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Syrie: des années d'efforts diplomatiques infructueux

| AFP | 346 | Aucun vote sur cette news
L'envoyé spécial pour la Syrie Staffan de Mistura lors d'une conférence de presse à Genève, le 14 décembre 2017
L'envoyé spécial pour la Syrie Staffan de Mistura lors d'une conférence de presse à Genève, le 14 décembre 2017 ( Fabrice COFFRINI / AFP )

De nombreuses initiatives ont été prises en vue de parvenir à un règlement pacifique du conflit qui ravage la Syrie depuis 2011, mais elles ont toutes échoué, avec le sort réservé au président Bachar al-Assad comme principale pierre d'achoppement.

La guerre a fait plus de 340.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

- Des "solutions arabes" rejetées -

En janvier 2012, deux mois après l'échec d'un premier plan arabe prévoyant un arrêt des violences, la libération des détenus et le retrait de l'armée des villes, les chefs de diplomatie arabes adoptent une initiative prévoyant un transfert de pouvoirs du président Assad à son adjoint et un cabinet d'union.

"Finies les solutions arabes", affirme le régime, rejetant en bloc ce plan et se disant déterminé à en finir avec la révolte, réprimée dans le sang.

- Genève I: formulation ambiguë -

Le 30 juin 2012 à Genève, le "Groupe d'action sur la Syrie" (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, ainsi que des représentants de la Ligue arabe, de la Turquie et de l'Union européenne) s'accorde sur les principes d'une transition.

Le plan prévoit la mise en place "par consentement mutuel" d'un "gouvernement de transition ayant les pleins pouvoirs", mais il ne précise pas le sort d'Assad.

Les Etats-Unis estiment que le plan ouvre la voie à l'ère "post-Assad", alors que la Russie et la Chine, alliées du régime, réaffirment qu'il revient aux Syriens de déterminer leur avenir.

- Genève II: pas d'ordre du jour -

En janvier 2014, les premiers pourparlers entre opposition et régime se tiennent à Genève sous la pression des Etats-Unis et de la Russie.

Le 15 février, après une deuxième session de négociations sans aucune avancée, le médiateur de l'ONU Lakhdar Brahimi, qui avait remplacé Kofi Annan en 2012, met fin aux discussions avant de démissionner à son tour.

- Processus de Vienne -

En novembre 2015, un Groupe international de soutien à la Syrie (GISS) est mis sur pied à Vienne. Il regroupe 23 puissances mondiales, régionales et organisations multilatérales, dont les Etats-Unis, la Russie, l'Arabie saoudite, l'Iran, la Turquie, l'ONU et l'UE.

Le groupe se dote d'une feuille de route qui comprend un cessez-le-feu durable, de l'aide humanitaire et une amorce de processus politique entre le régime et l'opposition modérée. Mais l'avenir d'Assad n'est pas réglé.

Le 18 décembre, le processus de Vienne est validé par le Conseil de sécurité.

- Genève: sept rounds sans résultat -

Début 2016, trois rounds de négociations indirectes entre régime et groupes de l'opposition se tiennent à Genève, sous la supervision de l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura. Ils bloquent sur les modalités d'une transition et se heurtent, sur le terrain, à des violations d'une trêve initiée par les Etats-Unis et la Russie.

En mars, mai et juillet 2017, quatre autres séries de pourparlers indirects sont organisées, sans résultat.

- Genève éclipsé par Astana -

En janvier 2017, la Russie et l'Iran, alliés du régime, et la Turquie, soutien des rebelles, organisent à Astana (Kazakhstan), sans l'implication de Washington, des discussions réunissant pour la première fois des représentants du régime et une délégation rebelle.

Ces trois "parrains" ont de fait pris en main le dossier syrien en imposant fin décembre 2016 un cessez-le-feu entre armée et groupes rebelles. Engagée militairement depuis septembre 2015 en Syrie, la Russie a changé la donne dans le conflit en volant au secours de l'armée syrienne, alors en difficulté face aux rebelles appuyés par des pays du Golfe et occidentaux.

Sept cycles de négociations ont depuis eu lieu et surtout abouti à un accord sur la mise en place de quatre "zones de désescalade" dans plusieurs régions syriennes, permettant une diminution des violences sans jamais les faire cesser complétement.

- Une "occasion en or manquée" -

Le 28 novembre, le huitième cycle des pourparlers s'ouvre à Genève. La délégation du gouvernement retarde d'un jour sa venue pour manifester son mécontentement après que l'opposition eut réclamé une nouvelle fois le départ de Bachar al-Assad.

Le 14 décembre, l'émissaire de l'ONU accuse le gouvernement de Damas d'avoir fait capoter les pourparlers de Genève en refusant de dialoguer avec l'opposition. "Je suis déçu (...) c'est une occasion en or manquée", déclare Staffan de Mistura.

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