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Clôture de Wall Street : la hausse l'emporte malgré les craintes de récession

| Boursier | 332 | Aucun vote sur cette news

A l'issue d'une nouvelle séance volatile, les actions américaines ont terminé en hausse jeudi...

Clôture de Wall Street : la hausse l'emporte malgré les craintes de récession
Credits Reuters

A l'issue d'une nouvelle séance volatile, les actions américaines ont terminé en hausse jeudi, les investisseurs cherchant toujours à s'adapter au nouvel environnement monétaire et économique, après l'annonce d'un net ralentissement de l'activité aux Etats-Unis et en Europe en juin. Le président de la Fed Jerome Powell a affirmé jeudi que la détermination de la banque centrale à contrer l'inflation était "inconditionnelle". La crainte d'une récession a entraîné une fuite vers les marchés obligataires, moins risqués, faisant plonger les rendements pour le 2e jour consécutif.

A la clôture, le Dow Jones a progressé de 0,64% à 30.697 points, tandis que l'indice large S&P 500 a gagné 0,95% à 3.795 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a rebondi de 1,62% à 11.232 pts.

Net coup de frein à l'activité économique en juin

Les derniers indicateurs économiques ont confirmé un net ralentissement de l'activité aux Etats-Unis comme dans la zone euro, sous l'effet du retour du Covid-19 en Chine et de la guerre en Ukraine, qui entretiennent la hausse des prix. Aux Etats-Unis l'indice d'activité PMI composite préliminaire du mois de juin a chuté à 51,2 après 53,6 en mai et contre 52,7 attendu par le consensus des économistes compilé par FactSet. L'indice manufacturier est tombé à 52,4, contre 56,3 de consensus FactSet, tandis que l'indice des services est revenu à 51,6 contre 53,5 de consensus.

Dans la zone euro aussi, l'activité s'est tassée en juin, avec un indice préliminaire PMI composite S&P Global de 51,9 en juin contre 54,8 en mai et contre 54 attendus par le consensus. L'indice des services est ressorti à 52,8 (56,1 en mai), au plus bas depuis 5 mois, tandis que l'indice manufacturier est tombé à 52,0 (54,6 en mai), sur un plancher de 22 mois.

Aux Etats-Unis, les inscriptions au chômage ont légèrement moins reculé que prévu la semaine passée, à 229.000 (-2.000) alors que le consensus était positionné à 225.000. La moyenne à quatre semaines s'établit à 223.500, en hausse de 4.500. Enfin, le nombre de chômeurs indemnisés sur la semaine close le 11 juin atteint 1,315 million, en hausse de 5.000 sur sept jours (1,315 million de consensus).

Détermination "'inconditionnelle" de la Fed face à l'inflation

Par ailleurs, le déficit courant est ressorti bien plus important que prévu au premier trimestre aux Etats-Unis, à 293,5 milliards de dollars, contre 270 milliards de consensus de marché et 227 milliards de dollars pour la lecture révisée du trimestre précédent. Le déficit des comptes courants pour le quatrième trimestre 2021 avait été initialement estimé à 217,9 milliards.

Pour le deuxième jour, les opérateurs ont suivi les propos du président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, qui a été auditionné mercredi par le Sénat et jeudi par la Chambre des représentants. Jeudi, il s'est à nouveau montré très ferme face à l'envolée de l'inflation, affirmant que la détermination de la Fed à maîtriser les prix était "inconditionnelle", tout en admettant que la lutte contre la hausse des prix s'accompagnait d'un risque de hausse du chômage. La veille, devant le Sénat, le patron de la Fed avait admis qu'il était "possible" que la hausse des taux entraîne une récession. "Ce n'est pas du tout l'effet recherché, mais c'est certainement une possibilité", avait-il ajouté, reconnaissant qu'un atterrissage en douceur allait être "très difficile".

Ce jeudi, le leader de la Fed a réaffirmé que l'intention de la banque était de parvenir à un atterrissage en douceur, même si le chemin est de plus en plus difficile. Il a admis qu'avec le recul, l'inflation a été sous-estimée par la banque centrale américaine. Pour calmer les prix, "nous n'avons pas d'outil de précision" autre que la hausse des taux, a-t-il expliqué, ajoutant avoir conscience que le resserrement monétaire devrait réduire la croissance et affecter l'emploi. "Il est significativement plus difficile de réduire l'inflation sans impacter le marché du travail", a-t-il reconnu.

Le taux des "fed funds" attendu à 3,4% fin 2022

Rappelons que la Fed a procédé à une hausse de taux de 75 points de base la semaine dernière (la plus forte hausse depuis 1994), ce qui a porté son taux des fonds fédéraux entre 1,5 et 1,75%, afin de contrer l'inflation, qui a atteint 8,6% sur un an en mai, au plus haut depuis 41 ans aux Etats-Unis.

Jerome Powell et d'autres responsables de la banque centrale ont indiqué qu'ils procéderaient à une nouvelle hausse, de 50 ou de 75 pb, à la prochaine réunion de juillet. Les nouvelles projections économiques publiées le 15 juin ont montré que la Fed s'attend à ce que le taux des "fed funds" atteigne 3,4% à la fin de 2022, ce qui serait le niveau son plus élevé depuis 2008, puis 3,8% fin 2023.

Jerome Powell a confirmé que le rythme des prochaines hausses de taux dépendra des indicateurs et de l'évolution des perspectives économiques. "Nous prendrons nos décisions réunion après réunion", a expliqué le leader de la banque centrale américaine.

Nette détente sur les rendements obligataires

Sur les marchés obligataires, l'aversion au risque et la recherche de rendement a entraîné depuis deux jours un retour des investisseurs vers les obligations, provoquant une forte détente sur les taux d'intérêts (qui évoluent en sens inverse des cours). Jeudi soir, le rendement du T-Bond à 10 ans perdait encore 6 points de base à 3,09% et celui du "2 ans" chutait de 5 pb à 3,01%. Le "10 ans" américain qui a commencé l'année vers 1,50%, avait frôlé les 3,50% le 14 juin dernier, avant de corriger.

Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à 10 ans est retombé jeudi à 1,43% contre 1,62% mercredi (-19 pb), après avoir atteint lundi son plus haut depuis 8 ans et demi, en décembre 2013, à plus de 1,76%. Fin 2021, le 10 ans allemand était encore négatif, à -0,18% avant que la BCE ne signale qu'elle s'apprêtait à son tour à relever ses taux, à partir de juillet prochain, pour juguler l'inflation (+5,2% dans la zone euro en mai).

L'or a cédé jeudi 0,5% à 1.829,80$ l'once sur le Comex, et le bitcoin se maintient au dessus des 20.000$, pointant en fin de soirée autour de 20.830$, en hausse de 4,6% sur 24h. L'indice du dollar regagnait jeudi soir 0,14% à 104,34$ points face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro cédait 0,34% à 1,0529$.

Enfin, le pétrole a poursuivi sa correction jeudi, dans la crainte d'une baisse de la croissance mondiale et donc de la demande pétrolière. Le baril de brut léger américain WTI a perdu 1,8% à 104,27$ sur le Nymex (contrat à terme d'août) après -3% mercredi, tandis que le Brent de la mer du Nord d'échéance août a lâché 1,5% à 110,05$ sur l'ICE.

VALEURS A SUIVRE

Occidental Petroleum (+0,57%). La firme Berkshire Hathaway (-0,8%) de Warren Buffett s'est renforcée au capital du groupe pétrolier, avec l'achat de 9,6 millions de titres additionnels, portant sa participation à plus de 16% désormais. Les derniers achats ont été effectués durant la semaine passée pour un coût voisin de 529 millions de dollars. La participation de la firme de l'oracle d'Omaha au capital du groupe pétrolier de Houston atteint désormais 16,3%, Berkshire détenant un total de 152,7 millions de titres d'une valeur totale de 8,5 milliards de dollars sur la base des derniers cours. Berkshire est le principal actionnaire d'Occidental et dispose aussi d'options pour l'achat de 83,9 millions de titres supplémentaires. En cas d'exercice des options, sa participation monterait à plus de 25%.

Meta Platforms (+1,8%), ex-Facebook, a obtenu le soutien d'un juge de district américain, afin d'obtenir des informations de ses rivaux, dans le cadre du procès antitrust de la FTC. Bloomberg rapporte que Meta a déclaré au juge de district américain James Boasberg qu'il avait besoin de données de TikTok, WeChat et Telegram Group sur leurs bases d'utilisateurs et leur part de marché afin de se défendre contre les poursuites de la FTC. L'article note que Boasberg a ensuite envoyé des lettres au ministère chinois de la Justice pour demander de l'aide et obtenir des éléments documentaires de Tencent et ByteDance, alors qu'il a envoyé une lettre séparée aux responsables des îles Vierges britanniques concernant Telegram. Boasberg a déclaré dans les lettres qu'il souhaitait des données d'utilisateurs et des communications ou présentations aux dirigeants et membres du conseil d'administration analysant la concurrence entre les applications des entreprises et les plateformes Facebook, Instagram et WhatsApp de Meta.

Tesla (-0,4%). Les dernières confidences d'Elon Musk à propos de l'activité du constructeur de véhicules électriques ont de quoi faire frémir ! Les nouvelles usines de Tesla en Allemagne et au Texas perdraient ainsi des milliards de dollars, selon Bloomberg, qui rapporte les commentaires du CEO au club Tesla Owners of Silicon Valley. Dans cette interview qui a eu lieu le 31 mai, mais n'a été publiée qu'hier, Musk a même déclaré que les usines de Berlin et d'Austin étaient actuellement "de gigantesques fours à fric".

Musk a ajouté que Tesla avait eu du mal à augmenter rapidement la production de Model Y à Austin, véhicules qui utilisent les nouvelles cellules 4680 et la batterie structurellement intégrée. Même si tout devrait être réparé très rapidement, cela nécessite beaucoup d'attention, et il faudra plus d'efforts pour amener cette usine à une production à haut volume qu'il n'en a fallu pour la construire en premier lieu...

Musk a noté que Berlin était dans une position légèrement meilleure, Tesla l'ayant équipée pour construire des voitures avec les cellules 2170, mais la préoccupation majeure est de savoir comment maintenir les usines en activité "afin que les gens puissent être payés et que l'entreprise ne fasse pas faillite" ! Selon Musk, les fermetures de Covid en Chine ont été "pour le moins très, très difficiles", bien que l'article note que Tesla a plus que triplé la production de son usine en Chine depuis que l'interview a eu lieu.

Nike (+2,9%) fait ses adieux au marché russe. Trois mois après avoir suspendu ses activités en Russie, le fabricant américain de vêtements sportifs va en effet se retirer complètement du pays, comme l'a annoncé ce jeudi le groupe dans un communiqué. Il rejoint ainsi d'autres grandes marques occidentales, comme McDonald's et Google qui ont également quitté le pays.

Uber Technologies (+4%) envisagerait de vendre son activité indienne de covoiturage, indique Bloomberg. Des personnes proches du dossier précisent qu'Uber a pesé les options pour sa branche indienne de covoiturage, y compris une vente, et a contacté plusieurs parties intéressées après avoir découvert qu'elle avait un potentiel limité d'expansion rentable dans le pays. Les sources ajoutent qu'Uber envisageait un échange d'actions avec des entreprises locales ou même un retrait. Un accord d'achat d'actions, qui permettrait à l'entreprise de conserver un pied en Inde, était privilégié dans les pourparlers exploratoires. Cependant, les discussions auraient été suspendues du fait de la chute des valorisations des startups technologiques. Uber a démenti pour sa part ce retrait de l'Inde.

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