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Clôture de Wall Street : en ordre dispersé, sur fond d'incertitudes

| Boursier | 328 | Aucun vote sur cette news

Les investisseurs sont partagés entre les espoirs de reprise économique face à la crise du Covid-19, et la crainte d'une seconde vague de la pandémie de Covid-19.

Clôture de Wall Street : en ordre dispersé, sur fond d'incertitudes
Credits Reuters

La Bourse de New York a fini en ordre dispersé mercredi, mettant fin à 3 séances consécutives de hausse. Les investisseurs sont partagés entre les espoirs de reprise économique face à la crise du Covid-19, et la crainte d'une seconde vague de la pandémie, qui retarderait cette reprise. Le nombre de nouveaux cas de coronavirus continue d'augmenter dans de nombreux Etats américains, ainsi qu'en Chine.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,65% à 26.119 points, tandis que l'indice large S&P 500 a lâché 0,36% à 3.113 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a progressé de 0,15% à 9.910 pts. Le S&P 500 a été soutenu par les indices sectoriels des technologiques (+0,1%), des biens de consommation discrétionnaires (+0,1%) et des services de communication (+0,03%) mais a été entraîné dans le rouge par l'énergie (-3,3%), les financières (-1,3%) et l'immobilier (-1,1%).

Sur le plan macro-économique, les mises en chantier de logements ont déçu en mai aux Etats-Unis, ressortant à 0,974 million contre un consensus logé à 1,1 million, et en légère hausse par rapport à avril (0,934 million). Les permis de construire ont aussi raté le consensus en mai, à 1,22 million contre 1,25 million de consensus et après 1,066 million en avril. Mardi, les marchés avaient en revanche été agréablement surpris par un bond de 17,7% des ventes de détail en mai, qui a donné le sentiment que la reprise économique avait bel et bien démarré.

Plus de 117.500 morts du Covid-19 aux Etats-Unis

Toutefois, depuis la fin mai, les indicateurs sanitaires montrent des signes d'un regain de vigueur du coronavirus aux Etats-Unis, mais aussi, depuis le week-end dernier, en Chine. Aux Etats-Unis, le nombre de décès du coronavirus a dépassé mercredi 117.500, et le nombre de cas a dépassé 2,15 millions, selon les chiffres de l'université américaine Johns Hopkins. Neuf Etats ont affiché un nombre de record de nouveaux cas de Covid-19 ces derniers jours, dont la Californie, la Floride et le Texas, selon des données publiées par le 'Washington Post'.

Le vice-président américain Mike Pence a affirmé mardi, dans une tribune publiée par le 'Wall Street Journal', que les craintes d'une deuxième vague de coronavirus étaient "exagérées" et que selon lui, les médias alimentent la peur des Américains.

En Chine, les autorités prennent en revanche très au sérieux l'apparition de plus de 130 nouveaux cas à Pékin depuis la fin de la semaine dernière. Une vingtaine de quartiers de la capitale chinoise ont été reconfinés, et toutes les écoles ont été fermées. En outre, plus de 1.200 vols ont été annulés mercredi à l'aéroport de Pékin (environ 70% des vols prévus) pour empêcher une nouvelle dissémination de l'épidémie.

Jerome Powell conseille de prolonger les mesures fiscales de soutien

Le président de la Fed Jerome Powell était auditionné mercredi pour la 2e fois en deux jours devant le Congrès américain. Après le Sénat mardi, il s'est exprimé devant une commission de la chambre des représentants, à qui il a répété que la banque centrale américaine était prête à utiliser toute la gamme de ses outils pour sortir l'économie américaine de l'ornière où l'a précipitée la pandémie de Covid-19. Jerome Powell a en outre appelé les législateurs à ne pas retirer trop tôt les mesures de soutien budgétaire qu'ils ont mises en place pour soutenir l'économie.

"Je pense qu'il serait approprié de penser à prolonger le soutien aux personnes qui ont perdu leurs emplois et aux petites entreprises qui souffrent", a déclaré le patron de la Fed. "L'économie ne fait que commencer à se redresser, elle est dans une phase critique et je pense que ce soutien (budgétaire) serait bienvenu en ce moment".

Mardi, devant une commission du Sénat, Jerome Powell avait estimé que l'économie américaine avait sans doute désormais touché son point bas, et qu'elle commençait à se rétablir. Il avait cependant souligné les "incertitudes" pesant sur cette reprise, ajoutant que seule la maîtrise de la pandémie de coronavirus permettra une vraie reprise. "Tant que la population n'est pas certaine qu'elle (la pandémie) est endiguée, il est peu probable que l'économie se remette complètement", avait-il prévenu.

L'Opep s'attend à un recul de 9% de la demande pétrolière cette année

Les cours du pétrole ont marqué le pas mercredi, après l'annonce d'une nouvelle hausse des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière. Le baril de brut léger américain WTI pour livraison juillet a cédé 1,1% à 37,96$ sur le Nymex, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance août cède 0,60% à 40,71$.

D'après le Département à l'Energie, les stocks domestiques de pétrole pour la semaine close au 12 juin ont augmenté de 1,2 million de barils à 539,3 mb, alors que le consensus tablait sur un recul de 0,2 mb.

Par ailleurs, dans son dernier rapport mensuel, publié mercredi, l'Opep s'est montré plutôt prudente sur la demande pétrolière... Le cartel a estimé que l'économie mondiale connaîtra une "reprise progressive", mais que celle-ci ne compensera pas le marasme des six premiers mois de l'année. La lente reprise du transport aérien limitera la consommation de carburant et le taux de chômage élevé aux Etats-Unis ainsi que la diminution des déplacements domicile-travail pénaliseront la consommation d'essence, a souligné l'organisation. En outre, la demande de combustibles industriels continuera d'être affectée par la faiblesse mondiale des activités manufacturières.

Au global, l'Opep table toujours sur une baisse de la consommation de brut de 9,1 millions de barils par jour cette année, à 90,6 mbj en moyenne, soit en repli d'environ 9%, la chute atteignant même 17,3 mbj sur le seul deuxième trimestre.

L'or s'est stabilisé mercredi à 1.735,60$ l'once sur le Comex (-0,05%). Le métal jaune progresse d'environ 13% depuis le début de l'année.

VALEURS A SUIVRE

U.S. Steel a plongé de 10,4% après avoir fait des prévisions de pertes bien plus importantes que prévu pour son 2e trimestre fiscal. Le sidérurgiste s'attend à une perte nette de 3,06$ par action contre une perte de 1,73$ attendue par le consensus FactSet. Le groupe a expliqué qu'une "partie significatve" de son outil de production est restée à l'arrêt pendant le trimestre en raison de l'épidémie de Covid-19.

Après la clôture, U.S. Steel a en outre annoncé une augmentation de capital de 57,5 millions de titres, soit environ 517 millions de dollars, en vue de "renforcer son bilan, accroître ses liquidités et faire face à ses dépenses générales". Le titre cédait encore près de 5% dans les cotations post-séance après cette annonce.

Hertz Global holding (+2,56% à 2$) a annoncé mercredi soir qu'il suspendait son augmentation de capital controversée de 500 millions de dollars, annoncée alors que le groupe est en procédure de faillite depuis la fin mai. Dans un communiqué, Hertz a indiqué avoir été "avisé oralement" par la SEC, le gendarme de la Bourse américaine, de son intention d'enquêter sur l'opération de levée de fonds du loueur américain de voitures. Le groupe a immédiatement suspendu ses ventes de titres en attendant l'issue de l'enquête.

Hertz s'est placé le 22 mai dernier sous la protection de la loi sur les faillites aux Etats-Unis, après avoir vu ses revenus s'effondrer avec la crise du coronavirus, qui a stoppé net les réservations, notamment à partir des aéroports américains, où le groupe est très implanté. Le titre Hertz a plongé de 87% par rapport à début 2020.

Oracle (-5,6%) a publié mardi soir après la clôture de Wall Street des bénéfices supérieurs aux attentes, mais des ventes décevantes en raison de la crise engendrée par le coronavirus.

Le bénéfice net du T4 fiscal, achevé fin mai, s'est établi à 3,11 milliards de dollars, soit 0,99$ par action, en baisse de 7,5% par rapport au 1,07$ par action sur la même période de l'exercice précédent. Le bénéfice par action ajusté des éléments exceptionnels a cependant atteint 1,2$ (+3,4%), supérieur au 1,15$ attendu par le consensus établi par le cabinet FactSet. En revanche, les ventes du groupe fondé par Larry Ellison ont reculé de 6,3% à 10,44 Mds$, contre 11,14 Mds$ un an plus tôt, et alors que les analystes s'attendaient à une légère progression, à 11,61 Mds$.

Tesla (+0,98%), le concepteur californien de véhicules électriques, a perdu du terrain suite à un article du 'Wall Street Journal', selon lequel les ventes du groupe d'Elon Musk en Californie auraient décroché durant les deux derniers mois. Le groupe a quant à lui annoncé un accord de partenariat de trois ans avec le Japonais Panasonic concernant la fabrication et la fourniture de batteries destinées à son usine du Nevada.

Groupon (-20,9%) plonge malgré l'annonce d'une perte moins importante que prévu au premier trimestre fiscal. Le groupe a publié un déficit de 213 millions de dollars et 7,53$ par titre, contre 42 M$ un an avant. La perte ajustée trimestrielle est ressortie à 46 M$ et 1,63$ par titre, contre un consensus de -1,92$ par action. Les revenus ont chuté de 35% à 374 M$, contre 365 M$ de consensus. Le groupe évoque un impact majeur du Covid-19 sur son activité. Il a terminé le trimestre avec 667 M$ de cash.

United Airlines (-2,3%) a assoupli son plan de départs volontaires pour inciter davantage de personnel de bord à accepter et éviter des licenciements, selon un document interne consulté par l'agence Reuters.

Southwest (-0,7%), le transporteur aérien discount américain, veut maintenir la limitation des réservations sur ses vols au moins jusqu'au mois de septembre, pour conserver une distance physique adéquate entre passagers.

Norwegian Cruise Line (-8,4%), compagnie maritime américaine de navires de croisière basée à Miami, va prolonger la suspension de ses croisières jusqu'à la fin du mois de septembre en raison de la pandémie. Ces annonces ont pesé sur l'ensemble du secteur en Bourse : -7,5% pour Royal Caribbean Cruises et -6,5% pour Carnival.

ConocoPhillips (-2,4%), firme américaine spécialisée dans l'extraction, le transport et la transformation du pétrole, va reprendre une partie de sa production en Alaska après une interruption de plusieurs semaines.

Facebook (stable), le réseau social de Menlo Park, veut ajouter des avertissements aux publicités politiques partagées par ses utilisateurs sur leurs fils, en réponse aux attaques mettant en cause des failles dans les mesures de transparence appliquées par le groupe californien en période électorale.

Qualcomm (+0,47%), le groupe américain de technologie mobile, prévoit d'intégrer la technologie 5G dans ses processeurs pour smartphones milieu de gamme, produits attendus au second semestre calendaire.

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