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Clôture de Wall Street : 2e séance de correction pour les "techs"

| Boursier | 182 | 5 par 1 internautes

La Bourse de New York a fini en baisse mardi, le Nasdaq abandonnant près de 2%, plombé par les secteurs technologiques et internet.

Clôture de Wall Street : 2e séance de correction pour les "techs"
Credits Reuters

La Bourse de New York a fini en baisse mardi, le Nasdaq abandonnant près de 2%, plombé par les secteurs technologiques et internet, qui pâtissent des craintes d'inflation et de hausses de taux. La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a ainsi reconnu pour la 1ere fois que les taux d'intérêts pourraient avoir à être légèrement relevés aux Etats-Unis pour éviter toute surchauffe... Les secteurs cycliques s'en sortent mieux, notamment les pétrolières, qui emboîtent le pas au cours du brut, qui a désormais retrouvé ses plus hauts depuis 7 semaines.

A la clôture, le Dow Jones est parvenu à rester tout juste dans le vert (+0,06%) à 34.133 points, tandis que l'indice large S&P 500 a cédé 0,67% à 4.164 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a perdu 1,88% à 13.633 pts après une chute de 2,5% au plus bas de la séance.

Du côté des valeurs, Pfizer a gagné modestement 0,3% après l'annonce de résultats trimestriels supérieurs aux attentes, et de prévisions revues à la hausse grâce aux ventes de son vaccin anti-Covid mis au point avec BioNTech (-15,3%). Aux pétrolières, Chevron a gagné 0,5% et Exxon Mobil a avancé de 0,6%, tandis que le constructeur d'engins de chantier Caterpillar a grimpé de 2,3% signant la plus forte hausse du Dow Jones avec le groupe chimique Dow Inc (+2,6%).

Parmi les grandes "techs", Apple a abandonné 3,5%, Salesforce a perdu 2,9%, Microsoft a lâché 1,6%, Intel a perdu 0,6%, Amazon a fléchi de 2,2%, tandis que Facebook et Alphabet ont lâché tous deux environ 1,4%.

Après de solides gains en avril et depuis le début 2021, qui ont porté récemment les indices à de nouveaux records, les investisseurs pourraient être tentés d'appliquer la vieille devise "Sell in May and go away"... Malgré une salve de résultats d'entreprises largement supérieurs aux attentes pour le 1er trimestre, les marchés s'inquiètent des valorisations élevées atteintes par les actions, et craignent que la reprise économique ne s'accompagne d'un dérapage inflationniste.

Ce dernier entraînerait un retrait anticipé du soutien de la Réserve fédérale, même si cette dernière refuse pour l'instant de parler d'un calendrier de réduction de ses programmes de soutien. Son président Jerome Powell temporise et estime qu'une hausse de l'inflation au-dessus de 2% (l'objectif de la Fed) est attendue en 2021 mais qu'elle sera temporaire à mesure que le pic de la reprise post-Covid sera passé.

Janet Yellen évoque de "très modestes augmentations des taux d'intérêt"

La secrétaire au Trésor Janet Yellen a pourtant provoqué un certain émoi, mardi, en reconnaissant que les taux d'intérêt aux Etats-Unis pourraient devoir être relevés légèrement pour éviter une surchauffe de l'économie, à mesure que les programmes d'investissements de l'administration Biden seront mis en place.

"Cela pourrait entraîner de très modestes augmentations des taux d'intérêt (..) mais ce sont des investissements dont notre économie a besoin pour être compétitive et productive (et) je pense que notre économie va croître plus rapidement grâce à eux", a ajouté Mme Yellen, elle-même ancienne présidente de la Réserve fédérale, dans une déclaration enregistrée en vue d'un événement en ligne organisé par The Atlantic. Les projets d'investissement du président Joe Biden en faveur des infrastructures, des familles et de l'éducation feront une "grande différence" en matière de lutte contre les inégalités, a ajouté Janet Yellen.

La secrétaire au Trésor a aussi défendu les hausses d'impôts pour les Américains les plus riches prévues par Joe Biden pour financer ses plans de relance. Pour Janet Yellen, un relèvement du taux marginal d'imposition aura une influence "beaucoup moins importante sur la croissance, dans un sens ou dans l'autre", ajoutant que son objectif était de s'assurer que les déficits publics "restent faibles et gérables".

Par ailleurs, Robert Kaplan, le patron de la Fed de Dallas, a répété mardi, dans un entretien au site 'MarketWatch' qu'il pensait qu'il était temps de parler de réduire les achats d'actifs de la Fed... Soulignant la vigueur de la reprise économique aux Etats-Unis, il a estimé qu'il "ferait sens pour la banque centrale d'au moins commencer à débattre de l'ajustement du plan" d'achat d'obligations d'Etat" (120 milliards de dollars par mois), a-t-il ainsi déclaré. Des propos à nuancer toutefois dans la mesure où M. Kaplan ne dispose pas cette année d'un droit de vote dans le Comité FOMC qui établit la politique monétaire américaine

Sur les marchés obligataires, les taux ont continué de se détendre mardi malgré les déclarations de Janet Yellen et de Robert Kaplan et les inquiétudes manifestées par les marchés d'actions. En soirée, le rendement du T-Bond américain à 10 ans pointait ainsi à 1,59% (-1 point de base) après un plus haut à 1,76% atteint en mars.

Du côté des changes, le dollar a en revanche profité des propos de la ministre. L'indice du dollar reprenait ainsi mardi soir 0,35% à 91,26 points face à un panier de devises de référence. A l'inverse, l'euro cédait 0,4% face au billet vert à 1,2016$ dans les échanges interbancaires.

Le pétrole retrouve ses niveaux de la mi-mars

Sur le plan macro-économique, les opérateurs ont pris connaissance mardi d'un déficit commercial américain record en mars. Ce dernier a atteint 74,4 milliards de dollars sur la période, un niveau conforme aux attentes. Les importations ont augmenté de 6,3% alors que les exportations ont crû de 6,6%.

Les commandes industrielles américaines du mois de mars se sont de leur côté appréciées de 1,1% en comparaison du mois antérieur, contre 1,3% de consensus de marché et une baisse de 0,5% pour la lecture révisée (en hausse) du mois antérieur. Hors transport, les commandes affichent une progression de 1,7% alors que les commandes de biens durables ont augmenté de 0,8% contre +0,5% attendu, après un repli de 0,9% en février.

Le pétrole est resté bien orienté mardi, l'optimisme sur la croissance de la demande l'emportant sur les inquiétudes concernant les nouvelles vagues de Covid-19 en Inde, au Japon et au Brésil. Les investisseurs voient ainsi d'un bon oeil les calendriers de levée des restrictions anti-Covid prises par plusieurs pays européens, dont la France, l'Italie et l'Allemagne.

Le cours du baril de brut léger américain WTI a gagné 1,9% à 65,69$ sur le Nymex pour le contrat à terme de juin, tandis que le Brent a pris 2% à 68,88$ (contrat de juillet).

Enfin, sur le marché des "cryptos", le bitcoin rechutait mardi soir de 5% sur 24h, autour de 54.235$ sur la plateforme Bitfinex, alors que l'Ether gagnait encore 2% à 3.371$, tout près de son plus haut historique.

VALEURS A SUIVRE

Sur le front des résultats d'entreprises, le programme est encore dense. Pfizer, Activision, ConocoPhillips, Ferrari ou encore T-Mobile US étaient sur le pont mardi. Plus de la moitié des composants du S&P 500 ont déjà publié leurs comptes et le bénéfice moyen au premier trimestre affiche pour le moment une croissance de 54% sur un an, selon les dernières données du cabinet Facset.

* Pfizer (+0,3%) a relevé ses objectifs 2021 de profits grâce au succès de son vaccin contre le Covid-19. Le géant pharmaceutique table désormais sur un bpa ajusté compris entre 3,55 et 3,65$ pour l'exercice en cours contre une fourchette précédente allant de 3,1 à 3,2$. La firme anticipe des revenus tirés de son vaccin contre le coronavirus de 26 Mds$ contre 15 Mds$ jusqu'ici. Ces prévisions pour le BNT162b2 se basent sur une estimation de 1,6 milliard de doses livrées cette année.

Sur les trois premiers mois de l'année, Pfizer a enregistré un profit de 4,88 Mds$ ou 86 cents par titre contre un bénéfice de 3,36 Mds$ et 60 cents par action un an plus tôt. En base ajustée, le bpa s'établit à 93 cents contre 77 cents de consensus. Le chiffre d'affaires a bondi de 45% à 14,58 Mds$, contre 13,54 Mds$ anticipés par les analystes. Les revenus issus des vaccins ont triplé à 4,89 milliards de dollars, tandis que ceux tirés de la branche oncologie ont augmenté de 18% à 2,86 Mds$ et ceux de la médecine interne de 11% à 2,59 Mds$.

"Sur la base de ce que nous avons observé, nous pensons que la demande pour notre vaccin COVID-19 sera probablement durable, à l'instar de celle des vaccins contre la grippe", a déclaré le directeur général Albert Bourla. L'autorité américaine des médicaments se prépare par ailleurs à autoriser en début de semaine prochaine pour les adolescents âgés de 12 ans à 15 ans le vaccin contre le coronavirus développé par Pfizer avec BioNTech, a rapporté lundi le New York Times, citant des représentants fédéraux au fait du projet.

* KKR (-1,1%). La société de capital-investissement a fait état d'un bénéfice distribuable après impôt en hausse de 63% au premier trimestre, grâce à la croissance de ses activités sur les marchés des capitaux. Le bénéfice distribuable après impôts (DE), c'est-à-dire les liquidités utilisées pour verser des dividendes aux actionnaires, est passé de 406,3 millions de dollars à 660,2 millions de dollars, soit 75 cents par titre, contre un consensus logé à 63 cents. Le total des actifs sous gestion a grimpé sur un an de 252 à 367 milliards de dollars grâce à une forte collecte d'argent frais et au rachat du fournisseur d'assurance-vie Global Atlantic Financial Group. La firme a déclaré un dividende trimestriel de 0,145$.

* Ferrari chute de 7% alors que le constructeur automobile vient de repousser d'un an ses objectifs 2022 en raison de la crise liée à la pandémie de coronavirus. Sur les trois premiers mois de l'exercice 2021, le groupe italien a réalisé un Ebitda ajusté de 376 millions d'euros (+18,6%) pour des revenus de 1,01 MdE, en hausse de 8,5%. Le bénéfice net a atteint 206 ME et le free cashflow industriel s'est établi à 147 ME. La firme a vendu 2.771 voitures sur la période, 1% de plus qu'il y a un an. Le management se dit confiant dans sa capacité à atteindre le haut de la fourchette de ses prévisions pour 2021 grâce à d'excellents résultats trimestriels, à de solides prises de commandes nettes et à un carnet de commandes record à la fin mars. Il vise des revenus d'environ 4,3 MdsE, un Ebitda ajusté compris entre 1,45 et 1,50 MdE, soit une marge allant de 33,7 à 34,9% et un FCF industriel d'environ 350 ME.

Commentant les résultats et les perspectives, John Elkann, PDG par intérim, a déclaré : "Ce départ en fanfare est de bon augure pour le reste de l'année 2021 et témoigne de la résilience de notre modèle économique ainsi que du travail extraordinaire des femmes et des hommes de Ferrari. Pour l'avenir, nous prévoyons que les mesures prudentes que nous avons prises en 2020 et que nous poursuivons en 2021 pour ajuster nos dépenses en réponse à l'urgence de la Covid-19 reporteront d'un an la réalisation de nos prévisions pour la fin de l'année 2022. Cependant, la robustesse de notre carnet de commandes et les merveilleux nouveaux modèles que nous lancerons dans les années à venir constituent une base solide sur laquelle nous pourrons construire notre avenir ambitieux".

* Walgreens Boots Alliance (-0,3%). La chaîne de drugstores a annoncé mardi un partenariat avec notamment les spécialistes de la livraison de repas Doordash et Uber pour assurer un service de livraison le jour même de la commande aux États-Unis.

* Under Armour (-1,2%) a publié un chiffre d'affaires trimestriel supérieur aux attentes des analystes et relevé sa guidance annuelle. Il table désormais sur un bpa ajusté compris entre 28 et 30 cents, contre 12 à 14 cents précédemment. Le fabricant de vêtements de sport a enregistré un bpa ajusté de 16 cents au premier trimestre contre 3 cents de consensus pour des revenus en hausse de 35% à 1,26 Md$.

* Dupont (+1,5%) a relevé ses prévisions de bénéfice et de chiffre d'affaires pour l'ensemble de l'année après des résultats du premier trimestre supérieurs aux attentes grâce à la demande des fabricants de puces électroniques et à la reprise du marché automobile, a annoncé mardi le fabricant de matériaux industriels.

* ConocoPhillips (-0,3%) a mis un terme à trois trimestres de perte en publiant mardi un bénéfice ajusté au premier trimestre, porté par la réouverture des économies et la hausse des cours du brut. Le bpa ajusté est ressorti à 69 cents contre 54 cents de consensus. La société texane a également annoncé son intention de vendre sa participation de 10% dans Cenovus Energy, évaluée à environ 2 milliards de dollars aux prix actuels, et d'utiliser le produit de cette cession pour financer une augmentation de ses rachats d'actions.

* TSMC (-0,5%). Le géant taïwanais des semi-conducteurs envisage de construire plusieurs usines de fabrication de semi-conducteurs dans l'Etat de l'Arizona, en plus de celle actuellement prévue, ont déclaré à Reuters trois sources proches du dossier.

* Thomson Reuters (+3,4%) a annoncé un résultat opérationnel et un chiffre d'affaires meilleurs que prévu au premier trimestre, à la faveur d'une meilleure conjoncture économique. Le résultat opérationnel de l'agence d'informations et de données financières a progressé d'un tiers, à 387 M$ au premier trimestre. Le bénéfice ajusté par action a atteint 58 cents par action, contre 42 cents de consensus. Le chiffre d'affaires du groupe est pour sa part en hausse de 4% à 1,58 Md$, un chiffre également supérieur aux attentes. Sur l'ensemble de l'exercice 2021, Thomson Reuters table sur une croissance de son activité comprise entre 3,5% et 4%.

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