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Les "gilets jaunes" à nouveau mobilisés samedi, premier test de l'année 2019

| AFP | 1204 | 1 par 1 internautes
Manifestation de
Manifestation de "gilets jaunes" à Lyon, le 22 décembre 2018 ( ROMAIN LAFABREGUE / AFP/Archives )

Après une fin d'année marquée par un reflux de la mobilisation, les "gilets jaunes" appellent samedi à une reprise du mouvement, espérant capitaliser sur l'interpellation médiatisée d'un des leurs, mercredi à Paris, pour relancer leur bras de fer avec le pouvoir.

. Un "acte VIII" sur les places de France

Sur les réseaux sociaux, les groupes de "gilets jaunes" appellent à tenir leur huitième samedi de mobilisation sur les "places symboliques" des villes françaises (places des Brotteaux et Bellecour à Lyon, place de la Bourse à Bordeaux, places du Capitole et Wilson à Toulouse...).

À Paris, une manifestation de la place de l'Hôtel de Ville jusqu'à l'Assemblée nationale a été pour la première fois déclarée à la préfecture de police par le collectif "La France en colère", constitué autour de deux figures du mouvement, Éric Drouet et Priscillia Ludosky. Discrétion ou démobilisation ? Moins de 1.000 personnes s'étaient désignées comme "participants" vendredi sur Facebook.

Des marches de "femmes gilets jaunes" sont également prévues dimanche. Sur l'événement Facebook du défilé parisien, les organisatrices promettent "une action coup de poing".

Comme Annie, retraitée dijonnaise, beaucoup de "gilets jaunes" espèrent que l'interpellation "scandaleuse" d'Éric Drouet mercredi à Paris permettra de remobiliser. "On est remontés après les voeux de Macron, qui pour nous ont été une déclaration de guerre", ajoute Fabrice, fonctionnaire lyonnais de 46 ans.

À Paris, des membres de "La France en colère" liront une "lettre ouverte citoyenne", diffusée depuis jeudi soir, pour répondre aux voeux d'Emmanuel Macron le 31 décembre.

"La colère va se transformer en haine si vous continuez, de votre piédestal, vous et vos semblables, à considérer le petit peuple comme des gueux", préviennent-ils notamment. "Changez d'attitude et accueillez-nous autour d'une table pour discuter", lancent-ils, rejetant par avance le grand débat national voulu par le président, "un piège politique".

"Nous ne sommes pas résignés (et) nous irons plus loin. (...) Ne vous pensez pas au-dessus des lois et de la volonté du peuple de France", affirment-ils, invoquant la révolution ukrainienne de 2013-2014 qui avait débouché sur la chute du président pro-russe Viktor Ianoukovitch.

. L'exécutif affiche sa fermeté

Depuis les concessions faites par Emmanuel Macron le 10 décembre, l'exécutif réclame un retour à "l'État de droit" et à "l'ordre républicain".

"Force doit rester à la loi", a assuré vendredi le porte-parole du gouvernement, fustigeant les "gilets jaunes" qui poursuivent leurs actions malgré les annonces présidentielles. Le mouvement, "pour ceux qui restent encore mobilisés, est devenu le fait d'agitateurs qui veulent l'insurrection et, au fond, renverser le gouvernement", a déclaré Benjamin Griveaux.

Dans un télégramme du 29 décembre, le ministre de l'Intérieur a demandé aux préfets de continuer "la libération complète et définitive" de la "centaine de points de rassemblements" subsistant en France, par tous les moyens légaux (recours à la force publique, contraventions...).

L'interpellation d'Éric Drouet est aussi vue par beaucoup de "gilets jaunes" comme un signal dissuasif envoyé par les autorités pour éviter les manifestations non déclarées.

Face à cette "répression", le collectif "La France en colère" suggère à ses sympathisants de retirer leurs gilets jaunes pour "se présenter dans les rues, sur les places, comme les simples citoyens qu'ils sont".

. Une "guerre des médias" avec le gouvernement

Très critiques, voire hostiles, envers les médias, les "gilets jaunes" entendent désormais les utiliser dans une guerre d'image face au gouvernement.

Dans un Facebook Live jeudi soir à la sortie de garde à vue, Éric Drouet s'est ainsi félicité d'avoir réussi un "coup de com'" avec son interpellation devant les caméras. "On a fait ça pour arriver là. On savait ce qu'ils (la police) ne voulaient pas qu'on fasse, même si c'était légal. (...) On savait un peu comment ça allait se passer", a-t-il expliqué.

"Tout est une question d'image. Il va falloir jouer avec ça", a-t-il estimé. "Il faut jouer des médias comme eux (le gouvernement, ndlr) arrivent à jouer des médias. Ils essaient de nous faire passer pour des anarchistes, des casseurs. C'était la monnaie de leur pièce, il va falloir trouver d'autres idées comme ça."

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