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Clôture de Wall Street : de retour au plus bas depuis un mois, avant la Fed

| Boursier | 415 | 3 par 2 internautes

La Bourse de New York a clos la semaine en baisse, l'appétit du risque étant limité par les inquiétudes concernant le "tapering" que prépare la Fed.

Clôture de Wall Street : de retour au plus bas depuis un mois, avant la Fed
Credits Reuters

La Bourse de New York a clos la semaine en baisse, l'appétit du risque étant limité par les inquiétudes concernant la future réduction du soutien des banques centrales, et par les doutes sur la solidité de la reprise économique face au variant delta du Covid-19. En outre, ce vendredi est une "journée des 4 sorcières", une séance souvent volatile, caractérisée par l'arrivée à échéance simultanée des contrats à terme et des options sur les indices et les actions à Wall Street.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,48% à 34.584 points, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 0,91% à 4.433 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a lâché 0,91% à 15.043 pts. Sur l'ensemble de la semaine, les trois indices ont reculé respectivement de 0,1%, 0,6% et 0,5%. Le Dow Jones est de retour sur ses niveaux de juillet, tandis que le le S&P 500 sont proches des plus bas depuis un mois.

Dix des 11 indices sectoriels du S&P 500 ont fini en berne, à commencer par les matériaux de base (-2%), les technologiques (-1,6%), les services de communication (-1,5%) et l'énergie (-0,8%).

Le pétrole a subi quelques prises de bénéfices vendredi, mais il a signé sa 4e semaine de hausse, proche de ses plus hauts niveaux depuis la fin juillet. Le baril de brut léger américain WTI a cédé vendredi 0,9% à 71,97$ pour le contrat à terme d'octobre sur le Nymex, et le Brent a fléchi de 0,4% à 75,34$ (contrat de novembre). Les cours ont été soutenus cette semaine par la poursuite de la baisse des stocks de pétrole aux Etats-Unis et par les perspectives solides concernant la demande constatées en début de semaine par l'Opep et l'AIE.

Le moral des ménages peine à rebondir face au variant delta

L'or a poursuivi sa glissade, cédant 0,3% pour retomber à 1.751,40$ (contrat à terme de décembre) et signe une chute de 2% sur la semaine. Côté devises, l'indice du dollar continue de grimper, en hausse de 0,3% à 93,21 points face à un panier de devises, faisant office de valeur refuge. L'euro cède 0,32% à 1,1726$. Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond à 10 ans s'est tendu de 4 points de base à 1,37%, tandis que celui du Bund allemand à 10 ans a pris 2 pb à -0,28%. Le bitcoin était peu changé (+0,3% sur 24h) autour de 47.233$ sur le site Coindesk.

Alors que la Fed tiendra une réunion très attendue la semaine prochaine, les marchés ont pris connaissance d'indicateurs économiques américains mitigés vendredi, notamment pour le moral des ménages américains en septembre, qui contraste avec la solidité des ventes de détail en août annoncées jeudi. Ainsi, l'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains du mois de septembre, mesuré par l'Université du Michigan, est ressorti à 71, contre un consensus voisin de 72 et après niveau de 70,3 en août. En août, cet indicateur avait plongé de 10 points, et il peine donc à remonter.

En outre, l'indice des anticipations d'inflation rattaché à cet indice de confiance ressort à 4,7%, contre 4,6% en août, soulignant les craintes de hausse des prix.

Pas de précisions sur le "tapering" avant novembre ?

Les marchés restent indécis avant la réunion des 21 et 22 septembre de la Fed. Selon sondage mené par Reuters, 36 des 49 économistes interrogés s'attendent désormais à ce que l'annonce du "tapering" intervienne en novembre, et non ce mois-ci comme auparavant estimé. Seules 6 des personnes interrogées attendent une annonce dès mercredi prochain. La majorité estime que l'incertitude économique due à l'augmentation des cas de Covid-19 et un rapport sur l'emploi décevant en août devraient pousser la Fed a patienter un peu avant de réduire ses achats d'actifs (120 milliards de dollars par mois actuellement).

La majorité des économistes s'attend à ce que le "tapering" démarre concrètement en décembre et s'étale jusqu'au troisième trimestre 2022. La hausse des taux semble quant à elle improbable désormais avant 2023, même si une minorité anticipe encore un relèvement de taux l'année prochaine.

Par ailleurs, les économistes ont réduit leur prévision médiane pour la croissance au troisième trimestre aux Etats-Unis, à 4,4% en rythme annualisé, alors qu'ils tablaient encore sur 7% le mois dernier (après +6,6% au deuxième trimestre). Pour le 4e trimestre, la projection a aussi été réduite, à 5,1% contre 5,9% précédemment, essentiellement à cause de l'impact du variant delta sur la croissance. Pour 2022, les perspectives restent cependant inchangées à 4,2% de croissance, avant un ralentissement à 2,3% en 2023 (contre 2,4% auparavant).

Le plafond de la dette commence à inquiéter

Parallèlement aux incertitudes liées à la politique monétaire, les marchés suivent avec appréhension le parcours laborieux du plan d'investissement dans les "infrastructures humaines" de Joe Biden au Congrès, où la majorité démocrate se déchire sur le montant de ce package, que le président a chiffré à 3.500 milliards de dollars.

Le sénateur démocrate Joe Manchin continue de contrarier sérieusement les plans de Joe Biden, en refusant toujours, selon le site 'Axios', de soutenir le projet de loi malgré une rencontre avant-hier à la Maison Blanche. Pour Manchin, le plan devrait être ramené à moins de 2.000 Mds$. Une autre sénatrice démocrate, Kyrsten Sinema, s'oppose aussi au projet, en raison des augmentations d'impôts qu'il prévoit.

La question de la hausse de l'impôt sur les sociétés est le point le plus sensible pour les marchés financiers. Des rapports récents estimaient que les démocrates pourraient s'accorder sur un taux d'imposition des sociétés de 25%, contre 21% actuellement.

L'attention des marchés se porte également de plus en plus sur le plafond de la dette fédérale qui, s'il n'est pas relevé rapidement par le Congrès, pourrait mener à un "shutdown' des services fédéraux vers la fin octobre, voire un défaut sur la dette fédérale, un événement sans précédent... Ainsi, selon 'CNN', la Maison Blanche a écrit aux responsables locaux pour les avertir des risques de récession en cas de défaillance des Etats-Unis, si le plafond de la dette n'est pas relevé rapidement au Congrès. Un tel événement pourrait entraîner une récession et des turbulences boursières importantes, prévient encore la Maison Blanche

Dans une note, la banque Goldman Sachs voit un risque plus important que d'ordinaire sur ce sujet du relèvement du plafond de la dette. En effet, les Démocrates refusent d'inclure cette augmentation dans leur projet de loi de réconciliation, tandis que les Républicains refusent d'accorder ce sursis sans un accord bipartite préalable sur les réductions de dépenses.

VALEURS A SUIVRE

Gap (+0,6%) a scellé un accord avec le Britannique Next, qui pourra ainsi exploiter la marque américaine de vêtements au Royaume-Uni et en Irlande dès l'année prochaine.

JP Morgan (-0,2%), l'établissement bancaire américain, va lancer dans quelques jours sa banque en ligne, Chase, au Royaume-Uni.

Invesco (+5,4%) a initié des pourparlers en vue d'un rapprochement avec les activités de gestion d'actifs de State Street (-2,5%), indique le Wall Street Journal, citant ses sources proches de la question.

Apple (-1,8%) et Alphabet / Google (-1,9%) font les frais des prises de bénéfices sur les secteurs les plus fortement valorisés. Les deux groupes ont indiqué avoir retiré de leurs magasins d'applications l'application mobile de l'opposant russe Alexeï Navalny, à en croire l'équipe de ce dernier. La Russie aurait accusé auparavant d'ingérence les géants américains du digital.

Apple. Les précommandes initiales d'iPhone 13 en Chine auraient dépassé les commandes de l'an dernier sur les produits comparables, indique le South China Morning Post.

Boeing (stable). L'un des pilotes du groupe américain pourrait faire face à des accusations criminelles pour avoir délibérément trompé les régulateurs à propos de la sécurité du 737 MAX. Mark Forkner, qui était 'chief technical pilot' du 737 MAX durant son développement, pourrait donc être poursuivi dans les semaines à venir, précise le Wall Street Journal. Plus tôt cette année, Boeing avait admis que deux employés avaient conspiré pour frauder la FAA à propos du 737 MAX.

Pfizer (-1,3%) / BioNTech (-3,6%) et Moderna (-2,4%) ont chuté, alors que les compagnies plaident pour une troisième dose de leurs vaccins anti-covid, dont l'efficacité diminuerait avec le temps. Les autorités américaines observent l'évolution des nouveaux cas et espèrent une baisse prononcée, après une accalmie ces derniers jours. Le nombre de décès, lui, est remonté hier jeudi au plus haut depuis février, à plus de 3.400.

Manchester United (+2,1%) a bondi alors que le club a annoncé pour son quatrième trimestre fiscal, clos fin juin, une perte creusée à 107,7 M£, contre 36,5 M£ un an plus tôt. Les revenus ont augmenté quant à eux de 15% à 94 M£. Le groupe ne fournit pas de guidance pour l'exercice entamé, notant qu'alors que la majeure partie des restrictions sanitaires ont été levées par le gouvernement britannique et qu'Old Trafford peut de nouveau accueillir les supporters à pleine capacité, l'incertitude subsiste quant à une restauration ultérieure des restrictions.

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