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Clôture de Wall Street : accès de faiblesse, l'emploi et les taux inquiètent

| Boursier | 241 | 4 par 1 internautes

La Bourse de New York a cédé du terrain jeudi, les investisseurs prenant des bénéfices après les récents sommets, notamment sur les valeurs technologiques.

Clôture de Wall Street : accès de faiblesse, l'emploi et les taux inquiètent
Credits Reuters

La Bourse de New York a cédé du terrain jeudi, les investisseurs prenant des bénéfices après les récents sommets, notamment sur les valeurs technologiques qui évoluent à des niveaux record. Les chiffres de l'emploi hebdomadaire ont fortement déçu aux Etats-Unis, tandis que les marchés s'inquiètent de la brusque remontée des taux d'intérêts. Les responsables de la Fed continuent pourtant d'assurer que la banque centrale ne croit pas en une flambée de l'inflation et qu'elle soutiendra les marchés aussi longtemps que nécessaire face à la crise du Covid-19.

A la clôture, le Dow Jones a reculé de 0,38% à 31.493 points, mettant fin à une série de trois records d'affilée. L'indice large S&P 500 s'est replié de 0,44% à 3.913 pts, sa 3e baisse consécutive, et le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a lâché 0,72% à 13.865 pts, là aussi la 3e séance baissière d'affilée.

Seuls deux des 11 indices sectoriels du S&P 500 ont progressé, celui des services collectifs ("utilities", +0,5%) et des biens de consommation discrétionnaire (+0,14%), tandis que l'énergie a affiché la plus forte baisse (-2,2%), suivie des services de communication (-0,7%), de la santé (-0,6%), des technologies (-0,4%) et des financières (-0,5%). Parmi les valeurs en vue, Walmart a plongé de 6,5% après une déception sur les bénéfices du 4e trimestre et les perspectives du 1er distributeur américain. Le bitcoin a dépassé jeudi soir le seuil des 52.000$, en hausse de 1,8% sur 24 heures.

Le marché de l'emploi toujours à la peine en février malgré le reflux de la pandémie

Les indicateurs économiques du jour sont ressortis mitigés aux Etats-Unis, après de bonnes surprises, la veille, sur les ventes de détail et la production industrielle en janvier. Les inscriptions au chômage ont en revanche déçu, jeudi : pour la semaine close au 13 février, elles ont atteint 861.000 (+13.000 sur un semaine) contre 773.000 attendues.

Il s'agit de la deuxième semaine de hausse consécutive des demandes d'indemnisation, montrant que le marché de l'emploi reste à la peine en février, après un mois de janvier mitigé (49.000 créations d'emplois) et un mois de décembre très mauvais (227.000 destructions d'emplois). Les chiffres des deux premières semaines de février sont d'autant plus inquiétants que la pandémie de coronavirus est en net recul aux Etats-Unis, et que les restrictions ont été allégées dans de nombreux Etats, ce qui aurait dû soutenir l'emploi.

Ces données semblent donc donner raison à la Réserve fédérale et à l'administration Biden, qui jugent la lutte contre le chômage actuellement plus prioritaire que les inquiétudes sur l'inflation ou le déficit budgétaire. Ces statistiques pourraient ainsi donner un coup de pouce supplémentaire au projet de plan de relance de 1.900 milliards de dollars de Joe Biden, qui est toujours en cours d'examen au Congrès.

Par ailleurs, les mises en chantier ont été moins nombreuses que prévu en janvier, à 1,58 million d'unités contre 1,66 million de consensus et après 1,68 million en décembre. Les permis de construire ont en revanche dépassé les attentes à 1,881 million, contre 1,680 million de consensus et 1,704 million en décembre.

L'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie est ressorti meilleur qu'attendu en février à 23,1 mais il a reculé par rapport à janvier (26,5), signalant donc une expansion moins soutenue de l'activité manufacturière de la région. Enfin, l'indice des prix à l'importation a augmenté de 1,4% en janvier, sa plus forte hausse depuis 2012. Cette progression est supérieure aux attentes du marché, contribuant à alimenter les craintes sur l'inflation.

Des valorisations élevées, sur fond de tensions sur les taux

En l'absence de nouveaux catalyseurs pour les marchés, les investisseurs s'interrogent sur les valorisations élevées atteintes par les marchés d'actions. Plusieurs grandes banques américaines ont jugé ces dernières semaines le marché mûr pour une correction. Elles ont été rejointes mercredi par Citigroup, dont le responsable de la stratégie des marchés américains a estimé "très plausible" un repli de 10% de Wall Street. Citigroup a un objectif de fin d'année de 3.800 points pour le S&P 500 et l'équipe de stratégie s'attend à ce que l'indice se négocie dans une fourchette de 3.600 à 4.000 pts.

Sur les marchés obligataires américains, les taux d'intérêts sont restés tout près de leurs récents sommets, après leur brusque tension des dernières semaines dans l'anticipation d'un environnement plus inflationniste à mesure que l'économie se redressera. Le rendement du T-Bond à 10 ans, qui avait atteint 1,33% mercredi en séance, est revenu jeudi à 1,30%, mais il reste proche de son plus haut niveau depuis un an. Le rendement du T-Bond à 30 ans est monté à 2,08% (+2 points de base), tandis que le taux à deux ans est resté stable à 0,11%. En Europe, le taux du Bund à 10 ans a fini à -0,35% (+2 pdb).

La Fed ne croit pas en une inflation durablement au-dessus de 2%

Pour les marchés boursiers, des taux plus élevés sont synonymes de réduction des profits des entreprises (via la hausse des coûts du crédit), ce qui entraîne une chute des cours de Bourse. Les investisseurs surveillent donc de près les signes de dérapage haussier de l'inflation, même si la Réserve fédérale a réaffirmé mercredi qu'elle jugeait ce scénario improbable.

Dans le compte-rendu ("Minutes") de la dernière réunion de la Fed, publié mercredi soir, les membres du Comité de politique monétaire ont ainsi noté que "l'évolution des prix relatifs pourrait faire augmenter temporairement la mesure de l'inflation, mais il est peu probable que cela ait un effet durable".

La Fed a répété qu'elle entendait maintenir sa politique monétaire accommodante pendant encore un bon moment. Dans une intervention publique, le patron de la Fed de Boston, Eric Rosengren, a par ailleurs affirmé mercredi qu'il était peu probable que l'inflation atteigne l'objectif de 2% visé par la Réserve fédérale avant au moins la fin de 2022.

Le pétrole fait une pause, l'or tente un rebond timide

Le pétrole a marqué une pause jeudi dans son ascension, qui a fait bondir les cours de l'ordre de 25% depuis le début de l'année, dans l'espoir d'une reprise économique vigoureuse d'ici à la fin 2021 grâce aux campagnes de vaccination contre le coronavirus. La vague de froid historique qui s'abat sur le Texas, paralyse le système électrique de l'Etat et perturbe fortement la production américaine de pétrole de schiste a aussi soutenu les cours ces derniers jours.

Jeudi, le contrat à terme de mars sur le baril de pétrole brut WTI s'est cependant replié de 1% à 60,52$ sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance avril a cédé 0,6% à 63,93$. Selon le 'Wall Street Journal', l'Arabie saoudite pourrait annoncer son intention de revenir sur ses coupes unilatérales de 1 million de barils supplémentaires par jour, lors de la prochaine réunion mensuelle de l'Opep+ en mars.

L'once d'or s'est stabilisée après 4 séances de baisse, regagnant 0,1% à 1.775$ pour le contrat à terme d'avril sur le Comex, alors que l'argent a perdu 0,7% à 27,13$ (contrat à terme de mars).

Sur les marchés des changes, le dollar est reparti en baisse jeudi, après son gain de près de 0,5% la veille. L'indice du dollar, qui reflète l'évolution du billet vert face à un panier de 6 devises de référence cédait en fin de soirée 0,44% à 90,55 points. L'euro regagnait pour sa part 0,48% à 1,2094$.

VALEURS A SUIVRE

* Walmart a chuté de 6,5% malgré l'annonce d'une forte croissance aux Etats-Unis en fin d'année dernière. Le géant de la distribution, qui emploie 1,5 million de personnes outre-Atlantique, a fait état d'une croissance domestique, hors carburant et à périmètre comparable, de 8,6% au quatrième trimestre là où les analystes tablaient sur une progression de 5,6%. Les ventes en ligne ont bondi de 69% après +79% au trimestre précédent.

Le groupe a essuyé une perte nette de 2,09 milliards de dollars ou 74 cents par titre contre un profit de 4,14 Mds$ et 1,45$ par action un an plus tôt. Le bpa ajusté est ressorti inférieur aux attentes, à 1,39$, contre 1,51$ de consensus. Les revenus ont progressé de 7,3% à 152,08 Mds$, supérieurs aux 148,5 Mds$ attendus par le marché. Walmart a déclaré avoir engagé environ 1,1 Md$ de dépenses liées à la Covid-19 au cours du trimestre clos, y compris des hausses de salaires et primes accordées à ses employés et les coûts liés au maintien de la propreté de ses magasins.

Pour l'exercice 2022, les investissements en capital devraient s'élever à près de 14 Mds$ avec la poursuite de l'automatisation et le renforcement des capacités de la chaîne d'approvisionnement. Le management prévoit également une croissance de 1 à 4% du chiffre d'affaires net et un bénéfice par action ajusté stable ou en légère hausse. Enfin, la firme va augmenter son dividende 2022 de 2% à 2,20$, soit une 48ème hausse consécutive, alors qu'un plan de rachat d'actions de 20 Mds$ a été approuvé.

* Lockheed Martin (+0,27%). Les autorités américaines de la concurrence vont probablement prolonger leur enquête sur le projet de rachat d'Aerojet Rocketdyne par Lockheed Martin pour 4,4 milliards de dollars.

* GameStop (-11,4%) et AMC Entertainment (-0,7%). Une Commission du Congrès US auditionne ce jeudi les protagonistes de la vague spéculative qui avait agité en janvier des titres comme GameStop et AMC Entertainment, menaçant de faire vaciller l'ensemble des marchés boursiers. La Commission des services financiers de la chambre a notamment convoqué le patron du courtier en ligne Robinhood, Vladimir Tenev, ainsi que Keith Gill, un trader actif sur le réseau Reddit sous le pseudonyme "DeepFuckingValue" ou de "RoaringKitty" (sur YouTube et Twitter). Le patron et co-fondateur de Reddit, Steve Huffman, sera aussi entendu, ainsi que le directeur général du fonds spéculatifs Citadel, Ken Griffin, et celui de Melvin Capital, Gabriel Plotkin. Melvin Capital aurait perdu autour de 3,75 milliards de dollars lors de cette tempête boursière, selon le 'Financial Times'.

* Baidu (-3,4%) a publié mercredi un chiffre d'affaires trimestriel supérieur aux attentes grâce à une reprise de la publicité et à une augmentation de la demande pour ses services d'informatique dématérialisée ("cloud computing") et ses plateformes d'intelligence artificielle.

* Facebook (-1,5%). Les Australiens se sont retrouvés privés jeudi des pages Facebook des médias locaux et des informations diffusées par ceux-ci après que le géant américain a décidé de bloquer tous les contenus des médias pour protester contre un projet visant à ce qu'il rémunère la presse locale pour ses contenus. Cette démarche inattendue a été critiquée par des groupes de presse, des politiciens et des ONG, un grand nombre d'entre eux soulignant que des informations sanitaires et météorologiques officielles ont aussi été supprimées, alors même que l'Australie fait face à la crise sanitaire du coronavirus et au pic de la saison des feux de forêt. "Facebook a eu tort, les mesures de Facebook étaient inutiles, brutales, et elles vont nuire à sa réputation en Australie", a réagi le secrétaire au Trésor lors d'une conférence de presse télévisée.

* Tesla (-1,3%) a réduit le prix de vente des versions les moins chères de la Model 3 et de la Model Y tout en augmentant le prix des voitures les plus chères, montre le site du constructeur de véhicules électriques.

* Marriot International (+0,5%) est resté dans le rouge au quatrième trimestre, encore fortement affecté par les restrictions de voyage liées à la pandémie de COVID-19. Le groupe hôtelier américain a ainsi essuyé une perte nette de 164 millions de dollars, soit 50 cents par action, contre un bénéfice de 279 M$ et un bpa de 85 cents un an plus tôt. Le bpa ajusté s'établit à 12 cents contre 11 cents de consensus. Le chiffre d'affaires a fondu de 60% à 2,17 milliards de dollars, tandis que le revenu par chambre disponible - une mesure clé dans l'industrie - a chuté de 64,1% à 40,28 dollars.

Marriot publie ses résultats quelques jours après l'annonce du décès de son DG Arne Sorenson. "Si la Chine a montré que la demande peut être assez résistante lorsque le virus est perçu comme étant contenu, nous avons également vu que les progrès peuvent être ralentis par des pics importants de cas de virus, comme nous l'avons vu aux États-Unis et en Europe vers la fin de 2020. Le taux d'occupation mondial est resté à 35% au quatrième trimestre, ce qui correspond au troisième trimestre, et reste nettement supérieur au creux atteint en avril. Bien que personne ne puisse savoir combien de temps durera cette pandémie, nous observons quelques petits signes précurseurs indiquant que l'accélération du déploiement des vaccins dans le monde contribuera à une reprise significative de la demande de voyages et d'hébergement", explique la société. La direction ne fournit pas de guidance chiffrée pour le nouvel exercice mais s'attend à ce que la pandémie continue d'avoir un impact important sur les résultats de l'entreprise.

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