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Clôture de Wall Street : la Chine donne le signal de la hausse

| Boursier | 214 | Aucun vote sur cette news

La Bourse de New York a progressé de plus de 1%, lundi, premier jour de cotation du deuxième trimestre, après la publication d'un rebond de l'activité en Chine et des signes de progrès dans les négociations commerciales entre Pékin et Washington.

Clôture de Wall Street : la Chine donne le signal de la hausse
Credits Reuters

L'appétit du risque a fait son retour lundi sur les marchés d'actions américains, dans l'espoir d'un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine, et après l'annonce d'un vif rebond de l'activité en Chine, en particulier dans le secteur manufacturier, qui a repris son expansion en mars. Par ailleurs, les spéculations sur une longue pause de la Fed, voire une baisse des taux cette année soutient les marchés d'actions. Les obligations ont fléchi, faisant remonter les taux et éloignant le spectre de l'inversion de la courbe des taux et de la récession.

Les indices approchent de leurs records historiques

A la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 1,27% à 26.258 points, après un gain de 11% au 1er trimestre. L'indice large S&P 500 a pris 1,16% à 2.867 pts, après avoir bondi de 13% au 1er trimestre (son meilleur depuis 1998). Le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, grimpait de 1,29% à 7.828 pts, après un gain de 16,5% au 1er trimestre.

L'indice Dow Jones et le S&P 500 ne sont plus désormais qu'à 2,2% de leur records historiques de 2018, et le Nasdaq a encore 3,5% à parcourir. Le 2è trimestre a également démarré du bon pied sur les autres places boursières mondiales, à commencer par Shanghai (+2,6% pour l'indice CSI 300), Hong Kong (+1,76% pour le Hang Seng), Tokyo (+1,43% pour le Nikkei 225), puis en Europe, où l'EuroStoxx 50 a grimpé de 1%. A Paris, le CAC 40 a aussi gagné 1% lundi à la clôture.

La courbe des taux confirme son retour à la normale

Sur le marché des changes, l'indice du dollar était stable lundi soir à 97,26 points (-0,02%), tandis que l'euro était lui aussi presqu'inchangé, à 1,1212$ et que la livre sterling gagnait 0,70% à 1,3118$, sur fond de confusion sur le Brexit, après le 3ème rejet de l'accord par le parlement britannique la semaine dernière.

Les marchés obligataires américains ont confirmé leur retour au calme, la courbe des taux ayant retrouvé depuis vendredi sa forme normale, ascendante, après 6 séances d'affilée d'inversion de la courbe sur le segment 3 mois/10 ans. Ainsi, le rendement de l'emprunt d'Etat américain de référence, le T-Bond à 10 ans, a bondi de 9 points de base, lundi, remontant à 2,50%, après être tombé jusqu'à 2,35% la semaine passée, au plus bas depuis 2017. Le rendement du bon à 3 mois s'affichait lundi soir à 2,38% (stable), allégeant les craintes de récession.

Le passage du taux à trois mois sous celui du taux à 10 ans à partir du 22 mars pendant 6 séances avait provoqué un court vent de panique sur les marchés, même si de nombreux experts jugeaient que le phénomène ne devait pas être interprété cette fois comme un signe avant-coureur de récession. La tempête sur les marchés de taux a aussi entraîné des anticipations de baisse des taux de la Fed, d'autant que Donald Trump s'est empressé d'appeler la banque centrale américaine à assouplir sa politique pour favoriser la croissance.

L'activité chinoise montre des signes de rebond

Le débat sur la politique monétaire est cependant passé un peu au second plan lundi, après les nouvelles venues de Chine, d'une part sur la croissance, et d'autre part sur les avancées dans les négociations commerciales avec les Etats-Unis.

Ainsi, les indicateurs d'activité officiels chinois, publiés ce week-end par Pékin, ont montré que l'indice PMI officiel de directeurs d'achats dans le secteur manufacturier a rebondi en mars, est repassé au-dessus de la barre des 50, à 50,5 après 49,2 en février. Dans les services, l'indice a progressé de 54,3 à 54,8. L'indice composite (combinaison des deux précédents) est remonté au plus haut depuis six mois à 54 contre 52,4 en février.

Ces chiffres encourageants sont peut-être le signe que les mesures de soutien de l'économie prises ces derniers mois par la banque centrale et les autorités financières chinoises commencent à porter leurs fruits. Si le redressement de la conjoncture se confirmait en Chine dans les prochains mois, cela pourrait signifier que le pire est passé pour l'économie mondiale, étant donné le poids de la Chine dans le commerce mondial.

Le vice-premier ministre chinois est parti lundi pour Washington

Justement, les négociations commerciales semblent aller bon train entre les Etats-Unis et la Chine. Vendredi, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a qualifié de "fructueux" un dîner de travail organisé jeudi soir à Pékin, puis vendredi soir, la Maison Blanche a affirmé dans un communiqué que les deux parties "continuent de progresser à travers des discussion franches et constructives". Ce lundi, le vice-président chinois Liu He a quitté la Chine en direction de Washington avec une délégation chinoise de haut niveau pour la suite des négociations.

En signe de bonne volonté, la Chine a décidé de prolonger le moratoire sur de nouvelles taxes touchant les automobiles et pièces détachées américaines, qui devait expirer le 1er avril. Pékin a aussi indiqué que le pays allait inscrire le fentanyl sur sa liste des substances réglementées, un geste réclamé de longue date par Washington dans la cadre de sa lutte contre la multiplication des décès par surconsommation d'opioïdes aux Etats-Unis.

L'activité accélère aux Etats-Unis en mars, la zone euro à la traîne

Les investisseurs ont également salué lundi la publication d'indicateurs manufacturiers américains de bonne tenue en mars. L'indice Markit PMI final est ressorti à 52,4, en ligne avec le consensus, après 53 en février. L'indice ISM manufacturier est lui ressorti à 55,3, supérieur au consensus de 54,2 et après 54,2 en février. En revanche, la zone euro continue de s'enfoncer, avec un indice PMI final IHS Markit manufacturier en repli à 47,5 en mars contre 49,3 en février, au plus bas depuis avril 2013.

Aux Etats-Unis, les marchés ont toutefois ignoré l'annonce de ventes de détail moroses en février, en recul de 0,2% par rapport à janvier alors que le consensus de place était de +0,3%. La lecture du mois de janvier a toutefois été révisée en hausse à +0,7%, contre +0,2% pour sa précédente évaluation, ce qui relativise le recul de février.

Le pétrole a poursuivi son ascension soutenu par les espoirs de reprise économique en Chine et aux Etats-Unis. Lundi soir, le contrat à terme de mai sur le brut léger américain WTI a bondi de 2,41% à 61,59 dollars à la clôture du Nymex, tandis que le Brent de même échéance a grimpé de 2,12% à 69,01$ le baril.

VALEURS A SUIVRE

Lyft (-11,8% à 69,01$) est retombé sous son cours d'introduction de 72$. Le titre du groupe de VTC avait pourtant flambé de plus de 20% dans les tout premiers échanges sur le Nasdaq, vendredi dernier. Le rival californien d'Uber s'était introduit en haut de fourchette à 72$ pièce pour une valorisation de plus de 24 milliards de dollars, et avait levé 2,34 Mds$ à l'occasion de son "IPO" sur le Nasdaq, en vendant un total de 32,5 millions de titres.

Apple (+0,68%) vient d'annoncer l'annulation de son projet AirPower de tapis de recharge, qui devait permettre de recharger tout appareil de la marque sans fil. L'outil wireless si prometteur est donc abandonné après plus de 18 mois d'essais. Le groupe californien de Cupertino estime en effet qu'il ne sera pas en mesure de livrer un produit conforme à ses standards de qualité.

Par ailleurs, selon la chaîne 'CNBC', Apple a baissé les prix de ses produits, dont ceux de l'iPhone, de l'iPad et de ses écouteurs AirPods de près de 6% en Chine.

Enfin, Apple aurait débauché le dirigeant de Tesla (+3,3%) responsable des groupes motopropulseurs, croit savoir le site spécialisé 'Electrek'. L'information, si elle était avérée, pourrait traduire l'intention du groupe à la pomme de construire son propre véhicule électrique, plutôt qu'un système de conduite autonome.

Boeing (+2,6%). Le rapport préliminaire sur l'accident du Boeing 737 MAX d'Ethiopian Airlines est attendu ce lundi. Selon le 'Wall Street Journal', il devrait monter que le système anti-décrochage du Boeing 737 MAX est bien à l'origine de cette catastrophe aérienne, qui a cloué au sol la flotte mondiale de cet appareil (environ 370 avions). Un mauvais fonctionnement de ce système, appelé MCAS, était aussi impliqué dans le crash du B-737 MAX de Lion Air en Indonésie en octobre 2018.

Boeing a présenté mercredi dernier un correctif logiciel de ce système de prévention du décrochage, ainsi que nouvelles alertes dans le cockpit et un programme de formation des pilotes. Ces propositions doivent être testées, certifiées et approuvées par la FAA, l'autorité américaine de l'aviation, avant que le B-737 puisse à nouveau être autorisé à voler. Un processus qui pourrait durer des semaines, selon les experts.

Cal-Maine Foods (-3%). Le producteur américain d'oeufs a affiché pour le trimestre clos un bénéfice de 82 cents par titre, contre un consensus de... 43 cents. Les revenus du groupe sont également ressortis supérieurs au consensus de place. Le groupe évoque des tendances favorables de la demande.

Kellogg (-2,3%) a annoncé la vente de plusieurs actifs (marques de gâteaux, cônes glacés...) à l'Italien Ferrero pour 1,3 milliard de dollars. Le groupe américain entend ainsi se concentrer sur son coeur de métier, les produits céréaliers et salés. Ferrero poursuit pour sa part son offensive américaine, après avoir acquis les activités US de confiserie de Nestlé et Ferrara Candy. Les activités cédées par Kellogg's ont affiché en 2018 des ventes voisines de 900 M$.

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