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Entretien avec Benjamin Louvet, Gérant matières premières chez OFI Asset Management

| Boursier | 404 | Aucun vote sur cette news

Reconstituer des positions sur des valeurs de qualité, parmi les 'majors' pétrolières

Entretien avec Benjamin Louvet, Gérant matières premières chez OFI Asset Management

Boursier.com : Aviez-vous déjà assisté à un tel effondrement du prix du baril de pétrole?

La situation est historique avec cet effondrement de 25% à l'ouverture du marché ce matin. On a connu une seule baisse aussi forte par le passé lors de la guerre du Golfe en 1991. La situation de surproduction de 0,5 à 1 million de baril par jour dans laquelle nous étions va s'accentuer selon les annonces qui ont été faites. Elle résultait d'un hiver assez doux ayant limité la consommation pétrolière et de l'épidémie du coronavirus qui a fait chuter la consommation. On parle d'une baisse de 3,5 à 4 millions de barils/jour, la consommation pétrolière moyenne, au niveau mondial, se situant aux alentours de 100 millions de barils par jour et autour de 98 millions à cette période de l'année. Sur cette situation, le refus de la Russie de se joindre à la réduction de la production des membres de l'OPEP et des pays alignés a fait l'effet d'une bombe. Pire, la réduction de production actuellement en cours de 2,1 millions de barils et qui devait être prolongée, a été annulée dès le mois de mars. Dans la foulée, l'Arabie Saoudite a décidé de remonter sa production dès le mois d'avril en proposant des prix au rabais. Le désaccord historique entre la Russie et l'Arabie Saoudite entraîne un basculement dans une politique extrêmement agressive de conquête de parts de marché.
B.L.

Boursier.com : Pourquoi en est-on arrivé là, alors que les pays auraient eu tous intérêt à une diminution de la production?

Plusieurs éléments sont à prendre en compte pour comprendre l'attitude de la Russie : tout d'abord, un problème diplomatique s'est posé avec l'Arabie Saoudite avec une problématique relationnelle entre les deux pouvoirs. Par ailleurs, la Russie est sceptiques quant à l'efficacité d'une politique de réduction de la production en plein choc de demande. En 2008 par exemple, la réduction de production n'a pas enrayé la baisse du prix du baril. Enfin, les russes ont peut-être aussi entrevu la possibilité de faire souffrir l'industrie américaine du pétrole de schiste, lequel a besoin d'un prix de revient d'au moins 45$ le baril.
B.L.

Boursier.com : Justement, ce secteur se retrouve t-il en danger ?

Le secteur n'est jamais parvenu à dégager des free cash-flow positifs et aujourd'hui, ces sociétés se retrouvent dans une situation particulière. Elles ont 200 milliards de dollars de dette à rembourser lors des 4 prochaines années et doivent sans arrêt emprunter pour maintenir leur activité. La difficulté qui pointe pour les producteurs de pétrole de schiste, s'annonce beaucoup plus difficile à surmonter qu'en 2014 lorsque l'Arabie Saoudite avait tenté de la mettre à mal. Nous pensions que cette année, la production de pétrole de schiste ne progresserait que de 300.000 à 400.000 barils et ne progresserait pas l'an prochain. Aujourd'hui, nous pensons qu'il n'est pas impossible que la production de pétrole de schiste recule dès cette année. Ce qui annonce un nombre important de faillites parmi ces acteurs.
B.L.

Boursier.com : Les pays producteurs ne se mettent-ils pas en danger?

La Russie a annoncé pouvoir tenir entre 5 et 10 ans avec un baril entre 40 et 45$. Concernant l'Arabie Saoudite, le FMI évoque un baril à 80$ pour équilibrer son budget. Le Royaume, encore peu endetté, pourrait toutefois encore recourir à de l'endettement pour boucler son budget, mais il ne faudrait pas que cela dure trop longtemps. Concernant le pétrole de schiste, la problématique est celle du refinancement de 200 Mds$ dans les 4 ans à venir. Il faudrait même emprunter davantage pour développer l'activité. Les taux de financement vont devenir extrêmement défavorables et les sociétés vont se retrouver dans l'obligation de contraindre leur production et pour les plus en difficulté, elles vont se retrouver en défaut.
B.L.

Boursier.com : Est-ce le moment de revenir sur les valeurs pétrolières?

Nous estimons que les niveaux de 27-28$ le baril au plus bas de 2016 sont un point bas, compte tenu du déséquilibre entre l'offre et la demande. Nous pensons donc que l'essentiel de la baisse est derrière nous et que les niveaux actuels constituent des niveaux pour reconstituer des positions sur des valeurs de qualité, parmi les 'majors'. Nous évitons en revanche les valeurs du pétrole de schiste et celui des services pétroliers en on-shore et aux Etats-Unis car nous pensons que ces valeurs vont énormément souffrir.
B.L.
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