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Clôture Paris : le CAC 40 résiste, never mind the Brexit

| Boursier | 1177 | 5 par 1 internautes

La cote parisienne termine la journée en modeste baisse

Clôture Paris : le CAC 40 résiste, never mind the Brexit
Credits Reuters

La résistance des places européennes et en particulier du CAC 40 aura été notable ce soir. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a pourtant demandé une suspension des travaux du Parlement à partir de mi-septembre et jusqu'au 14 octobre, soit deux semaines seulement avant la date attendue du Brexit. La reine Elizabeth a par ailleurs validé cette demande gouvernementale controversée. Elle prononcera donc le 14 octobre son discours du Trône, dans le cadre duquel elle présentera la feuille de route du gouvernement - et qui marquera l'ouverture de la session parlementaire.

Johnson va ainsi réduire durée de la session parlementaire. L'opposition s'est élevée contre ce passage en force limitant le temps laissé aux députés pour discuter du Brexit et éviter un Brexit dur...

Le CAC 40 limite malgré tout la casse ce soir et termine même proche de l'équilibre, en retrait modéré de 0,34% à 5.368,8 points en clôture, après avoir décroché en séance jusqu'à 5.323 pts.

La cote américaine repasse désormais dans le vert ce mercredi, malgré les incertitudes. L'indice large S&P500 prend 0,5% et le Nasdaq 0,3% environ. Le DJIA avance de 0,7%. Les derniers développements concernant en particulier le dossier sino-américain n'incitent pourtant guère à l'enthousiasme, pas plus d'ailleurs que le risque croissant de Brexit dur. Les opérateurs relèvent néanmoins la pression maintenue par Donald Trump sur la Banque centrale américaine, à trois semaines de sa prochaine réunion monétaire.

Selon l'agence Bloomberg, la crédibilité de Trump serait en revanche écornée en ce qui concerne le commerce, et les négociateurs chinois n'espèreraient plus vraiment d'accord avant l'élection américaine. Du côté du Royaume-Uni, le 'Brexit dur' menace, mais les marchés résistent pour l'heure...

Sur le marché des changes, l'indice dollar gagne 0,2% à 98,1, alors que l'euro fléchit de 0,1% à 1,108$. La livre sterling décroche face au dollar (-0,4%) et à l'euro. Il faut dire que le Premier ministre britannique Boris Johnson a donc indiqué son intention de mettre le Parlement 'hors session' dès la mi-septembre, réduisant à un peu plus de 15 jours le temps qu'auraient les députés pour éventuellement tenter de bloquer un Brexit sans accord. La décision de Johnson de limiter cette durée de session parlementaire avant la date prévue pour le Brexit représente "un scandale et une menace" pour la démocratie, selon les termes du chef du Parti travailliste Jeremy Corbyn, qui se dit "consterné par l'inconscience du gouvernement de Boris Johnson, qui parle de souveraineté mais qui pourtant cherche à suspendre le Parlement pour éviter un examen précis de ses projets irresponsables de Brexit sans accord".

Rebond du pétrole

Sur le Nymex, le baril de brut WTI prend 2% à 56$, alors que le Brent de la mer du Nord avance de 2,2% à plus de 60$. D'après le Département américain à l'énergie, les stocks de brut domestiques, hors réserve stratégique, ont chuté de 10 millions de barils sur la semaine close au 23 août, à 427,8 millions de barils. Le consensus tablait sur un repli d'environ 3 mb. Les stocks d'essence ont quant à eux diminué de 2,1 millions de barils, alors que les stocks de produits distillés ont reculé de 2,6 millions de barils.

Foulure du sentiment des investisseurs

L'indice State Street du moral des investisseurs institutionnels pour le mois d'août 2019 est ressorti à seulement 75,9, contre 84,6 pour la lecture révisée du mois antérieur. L'indicateur global s'est donc effondré de 8,7 points en comparaison du niveau révisé de juillet. La confiance s'est érodée dans toutes les régions. L'indice nord-américain a chuté de 80,3 à 72,5. L'indicateur européen est tombé quant à lui à 89, contre 98,6. Enfin, l'indice asiatique a baissé un peu plus raisonnablement à 89,2, contre 91,8 un mois auparavant.

Le sentiment des investisseurs institutionnels a donc décliné une fois de plus en août, du fait des risques pesant sur l'économie, de l'incertitude politique accrue en Italie, et de la possibilité d'un Brexit dur, commente Rajeev Bhargava, managing director chez State Street Associates, selon lequel les incertitudes relatives à la politique monétaire et commerciale réduisent l'appétit pour le risque... "Les investisseurs expriment une aversion renouvelée au risque dans un contexte de volatilité accrue sur les marchés financiers et face à une inversion confirmée de la courbe des taux", commente de son côté Kenneth Froot.

Piétinement commercial

Le dossier sino-américain demeure épineux. Rappelons que le ministère chinois aux affaires étrangères a confirmé hier mardi... n'avoir pas entendu parler d'un quelconque appel téléphonique récent entre les Etats-Unis et la Chine, cette confidence intervenant alors que Trump et son secrétaire au Trésor Steven Mnuchin avaient auparavant fait état de contacts entre les deux parties. Le ministère chinois, cité par Reuters, affirme espérer que Washington puisse 'stopper ses actions mauvaises' pour créer les conditions de la reprise des négociations.

Donald Trump avait salué avant-hier à Biarritz la volonté du président chinois Xi Jinping de parvenir à un accord commercial avec les Etats-Unis. Ainsi, le président américain affirmait que Pékin avait exprimé dimanche le souhait de reprendre les négociations. Il semblerait donc que le leader de la Maison blanche tente de jouer l'apaisement, suite au choc de fin de semaine dernière. Il avait d'abord surpris les marchés en demandant aux entreprises américaines de chercher tout simplement des solutions alternatives à la Chine, avant de faire état d'une hausse de 5% supplémentaires des taxes sur l'ensemble des importations provenant de Chine. Le ton change une fois encore complètement, puisque Trump pense que les USA vont négocier très prochainement et trouver un accord avec la Chine.

Le vice-Premier ministre chinois Liu He, négociateur en chef du pays pour les questions commerciales avec Washington, a affirmé pour sa part que Pékin souhaitait résoudre ce conflit par des négociations apaisées. "Grand respect pour le fait que le Président Xi & ses Représentants désirent 'une résolution dans le calme'. Je suis si impressionné qu'ils soient disposés à en parler & énoncer les faits avec autant de précision. C'est pourquoi il est un grand leader & représente un grand pays. Les discussions continuent!", a insisté Trump en début de semaine sur Twitter.

Pour en revenir aux événements de vendredi, rappelons que Trump avait alors durci le ton face à la Chine, suite à l'annonce par Pékin de tarifs douaniers portant sur 75 milliards de dollars de produits américains. "Notre Pays a perdu, stupidement, des Billions de Dollars avec la Chine durant de nombreuses années. Ils ont volé notre Propriété Intellectuelle à un rythme de Centaines de Milliards de Dollars par an, & ils veulent continuer. Je ne laisserai pas cela se produire! Nous n'avons pas besoin de la Chine et, franchement, nous serions bien mieux sans elle", avait alors lancé Trump.

Le locataire de la Maison blanche évoquait les larges sommes "accumulées et volées" par la Chine, "année après année, durant des décennies". "Nous ordonnons ainsi à nos grandes entreprises américaines de commencer immédiatement à chercher une alternative à la Chine, notamment en ramenant leurs compagnies à la MAISON et en fabriquant leurs produits aux USA", avait même lancé Trump, avant de répondre aux 'tarifs' chinois par de nouvelles taxes.

"Pendant de nombreuses années, la Chine (et de nombreux autres pays) ont tiré profit des États-Unis sur le Commerce, par le Vol de Propriété Intellectuelle, et bien plus encore. Notre Pays a perdu des CENTAINES DE MILLIARDS DE DOLLARS par an au profit de la Chine", avait déploré Trump vendredi soir. "En tant que Président, je ne peux plus permettre que cela se produise!", a ajouté le leader américain, soucieux d'un "commerce juste" et "équilibré" avec la Chine. Trump a annoncé qu'à partir du 1er octobre, les 250 milliards de dollars de produits chinois actuellement taxés à 25% allaient l'être à 30%. De plus, les 300 milliards de dollars restants qui devaient être taxés le 1er septembre à 10% le seront à 15%.

Trump tacle encore la Fed

Trump a su rester relativement calme hier soir sur Twitter, après avoir fait flancher les marchés en fin de semaine dernière par ses menaces virulentes contre la Chine. Il s'est tout de même autorisé un petit tacle, techniquement assez classique, visant la Fed. "La Réserve Fédérale adore regarder nos industriels lutter avec leurs exportations, au profit d'autres parties du monde. Quelqu'un a-t-il seulement regardé ce que pratiquement tous les autres pays font pour tirer profit des bons vieux USA? Notre Fed a eu faux pendant trop longtemps!"

Le président américain 'en remet une couche' ce mercredi : "Notre Réserve Fédérale ne peut 'mentalement' faire face à la compétition d'autres pays. Lors du G7 en France, tous les autres Leaders étaient stupéfaits de constater à quel point leurs dépenses d'intérêt avaient été réduites. En réalité, l'Allemagne 'se fait payer' pour emprunter de l'argent", a souligné Trump, jugeant la Fed quant à elle toujours "paumée" de ce point de vue...

Rappelons que Trump avait précédemment demandé à la Fed de baisser ses taux d'un point entier et de reprendre l'assouplissement monétaire quantitatif, face au risque de ralentissement économique plus prononcé - et accessoirement à l'approche des échéances électorales. Selon l'outil FedWatch du CME Group, la Fed devrait très probablement baisser ses taux le 18 septembre à l'issue de sa prochaine réunion monétaire, mais d'un quart de point 'seulement' ('proba' de 95%, contre 5% de probabilité d'une baisse d'un demi-point), dans une fourchette allant de 1,75 à 2%, contre 2-2,25% actuellement.

Histoires de taux

Les taux obligataires restent par ailleurs sous surveillance outre-Atlantique. Après l'inversion des courbes à deux et dix ans il y a quelques jours, c'est le rendement de l'obligation US à 30 ans qui est passé hier sous celui offert par le T-Bill à trois mois - une première depuis 2007. Le rendement des Treasuries à 30 ans est d'ailleurs tombé ce matin à un nouveau plus bas record, à 1,91%. Une telle inversion de la courbe est généralement considérée comme un signe précurseur d'une récession économique... Les politiques ultra-accommodantes des Banques centrales au cours des dernières années sont accusées d'être à l'origine de cette inquiétante curiosité.

Dans l'actualité économique en Europe ce jour, l'indice GfK allemand du moral des consommateurs est ressorti supérieur aux attentes, à 9,7 contre un consensus de 9,5. Les prix allemands à l'import ont baissé quant à eux de 0,2%, alors que le consensus était de -0,1%.

Du côté des banques centrales à l'international, la Banque d'Israël a maintenu son taux directeur à 0,25%, mais a abandonné toute référence à un plan de relèvement progressif de ses taux, semblant au contraire être prête à assouplir sa politique compte tenu de la détérioration des perspectives de l'économie mondiale. La Banque centrale d'Islande a pour sa part ramené son principal taux de dépôt à son plus bas niveau historique et revu en baisse ses perspectives de croissance pour l'an prochain. La Banque a ainsi réduit son principal taux directeur de 25 points de base à 3,50%.

Valeurs en hausse

Sur le CAC 40 ce soir, L'Oréal gagne quand même 0,9%, alors que Total s'adjuge 0,8% avec le rebond des cours du brut. Sodexo s'accorde 0,7%.

Sur le SBF 120, Tarkett reprend 2,9%, Genfit 2,7% et CGG 2,4%. Vallourec se redresse de 2,1% avec le secteur pétrolier.

Plastivaloire gagne 5,8%. Avec un chiffre d'affaires de 186,3 millions d'euros, le groupe a renoué au troisième trimestre de son exercice 2018-2019 avec une croissance organique positive de +0,7% et bénéficie de la bonne contribution de la société TransNav acquise fin 2018, à hauteur de 23,1 ME sur ce trimestre. L'équipementier a également confirmé viser un chiffre d'affaires annuel de 730 ME et une marge d'EBITDA d'au moins 10%. Le groupe entend ainsi franchir lors de cet exercice une nouvelle étape, en phase avec son ambition d'atteindre un chiffre d'affaires d'1 milliard d'euros en septembre 2025.

Carmat (+3,5%) a reçu l'accord de l'autorité de santé danoise ainsi que du comité éthique de l'hôpital Rigshospitalet à Copenhague suite aux changements de procédés de production des prothèses.

Cegedim (+3%) a cédé à la société CareTracker, membre de N. Harris, la quasi-totalité du fonds de commerce de Pulse Systems Inc, filiale détenue à 100%. Cette opération pourrait entraîner une dépréciation d'actif de l'ordre de 20 millions d'euros, annonce Cegedim.

Idsud a pris 3% ce jour. La Française des Jeux serait privatisée "dans les prochains mois", selon les commentaires du ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, ce mercredi. Idsud détient une participation de 2,63% dans le capital de La Française Des Jeux.

Valeurs en baisse

Thales abandonne 2,9%, pire performance du CAC. L'actualité du groupe de défense est marquée par une note de Morgan Stanley, qui a initié le suivi de la valeur avec un conseil 'pondération en ligne' et un objectif de cours de 100 euros. Le broker privilégie Leonardo dans le secteur, estimant que le titre pourrait doubler dans son scénario haussier. Le groupe italien est maintenant à mi-chemin de son redressement, avec des effets financiers qui commencent à se faire sentir, note Morgan Stanley.

AXA cède 2,2%. La chute des taux obligataires ne favorise pas l'assureur...

Dassault Systèmes abandonne 1,8%. S&P Global Ratings a attribué au groupe la notation 'A-', avec une perspective stable. L'agence de notation qualifie de "robuste" le profil de risque de ses activités.

Eiffage (-1,3%) et DEME ont remporté le contrat EPCI pour la conception, la fabrication et l'installation des 80 fondations monopieux en acier du parc éolien offshore de Saint-Nazaire, pour un montant global supérieur à 500 millions d'euros.

Carrefour perd finalement 0,4% malgré Bryan, Garnier & Co, qui reste à l'achat en visant 21 euros. Selon des données d'étude tout juste dévoilées, le distributeur a perdu des parts de marché en juillet.

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