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Clôture de Wall Street : en berne avec un cocktail inflation, taux, dette

| Boursier | 347 | Aucun vote sur cette news

Wall Street a terminé mardi en forte baisse, l'aversion au risque faisant un retour en force face à la multiplication des sujets d'inquiétude.

Clôture de Wall Street : en berne avec un cocktail inflation, taux, dette
Credits Reuters

Wall Street a terminé mardi en forte baisse, l'aversion au risque faisant un retour en force face à la multiplication des sujets d'inquiétude, à commencer par la tension sur les taux d'intérêts depuis que la Fed a confirmé, le 22 septembre, son intention de réduire prochainement son soutien monétaire aux marchés. L'inflation agite aussi le esprits ainsi que les risques de "shutdown" des services fédéraux américains. La secrétaire au Trésor Janet Yellen a mis en garde mardi contre une "calamité" en cas de défaut des Etats-Unis sur leur dette. Les marchés craignent enfin que l'envolée des cours du pétrole et du gaz ne pèse sur la reprise économique, sans compter la possible défaillance d'Evergrande, qui assènerait un coup à la croissance chinoise.

A la clôture, l'indice Dow Jones a abandonné 1,63% à 34.299 points, tandis que l'indice large S&P 500 a perdu 2,04% à 4.352 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a chuté de 2,83% à 14.546 pts.

Les valeurs technologiques ont été particulièrement attaquées, l'indice sectoriel du S&P cédant 3%, tandis que l'indice des services de communication a chuté de 2,8%. Parmi les grands noms de la "tech", Apple (-2,4%), Alphabet (-3,7%), Amazon (-2,6%), Microsoft (-3,6%), Facebook (-3,6%), Netflix (-1,5%) ou encore Nvidia (-4,5%) ont bu la tasse.

Le pétrole au plus haut depuis 3 ans, le gaz naturel depuis près de 13 ans !

Parmi les 11 indices sectoriels du S&P 500, seul celui de l'énergie a fini dans le vert (+0,45%) soutenu par la hausse des cours du brut, même si celle-ci a marqué une pause mardi soir, mettant fin à 5 séances de hausse. Le cours du baril de brut léger américain WTI a ainsi cédé 0,2% à 75,29$ pour le contrat à terme de novembre sur le Nymex tandis que le baril de Brent de la Mer du Nord a reculé de 0,55% à 79,09$ (contrat de novembre), après avoir dépassé les 80$ dans la matinée, au plus haut depuis environ 3 ans.

Les cours du gaz naturel, qui avaient flambé de 11% lundi, ont encore grimpé de 2,2% à 5,84$ par million de BTU (British Thermal Unit) pour le contrat à terme d'octobre sur le Nymex. Le gaz pointe désormais au plus haut depuis... janvier 2009 !

En revanche, l'or a repris sa baisse mardi, terminant à 1.737,50$ l'once (-0,8%) pour le contrat à terme de décembre sur le marché Comex. Le bitcoin n'en menait pas large non plus mardi soir, perdant environ 2% sur 24h, autour de 41.780$ sur le site Coindesk, au plus bas depuis début août.

Le "10 ans" américain à 1,54%, le "30 ans" dépasse les 2%

Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond à 10 ans a continué de grimper de 3 points de base à 1,54%, au plus haut depuis juin, contre 1,3% avant les annonces de la Fed du 22 septembre. Les taux US à 30 ans se sont tendus à 2,09% (+9 pb) contre 1,84% il y a une semaine. En Europe, le rendement du Bund allemand à 10 ans a encore gagné 2 pb à -0,20%, là aussi dans l'anticipation de politiques monétaires moins accommodantes des deux côtés de l'Atlantique. Côté devises, l'indice du dollar gagnait en fin de soirée 0,36% à 93,72 points face à un panier de devises, et l'euro perdait 0,1% à 1,1685$.

Sur le plan macro-économique, l'indice de confiance des consommateurs américains mesuré par le Conference Board est ressorti très inférieur aux attentes pour septembre, à 109,3 contre un consensus FactSet de 114 et après 115,2 en août.

Les prix de l'immobilier continuent de s'envoler outre-Atlantique. L'indice S&P Case-Shiller '20 City' des 20 principales zones métropolitaines a grimpé de 1,5% en juillet sur un mois, ce qui porte sa hausse à près de 20% (+19,7%) sur un an. L'indice des prix de l'immobilier de la Federal Housing Finance Agency (FHFA) pour juillet a lui progressé de 1,4% par rapport à juin, contre 1,5% de consensus.

L'indice manufacturier régional de la Fed de Richmond a déçu, ressortant à -3 en septembre contre un consensus de marché de +11 et un niveau de 9 en août. Négatif, il signale une contraction de l'activité manufacturière régionale.

Enfin, le déficit du commerce international de biens est ressorti à 87,6 milliards de dollars en août, assez proche du consensus, avec des imports en augmentation de 0,8% et des exports en croissance de 0,7%.

Janet Yellen prévoit une "calamité" en cas de défaut des US sur leur dette

Les investisseurs ont les yeux tournés vers le Sénat américain où étaient auditionnés ce mardi la secrétaire au Trésor Janet Yellen et le président de la Réserve fédérale Jerome Powell. Mme Yellen a une nouvelle fois mis en garde les élus contre le risque de défaut des Etats-Unis sur sa dette, un événement inimaginable, et qui serait une "calamité" pour l'économie et les marchés, a prévenu Mme Yellen.

Elle a estimé que l'Etat fédéral aura épuisé le 18 octobre prochain toutes les mesures exceptionnelles pour financer le budget fédéral, et a appelé le Congrès à voter rapidement un relèvement ou une suspension du plafond de la dette fédérale afin de permettre le financement des services de l'Etat. Pour l'instant, Démocrates et Républicains ne parviennent pas à s'accorder, ce qui risque d'entraîner une fermeture des services non essentiels de l'Etat ("shutdown") si aucun texte n'est voté avant ce jeudi 30 septembre, dernier jour de l'exercice fiscal des Etats-Unis.

Le "tapering" et Evergrande inquiètent les marchés

De son côté, Jerome Powell a averti les sénateurs que l'inflation actuellement observée pourrait être plus durable que prévu, même si le scénario central de la Fed reste celui d'une accalmie des prix l'an prochain. "Alors que la réouverture se poursuit, les goulets d'étranglement, les difficultés d'embauche et d'autres contraintes pourraient à nouveau s'avérer plus importants et plus durables que prévu, posant des risques à la hausse pour l'inflation", a-t-il toutefois indiqué dans son discours, ajoutant qu'en cas de nécessité, la banque centrale se tenait prête à utiliser tous ses outils pour "assurer que l'inflation atteint des niveaux conformes à notre objectif" d'environ 2% par an.

Par ailleurs, James Bullard, patron de la Fed de St. Louis, s'est exprimé en public ce mardi, se prononçant pour une réalisation rapide du "tapering" et a dit s'attendre à deux hausses des taux directeurs dès l'année prochaine. Il a estimé qu'il faudrait un choc majeur pour différer le début de la réduction des achats d'actifs obligataires de la Fed, actuellement logés à 120 milliards de dollars mensuels. M. Bullard s'est aussi montré très prudent concernant l'inflation, qu'il voit se maintenir en haut de fourchette des prévisions récentes. Il craint lui aussi que cette inflation ne reste trop élevée pendant trop longtemps...

Du côté de la Chine, l'épineux dossier Evergrande préoccupe toujours, bien que les marchés en Europe et aux Etats-Unis soient moins sensibles depuis qu'un certain nombre de grandes banques ont minimisé l'exposition des banques étrangères à la dette du géant immobilier chinois.

La Banque populaire de Chine s'est engagée à protéger les consommateurs contre les retombées, laissant entendre qu'elle agira pour empêcher la contagion. Elle a injecté l'équivalent de 15,5 milliards de dollars supplémentaires de liquidités ce mardi... Le gouvernement de Shenzhen a annoncé pour sa part qu'il enquêtait sur la branche de gestion de fortune d'Evergrande. Enfin, selon les dernières rumeurs, la Chine aurait demandé à ses entreprises publiques d'acheter des actifs d'Evergrande pour l'aider à se restructurer.

VALEURS A SUIVRE

Acceleron Pharma a gagné 2,2% après un bond de 6,7% lundi. Le groupe biopharmaceutique du Massachusetts serait en discussions avancées en vue de son acquisition par "une grande compagnie pharmaceutique" pour environ 180$ par titre en cash, croyait savoir Bloomberg hier, sans toutefois préciser l'identité de l'acquéreur potentiel. Il s'agirait de Merck (stable), vient de préciser le Wall Street Journal, citant ses sources faisant état d'une opération proche. Un accord pourrait être finalisé dès cette semaine, dit le WSJ, sans mentionner néanmoins de montant précis.

Rappelons que de son côté, Bristol-Myers Squibb (stable) détient déjà 11,5% des titres Acceleron...

Netflix (-1,5%) ne cherche pas à acquérir une chaîne de cinéma, a tenu à préciser lors d'une conférence le co-CEO de l'affaire, Ted Sarandos. Le géant américain de la vidéo en streaming, grand bénéficiaire des confinements successifs, ne devrait probablement pas non plus lancer de services de musique ou d'information. En revanche, Netflix affiche donc ses ambitions dans les jeux vidéo, expansion que le groupe entend mener en prenant son temps, "sans échéance majeure". Sarandos se dit enthousiaste devant les efforts déployés dans le cadre de cette diversification. Aucune date de lancement du service n'est cependant fixée à ce stade.

Sarandos a donc discuté de ces projets dans les jeux vidéo lors de la Code Conference de Beverly Hills, en Californie, hier lundi, affirmant qu'il n'y avait pas de deadline. L'expansion signalée durant l'été implique la création de jeux originaux et sous licence sur la plateforme Netflix. Ces plans dans les jeux vidéo marquent la première incursion importante de Netflix au-delà des séries et films.

Ford (+1%) et son partenaire sud-coréen SK Innovation (+3,8% à Séoul) ont annoncé leur intention d'investir 11,4 milliards de dollars dans une usine d'assemblage de véhicules électriques dédiée à la F-150 et dans trois sites de batteries aux États-Unis. Le constructeur automobile du Michigan et son partenaire SK vont s'offrir deux 'méga-sites' dans le Tennessee et le Kentucky, consacrés à la construction de camions électriques et batteries. La part de Ford dans cet effort d'investissement atteint 7 milliards. Le groupe de Dearborn entend ainsi mener la transition américaine vers l'électrique et inaugurer une nouvelle ère de fabrication propre et neutre en carbone. La part du partenaire asiatique de Ford est de 4,4 milliards.

Blue Oval City, le complexe de Stanton dans le Tennessee, doit permettre à l'Américain de fournir une gamme de camions électriques "élargie". Pour l'heure, Ford a lancé le SUV tout électrique appelé Mach-E et commencera bientôt à produire le F-150 Lightning tout électrique. Le campus de 3 600 acres couvrira près de 6 miles carrés, pour un total de 5,6 milliards de dollars. Il devrait créer 6 000 emplois. L'autre méga-campus, celui de Glendale dans le Kentucky, le 'BlueOvalSK Battery Park', sera un complexe dédié à la fabrication de batteries, sur 1 500 acres et pour un coût de 5,8 milliards de dollars. Il devrait créer 5 000 emplois.

Deux usines du Kentucky seront consacrées aux batteries. Une troisième sera localisée dans le Tennessee, accompagnant le site de production de camions électriques. Ford anticipe que 40 à 50% de son volume total de véhicules sera pleinement électrique d'ici 2030.

Pfizer (-1,2%) et son partenaire allemand BioNTech (-9,9%!) ont déposé ce mardi auprès de la Food and Drug Administration américaine une demande d'autorisation de leur vaccin contre le Covid-19 pour les enfants âgés de 5 à 11 ans. Pfizer et BioNTech prévoient aussi de demander une autorisation auprès de l'Agence européenne des médicaments et d'autres autorités. Il ne s'agit pas d'une surprise, puisque le CEO du laboratoire américain, Albert Bourla, avait estimé qu'il s'agissait d'une question de jours avant que la compagnie ne soumette ses données sur la vaccination Covid-19 des enfants âgés de 5 à 11 ans.

Alors que le variant Delta a contribué à une augmentation des infections pédiatriques, et en période de retour à l'école, Pfizer cherche à montrer que de plus faibles doses pour les plus jeunes peuvent produire de hauts niveaux d'anticorps. Le groupe américain affirme qu'il sera prêt du point de vue de la production pour cette nouvelle formulation, en cas d'accord FDA. Aux USA, le nombre d'infections chez les enfants a fortement augmenté dernièrement, atteignant un niveau record début septembre, selon les données de l'Académie américaine de pédiatrie.

Pfizer et BioNTech avaient annoncé la semaine dernière des résultats positifs d'une étude pivot concernant leur vaccin anti-covid chez les enfants âgés de 5 à 11 ans. Les résultats étaient les premiers d'un essai pivot d'un vaccin Covid-19 chez les enfants de moins de 12 ans. Chez les participants âgés de 5 à 11 ans, le vaccin s'est révélé sûr, bien toléré et a montré de solides réponses en anticorps neutralisants, affirment le groupe américain et son partenaire allemand. Les résultats chez les enfants de moins de 5 ans sont attendus dès la fin de l'année.

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