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Espagne: Rajoy et Puigdemont, les deux protagonistes de la crise catalane

| AFP | 140 | Aucun vote sur cette news
Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy lors d'une séance au Parlement, le 25 octobre 2017 à Madrid
Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy lors d'une séance au Parlement, le 25 octobre 2017 à Madrid ( PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP )

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy et le président régional catalan Carles Puigdemont sont les principaux protagonistes du bras de fer opposant Madrid aux indépendantistes catalans.

- Mariano Rajoy -

Président du Parti populaire (PP, conservateur) depuis 13 ans, Mariano Rajoy est le chef du gouvernement espagnol depuis 2011.

Souvent surnommé le survivant de la politique, ce Galicien de 62 ans a l'habitude de temporiser, dans une sorte de guerre d'usure de ses adversaires.

Il est ainsi parvenu à entamer un second mandat, en novembre 2016, après avoir laissé la gauche se déchirer, alors que l'Espagne était restée dix mois sans gouvernement.

M. Rajoy avait remporté les législatives avec 33% des voix, en se targuant d'avoir sorti l'Espagne de la crise économique, au prix de mesures d'austérité impopulaires et en faisant campagne sur l'unité de l'Espagne menacée.

Le président catalan Carles Puigdemont arrive au Parlement catalan, le 26 octobre 2017 à Barcelone
Le président catalan Carles Puigdemont arrive au Parlement catalan, le 26 octobre 2017 à Barcelone ( LLUIS GENE / AFP )

Dépourvu de majorité parlementaire, il gouverne avec le soutien de la formation libérale Ciudadanos (Citoyens), née en 2005 à Barcelone pour lutter contre le séparatisme.

Son parti n'est que la cinquième force politique en Catalogne (8,5% aux régionales de 2015, 13% aux législatives de 2016) et ne détient qu'une seule mairie.

On y reproche en particulier à M. Rajoy d'avoir mené bataille contre le nouveau Statut d'autonomie de la Catalogne, approuvé en 2006 par le Parlement espagnol. Ce statut accordait des compétences élargies aux autorités régionales et, dans son préambule, définissait la Catalogne comme "nation" à l'intérieur de l'Etat espagnol.

Saisie par le PP, la Cour constitutionnelle avait partiellement annulé ce statut en 2010, un épisode vécu comme une humiliation par de nombreux Catalans.

Ses détracteurs accusent M. Rajoy d'avoir laissé pourrir la question catalane et alimenté l'indépendantisme, en faisant la sourde oreille aux revendications et manifestations pacifiques.

Il est farouchement opposé à tout référendum d'autodétermination de la région, faisant valoir qu'il serait contraire à la Constitution et que tous les Espagnols doivent être consultés quand l'unité du pays est en jeu.

- Carles Puigdemont -

Ancien journaliste de 54 ans, Carles Puigdemont milite pour l'indépendance de la Catalogne depuis sa jeunesse.

Il a été propulsé en janvier 2016 à la présidence de sa région, en remplacement d'Artur Mas dont le profil de récent converti au séparatisme, la corruption de son parti et les politiques d'austérité avaient braqué les indépendantistes d'extrême gauche.

Membre du même parti conservateur que M. Mas, M. Puigdemont a été maire de la ville catalane de Girone et président de l'Association des municipalités pour l'indépendance. Il siège depuis 2006 au parlement régional.

Réputé têtu, M. Puigdemont a toujours plaidé que la Catalogne était "une nation ayant le droit à décider de son avenir" et réclamé un référendum d'autodétermination légal.

Une partie des Catalans lui sait gré d'avoir tenu sa promesse d'organiser un référendum, interdit, le 1er octobre, émaillé de violences policières. Résultat proclamé et invérifiable: "90,18%" de "oui" à une République catalane, avec 43% de participation.

Mais toute une autre partie des Catalans crie à "l'escroquerie démocratique" destinée à légitimer une déclaration unilatérale d'indépendance envers et contre tous. Beaucoup lui reprochent d'avoir créé sa propre réalité et tourné le dos à la Catalogne non indépendantiste.

Pour l'organisation du référendum interdit, il fait l'objet d'une enquête pour "désobéissance", "prévarication" et "malversation de deniers publics".

Sa détermination a un temps été entamée par la pression des milieux économiques et des plus modérés dans son camp. Jeudi, il a même envisagé de convoquer des élections, pour éviter un choc frontal.

Mais il a finalement renoncé à cette voie, au risque d'être un jour arrêté par la police.

Le 10 octobre, il avait proposé de suspendre la déclaration unilatérale d'indépendance en assurant vouloir ainsi permettre la négociation avec Madrid et une éventuelle médiation internationale.

Puis, le 19, il avait informé le gouvernement espagnol que la Catalogne n'avait pas déclaré l'indépendance mais pourrait le faire si Madrid poursuivait la "répression", notamment en suspendant l'autonomie.

Le gouvernement ayant finalement annoncé que la mise sous tutelle de sa région était inéluctable, il a laissé le dernier mot au Parlement catalan pour déclarer, ou non, l'indépendance.

"Il appartient au Parlement de décider en fonction de ce que la majorité parlementaire aura décidé", a-t-il déclaré jeudi, sans cependant prononcer une seule fois le mot clef: "indépendance".

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