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Clôture de Wall Street : le rebond s'essouffle en fin de séance

| Boursier | 279 | 3 par 2 internautes

Le rebond technique du début de séance a fait long feu mercredi soir à la Bourse de New York, le Nasdaq restant scotché sur ses plus bas niveaux depuis plus de deux ans, en mars 2020.

Clôture de Wall Street : le rebond s'essouffle en fin de séance
Credits Reuters

Le rebond technique du début de séance a fait long feu mercredi soir à la Bourse de New York, le Nasdaq restant scotché sur ses plus bas niveaux depuis plus de deux ans, en mars 2020. Les investisseurs ont recherché sélectivement les "bonnes affaires", sur fond de résultats d'entreprises contrastés : Boeing (-7,5%) et Alphabet (-3,6%) ont déçu, tandis que Visa (+6,4%) et Microsoft (+4,8%) ont fait mieux que prévu, soutenant le S&P 500 et le Dow Jones.

Alors que les indices gagnaient plus de 1%, les gains ont fondu en fin de séance. A la clôture, le Dow Jones a repris timidement 0,19% à 33.301 points, après -2,38% mardi, tandis que l'indice large S&P 500 a regagné 0,21% à 4.183 pts (après -2,8% mardi) et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a glissé de 0,01% à 12.498 pts après son plongeon de 3,98% la veille. Le Nasdaq abandonne désormais plus de 22% par rapport à son record de novembre 2021, évoluant désormais dans un marché baissier ("bear market").

L'indice VIX de la volatilité a cédé 6% mercredi à 31,5 points, mais "l'indice de la peur" reste bien supérieur à sa moyenne mobile à 200 jours (21). Les investisseurs restent très nerveux face à la politique monétaire plus restrictive de la Fed, ainsi qu'à une situation géopolitique de plus en plus dégradée par le conflit en Ukraine, sans oublier la vague de variant Omicron en Chine qui pèse sur la croissance.

Plus tôt dans la journée, les marchés européens avaient légèrement progressé malgré la décision de la Russie de ne plus livrer de gaz à la Pologne et à la Bulgarie, dans le cadre du conflit ukrainien. L'indice Euro Stoxx 50 a repris 0,36%, le DAX 30 a avancé de 0,27% à Francfort, et à Paris, le CAC 40 a avancé de 0,48% après 3 séances de baisse. En Asie, le Nikkei a rechuté de 1,17% à Tokyo, mais le Shanghai composite a repris 1,5%. Alors que les marchés craignent un confinement sanitaire de Pékin, après celui de Shanghai, contre le variant Omicron du Covid-19, la Banque centrale chinoise a un peu rassuré en s'engageant à soutenir l'économie grâce à un financement ciblé pour les petites entreprises et assurant qu'elle maintiendra des liquidités raisonnablement suffisantes.

Les résultats trimestriels des grandes sociétés américaines, bien que meilleurs qu'anticipé dans l'ensemble, n'ont pas incité les opérateurs à revenir sur le marché les yeux fermés. Sur le compartiment technologique, après Netflix, Alphabet a déçu mardi soir, mais Microsoft a assuré, avant Meta Platforms attendu mercredi après la clôture, puis Apple et Amazon jeudi soir. Si Visa a rassuré, Boeing a fini en berne après l'annonce de nouvelles charges liées au programme du 777X.

Le baril de pétrole WTI se maintient au-dessus des 100$

Sur le front macroéconomique, les stocks de grossistes ont progressé plus que prévu en mars. L'indice des promesses de ventes de logements du même mois a lui diminué de 1,2% en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de -1%. La baisse du mois de février a été révisée de -4,1% à -4%. En glissement annuel, les promesses de ventes reculent de 8,9% après un repli de 5,2% en février.

Sur le marché pétrolier, le baril a a fluctué entre le rouge et le vert avant de finir en légère hausse, sur des espoirs d'amélioration de la situation sanitaire en Chine et alors que la crise énergétique en Europe a franchi un pas supplémentaire avec l'interruption par Gazprom de ses livraisons de gaz à la Pologne et à la Bulgarie.

Le baril de brut léger américain WTI (contrat à terme de juin) a gagné 0,2% à 102,02$ sur le Nymex, tandis que le Brent de la mer du Nord a pris 0,3% à 105,32$ pour le contrat de juin. Les cours ont été quelque peu soutenus par l'annonce d'une hausse des stocks hebdomadaires de pétrole aux Etats-Unis, de 0,7 million de barils à 414,4 mb, alors que le consensus tablait sur une hausse plus marquée de 2 mb.

L'euro au plus bas depuis 5 ans sur fond de guerre en Ukraine

L'or est reparti en baisse, le contrat à terme de juin perdant 0,8% à 1.888,70$ l'once sur le Comex. Au plus bas depuis deux mois, le métal jaune est plombé par la remontée des rendements obligataires et par le dollar fort, qui renchérit les prix de l'or pour les acquéreurs internationaux.

Du côté des devises, le dollar a poursuivi son "rally" mercredi, pour remonter au plus haut depuis 5 ans, début 2017, face à un panier de devises de référence. L'indice du dollar grimpait encore de 0,66% à 102,97 points, tandis que l'euro reculait de 0,7% à 1,0560$, au plus bas depuis mars 2017. La devise européenne, plombée par les conséquences de la guerre en Ukraine, a perdu plus de 2% depuis le début de la semaine et 4,5% depuis début avril.

Vladimir Poutine menace les pays qui soutiennent l'Ukraine

Alors que les Etats-Unis et l'Allemagne notamment, ont annoncé ces derniers jours un accroissement de leur aide militaire à l'Ukraine, la Russie a durci le ton, le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov prévenant que la menace d'une guerre nucléaire est "réelle". Mercredi, Vladimir Poutine s'est déplacé à Saint-Pétersbourg devant le Parlement russe, où il a affirmé que les sanctions économiques occidentales visant la Russie "ont échoué".

Le président russe a assuré que "l'opération militaire spéciale débutée le 24 février sera remplie", et a mis en garde les pays qui penseraient intervenir dans le conflit en Ukraine. "Ils doivent savoir qu'ils créeront une menace géopolitique pour nous, et devront savoir qu'il y aura une réponse, une frappe de réponse, rapide". Nous avons pour cela des instruments que personne n'a aujourd'hui, et nous utiliserons ces outils si c'est nécessaire, je souhaite que tout le monde le sache", a-t-il lancé, sans citer quel type d'armes serait envisagé, notamment l'arme nucléaire.

La Fed attendue sur ses taux dans une semaine

Outre le conflit ukrainien, les marchés financiers voient leur horizon assombri par la perspective d'une remontée plus forte et rapide que prévu des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine. La Fed, qui se réunira mardi et mercredi prochain, devrait ainsi relever le taux des "fed funds" d'un demi-point dans une semaine, et sans doute signaler d'autres gestes du même ordre lors des réunions suivantes. La Fed devrait aussi lancer en parallèle la réduction de son bilan, peut-être dès mai, afin de juguler l'inflation qui a flambé à 8,5% sur un an en mars aux Etats-Unis.

Le taux du T-Bond à 10 ans gagnait mercredi soir 9 points de base (pb) à 2,83% et celui du T-Bond à 2 ans, qui réagit davantage à la politique monétaire, est remonté à 2,59% (+9 pb). En Europe, le rendement du Bund allemand à 10 ans, référence de la zone euro, a lâché 1 pb à 0,80%. Ces taux ont flambé depuis le début de l'année, qu'ils avaient commencée respectivement à 1,5% pour le "10 ans" US, à 0,72% pour le "2 ans" et à -0,18% pour le "10 ans " allemand.

VALEURS A SUIVRE

* Mattel s'est envolé de 10,7%. Le groupe étudie la possibilité de se vendre et a eu des discussions avec plusieurs groupes spécialisés dans le rachat d'entreprises, dont Apollo Global Management et L Catterton, croit savoir 'Reuters' en citant une source proche du dossier.

* Visa a flambé de 6,4% après avoir publié un bénéfice trimestriel supérieur aux attentes et déclaré tabler sur une accélération de son chiffre d'affaires, qui devrait dépasser son niveau d'avant la crise du coronavirus. Visa, qui a suspendu ses opérations en Russie en mars, a mis en garde contre une baisse d'environ 4% de ses revenus cette année en raison du conflit ukrainien. Il ne voit néanmoins actuellement aucun impact matériel sur les voyages transfrontaliers dans d'autres parties de l'Europe. Les volumes transfrontaliers ont en effet bondi de 38% au cours du deuxième trimestre et les volumes de paiement totaux de 17%. La société de paiements a enregistré un bénéfice net de 3,6 milliards de dollars, soit 1,70 dollar par action. Le bpa ajusté est ressorti à 1,79$, supérieur au consensus de 1,65 dollar, alors que les revenus ont bondi de 25% à 7,2 Mds$. Ses dépenses opérationnelles ont cependant grimpé de 11% à 2,4 milliards de dollars, alors que le groupe a dépensé davantage pour la rémunération de ses employés et le marketing.

* Microsoft a grimpé de 4,8% après la présentation de résultats supérieurs aux attentes pour son troisième trimestre fiscal, achevé le 31 mars, les comptes ayant une nouvelle fois été dopés par la branche "cloud computing". Le bénéfice par action ajusté des éléments non récurrents s'est élevé à 2,22$ contre 2,19$ attendu par le consensus des analystes établi par Refinitiv. Les revenus du groupe basé à Redmond (Etat de Washington) ont totalisé 49,36 milliards de dollars, en hausse de 18% par rapport à la même période de 2021 (41,7 Mds$), contre 49,05 Mds$ prévus par Wall Street. Au 4e trimestre 2021, la croissance avait atteint 20%. A noter que les dépenses de vente et de marketing ont totalisé 5,6 Mds$ sur le trimestre achevé fin mars, en hausse de 10% par rapport au même trimestre de 2021.

La branche "Intelligent Cloud" du groupe, qui comprend notamment l'offre phare "Azure" pour l'hébergement numérique, a généré 19,05 Mds$ de revenus, en hausse de 26% sur un an, ce qui surpasse le consensus logé à 18,90 Mds$. Microsoft, qui ne détaille pas le chiffre des revenus d'"Azure et autres services cloud" a précisé que sa croissance avait bondi de 46% au 3e trimestre sur un an, comme au 4e trimestre 2021, et dépassant également les attentes des analystes.

Le troisième trimestre fiscal de Microsoft a été marqué par l'annonce en janvier de l'acquisition du colosse des jeux vidéo Activision Blizzard pour près de 69 milliards de dollars en cash. Une acquisition qui accélérera la croissance de l'activité de jeu de Microsoft sur mobile, PC, console et cloud et fournira des éléments de base pour le métavers. Microsoft a également finalisé sur le trimestre écoulé son acquisition de Nuance Communications et a présenté une stratégie pour se développer dans les services de santé, la spécialité de Nuance. Nuance a retiré un centime des bénéfices trimestriels de Microsoft, mais a ajouté 111 millions de dollars de revenus, a précisé le groupe.

* T-Mobile US (+3,9%), filiale de Deutsche Telekom, a gagné du terrain après avoir annoncé un nombre de nouveaux abonnés supérieur aux attentes pour le premier trimestre grâce au déploiement de nouveaux réseaux mobile 5G.

* Tesla (+0,58%). La capitalisation boursière du constructeur de voitures électriques a fondu de 12,2%, soit de 126 milliards de dollars sur la séance de mardi, les investisseurs s'inquiétant du risque de voir le directeur général, Elon Musk, contraint de réduire sa participation pour financer sa part du rachat de Twitter.

* Kraft Heinz (+1,35%) a revu en hausse sa prévision de croissance annuelle de ses ventes, misant sur une demande soutenue malgré la hausse des prix.

* General Motors (+1,6%) a dégagé des bénéfices meilleurs qu'attendu au premier trimestre grâce à des ventes de véhicules à forte marge. Le constructeur automobile s'est en effet concentré sur les ventes de modèles plus chers avec des marges plus élevées compte tenu d'une production toujours limitée par des pénuries de puces et des perturbations dans la chaîne d'approvisionnement. Le bénéfice net de la période a atteint 2,9 milliards de dollars ou 1,35$ par action, contre un profit de 3 Mds$ un an plus tôt. En base ajustée, le bpa ressort à 2,09$ contre 1,68$ de consensus. Les revenus ont légèrement progressé à 35,98 Mds$.

La patronne de GM, Mary Barra, a adressé un message optimiste aux investisseurs : "nous continuons à voir une forte opportunité au niveau des prix car il existe une demande pour notre produit". GM s'attend à un bénéfice net annuel compris entre 9,6 et 11,2 Mds$, et a réaffirmé son objectif d'un EBIT ajusté allant de 13 milliards de dollars à 15 Mds$. GM a également réaffirmé son objectif de construire 400.000 véhicules électriques cette année et en 2023, mais au cours du dernier trimestre, la société ne détenait que 0,3% du marché des véhicules électriques aux États-Unis.

* Boeing a plongé de 7,5%. Le groupe de Seattle a, à nouveau, brûlé du cash en début d'année. Sur le premier trimestre, le géant américain de l'aéronautique enregistre en effet un cash-flow opérationnel de -3,22 milliards de dollars contre -3,4 Mds$ un an plus tôt et +0,7 Md$ au quatrième trimestre 2021, alors que ses revenus ont diminué de 8% à 13,99 Mds$ (15,94 Mds$ de consensus). La perte nette ressort à 1,24 Mds$ ou 2,06$ par action contre un déficit de 561 M$ et 0,92$ par titre un an auparavant. En base ajustée, la perte par action atteint 2,75$ contre 1,53$ un an plus tôt.

Les revenus de la branche aviation commerciale ont reculé de 2,5% à 4,16 Mds$, bien en deçà du consensus de 5,42 Mds$. L'avionneur annonce par ailleurs l'arrêt de la production du 777X jusqu'en 2023 en raison de problèmes de certification ainsi que d'une faible demande pour le gros porteur. Les premières livraisons sont désormais attendues en 2025. En conséquence, il va enregistrer 1,5 milliard de dollars de coûts anormaux liés au programme. Le carnet de commandes total de la société à la fin du trimestre atteint 371 milliards de dollars.

* Spotify a chuté de 12,4%. La firme scandinave a publié un chiffre d'affaires trimestriel supérieur au consensus grâce à la hausse des recettes publicitaires et au nombre croissant d'abonnés à son service "premium". Mais le groupe n'a recruté que 2 millions de nouveaux abonnés au cours du trimestre, là où les analystes tablaient sur 2,57 millions. Spotify a terminé la période avec 182 millions d'abonnés payants dans le monde. Un chiffre qui comprend la perte d'environ 1,5 million d'abonnés à la suite de la fin de ses services en Russie en réponse à l'invasion de l'Ukraine.

* Alphabet a perdu 3,6%. La maison mère de Google a publié mardi soir des résultats et des revenus légèrement inférieurs aux attentes de Wall Street, entraînant un recul de plus de 5% du titre dans les cotations post-séance à la Bourse de New York. Le bénéfice net du géant américain d'internet est ressorti à 16,44 milliards de dollars au 1er trimestre, en baisse de 8,3% par rapport à la même période de 2021 (17,93 Mds$), lorsque le groupe avait publié des comptes record profitant de la crise du coronavirus. Le bénéfice par action s'est élevé à 24,62$ au 1er trimestre contre 25,91$ attendu par le consensus Refinitiv. Les ventes totales ont bondi de 23% sur un an pour atteindre 68,01 milliards de dollars, mais les analystes s'attendaient à un peu mieux, autour de 68,11 Mds$.

Les revenus publicitaires ont grimpé de 22% sur un an pour totaliser 54,66 Mds$ contre 44,68 Mds$ un an plus tôt. A noter que les recettes publicitaires de Youtube ont manqué le consensus, à 6,87 Mds$ contre 7,51 Mds$ attendu, dans un contexte où la concurrence se fait de plus en plus rude dans le streaming vidéo, notamment de la part de TikTok. Les revenus de la branche "cloud" d'Alphabet ont en revanche dépassé le consensus, à 5,82 Mds$ (+44% sur un an) contre 5,76 Mds$ attendu.

* Texas Instruments a gagné 0,56% malgré une guidance un peu juste pour le deuxième trimestre. Le géant américain de l'électronique anticipe des ventes allant de 4,2 milliards de dollars à 4,8 milliards de dollars sur la période et un bpa de 1,84 à 2,26$. Le consensus attendait respectivement 4,96 Mds$ et 2,28$. "Ces perspectives comprennent un impact dû à la réduction de la demande en raison des restrictions liées au Covid-19 en Chine", a souligné la société. Texas Instruments a été contraint de réduire ses prévisions de revenus d'environ 10% alors que ses clients en Chine ferment des usines ou réduisent leurs niveaux d'exploitation, a précisé la firme de Dallas. Mais jusqu'à présent, le fabricant de puces ne subit pas d'annulations de commandes généralisées, ce qui suggère que les problèmes concernent davantage la logistique qu'une baisse plus large de la demande d'électronique.

Le groupe compte des dizaines de milliers de produits et de clients, faisant de ses prévisions un indicateur de la demande pour l'ensemble de l'économie. Les analystes et les investisseurs craignent que, bien qu'il y ait encore des pénuries de certains types de puces, il y ait de plus en plus de stocks inutilisés pour certains produits. Au premier trimestre, la firme a enregistré un profit de 2,2 milliards de dollars ou 2,35 dollars par action, contre 1,75 Md$ et 1,87 dollar par titre un an plus tôt. Les revenus ont augmenté de 14 % à 4,9 milliards de dollars, principalement en raison de la croissance des ventes dans l'industrie et l'automobile. En moyenne, le consensus tablait sur un bpa de 2,18$ pour un chiffre d'affaires de 4,74 Mds$.

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