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Clôture de Wall Street : en baisse, craintes sur la consommation US

| Boursier | 482 | Aucun vote sur cette news

Les indices boursiers américains ont terminé en légère baisse mercredi, après la publication d'une baisse inattendue des ventes de détail aux Etats-Unis en septembre.

Clôture de Wall Street : en baisse, craintes sur la consommation US
Credits Reuters

La Bourse de New York a marqué le pas mercredi, ignorant les annonces de résultats d'entreprises globalement meilleurs qu'attendus pour le 3e trimestre, notamment pour United Airlines (+2%) et Bank of America (+1,48%). Une baisse inattendue des ventes de détail aux Etats-Unis en septembre a relancé les craintes d'un ralentissement conjoncturel lié à la guerre commerciale. Le Livre Beige de la Fed a fait état d'une croissance "légère à modérée" aux Etats-Unis depuis la fin août, en ralentissement mais sans risque de récession. Enfin, le suspense concernant un accord sur le Brexit se poursuivait après la clôture de Wall Street.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,08% à 27.001 points, tandis que l'indice large S&P 500 a fléchi de 0,20% à 2.989 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, a lâché 0,30% à 8.124 pts. La veille, les trois indices avaient progressé de l'ordre d'1% soutenus par de bons résultats bancaires et l'espoir d'un accord sur le Brexit.

En Europe, les Bourses ont fini mercredi proches de l'équilibre : +0,02% pour l'EuroStoxx 50 et -0,09% pour le CAC 40 à Paris.

La Fed constate un léger ralentissement de la croissance US

Dans son dernier Livre Beige publié mercredi soir, la Fed indique que la croissance américaine a progressé de façon "légère à modeste" ces dernières semaines. Cette constatation est en léger retrait par rapport au précédent Livre Beige publié le 4 septembre, et qui décrivait alors une économie avançant à un "rythme modeste".

Les acteurs économiques ne s'attendent pas pour autant à une récession, mais ils ont abaissé leurs attentes pour la croissance dans les 6 à 12 prochains mois, relève encore le Livre Beige (le nom du rapport est tiré de la couleur de sa couverture).

Avant la publication de ce rapport, l'annonce d'un recul de 0,3% des ventes de détail aux Etats-Unis en septembre par rapport à août a jeté un froid, alors que les économiste s'attendaient au contraire à une progression de 0,3% d'un mois sur l'autre, après une hausse de 0,6% en août.

Les marchés parient sur une nouvelle baisse des taux le 30 octobre

Hors automobile, ça n'est guère mieux, puisque la consommation américaine a flanché de 0,1% en septembre, contre un consensus de marché positif de +0,2%, et après un gain de +0,2% également un mois plus tôt. Enfin, hors automobile et essence, la consommation, moteur de la croissance américaine, est totalement stable - contre +0,3% de consensus de place et +0,4% en août 2019. Point positif tout de même, ces chiffres déprimés de la consommation aux USA devraient faire remonter les probabilités de baisse des taux lors des prochaines réunions monétaires.

La consommation, qui représente plus des deux tiers du PIB des Etats-Unis, avait jusqu'ici bien résisté aux conséquences de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Les chiffres de septembre semblent donc montrer un début de frilosité de la part des consommateurs américains.

Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond à 10 ans a reculé mercredi de 3 points de base à 1,74%. L'outil Fedwatch du CME faisait de son côté état en soirée d'une très forte probabilité, de 90,3%, pour une baisse des taux de la Fed lors de sa prochaine réunion des 29 et 30 octobre. Le principal taux directeur de la Fed serait ainsi ramené entre 1,50% et 1,75%, après deux baisses d'un quart de point déjà effectuées en juillet et en septembre.

Un accord sur le Brexit serait en voie de finalisation, mais...

Sur le marché des changes, la livre sterling a fluctué au gré du suspense concernant un possible accord sur le Brexit. Après un bond de 1,4% mardi, la devise britannique gagnait encore en soirée 0,3% à 1,2826$ sur les marchés interbancaires à New York. Les négociations sur le Brexit sont dans la dernière ligne droite, à la veille d'un sommet européen prévu jeudi et vendredi.

Selon des sources européennes citées mercredi soir par 'Reuters', un projet d'accord révisé sur les modalités du Brexit serait quasiment prêt et attend le "feu vert global" du gouvernement britannique à Londres. Mais en toute fin de soirée, des sources gouvernementales britanniques indiquaient qu'aucun accord ne serait conclu ce soir à Bruxelles, en raison de la persistance d'obstacles à surmonter.

Mercredi soir, Emmanuel Macron s'était montré optimiste, évoquant un accord qui "est en train d'être finalisé". A l'issue d'un conseil des ministres franco-allemand, à Toulouse, auquel a assisté Angela Merkel, le président français a indiqué : "nous avons (...) préparé ensemble le Conseil européen qui se tient demain et vendredi sur la question du budget européen, de l'élargissement et bien sûr du Brexit sur lesquelles je veux croire qu'un accord est en train d'être finalisé et que nous pourrons ainsi le consacrer demain", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de référence, a reculé de 0,28% à 98,02 points, après la publication d'une chute de 0,3% des ventes de détails aux Etats-Unis en septembre, qui augmente les chances de nouvelles baisses de taux de la Fed. L'euro a progressé de 0,39% à 1,1074$.

Les marchés pétroliers sont restés volatils. Après un recul mardi, les cours sont repartis à la hausse mercredi. Sur le Nymex, le brut léger américain WTI a gagné 1% à 53,36$ (contrat à terme de novembre), tandis que le Brent a progressé de 1,2% à 59,42$.

L'or est reparti à la hausse, remontant de 0,67% à 1.493,50 l'once, pour le contrat à terme de décembre coté sur le marché Comex.

Le marché immobilier reste solide aux Etats-Unis en septembre

Malgré la déception sur la consommation, les autres indicateurs économiques américains du jour ont été plutôt rassurants. Ainsi, l'indice du marché immobilier américain de la National Association of Home Builders a grimpé beaucoup plus que prévu en octobre à 71, contre un consensus de 68 et après 68 en septembre. Il s'agit du meilleur indicateur de la NAHB cette année, ce qui constitue donc un point très positif pour le marché américain du logement.

Par ailleurs, les stocks et ventes des entreprises son restés stables en août sur un mois, alors que le consensus se situait à +0,3%. La progression du mois de juillet a été révisée en légère baisse à +0,3%. Enfin, l'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta pour le mois d'octobre 2019, qui mesure les attentes en matière d'inflation à un an du point de vue des firmes, est ressorti à +1,8%, alors qu'il était précédemment de +2%.

VALEURS A SUIVRE

Netflix (+0,7%) est attendu sur ses comptes après la clôture, tout comme CSX ou Alcoa.

Les résultats des banques se poursuivent depuis 48 heures à un rythme rapproché. Après JP Morgan Chase, Citigroup, Wells Fargo et Goldman Sachs mardi, Bank of America et Bank of New York Mellon ont publié leurs comptes ce mercredi avant l'ouverture de Wall Street., de même qu'US Bancorp et PNC Financial.

Malgré un recul des bénéfices par rapport au 3ème trimestre 2018, les quatre établissements financiers ont affiché des profits supérieurs aux attentes des analystes.

Bank of America (+1,48%) a affiché un bénéfice net de 5,8 milliards de dollars au 3e trimestre (56 cents par action), en baisse de 19,4% par rapport aux 7,2 Mds$ (66 cents par titre) de la même période de 2018. Les revenus ont totalisé 22,8 Mds$, contre 22,7 Mds$ (+0,4%) un an auparavant. Le consensus de place était toutefois situé à 22,6 milliards de dollars. Les profits ont également dépassé les attentes de marché.

Brian Moynihan, le patron de l'établissement financier, juge que l'activité client, l'expansion de la base de clientèle, ainsi que la capacité du groupe à gagner des parts de marché sur ses activités durant le trimestre, "reflètent une croissance responsable". L'une des bonnes surprises du trimestre concernant la banque d'investissement, dont les revenus ont battu le consensus. Les activités de trading ont délivré un trimestre robuste (+13% sur le trading equity), alors que la banque de consommation a progressé de 3% à 9,7 Mds$.

Bank of New York Mellon (+0,75%). Le résultat net applicable aux actionnaires ordinaires a reculé à 1 Md$ contre 1,08 Md$ un an plus tôt (-7,4%). Pour le trimestre clos fin septembre 2019, les revenus totaux de la firme se sont tassés quant à eux de 5% en glissement annuel à 3,86 Mds$. Le bénéfice net trimestriel par action a augmenté grâce aux rachats d'actions, à 1,07$, contre 1,06$ un an auparavant et environ 1$ de consensus de marché. Le groupe en a profité pour déclarer un dividende trimestriel de 0,31$ par titre payable le 8 novembre.

Abbott (-0,2%), le groupe pharmaceutique et médical américain, a annoncé pour le troisième trimestre fiscal des profits conformes aux attentes, mais ses revenus ont raté de peu le consensus. Le bénéfice net trimestriel s'est établi à 960 millions de dollars et 53 cents par titre, contre 563 millions de dollars et 32 cents par action un an auparavant. Hors éléments non récurrents, le bénéfice ajusté est ressorti à 84 cents, contre 75 cents un an plus tôt et 84 cents de consensus. Les revenus se sont appréciés de 6% en glissement annuel à 8,08 milliards de dollars, mais l'incontournable consensus de place se situait à 8,11 milliards. Le groupe table sur un bpa ajusté de 94-96 cents pour le 4ème trimestre fiscal, alors que la guidance 2019 est resserrée entre 3,23 et 3,25$ par titre.

United Airlines (+2%) a publié des résultats meilleurs que prévu au 3e trimestre, et a en outre relevé ses prévisions pour l'exercice en cours, malgré les déboires du B-737 Max qui a obligé United, comme d'autres compagnies, à supprimer des milliers de vols.

Le bénéfice net d'United a atteint 1 Md$ (3,99$ par action) au 3e trimestre, en hausse de 20% par rapport aux 833 millions de dollars réalisés un an plus tôt sur la même période (3,05$ par action). En données ajustées des éléments exceptionnels, le bénéfice par action a atteint 4,07$ (contre 3,05$ en 2018), ce qui est supérieur aux 3,97$ par action attendus par le consensus. Le chiffre d'affaires tiré des opérations s'est élevé à 11,38 milliards de dollars, en hausse de 3,4% par rapport au 3e trimestre 2018 (11 Mds$). Les analystes tablaient sur des recettes de 11,42 Mds$.

Pour l'exercice 2019, le groupe a revu en hausse sa prévision de bénéfice par action à 11,25$-12,25$. Le directeur général d'United, Oscar Munoz, a précisé que le groupe est "en avance" sur son projet d'atteindre une fourchette de bpa de 11$ et 13$ d'ici à la fin 2020.

Broadcom (-0,6%) va devoir se plier aux exigences de Bruxelles. À la suite de l'ouverture d'une enquête formelle en juin, le régulateur européen a ordonné au groupe de cesser d'appliquer certaines clauses figurant dans ses contrats conclus avec six de ses principaux clients. Ces mesures permettront d'éviter un préjudice grave et irréparable à la concurrence susceptible d'être causé par le comportement de Broadcom qui, à première vue, enfreint les règles de concurrence de l'UE...

US Bancorp (+1,5%) a annoncé pour son troisième trimestre fiscal des profits supérieurs aux attentes de marché. Les revenus de l'établissement bancaire américain ont également dépassé le consensus. Le bénéfice par action s'est établi à 1,15$ pour des recettes de 5,9 milliards de dollars, contre 1,11$ et 5,8 milliards de dollars de consensus. Un an plus tôt, à la même période, le bpa s'élevait à 1,06$ pour des revenus totaux de 5,7 milliards.

PNC Financial (+0,5%) a également battu le consensus sur le troisième trimestre. La banque régionale américaine de Pittsburgh, Pennsylvanie, a affiché un bénéfice net attribuable aux actionnaires de 1,32 milliard de dollars soit 2,94$ par titre sur le trimestre clos fin septembre 2019, contre 1,33 milliard de dollars et 2,82$ par action un an auparavant. Le consensus de place se situait à 2,80$ par titre. Les revenus trimestriels de la firme ont grimpé de 3% en glissement annuel, à près de 4,5 milliards de dollars.

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