions de dollars. L'Ebitda opérationnel a été négatif d'un million de dollars.

Cintas (-1,3%) a publié pour le troisième trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 2,37$, contre un consensus de 2,21$ et un niveau de 2,16$ un an plus tôt. Le concepteur d'uniformes a affiché des revenus trimestriels de 1,78 milliard de dollars sur cette période close en février, contre 1,81 milliard un an avant, à la même période, et 1,76 milliard de consensus de marché.

Alphabet (stable). La commission de Google Play imposée aux développeurs sera réduite pour le premier million de dollars de ventes des applications, rapporte le New York Times. Google suit un mouvement comparable d'Apple.

Apple (-0,65%). L'autorité française de concurrence a rejeté la demande d'acteurs de la publicité en ligne de suspendre une nouvelle fonctionnalité de l'iPhone permettant aux utilisateurs de bloquer la collecte de leurs données personnelles dans le cadre d'une campagne publicitaire ciblée.

Amazon (+1,4%), le géant du commerce en ligne, va étendre à toutes les compagnies américaines ses services dans le domaine des soins médicaux. Amazon Care monte donc en puissance, après un lancement il y a un an et demi. Il permettait jusqu'à présent aux salariés du groupe dans l'Etat de Washington d'échanger en permanence avec des médecins ou du personnel médical. Amazon Care sera d'abord étendu aux autres entreprises de l'Etat, avant d'être proposé dès l'été prochain à toutes les compagnies nationales.

Plug Power (-7,8%) a réduit ses pertes en clôture, après un plongeon de 20% en début de séance... La société a prévenu d'erreurs comptables la contraignant à revoir ses résultats. Les erreurs concernent les résultats 2018, 2019, ainsi que les trois premiers trimestres de 2020. Le groupe a reporté par conséquent la publication de son rapport annuel. Le spécialiste de la pile à combustible à hydrogène s'est tout de même envolé de plus de 1200% en bourse sur un an.

Coherent (+3,2%), qui fournit des solutions lasers, a annoncé que le concepteur de produits optiques Lumentum Holdings (-1,9%) avait rehaussé son offre d'acquisition à 6,9 milliards de dollars.

Uber (-4,2%). Les syndicats l'ont emporté ! Les chauffeurs Uber en Grande-Bretagne vont percevoir le salaire minimum dans le cadre d'un accord conclu après une décision de justice à l'encontre du géant VTC. Notons que le rival californien Lyft profite pour sa part ce jour d'un conseil de Wedbush, qui vient d'ajouter le dossier à sa liste des 'meilleures idées'.

Pfizer (-0,1%), le géant pharmaceutique américain, ne produira plus de produits biosimilaires en Chine et va céder un site dans une ville de l'est du pays à WuXi Biologics.

Johnson & Johnson (-0,37%). Ursula von der Leyen a confirmé qu'après des débuts difficiles, l'UE faisait des progrès vers son objectif de vaccination de 70% des adultes d'ici la fin de l'été. Selon elle, alors que Pfizer / BioNTech (-1,3%) et Moderna (-5,4%) livrent selon leurs contrats, les premiers vaccins Johnson & Johnson sont attendus en avril. Catalent va d'ailleurs renforcer la capacité de production du vaccin de J&J dans son usine italienne, face aux inquiétudes relatives à la capacité de J&J à atteindre les objectifs d'approvisionnement pour l'Union européenne. Catalent va ajouter une nouvelle ligne de production qui devrait être opérationnelle au quatrième trimestre.

Rappelons que la Commission européenne a accordé la semaine dernière son autorisation à l'utilisation du vaccin de J&J, qui s'est engagé à fournir 200 millions de doses à l'UE dès 2021. L'objectif est de 55 millions de doses au deuxième trimestre.

Baidu (+3,8%). Le 'Google chinois' pourrait lever 3,08 milliards de dollars dans le cadre de son introduction à Hong Kong en fixant le prix d'offre de vente à 32,45 dollars par action, ont rapporté à Reuters deux sources proches des discussions.

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