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Clôture de Wall Street : nouveau recul, le plan de soutien US se fait attendre...

| Boursier | 656 | Aucun vote sur cette news

La Bourse de New York a reculé lundi, alors que démocrates et républicains peinent à se mettre d'accord sur l'adoption du plan de soutien face au coronavirus.

Clôture de Wall Street : nouveau recul, le plan de soutien US se fait attendre...
Credits Reuters

La Bourse de New York a reculé lundi, alors que démocrates et républicains peinent à s'accorder sur l'adoption du plan de soutien face au coronavirus. Ce plan de plus de 1.500 milliards de dollars proposé par l'administration Trump a été rejeté dimanche soir, puis à nouveau lundi par le Sénat, en raison du désaccord des élus démocrates, mais les discussions se poursuivaient activement dans la soirée. Par ailleurs, l'annonce par la Réserve fédérale lundi matin de son intention de racheter sans limites autant d'actifs que nécessaire pour faire face à cette crise, a permis de stabiliser les marchés, sans pour autant leur redonner de l'élan.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 3,04% à 18.591 points, tandis que l'indice large S&P 500 a perdu 2,93% à 2.237 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a limité les dégâts, reculant de 0,27% à 6.860 pts. Les cours du pétrole WTI ont fini en hausse après une séance volatile.

La semaine dernière, la marché a vécu sa pire semaine depuis la crise financière de 2008, le Dow Jones plongeant de 17,3% en 5 séances, le S&P 500 de 15% et le Nasdaq cédant de 12,6%. Depuis le début de l'année, le DJIA a perdu 30%, le S&P 500 26,2% et le Nasdaq 23,3%. Le Dow Jones a désormais effacé tous ses gains depuis décembre 2016, peu après l'élection de Donald Trump en novembre. Le S&P 500 est revenu à son plus bas niveaux depuis mars 2017, au début de la présidence Trump, et le Nasdaq pointe au plus bas depuis la fin 2018.

Plus tôt dans la journée de lundi, les marchés européens avaient terminé en berne (-2,47% pour l'EuroStoxx 50, -3,3% pour le CAC 40), sous l'effet des mesures supplémentaires de confinement prises dans la région contre le coronavirus. L'Italie, le pays européen le plus touché, a en outre mis à l'arrêt toutes les entreprises non essentielles, paralysant encore davantage son économie, pour tenter d'endiguer la rapide propagation du Covid-19.

Face au Covid-19, la Fed s'engage dans un "QE" sans limites

Lundi matin, dans une annonce surprise avant l'ouverture des marchés, la Réserve fédérale a joué son va-tout, en annonçant qu'elle ne fixait désormais plus de limite à ses achats de bons du Trésor et de titres hypothécaires (programme de "QE" relancé la semaine dernière). Elle a en outre annoncé une nouvelle série de mesures permettant à un large éventail d'entreprises d'accéder à de l'argent frais.

La Fed procédera à des achats de dette "d'un montant nécessaire pour favoriser le bon fonctionnement du marché et la transmission efficace des politiques à des conditions financières plus larges et à l'économie", a-t-elle annoncé dans un communiqué.

La Fed va notamment mettre en place un programme de prêts aux PME, qui constituent l'essentiel du tissu économique américain, ainsi qu'aux collectivités locales. "Alors que de grandes incertitudes persistent, il est devenu évident que notre économie va faire face à de graves bouleversements", a-t-elle indiqué.

Les démocrates réclament plus de garanties sur le plan de soutien

Lundi soir, le Sénat a rejeté le plan de soutien de l'administration Trump, qui pourrait atteindre jusqu'à 2.000 milliards de dollars. Le texte avait déjà été repoussé une première fois dimanche soir, faute de majorité qualifiée (60 votes sur 100 requis) en raison d'un désaccord des élus démocrates. Les discussions se poursuivaient toutefois activement lundi soir, même si les tensions partisanes empoisonnent les débats malgré l'urgence de la situation.

Chuck Schumer, le chef de file de la minorité démocrate au Sénat, a déclaré que le texte présentait de "nombreux, très nombreux problèmes" et profiterait aux entreprises au détriment des hôpitaux, du personnel de santé et des villes affectées par l'épidémie. Les démocrates refusent ainsi de donner un blanc-seing à un volet du plan qui prévoit une enveloppe de 500 milliards de dollars pour venir en aide aux grandes entreprises en difficulté. Ils veulent s'assurer que ces aides bénéficieront à l'emploi et ne serviront pas à rémunérer les actionnaires (dividendes et programmes de rachats d'actions).

Lundi, M. Schumer, qui est en contact constant avec le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, s'est cependant montré optimiste : "nous somme très proches d'un accord, très proches, et notre objectif est de le conclure aujourd'hui, et nous espérons, nous sommes même confiants que nous y parviendrons", a déclaré le sénateur démocrate s'exprimant au Sénat.

Le secteur aérien fortement affecté par la crise du Covid-19

La semaine dernière, le secteur aéronautique, par la voix de Boeing, a demandé un soutien d'au moins 60 milliards de dollars sous la forme notamment de garanties de prêts. En outre, Donald Trump n'a pas exclu de nationaliser certaines entreprises en difficulté, rappelant que cela avait été fait avec succès lors de la crise financière de 2008, avec le constructeur automobile General Motors notamment. Le président américain s'était aussi montré favorable à une interdiction d'utiliser les aides de l'Etat pour des programmes de rachats d'actions.

Sur le plan international, les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G7 se réuniront mardi matin dans le cadre d'une téléconférence. L'entretien sera dirigé par le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, et le président de la Fed, Jerome Powell, selon des sources proches du G7, qui regroupe les Etats-Unis, le Japon, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Canada.

372.000 cas de Covid-19 et plus de 16.300 morts dans le monde

Aux Etats-Unis, de plus en plus d'Etats mettent en oeuvre des mesures de confinement de leur population. Après la Californie et l'Etat de New York, en fin de semaine dernière, le New Jersey, le Delaware, la Louisiane, l'Ohio, l'Illinois, le Maryland, le Michigan, le Massachusetts, et la Virginie Occidentale ont tous demandé à leurs habitants de rester chez eux, sauf raisons impératives.

Vendredi, le président américain Donald Trump avait déclaré ne pas envisager pour le moment un confinement général de toute la population aux Etats-Unis. Le coronavirus a désormais infecté plus de 41.700 personnes aux Etats-Unis, et a causé au moins 573 morts, selon les statistiques de l'Université Johns Hopkins. Au plan mondial, le bilan de la pandémie s'élevait lundi soir à plus de 372.000 cas et plus de 16.300 morts.

Le dollar reflue, les taux se détendent, le pétrole déprime encore

Sur le marché des changes, le dollar a fait une pause lundi, après plus d'une semaine d'ascension fulgurante, les investisseurs ayant fui les autres devises, notamment celles des marchés émergents, pour se réfugier vers la devise américaine. L'indice du dollar, qui reflète son évolution face à 6 devises de référence (euro, livre sterling, franc suisse, dollar canadien, yen et couronne suédoise) a cédé lundi soir 0,3% à 102,48 points. Le billet vert a grimpé de plus de 4% la semaine dernière et de 8% depuis le 9 mars, très recherché par les investisseurs en mal de liquidités ! L'euro a regagné lundi soir 0,3% à 1,0728$.

Les obligations d'Etat ont continué de grimper aux Etats-Unis, faisant chuter les taux d'intérêts (qui évoluent en sens inverse de cours). Le rendement du T-Bond à 10 ans a encore perdu 8 points de base lundi à 0,76%. En Europe, les taux souverains se sont détendus aussi, sous l'effet des mesures des banques centrales : -5 pdb à -0,38% pour le Bund à 10 ans allemand, stabilité à 0,10% pour l'OAT française à 10 ans et -14 pdb à 0,42% pour le Gilt britannique.

Sur le marché pétrolier, les investisseurs restent déprimés et tentent de retrouver leurs marques après l'effondrement de la semaine dernière. Le cours du baril de brut léger américain (WTI) a repris 3,2% à 23,36$ pour le contrat à terme de mai coté sur le Nymex. Le Brent de Mer du Nord a regagné 0,2% à 27,03$ le baril (contrat à terme de mai). Le baril de WTI avait plongé de 29% la semaine dernière et a dégringolé de 63% depuis le début de l'année. Le Brent a perdu 19% la semaine dernière et abandonne près de 60% depuis la fin de l'année.

VALEURS A SUIVRE

* Delta Air Lines (+4%). La compagnie, qui attend de recevoir une aide de l'Etat américain, a suspendu son programme de rachat d'actions et le versement de son dividende alors qu'elle s'attend à voir ses revenus chuter de 80% au deuxième trimestre.

* Boeing (+11%) Goldman Sachs est passé à l'achat sur le géant de l'aéronautique, jugeant que la chute de près de 70% du titre depuis début février crée une opportunité.

* Walmart (+0,27%) va augmenter les salaires d'entrée de 2 dollars de l'heure pour les employés de ses entrepôts. Le plus grand détaillant au monde, qui emploie 1,5 million de personnes aux États-Unis, a du mal à maintenir ses rayons garnis face à l'explosion des commandes en ligne d'Américains effrayés par l'épidémie de coronavirus.

* Amazon (+1,7%) a annoncé samedi une augmentation des salaires sur les heures supplémentaires pour les employés travaillant dans ses entrepôts aux Etats-Unis alors que le numéro un mondial de la distribution en ligne voit ses commandes exploser.

* Eli Lilly (-2,7%). Le laboratoire américain a annoncé qu'il reportait le lancement de nouvelles études et suspendait les recrutements pour la plupart de celles en cours en raison de l'épidémie de coronavirus.

* Walt Disney (-0,26%). Disney+, la plateforme de vidéos en streaming du géant du divertissement, a annoncé samedi qu'elle reportait son lancement en France de deux semaines, soit au 7 avril, à la demande du gouvernement français face aux inquiétudes sur la congestion des réseaux.

* Apple (-2,1%). La firme à la pomme pèse désormais moins de 1.000 milliards de dollars à Wall Street alors que l'action a perdu un quart de sa valeur depuis le début de l'année.

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