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Clôture de Wall Street : le Nasdaq finit au sommet, bravant les incertitudes

| Boursier | 837 | 5 par 1 internautes

Les indices boursiers américains évoluent ordre dispersé mardi, au sortir du long week-end du Labor Day.

Clôture de Wall Street : le Nasdaq finit au sommet, bravant les incertitudes
Credits Reuters

La Bourse de New York a terminé en ordre dispersé mardi, après le long week-end du Labor Day, mais le Nasdaq a signé un nouveau record malgré les incertitudes pesant sur le rythme de la reprise économique, liées à la propagation du variant delta du Covid-19. Le pétrole et l'or ont chuté, tandis que les taux d'intérêts et le dollar se sont redressés, les opérateurs continuant d'anticiper une réduction du soutien monétaire de la Fed d'ici à la fin de l'année.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé mardi 0,76% à 35.100 points, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 0,34% à 4.520 pts. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, est parvenu à terminer dans le vert (+0,07%) à 15.374 pts, signant de justesse un 4e record d'affilée. La semaine dernière, le DJIA avait reculé de 0,25%, tandis que le S&P 500 avait gagné 0,6% et le Nasdaq s'était apprécié de 1,5%.

Par secteurs, ce sont les technologiques (+0,1%), les services de communication (+0,3%) et les biens de consommation discrétionnaires (+0,4%) qui ont soutenu la cote, tandis que les valeurs cycliques sont reparties en baisse : -1,7% pour l'indice S&P de l'industrie, -1,1% pour l'immobilier et -0,4% pour l'énergie.

L'once d'or, qui avait regagné 0,8% la semaine dernière a plongé ce mardi de près de 2% pour retomber à 1.798,50$, sous le seuil des 1.800$ sur le Comex. Le cours du pétrole brut léger américain WTI, qui avait aussi progressé de 0,8% la semaine passée, a rechuté de 1,4% à 68,35$ le baril. L'indice du dollar remontait en soirée de 0,55% à 92,54 points face à un panier de devises, et le rendement du T-Bond à 10 ans se tendait de 5 points de base à 1,37%, retrouvant son plus haut niveau depuis la mi-août.

Le bitcoin plongeait en soirée de plus de 9% sur 24 heures à 46.976$ selon le site coinmarketcap.com, alors que la monnaie virtuelle vient de devenir une monnaie légale au Salvador, une première mondiale. Au pire moment de la journée, l'une des plus volatile de l'année, le bitcoin est tombé sous le seuil des 43.000$, après avoir coté environ 52.800$ quelques heures plus tôt (-18%) ! Le Dogecoin a abandonné jusqu'à 30% en séance avant de se ressaisir un peu (-18% à 0,25$).

Le variant delta du coronavirus pourrait menacer la reprise

Vendredi, les marchés boursiers américains avaient déjà fini sur une note incertaine après la publication d'un rapport décevant sur l'emploi, avec seulement 235.000 créations de postes non-agricoles en août aux Etats-Unis, contre un consensus de marché de 750.000 ! Malgré cela, le taux de chômage a reculé à 5,2% contre 5,4% en juillet, en ligne avec le consensus de place. En outre, le salaire horaire moyen a grimpé deux fois plus que prévu en août, en hausse de 0,6% par rapport au mois antérieur. Ce salaire horaire moyen augmente ainsi de 4,3% en comparaison de l'an dernier, faisant planer le risque d'une inflation durable.

Ces chiffres pourraient inciter la Réserve fédérale à retarder le début de son "tapering". La banque centrale américaine tiendra sa prochaine réunion les 21 et 22 septembre prochains et pourrait préciser son calendrier de réduction de ses achats d'actifs. Les opérateurs ne semblent cependant pas considérer que le rapport décevant sur l'emploi en août modifiera réellement l'agenda de la Fed. Ils s'attendent à une annonce officielle non pas en septembre, mais sans doute en novembre, en vue d'un lancement concret du "tapering" en décembre.

Début du "tapering" avant la fin de l'année ?

Les analystes de Goldman Sachs et Bank of America, notamment, ont laissé leurs attentes de réduction des achats obligataires inchangées, à 120 Mds$ par mois, prévoyant une annonce officielle en novembre. Le consensus semble toujours pencher en faveur d'allusions explicites à une diminution des achats d'actifs lors de la réunion du FOMC de septembre, suivies d'une annonce formelle en novembre. La Fed pourrait alors commencer à réduire les achats d'actifs en décembre à un rythme de 15 Mds$ par mois.

Auparavant, la Banque Centrale Européenne est attendu dès ce jeudi 9 septembre pour sa réunion de politique monétaire... Là aussi, les investisseurs sont impatients de savoir si la banque centrale décidera ou non de ralentir ses achats d'actifs, alors que l'inflation a accéléré pendant l'été dans la zone euro pour atteindre 3%, la reprise économique s'accompagnant de pénuries de composants et de hausse des cours de l'énergie.

Selon le consensus du marché, la BCE pourrait réduire le niveau de ses achats mensuels d'obligations de 80 MdsE à environ 50-60 MdsE, mais l'augmentation des infections au covid avant les mois d'hiver pourrait encore l'inciter à attendre décembre pour mettre en oeuvre cette réduction.

VALEURS A SUIVRE

Apple (+1,55%) a signé un nouveau record en clôture à 156,69$. La firme à la pomme annoncé mardi la tenue le 14 septembre d'un "événement spécial" au cours duquel pourraient être présenté le nouvel iPhone 13. Cette "keynote" devrait être l'occasion de présenter de nombreux autres produits, dont des écouteurs Airpods et peut-être la très attendue Apple Watch Series 7.

Ford Motor (+0,47%) a progressé après que le constructeur automobile a annoncé avoir débauché un haut responsable d'Apple, Doug Field, qui travaillait sur le projet "Titan" de la future Apple Car. Depuis 4 ans vice-président des "produits spéciaux" chez Apple, Field vient ainsi d'être nommé directeur de la technologie de pointe et des systèmes embarqués de Ford. Il avait précédemment travaillé chez Tesla (+2,6%) en tant que premier vice-président de l'ingénierie.

Plusieurs valeurs liées à la sphère des cryptomonnaies ont chuté dans le sillage des soubresauts du bitcoin, dont MicroStrategy (-9%) et la plateforme de transaction Coinbase (-4,1%). Cette dernière a connu des problèmes techniques en début de journée, qui ont entraîné des retards ou annulations d'ordres, alors que ses serveurs ont été surchargés.

T-Mobile (1,1%). Deutsche Telekom va renforcer sa participation de 5,3% dans T-Mobile, la portant à 48,4%. La transaction de plus de sept milliards de dollars a été confirmée par le président du directoire du groupe allemand, Tim Höttges. Il s'agit d'un accord par échange d'actions et en cash avec le Japonais SoftBank. En échange, SoftBank, qui a cédé sa filiale américaine de téléphonie mobile, Sprint, à T-Mobile, dans le cadre d'un deal opéré début 2020, obtiendra une participation de 4,5% au capital de Deutsche Telekom, dont il deviendra le deuxième actionnaire derrière l'État allemand. Le Japonais recevra par ailleurs du cash. Notons que Deutsche Telekom a décidé de céder sa division T-Mobile Netherlands à un consortium composé d'Apax et de Warburg Pincus pour 5,1 milliards d'euros, et utilisera une partie des produits de cession pour rehausser sa participation dans TMUS.

Nvidia (-0,8%). Un responsable de l'Union européenne a déclaré au Financial Times qu'il n'était pas certain que l'accord de rachat d'Arm par Nvidia soit facilement conclu, car les régulateurs ont des doutes sur la promesse de Nvidia de permettre à ses concurrents un accès équitable et continu aux conceptions d'Arm une fois l'accord conclu. Les personnes ayant une connaissance directe de l'enquête de l'UE disent qu'il est trop tôt pour dire si l'accord sera bloqué, les doutes des responsables étant le résultat de longs échanges préliminaires entre Nvidia et le régulateur. L'article du FT note les défis auxquels fait face l'accord au Royaume-Uni, une personne ayant une connaissance directe de l'accord indiquant que la CMA (Competition & Markets Authority) aurait été très agressive... Nvidia se prépare à déposer une demande d'autorisation réglementaire pour l'accord à Bruxelles cette semaine.

Match Group, maison-mère de Tinder, a bondi de 7,5%, alors que le dossier va être prochainement intégré dans l'indice large américain S&P 500. Match intègrera l'indice le lundi 20 septembre, prenant la place de l'Irlandais Perrigo Co. Match, opérateur de sites de rencontre qui possède par ailleurs Hinge ou OKCupid, capitalise environ 41 milliards de dollars à Wall Street. Le mois dernier, le groupe disait anticiper pour le troisième trimestre des revenus allant de 790 à 805 millions de dollars. Le groupe constatait toutefois un impact adverse du variant Delta sur sa croissance, en particulier dans certains marchés asiatiques. Sur le trimestre clos, celui de juin, les revenus s'étaient améliorés de 27% en glissement annuel à 708 millions de dollars.

Parmi les autres changements au sein du S&P 500 le 20 septembre, le groupe software et cloud computing Ceridian HCM (+0,13%) et l'assureur Brown & Brown (-1,3%) vont aussi intégrer l'indice, alors que le gestionnaire de prestations Unum (-0,6%) et l'équipementier pétrolier National Oilwell Varco, vont prendre la porte.

State Street (-3,7%) a annoncé l'acquisition des activités de services aux investisseurs de la banque Brown Brothers Harriman (BBH) pour 3,5 milliards de dollars en numéraire. L'accord comprend les activités custody, comptabilité, administration de fonds, marchés mondiaux et services technologiques de BBH, et devrait être conclu d'ici la fin de l'année. BBH continuera de détenir et d'exploiter ses activités de banque privée et de gestion de placements.

Goldman Sachs (-0,2%), le géant américain de la banque d'affaires, a annoncé envisager une introduction à la bourse de Londres de sa filiale Petershill Partners, transaction qui pourrait, selon le Financial Times, valoriser l'entité plus de cinq milliards de dollars. Petershill Partners affiche des participations minoritaires dans 19 compagnies, qui affichent un niveau combiné d'actifs sous gestion de 187 milliards de dollars.

Boeing (-1,8%). A l'issue de mois de discussions, Ryanair a rompu lundi les négociations en vue d'une commande géante de Boeing 737 MAX 10, en raison d'un prix de vente jugé trop élevé... La compagnie irlandaise low-cost, le premier client européen du 737 MAX avec 210 commandes fermes du modèle MAX 8-200, a ainsi annoncé lundi avoir mis fin à ses discussions avec Boeing pour une importante commande de 737 MAX 10, une variante du 737 MAX équipée de 230 sièges, contre moins de 200 pour les autres versions. "Nous sommes déçus de ne pas être parvenus à un accord", a déclaré Michael O'Leary, le directeur général de Ryanair, cité dans un communiqué. Le patron de la compagnie avait indiqué la semaine dernière espérer conclure un accord avant l'été prochain, et avait estimé que la compagnie pourrait commander jusqu'à 250 MAX 10 si le constructeur américain acceptait de réduire ses prix de vente.

Pfizer (-0,2%) / BioNTech (+3,6%). L'Agence européenne des médicaments (EMA) va étudier des données du vaccin contre le Covid-19 de Pfizer et BioNTech pour une dose de rappel six mois après la deuxième injection chez les personnes âgées de 16 ans et plus. Leur concurrent Moderna a bondi de 4,7% après une note positive de Morgan Stanley, malgré les problèmes rencontrés par son vaccin au Japon.

Raytheon Technologies (-0,8%). Selon des sources proches du dossier du Wall Street Journal, les autorités américaines enquêtent sur des paiements du groupe à un consultant de l'armée du Qatar, qui pourraient avoir été destinés en réalité à un membre de la famille régnante de l'émirat...

Columbia Property Trust (+15%), groupe d'immobilier commercial, fait l'objet d'une offre d'acquisition chiffrée à 3,9 milliards de dollars de fonds liés au géant de la gestion d'actifs Pimco.

Qualcomm (-0,6%) fournira des 'puces' destinées au tableau de bord numérique de la nouvelle Mégane E-TECH électrique du Français Renault (-1,4% à Paris), qui devrait être commercialisée l'année prochaine.

Avantor (+3,1%), fournisseur d'équipements de laboratoires, s'offre le fabricant de pompes péristaltiques Masterflex pour un montant en cash et actions de 2,9 milliards de dollars.

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