En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.  En savoir plus  J'accepte

  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
4 804.61 PTS
+0.39 %
4 802.50
+0.34 %
SBF 120 PTS
3 825.75
+0.43 %
DAX PTS
10 914.59
+0.21 %
Dowjones PTS
24 065.59
+0.00 %
6 669.64
+0.00 %
1.139
-0.07 %

"Mézières-Charleville", QG allemand dans les Ardennes occupées en 14-18

| AFP | 272 | Aucun vote sur cette news
Un panneau indicateur à l'entrée de Charleville-Mézières, le 13 décembre 2013 dans les Ardennes
Un panneau indicateur à l'entrée de Charleville-Mézières, le 13 décembre 2013 dans les Ardennes ( FRANCOIS NASCIMBENI / AFP/Archives )

Kaiser, Kommandantur et gratin berlinois... Placée sous le "joug allemand" pendant toute la Grande Guerre, Charleville-Mézières, où se déroule mercredi le Conseil des ministres, était il y a un siècle le siège des plus hautes instances allemandes, raconte à l'AFP Carole Marquet-Morelle, historienne et directrice du Musée de l'Ardenne.

QUESTION: Comment s'est déroulée l'occupation allemande de la ville ?

REPONSE: Les Ardennes ont été le seul département français entièrement occupé durant le conflit, du 29 août 1914 au 11 novembre 1918, soit cinquante-deux mois. L'installation de Guillaume II date du 26 septembre. À l'époque, Charleville et Mézières sont deux villes séparées: elles sont pour la première fois réunies sous l'appellation "Mézières-Charleville". L'hypothèse la plus plausible de ce choix réside dans la position de ces villes au centre de la ligne de front, qui va de l'Alsace jusqu'à la mer du Nord, et par la présence d'un bon réseau ferroviaire, facilitant les déplacements. L'empereur arrive avec sa cour, l'état-major militaire, les diplomates. C'est vraiment une transposition des administrations berlinoises. On dénombre environ 350 officiers ainsi que 1.300 sous-officiers et soldats. Le Grand Quartier général s'installe à la préfecture de Mézières. C'est là où on décide des opérations militaires, où on pense l'offensive de Verdun, où on réfléchit à la contre-offensive du Chemin des Dames.

Q.: Pourquoi cette mainmise sur le chef-lieu des Ardennes ?

R.: L'occupation était là pour préparer l'extension du territoire de l'Allemagne, l'annexion de cette nouvelle région. On distingue trois phases dans ce mécanisme: germanisation politique où l'occupant s'immisce dans la vie des conseils municipaux, germanisation culturelle, germanisation économique, faite de réquisitions et de lourds impôts à payer. C'est une mainmise complète sur la monnaie et l'outil de production. D'ailleurs, plus aucun journal ne paraît, sauf "La Gazette des Ardennes", journal de propagande imprimé à Charleville pour informer toute la partie occupée du pays. La charnière, c'est 1916, après Verdun: les choses basculent et les Allemands commencent à confisquer les biens. Ils reculent en pratiquant la politique de la terre brûlée à mesure des avancées de l'armée française: Mézières est bombardée, mais Charleville est épargnée.

Q. : Comment la population a-t-elle traversé cette période, méconnue ?

R. : Dès le départ, l'occupation est très dure. Les denrées manquent. Les civils sont privés de liberté de mouvement, il faut un laissez-passer pour circuler, sous peine d'amende. De 1914 à août 1918, 20.726 habitants ont été réquisitionnés, parmi lesquels 11.312 hommes, 8.533 femmes et 881 enfants, pour aller travailler dans toutes les Ardennes, notamment pour des travaux agricoles. Il y a eu des déportations, surtout vers les pays baltes, ce fut le cas d'un conseiller municipal de Mézières... La population était sous le joug allemand. Mais il y avait déjà un traumatisme de la guerre et les habitants de la France non-occupée étaient suspicieux de ces gens qui avaient vécu quatre ans avec l'Allemand. On ne s'imaginait pas ce que ça pouvait être... Et les historiens ne s'en sont pas emparés tout de suite car l'historiographie de la Grande Guerre a d'abord été celle des batailles. Donc, c'est une mémoire qui a été enfouie: elle s'est transmise localement mais n'a jamais été un sujet national.

 ■

Copyright © 2019 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 16/01/2019

  FLEURY MICHON SA au capital de 13 382 658.85 Euros - RCS la Roche sur Yon B 572 058 329         BILAN SEMESTRIEL DU CONTRAT DE LIQUIDITE  CONTRACTE…

Publié le 16/01/2019

Pierre et Vacances annonce l’acquisition de la start-up française RendezvousCheznous.com, une marketplace lancée en 2014, qui met en relation les vacanciers avec les hôtes locaux pour des…

Publié le 16/01/2019

Bank of America Merrill Lynch a réalisé au quatrième trimestre un bénéfice net de 7,3 milliards de dollars, en hausse de 204%. L'an dernier, la banque de Charlotte avait été pénalisée par la…

Publié le 16/01/2019

Reconnu pour la qualité de son offre et la richesse de son écosystème de partenaires Paris, le 16 janvier 2019 - Atos, leader international de la transformation digitale, a été…

Publié le 16/01/2019

Société Générale Corporate & Investment Banking (SG CIB) a annoncé la nomination de Peter McGahan au poste de Responsable Relations Clients et Banque d’Investissement pour le Royaume-Uni à…