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Entretien avec Sébastien Faijean, Président d'IDMidcaps

| Boursier | 28 | Aucun vote sur cette news

Sur certaines valeurs moyennes, on n'est pas loin d'un 'pricing' de fin du monde !

Entretien avec Sébastien Faijean, Président d'IDMidcaps

Boursier.com : Comment expliquez-vous la défiance depuis des semaines sur les petites et moyennes capitalisations ?

Nous assistons à une décorrélation assez surprenante entre la micro-économie et l'évolution des cours de Bourse. Même en 2008, le décalage n'avait pas été aussi marqué puisqu'à l'époque, la baisse des titres s'appuyait logiquement sur des anticipations d'effondrements des bénéfices. Aujourd'hui, aucun élément ne permet d'imaginer un recul marqué de la croissance économique en France et donc d'anticiper un recul des bénéfices. Les chefs d'entreprise ne font pas état de perspectives dégradées, les carnets de commande demeurent conséquents et les dernières publications trimestrielles sont plutôt bonnes. Pour le moment en tout cas...Mais cela ne veut pas dire que 2019 sera une année de croissance des bénéfices. L'expérience montre que les marchés anticipent mieux les retournements que les dirigeants des sociétés. Ainsi même des grands groupes comme Siemens continuaient à avoir un discours positif sur les perspectives pour son exercice 2008/09 alors que nous étions en novembre 2008 et que Lehman Brothers avait déjà fait faillite.
S.F.

Boursier.com : Constatez-vous des comportements différents parmi cet univers des petites et moyennes capitalisations ?

Le mouvement auquel on assiste sur les petites et moyennes capitalisations peut paraître paradoxal : les valeurs les moins chères ont plus baissé que les valeurs les plus chères qui, elles, ont mieux résisté... Plus le PER était faible, plus la baisse a été forte ! Au final, les valeurs déjà peu chères le sont encore moins et celles qui étaient plus chères le sont encore plus. C'est une traduction du " flight to liquidity (mais pas forcément du quality..) Sartorius ou Solutions 30, avec des PER de 30 et 44 progressent de +60% et de +30% depuis le 1er janvier, alors que Mersen ou Trigano avec des PER de l'ordre de 9 ont un parcours boursier catastrophique (-30% et -45%) ! Mais encore une fois, si la conjoncture se dégrade fortement comme l'anticipent actuellement les investisseurs, ces valeurs cycliques que sont Mersen, Jacquet Metal Services, Trigano peuvent connaître une baisse de 30 à 40% de leurs bénéfices dans un scénario comme 2008 voire 2012. Leur valorisation actuelle serait dès lors justifiée.
S.F.

Boursier.com : On a l'impression que de nombreuses publications sont désormais lourdement sanctionnées. Les marchés sont désormais très exigeants...

Toute publication, ne serait-ce que 'moyenne', se fait sanctionner. En cas d'avertissement comme en a vu au 3ème trimestre c'est la chute. On constate même des cas paradoxaux comme Mersen qui révise ses prévisions à la hausse à trois reprises depuis le 1er janvier et son action s'affiche à -30% sur la période...Sur certains titres, on n'est pas loin d'un pricing de fin du monde comme chez les équipementiers automobiles : Akwel qui se valoriserait 7,2x en VE/ROC en intégrant une baisse de 40% de ses résultats en 2019e comme en 2008. Sauf qu'à l'époque, le titre s'est payé au plus bas 10x en VE/ROC. Donc même en intégrant un " stress " majeur dans les prévisions des entreprises, à savoir des baisses de 30 à 40% des résultats d'exploitation, les valorisations actuelles prennent en compte déjà énormément de mauvaises nouvelles...Nous travaillons actuellement sur une étude pour déterminer l'impact d'une crise qui induirait des baisses de rentabilité de cet ordre pour identifier les sociétés qui sont proches de leur plus bas historiques en termes de valorisation.
S.F.

Boursier.com : Ces baisses doivent-elles être mises à profit ?

Je pense que le Marché propose actuellement, sur les petites et moyennes capitalisations, une opportunité réelle mais encore faut-il avoir le courage d'y aller et d'affronter un flux nettement vendeur sur cette classe d'actif et dans une optique moyen terme...En cas de confirmation de bonnes publications globales pour les comptes de fin d'année et surtout du fait qu'il n'y pas un " éléphant au milieu de la pièce " type risque systémique, le Marché devrait logiquement se rendre compte de la faiblesse de certaines valorisations. Mais il faut que la visibilité s'améliore un peu sur les problèmes géopolitiques, la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis etc...Beaucoup de questions restent en suspens mais encore une fois, le pire n'est pas certain et pour l'instant, personne ne perçoit de risque systémique comme en 2008 même si les investisseurs semblent aujourd'hui le prendre en compte. En ce qui concerne les valeurs moyennes en tout cas, une récession majeure est anticipée.
S.F.

Boursier.com : Mais pensez-vous qu'on a déjà touché le fond sur certaines valeurs ?

On sent qu'on est entre deux eaux actuellement. Les volumes sont plus faibles à la baisse, comme si on n'était plus très loin de la fin du processus baissier. Sur certains titres massacrés c'est sans doute vrai...Encore une fois, tous les excès à la hausse (comme à la fin du 1er semestre 2018), comme à la baisse, finissent pas se corriger. Nous ne sommes pas macroéconomistes mais pour connaître le futur d'une société, il faut toujours s'intéresser à ses performances passées. Les managers et les entreprises qui ont su traverser la crise de 2008 et de 2011 et qui ont depuis doublé ou triplé leur CA et leurs résultats seront en mesure de faire de même pour la prochaine crise ou récession qui interviendra visiblement en 2019 si on se réfère aux anticipations actuelles. Il faut rappeler qu'avoir perdu 40% en 2008 comme le CAC 40, les indices valeurs moyennes avaient rebondi fortement en 2009. L'autre intérêt des valeurs moyennes est que puisqu'elles sont illiquides (c'est ce qui explique aussi le mouvement actuel), elles représentent une protection relative contre la volatilité puisqu'elles sont difficilement " vendables à découvert " et qu'elles procurent du rendement.
S.F.
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