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Clôture de Wall Street : la hausse reprend le dessus

| Boursier | 326 | 5 par 1 internautes

Wall Street a terminé en hausse sensible ce mardi après son coup de mou d'hier soir...

Clôture de Wall Street : la hausse reprend le dessus
Credits Reuters

Wall Street a terminé en hausse sensible ce mardi après son "coup de mou" d'hier soir... Les premiers comptes semestriels des entreprises US n'ont pas apporté de grandes surprises entre les bons résultats de JP Morgan et les déceptions (prévisibles) de Wells Fargo et Delta Air Lines. Le S&P500 grimpe finalement de 1,34% à 3.198 pts, alors que le Dow Jones avance de 2,13% à 26.643 pts. Le Nasdaq reprend 0,94% à 10.488 pts.
Alors que la Californie a ordonné la fermeture des bars et imposé aux restaurants et musées d'arrêter toute activité en intérieur, le bilan de la pandémie de Covid-19 continue de s'aggraver aux Etats-Unis, mais les marchés passent outre...

ECO ET DEVISES

Sur le front diplomatique, Washington a rejeté la souveraineté revendiquée par la Chine sur les ressources de la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale. L'administration Trump prévoit en outre de mettre fin à un accord de 2013 entre les autorités américaines et chinoises chargées de l'audit des entreprises, a déclaré un haut responsable du département d'Etat, une mesure qui pourrait accroître la pression sur les sociétés chinoises cotées à Wall Street.

Côté macro, les prix à la consommation ont augmenté de 0,6% en juin aux Etats-Unis après avoir reculé de 0,1% en mai et contre une hausse de 0,5% anticipée par le marché. Il s'agit de la première progression de l'indice CPI depuis février. L'inflation annuelle 'core' est restée stable à 1,2%, contre 1,1% de consensus. En séquentiel, l'indice CPI 'core'progresse de 0,2% contre 0,1% attendu.
L'économie américaine pourrait connaître une reprise plus lente que prévu en raison d'une résurgence de l'épidémie de coronavirus aux Etats-Unis qui pourrait aggraver la situation économique, ont averti mardi des responsables de la Réserve fédérale ce mardi. "La pandémie reste le principal moteur de l'évolution de l'économie... Un épais brouillard d'incertitude nous entoure encore, et les risques de baisse prédominent", a déclaré mardi Lael Brainard, l'un des gouverneurs de la Fed, dans un discours prononcé lors d'un événement organisé par la National Association for Business Economics. Elle a appelé la Fed à fournir un soutien monétaire durable par le biais d'un pilotage des anticipations et d'achats massifs d'actifs et a indiqué qu'un soutien budgétaire supplémentaire serait "vital" pour la vigueur de la reprise.
De son côté, le président de la Fed de Richmond, Thomas Barkin, a averti que le chômage aux États-Unis pourrait augmenter à nouveau alors que les entreprises s'adaptent à une période de récession probablement plus longue que prévu... "Un ensemble d'entreprises, grandes et petites, se rendent compte que ce n'est pas un problème de deux mois et remanient leurs activités", ce qui pourrait mettre en péril le rebond constaté ces deux derniers mois sur le front de l'emploi, a-t-il dit dans une allocution diffusée sur le web au Charlotte Rotary Club.
Par ailleurs, les petites entreprises bénéficiaires du programme Payckeck Protection, visant à distribuer des prêts aux sociétés touchées par le coronavirus, ont conservé leurs employés pour respecter les conditions de remise de prêt. Le programme arrivant à échéance, elles peuvent désormais envisager des licenciements. Les responsables de la Fed ont d'abord espéré que l'épidémie de coronavirus serait rapidement maîtrisé aux États-Unis pour permettre à l'économie de rebondir. Ils ont ensuite progressivement admis que les prévisions de croissance économique faites lors de la dernière réunion de politique monétaire de la banque centrale en juin ne tenaient pas compte, dans une large mesure, de la possibilité d'une deuxième vague épidémique.
Une stratégie de santé plus "granulaire", incluant l'utilisation omniprésente de masques, est nécessaire pour éviter une éventuelle dépression économique, a déclaré mardi le président de la Réserve fédérale de Saint-Louis, James Bullard. Selon son hypothèse de base, l'économie américaine devrait continuer de croître au cours du second semestre de l'année. Mais "le risque de baisse est néanmoins important, et une meilleure exécution d'une politique granulaire, basée sur le risque, sera essentielle pour maintenir l'économie hors de la dépression", a-t-il expliqué...
Enfin, du côté des matières premières, le baril de pétrole remonte à 40,50$ le WTI, alors que le brent s'inscrit à 43$.
L'euro termine à 1,14/$ entre banques.

Les valeurs

* Tesla grimpe de 1,3% à 1.517$. Le constructeur automobile continue à faire couler beaucoup d'encre... Après avoir reculé de 3% en fin de séance hier, le titre reprend sa marche en avant, soutenu par plusieurs notes d'analystes. Piper Sandler a notamment porté son objectif de 939 à 2.322$, estimant que Tesla est "l'entreprise la plus importante dans l'écosystème de la mobilité, et il est peu probable que cela change au cours de la prochaine décennie".

* JP Morgan Chase gagne 0,5% après avoir dévoilé des résultats trimestriels supérieurs aux attentes même si les provisions pour créances douteuses se sont envolées à 10,47 milliards de dollars sur la période (contre un consensus de 9,2 Mds$), un niveau historique. Sur les trois mois clos fin juin, la banque a enregistré un bénéfice net de 4,69 Mds$ ou un bpa de 1,38$ contre 9,65 Mds$ ou 2,82$ par action un an plus tôt pour des revenus de 33,82 milliards de dollars, en hausse de 14% environ en glissement annuel. Les actifs sous gestion ont progressé de 14% à 2.500 Mds$. La banque a dégagé des revenus de trading record avec notamment un doublement des revenus obligataires.
"Malgré quelques données macroéconomiques positives récentes et une action gouvernementale significative et décisive, nous sommes toujours confrontés à une grande incertitude quant à la trajectoire future de l'économie", a déclaré le PDG, Jamie Dimon. "Cependant, nous sommes préparés à toutes les éventualités car la force de notre bilan nous permet de rester un port dans la tempête". La banque continuera à verser un dividende à ses actionnaires, à moins que "la situation économique ne se détériore concrètement et de manière significative", a précisé le dirigeant.

* Lockheed Martin (+0,7%). La Chine va imposer des sanctions au groupe américain d'aéronautique et de défense Lockheed Martin en raison de sa participation au dernier contrat d'armement conclu entre les Etats-Unis et Taïwan, a annoncé mardi le ministère chinois des Affaires étrangères. Lockheed Martin est le principal prestataire du programme de modernisation des missiles Patriot sol-air de Taïwan, un contrat de 620 millions de dollars. Pékin considère Taïwan comme une province rebelle et s'oppose à toute vente d'armes à l'île.

* Wells Fargo corrige de 4,6% après être tombé dans le rouge au deuxième trimestre, une première depuis 2008. La banque de San Francisco, qui annonce une coupe de son dividende à 10 cents par action, contre un niveau de 20 cents attendu par le marché, a enregistré des provisions pour créances douteuses de 9,5 milliards de dollars, environ deux fois plus qu'estimé par les analystes. Conséquence de ces énormes provisions, le résultat net ressort négatif à hauteur de 2,84 Mds$ ou 66 cents par action contre un bpa de 1,3$ un an auparavant pour des revenus de 17,8 Mds$, en repli de 17%. Le consensus tablait sur un bpa de -0,13$. Le ratio CET1 s'établit à 10,9% contre 10,7% à la fin du premier trimestre.
"Nous sommes extrêmement déçus tant par les résultats du deuxième trimestre que par notre l'intention de réduire notre dividende", déclare Charlie Scharf, arrivé récemment à la tête de la banque. "Notre point de vue sur la longueur et la gravité de la crise économique s'est considérablement détérioré par rapport aux hypothèses utilisées lors du dernier trimestre". Le marché sanctionne ces annonces avec une action qui perd près de 4% en pré-séance à Wall Street.

* Citigroup cède 4%. Porté par son activité de trading obligataire et de devises ainsi que par sa banque d'investissement, Citigroup est parvenu à dégager un profit supérieur aux attentes des analystes au deuxième trimestre. La banque américaine a ainsi enregistré un profit net de 1,3 milliard de dollars ou 50 cents par titre contre un bénéfice de 4,8 Mds$ ou un bpa de 1,95$ un an plus tôt. Les revenus ont atteint 19,8 Mds$, soit un milliard de plus qu'il y a un an. Le consensus tablait sur un bpa de 35 cents pour des recettes de 19,1 Mds$. "Alors que le coût du crédit a pesé sur notre profit net, notre performance commerciale globale a été forte au cours du trimestre, et nous avons pu naviguer raisonnablement bien lors de la pandémie de COVID-19", a déclaré le directeur général Michael Corbat. Crise oblige, le coût du crédit a atteint 7,9 Mds$ sur le trimestre contre 2,1 Mds$ au cours des trois mois précédents.

* Alphabet reprend 0,5%. Après Facebook et d'autres grands noms du capital-investissement, Google serait en discussions avancées pour investir environ 4 milliards de dollars dans Jio Platforms, la société indienne de services numériques. Selon les sources de 'Bloomberg', une annonce officielle pourrait intervenir dans les prochaines semaines même si les négociations pourraient encore tomber à l'eau. Cette information intervient après que la filiale d'Alphabet eut déclaré hier qu'elle prévoyait d'investir 10 milliards de dollars en Inde au cours des cinq à sept prochaines années afin de développer les technologies numériques dans le pays. Filiale du conglomérat Reliance Industries, Jio Platforms possède notamment le plus grand opérateur de réseau mobile indien.

*Delta Air Lines recule de 2,6%. Plombé par la pandémie de Covid-19, Delta Air Lines vient de dévoiler une perte ajustée record de 2,8 milliards de dollars au deuxième trimestre pour des revenus en retrait de 91% sur un an ! La perte ajustée par action s'établit à 4,43$ contre -4,22$ de consensus pour des revenus de 1,47 Md$. La perte nette totale atteint 5,72 Mds$! Très suivie dans le secteur, la recette unitaire s'est effondrée de 60% sur le trimestre clos fin juin contre une baisse de 46,5% attendue par le marché. Le nombre de passagers transportés s'est effondré de 93%.
Delta a confirmé son objectif de mettre fin à sa consommation quotidienne de trésorerie d'ici la fin de l'année après avoir brûlé jusqu'à 100 M$ par jour au début de la pandémie en mars. Ed Bastian, le patron de Delta, a toutefois averti que la réalisation de cet objectif dépendrait de l'évolution de la demande. "Il y a beaucoup de risques car il est difficile de prévoir ce qui va se passer avec le virus". Le transporteur, dont les liquidités atteignaient 15,7 Mds$ à la fin juin, a réduit sa consommation quotidienne de cash à environ 27 M$ le mois passé et connaît un taux similaire en juillet, avec des améliorations à mesure que les économies s'ouvrent et que les gens se sentent plus à l'aise pour voyager. "Compte tenu des effets combinés de la pandémie et de l'impact financier associé sur l'économie mondiale, nous continuons à penser qu'il faudra plus de deux ans avant de voir une reprise durable", a souligné le CEO de Delta.

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