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Clôture de Wall Street : finalement en (très) légère baisse...

| Boursier | 581 | Aucun vote sur cette news

La cote américaine a reperdu du terrain mercredi, après deux jours de rebond alimenté par les espoirs de 'pivot' de la Fed...

Clôture de Wall Street : finalement en (très) légère baisse...
Credits Reuters

La cote américaine a reperdu du terrain mercredi, après deux jours de rebond alimenté par les espoirs de 'pivot' de la Fed. Le S&P 500 redonne 0,2% à 3.783 pts, alors que le Dow Jones cède 0,14% à 30.273 pts et le Nasdaq -0,25% à 11.148 pts. Les derniers chiffres de l'emploi privé américain sont ressortis résistants, ce qui laisse encore un peu de marge à la Fed pour durcir sa politique monétaire... Sur le Nymex, le baril de brut monte de 1% à 87,85$ avec la forte réduction de production attendue de l'OPEP+. L'indice dollar rebondit de 1% face à un panier de devises de référence.

D'après le dernier rapport d'ADP sur l'emploi privé américain, les créations de postes du mois de septembre sont ressorties légèrement supérieures aux attentes, à 208 000 contre 200 000 de consensus FactSet. Les créations pour le mois d'août ont été révisées à 185 000, contre 132 000 précédemment estimé. ADP explique l'amélioration légère des créations par la réouverture des écoles et l'apaisement de la pandémie. Néanmoins, alors que la croissance de l'emploi se maintient, elle reste inférieure à la moyenne récente à trois mois. En septembre, les salaires annuels ont progressé de 7,8%. "Nous continuons d'observer des gains constants en matière d'emploi", indique Nela Richardson, chef économiste d'ADP.

Le déficit américain du commerce international de biens et services pour le mois d'août est ressorti à 67,4 milliards de dollars, contre 68 milliards de consensus et 70,5 milliards de dollars pour la lecture révisée du mois antérieur.

L'indice Markit PMI composite final américain du mois de septembre s'est établi à 49,5, contre un consensus de 49,3 et une lecture préliminaire de 49,3 également. L'indicateur des services est ressorti à 49,3, contre 49,2 de consensus et 49,2 pour sa lecture préliminaire.

L'indice ISM des services américains pour le mois de septembre, qui vient lui aussi d'être publié, s'est établi à 56,7, contre 56 de consensus et 56,9 un mois avant. Il signale donc toujours une forte expansion, contredisant la lecture du PMI des services, qui ressort en zone de contraction.

La journée a aussi été marquée par la réunion de l'OPEP+ à Vienne, qui s'est traduite par une forte baisse des quotas de production de 2 millions de bpj, pour soutenir les prix face à une demande en fort déclin... Cette décision, bien qu'importante puisqu'il s'agit de la coupe la plus importante mise en place par l'OPEP+ depuis 2020, devrait néanmoins avoir un impact moindre sur l'offre mondiale de brut, alors que plusieurs pays pompent déjà en dessous des quotas qui leur sont alloués. Plusieurs pays n'auraient ainsi pas besoin de baisser leur production pour être en conformité avec les nouveaux quotas...

L'outil FedWatch en temps réel donne actuellement une probabilité de 69,4% d'une nouvelle hausse de taux de la Fed de 75 points de base le 2 novembre, à l'issue de la prochaine réunion FOMC (30,6% de probabilité pour une hausse de 50 points de base). La banque centrale américaine vient déjà de relever par trois fois ses taux de 75 pb, du jamais vu depuis l'ère Volcker. Jerome Powell et ses équipes ont prévenu ces dernières semaines que cette politique très dure devrait se poursuivre, la priorité absolue étant de ramener l'inflation vers l'objectif des 2%, au prix d'une souffrance économique supplémentaire.
Les responsables de la Fed n'ont donc pour l'heure donné aucune indication concernant un éventuel pivot, qui constituerait donc une inflexion de politique monétaire. Pourtant, depuis lundi, Wall Street a joué ce scénario avec un certain enthousiasme. Les officiels de la Fed continuent d'alerter sur l'inflation et estiment que de nouvelles hausses de taux sont nécessaires. De surcroît, le cas de l'Australie, dont la banque centrale vient de surprendre avec une hausse de taux moins forte que prévu (25 points de base), n'a pas grand chose à voir avec celui des USA, même s'il semble avoir inspiré hier les investisseurs.

Il y avait un peu de 'fedspeak' hier, mais peu de développements concrets ou nouveaux. Mary Daly, présidente de la Fed de San Francisco et membre non-votant, a réitéré que la Fed devait maintenir en place des politiques restrictives jusqu'à ce que son travail sur l'inflation soit terminé. Elle a ajouté qu'il restait une marge de manoeuvre pour ralentir le marché du travail avant que ne surviennent de graves conditions de récession. Daly s'attend à ce que les entreprises ralentissent le rythme d'embauche avant de supprimer des emplois, et voit que ce processus commence déjà. Ailleurs, dans son premier discours en tant que gouverneur de la Fed, Philip Jefferson (membre votant) s'est dit préoccupé par l'inflation élevée et a fait valoir que le rétablissement de la stabilité des prix pourrait entraîner une période de croissance inférieure à la tendance. Il a ajouté qu'il considérait la Fed comme "résolue" à ramener l'inflation vers l'objectif de 2%. John Williams, Lorie Logan et Loretta Mester de la Fed, ont aussi parlé hier dans la journée, mais n'ont pas abordé la politique monétaire... ce qui n'était sans doute pas plus mal. Raphael Bostic, patron de la Fed d'Atlanta, s'exprime ce mercredi.

La statistique américaine de la semaine restera le rapport gouvernemental mensuel sur la situation de l'emploi pour septembre, publié vendredi, le consensus étant de 250 000 créations de postes non-agricoles après 315 000 en août. Le taux de chômage devrait se maintenir à 3,7%. Powell a noté lors de sa conférence de presse du FOMC de septembre que la Fed n'avait vu que de modestes signes de ralentissement sur le marché du travail. La composante emploi de l'enquête ISM manufacturière est tombée plus récemment à 48,7 en septembre contre 54,2 en août, le niveau le plus bas depuis juin. Hier, les ouvertures de postes d'août sont donc tombées quant à elles à près de 10 millions par rapport aux 11,2 millions de juillet, la plus forte baisse mensuelle depuis avril 2020, les taux d'embauche, de séparation et de démission ayant peu changé...

Les valeurs

Apple (+0,2%) déplace en Inde sa production sur les gammes AirPod et Beats, indique le Nikkei. Des personnes proches du dossier ont précisé au Nikkei que la firme californienne à la pomme avait discuté avec des fournisseurs et que Foxconn se préparait à fabriquer des écouteurs Beats en Inde et aurait l'intention d'y fabriquer éventuellement des AirPod. Des sources ont ajouté que Luxshare Precision Industry avait également l'intention de fabriquer des AirPod en Inde, bien que le groupe se concentre actuellement sur sa production vietnamienne du produit. L'article ne précise pas le calendrier des transferts de production.

Amazon (-0,1%) gèlerait les recrutements corporate dans le commerce de détail pour le reste de 2022, selon le New York Times. Le NYT cite une annonce interne, selon laquelle Amazon aurait déclaré geler les embauches au niveau mondial pour toutes les fonctions corporate, bien que la division de cloud computing de l'entreprise ne soit pas affectée. L'annonce souligne que toutes les demandes d'emploi ouvertes devraient être fermées dans les prochains jours. De nouvelles ouvertures de postes seront disponibles au début de l'année prochaine.
Selon une déclaration d'un porte-parole d'Amazon, le groupe continuerait d'avoir un nombre important de postes ouverts disponibles dans l'ensemble de l'entreprise, et bien que certaines parties de l'entreprise soient "plus matures que d'autres", Amazon envisagerait de continuer à ajuster ses stratégies d'embauche dans chacune de ses activités.

Uber (-0,9%) affirme que la pénurie de chauffeurs est enfin terminée, indique le Financial Times. Le FT cite un entretien avec le responsable de la mobilité d'Uber, Andrew Macdonald, qui a déclaré que les dix plus grands marchés de l'entreprise ont tous connu une croissance mensuelle du nombre de conducteurs en août, l'amélioration de l'offre de conducteurs résultant d'incitations en cash, d'améliorations de la plateforme et de pressions inflationnistes. Selon l'article, l'offre mondiale de chauffeurs serait même en hausse de 70% en glissement annuel. Macdonald a ajouté que la résolution du problème de la pénurie de chauffeurs permettrait désormais à Uber de se concentrer sur le traitement d'autres plaintes des clients, portant notamment sur les temps d'attente et les annulations.

ExxonMobil (+2,9%), le géant pétrolier américain qui doit publier officiellement ses résultats le 28 octobre, a fait état hier d'un copieux bénéfice d'exploitation pour le troisième trimestre, proche de son record absolu de 17,9 milliards de dollars dégagé sur la période trimestrielle antérieure, à la faveur d'une solide performance dans le gaz naturel - qui a compensé des résultats plus faibles dans la chimie ou le raffinage. C'est du moins ce que montre un avis boursier. Le record bénéficiaire d'Exxon était de 17,9 milliards de dollars soit 4,21$ par titre au deuxième trimestre. Le titre s'affiche en progression de 50% depuis le début de l'année à Wall Street et revient désormais à l'approche de ses sommets historiques inscrits sur les 100$ à l'été 2014. La capitalisation boursière du groupe est de près de 400 milliards de dollars.

Blackstone (-3%) étudierait le rachat d'une partie des actifs d'Emerson Electric (stable) pour un montant pouvant aller jusqu'à 10 milliards de dollars, indique l'agence Bloomberg, citant des sources proches de la question. Ainsi, Emerson discuterait avec le géant du private equity d'une opération portant sur certaines parties de sa division dédiée aux solutions commerciales et résidentielles.

Twitter (-1,3%). Le réseau social média a annoncé avoir reçu une lettre des équipes d'Elon Musk. L'homme le plus riche du monde va donc bien racheter le groupe, ce nouveau rebondissement intervenant juste avant un procès qui s'annonçait délicat pour lui. L'intention de Twitter est quant à elle confirmée, à savoir finaliser la transaction dans les conditions initiales, à 54,2$ par titre.
Rappelons que Musk avait tenté précédemment d'abandonner l'opération. Il estimait en effet bien trop élevée la proportion des comptes fake et bots sur le réseau social, bien plus élevée que les "moins de 5%" prétendus par le groupe. Mais l'homme d'affaires a donc surpris encore par l'un de ses prompts revirements dont il a le secret. "Acheter Twitter est un accélérateur pour créer X, l'application universelle", a lancé le milliardaire dans un tweet. "Twitter accélère probablement X d'un rapport de 3 à 5, mais je pourrais me tromper", insiste encore Musk.
Musk est donc désormais prêt à procéder au rachat au prix initial de 44 milliards de dollars, ce qui mettrait un terme au conflit entre l'homme d'affaires, patron de Tesla et SpaceX, et le réseau social média à l'oiseau bleu. La lutte entre Musk et Twitter avait écorné ces derniers mois la réputation de la marque Twitter et sans doute aussi un peu celle du tempétueux milliardaire. Musk s'était engagé en avril à acquérir la plateforme, avant de faire volte-face...

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