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Clôture de Wall Street : en baisse, l'accord commercial pourrait attendre 2020...

| Boursier | 433 | Aucun vote sur cette news

Les investisseurs craignent que l'accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine ne soit retardé à 2020, faute d'accord sur un calendrier de démantèlement des barrières douanières entre Washington et Pékin.

Clôture de Wall Street : en baisse, l'accord commercial pourrait attendre 2020...
Credits Reuters

La Bourse de New York a perdu du terrain mercredi, les investisseurs craignant que l'accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine ne soit retardé à 2020, faute d'accord sur un calendrier de démantèlement des barrières douanières entre les deux géants économiques mondiaux. En outre, l'adoption mardi par le Sénat américain d'un texte critiquant la répression du mouvement pro-démocratie à Hong Kong a tendu les relations politiques avec Pékin. Du côté des valeurs, les détaillants Target (+14%) et Lowe's (+3,9%) ont révisé à la hausse leurs prévisions financières, une bonne surprise au lendemain des avertissements émis par deux autre acteurs du secteur, Kohl's (+0,43%) et Home Depot (-2,2%). Les taux souverains se sont détendus, même si le compte-rendu (Minutes) de la dernière réunion de la Fed a confirmé une pause dans la baisse des taux.

A la clôture, le Dow Jones a cédé 0,4% à 27.821 points, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 0,38% à 3.108 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a fléchi de 0,51%, à 8.526 pts, au lendemain d'un nouveau sommet historique en clôture.

Au plus bas de la séance, les indices ont abandonné près de 1% après la publication par l'agence 'Reuters' d'informations selon lesquelles la signature d'un accord commercial entre Washington et Pékin pourrait être reportée à l'année prochaine. Les Etats-Unis sont réticents à l'idée de retirer les taxes d'importations existantes s'ils n'obtiennent pas des engagements fermes de la Chine en matière de respect de la propriété intellectuelle et de transferts de technologie, ont précisé des sources proches des négociations.

Le statut économique spécial de Hong Kong menacé, Pékin s'insurge

En outre, les négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine pourraient souffrir d'un regain des tensions politiques autour de la situation à Hong Kong. Ainsi, mardi soir, le Sénat américain a adopté à l'unanimité un texte soutenant les "droits humains et la démocratie" à Hong Kong, et menaçant de suspendre le statut économique spécial accordé par Washington à l'ancienne colonie britannique, rétrocédée à la Chine en 1997.

En octobre, la chambre des représentants avait déjà adopté un texte semblable, provoquant une réaction d'"extrême indignation" de la Chine. Les deux textes doivent désormais être harmonisés, avant qu'un texte commun soit soumis à Donald Trump en vue d'une promulgation.

Le vote de mardi a provoqué une nouvelle fois la colère de la Chine, qui a menacé de prendre d'importantes mesures de représailles si le texte devait être adopté définitivement. Le porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang, a déploré l'adoption d'un texte dont l'objectif, selon lui, est "de soutenir les extrémistes et les éléments antichinois violents qui tentent de semer le chaos à Hong Kong".

Blocage sur le retrait des taxes douanières existantes

Après une phase d'euphorie, début novembre, où l'annonce d'un accord commercial semblait très proche, les obstacles semblent donc s'accumuler. Les discussions, présentées comme étant "en phase finale" la semaine dernière, achoppent sur la question du démantèlement des taxes douanières déjà mises en place depuis 16 mois entre les Etats-Unis et la Chine.

Alors que Pékin réclame un calendrier de retrait de ces barrières douanières, Washington ne serait prêt qu'à renoncer aux taxes prévues le 15 octobre (suspendues en attendant l'accord de Phase 1) et le 15 décembre prochain. Lundi, la chaîne de télévision américaine 'CNBC' avait évoqué un climat "pessimiste" côté chinois sur la possibilité de conclure un accord.

Mardi, Donald Trump a remis la pression sur Pékin mardi, en menaçant à nouveau la Chine d'augmenter encore les taxes si un accord commercial n'est pas conclu. Le président américain s'est tout de même dit "très heureux" des négociations en cours, selon la chaîne 'CNBC', qui a relayé les propos du président.

Pour sa part, le secrétaire américain au Commerce, Enfin, Wilbur Ross, a affirmé mercredi sur la chaîne 'Fox Business' que les Etats-Unis étaient optimistes à propos des négociations commerciales, et que les discussions en seraient au stade de "l'affinage".

Détente sur les taux avec les Minutes de la Fed

Sur le marché des changes, le dollar est resté hésitant, face aux rumeurs concernant l'accord commercial et aux interrogations sur la future politique monétaire de la Fed. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de référence, a grappillé 0,06% mercredi soir à 97,92 points, tandis que l'euro a cédé 0,04% à 1,1073$.

Sur les marchés obligataires américains, le rendement du T-Bond à 10 ans a nettement reculé, de 5 points de base, revenant à 1,73%, sous l'effet des craintes sur les négociations commerciales, qui augmentent la probabilité d'une nouvelle baisse des taux de la Fed en 2020.

Les Minutes de la Fed, publiées dans la soirée, n'ont pas donné d'indications à ce sujet, se contentant de confirmer une pause dans le cycle baissier, après 3 baisses depuis juillet dernier. Le compte-rendu de la réunion des 29 et 30 octobre a montré que la plupart des membres de la Fed se sont accordés pour dire que la politique monétaire dépendrait des futurs indicateurs économiques.

Rebond technique du pétrole après les stocks hebdomadaires

Les cours du pétrole, qui viennent de perdre environ 4% en deux séances, ont nettement rebondi mercredi après l'annonce d'une progression moins forte que prévu des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière. Le cours du baril de brut léger américain (WTI) a regagné 3,44% à 57,11$ sur le Nymex (contrat à terme de décembre), tandis que le Brent de la mer du Nord a rebondi de 2,45% à 62,4$ pour le contrat à terme de janvier.

Les stocks pétroliers US pour la semaine close au 15 novembre, ont progressé de 1,37 million de barils en comparaison de la semaine antérieure (hors réserve stratégique), contre +1,5 mb attendu par le consensus.

Après une début de séance dans le rouge, l'once d'or s'est ressaisi en fin de séance, terminant proche de l'équilibre le marché Comex (-0,08%) à 1.471,73 pour le contrat à terme de décembre. Après une chute de 3% subie dans la première semaine de novembre, le métal jaune tente de trouver un support autour de 1.470$.

"Impeachment" : un témoin-clé met en cause Donald Trump

Les investisseurs surveillent aussi avec nervosité les auditions qui ont commencé mercredi devant le Congrès américain dans le cadre de la procédure de destitution entamée contre Donald Trump. Or, mercredi, Gordon Sondland, l'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Union européenne, a déposé un témoignage choc. Il a impliqué le président américain en assurant que c'était "à sa demande expresse" que les diplomates chargés du dossier ukrainien ont accepté, malgré leurs réserves, de travailler avec son avocat personnel Rudy Giuliani.

Or, l'avocat du président a d'emblée fait pression pour que Kiev accepte d'enquêter sur les démocrates américains et sur le groupe gazier Burisma dont Hunter Biden, fils de Joe Biden, était administrateur. Sonderland a aussi indiqué que le déblocage de l'aide militaire à l"Ukraine, gelée par la présidence américaine au début de l'été, était conditionné à l'ouverture de ces enquêtes souhaitées par Donald Trump autour de Joe Biden, considéré comme son adversaire démocrate le mieux placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020.

"En l'absence d'explication crédible pour sa suspension (de l'aide mitaire : ndlr), je suis parvenu à la conclusion que la reprise de l'aide sécuritaire n'interviendrait pas tant qu'il n'y aurait pas une déclaration publique de l'Ukraine s'engageant à mener les enquêtes", a témoigné l'ambassadeur. Il a toutefois admis qu'il Donald Trump ne lui avait "jamais dit directement que l'aide était conditionnée" à l'ouverture d'enquêtes.

VALEURS A SUIVRE

Target (+14% !), détaillant discount américain, bondit à Wall Street, le groupe ayant revu en hausse sa guidance annuelle de profit. Le distributeur se montre donc confiant pour la saison des fêtes, tablant désormais sur un bénéfice ajusté annuel par action allant de 6,25 à 6,45$, contre une fourchette antérieure logée entre 5,90 et 6,20$. Pour le trimestre clos début novembre 2019, le détaillant a réalisé un bénéfice ajusté par action de 1,36$ à comparer à un consensus de 1,19$ seulement. Les revenus trimestriels totaux ont représenté 18,67 milliards de dollars, en croissance de 5% en glissement annuel. Ils dépassent également les attentes de marché. La croissance totale à magasins comparables s'est établie à 4,5%, alors que le consensus des analystes n'était que de 3,6% de hausse. Pour le trimestre des fêtes, le groupe table sur une croissance à comparable allant de 3 à 4%, en ligne avec les anticipations de marché.

Lowe's (+3,9%), le numéro deux américain de la distribution de produits d'ameublement, a fait nettement mieux que son rival Home Depot. Ainsi, le groupe a publié pour le 3ème trimestre clos début novembre 2019 un bénéfice net de 1,05 milliard de dollars et 1,36$ par titre, contre 629 millions de dollars et 78 cents par action un an avant. Le profit net a ainsi quasiment doublé en glissement annuel. Le bénéfice ajusté par action a même représenté 1,41$, malgré un léger tassement des revenus à 17,4 milliards de dollars. La croissance domestique à comparable a atteint 3%. Le consensus était de 1,35$ de bpa ajusté et 17,7 milliards de dollars de recettes. Le groupe a annoncé par ailleurs les fermetures de 34 magasins canadiens 'sous-performants' et une rationalisation produit au Canada.

Pour l'exercice en cours, le groupe envisage un bénéfice ajusté par action allant de 5,63 à 5,70$, ainsi qu'une croissance des ventes de 2% et une progression de 3% à magasins comparables.

Boeing (+1%). Emirates va introduire le 787-9 dans sa flotte long-courrier. La compagnie du Golfe a finalisé un accord avec Boeing portant sur l'achat de 30 Dreamliners. Une commande de 8,8 milliards de dollars au prix catalogue. Dans le cadre de cet accord, Emirates a par ailleurs réduit sa commande de 777X de 150 à 126 unités.

Alibaba (-1,57%) a finalement levé environ 88 milliards de dollars HK (11,2 milliards de dollars) à Hong-Kong, pour ce qui constitue la plus importante levée de fonds dans l'ancienne colonie britannique depuis 2010. Le géant chinois du commerce en ligne a émis 500 millions de nouvelles actions au prix unitaire de 176 $HK, matérialisant une décote de 2,9% sur le cours de clôture de mardi soir des ADS d'Alibaba cotés à New York. Un prix également inférieur au niveau maximum visé initialement, à savoir 188$ HK. La taille de l'IPO pourrait néanmoins encore gonfler puisque la société dispose d'une option de surallocation lui permettant de vendre 75 millions d'actions supplémentaires.

Fiat Chrysler Automobile (-3,7%). Les discussions entre PSA Groupe (-0,88%) et FCA avancent. Alors que les deux constructeurs ont officialisé fin octobre un projet de rapprochement qui doit donner naissance au quatrième constructeur mondial, le nouvel ensemble devrait s'appuyer sur les plateformes développées par le groupe français pour les petites voitures. C'est en tous cas ce qu'a déclaré ce mercredi un dirigeant de PSA. "Sur les segments plus petits, PSA a les plateformes qui ont permis au groupe d'atteindre les marges les plus élevées en Europe de tous les constructeurs, je trouve donc raisonnable de penser que ces plateformes devraient être utilisées à l'avenir sur certains modèles de FCA aussi", a déclaré à Reuters Gaetano Thorel, DG de PSA Italie.

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