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Venezuela: la Constituante, bouée de sauvetage d'un chavisme à la dérive

| AFP | 201 | Aucun vote sur cette news
Un portrait du président vénézuélien Hugo Chavez dans une rue de Caracas, le 28 juillet 2017
Un portrait du président vénézuélien Hugo Chavez dans une rue de Caracas, le 28 juillet 2017 ( Ronaldo SCHEMIDT / AFP )

Au plus bas après avoir dominé la politique vénézuélienne durant 18 ans, le "chavisme", fondé par le défunt Hugo Chavez, cherche à se sauver en modifiant la Constitution pour gouverner sans limites et accroître son pouvoir de négociation, jugent les analystes.

En abattant sa plus grosse carte, que cherche le très impopulaire président Nicolas Maduro ? Quel pourrait être les conséquences sur la violente crise politico-économique qui secoue le pays, faisant plus d'une centaine de morts en quatre mois ?

- L'effondrement -

Sans le leadership ni le flot de pétro-dollars dont bénéficiait son mentor Hugo Chavez, le président Maduro est contesté depuis son arrivé au pouvoir en 2013.

Le pays, où le pétrole représente 96% de ses revenus (25,14 milliards de dollars d'exportations pétrolières en 2016, selon l'Opep), a vu son économie laminée par la chute des cours de l'or noir.

Après une vague de protestations en 2014 qui a fait 43 morts, la crise s'est accélérée en 2015, entre pénuries d'aliments et de médicaments et victoire écrasante de l'opposition aux législatives, mettant un terme à l'hégémonie chaviste.

Ce tournant a débouché sur un choc de pouvoirs, au cours duquel le législatif a été paralysé par le judiciaire, la Cour suprême accusée de servir le chavisme, via des décisions qui ont fait descendre l'opposition dans la rue.

Le taux d'approbation du chef de l'Etat socialiste est de 20,8%, selon l’institut de sondages Datanalisis, très loin des 71,5% atteint par Chavez en 2006, au sommet de sa popularité.

- Bouée de sauvetage -

Maduro accuse l'opposition de conspirer avec les Etats-Unis pour le faire chuter en menant une "guerre économique" et en attisant la violence.

De son côté, pour justifier l'Assemblée constituante, il promet le retour de la paix et le redressement économique.

Ses 545 membres seront élus dimanche, sans la participation de candidats de l'opposition qui parle de "fraude" et exige des élections générales.

Le projet de Constituante du président est rejeté par 70% des Vénézuéliens, selon Datanalisis.

La Constituante est "sa bouée de secours pour éviter une élection qu'il perdrait et pour gouverner sans les limites qu'impliquent des institutions autonomes" comme le Parlement ou le parquet, estime l'analyste Benigno Alarcon.

Un scrutin présidentiel est prévu fin 2018, mais l'opposition craint que la future assemblée, définie comme un "super-pouvoir" par le gouvernement, change les règles.

"Il a monté cela pour se cramponner au pouvoir. Le chavisme est un phénomène sectaire qui n'admet pas de concurrence", souligne le politologue Luis Salamanca.

Maduro peut compter sur le soutient des militaires, à qui il a confié de vastes pouvoirs, ainsi que sur la justice et l'autorité électorale.

- Négociation -

Le dirigeant vénézuélien pourrait profiter de la Constituante, qui doit débuter ses travaux le 2 août, pour accroître sa capacité de négociation.

"Je n'écarte pas le fait que le régime cherche, avec ce projet autocratique tellement extrême, à négocier de meilleures conditions d'une sortie de crise", juge Michael Shifter, président du cercle de réflexion Dialogue interaméricain, installé à Washington.

Fin 2016, une tentative de pourparlers entre le gouvernement et l'opposition s'est soldée par un échec.

"La Constituante est un atout politique. Après son installation, le gouvernement pourrait commencer à négocier", juge l'analyste Colette Capriles.

- Avenir incertain -

La dissidence chaviste, qui a donné de la voix ces dernières semaines, qualifie le processus d’illégal et de trahison de l'esprit du fondateur de la "révolution bolivarienne", qui a promulgué en 1999 l'actuelle Constitution.

"C'est la puntilla (coup de poignard servant à achever le taureau), comme disent les fans de tauromachie. C'est la deuxième mort de Chavez", a lancé l'ex-ministre Hector Navarro, qui reproche à Maduro de ne pas avoir consulté le peuple par référendum avant de convoquer le scrutin.

Benigno Alarcon anticipe de "grands conflits internes" du côté du pouvoir.

En revanche, "il sera très difficile d'enterrer le chavisme dans son ensemble, c'est pour ça qu'on prend nos distances", fait valoir Ana Elisa Osorio, autre ancienne ministre.

Mais Shifter assure, lui, que la "révolution bolivarienne est terminée", car ses programmes sociaux sont trop dépendants des cours élevés du pétrole.

"La Constituante est l'expression politique radicale d'un échec économique intégral", tranche-t-il.

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