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Au Venezuela, les visages de la crise

| AFP | 513 | Aucun vote sur cette news
Un homme passe devant des slogans anti Nicolas Maduro, le président du Venezuela, le 3 janvier 2018
Un homme passe devant des slogans anti Nicolas Maduro, le président du Venezuela, le 3 janvier 2018 ( YURI CORTEZ / AFP/Archives )

Jairo ne peut plus se nourrir correctement à cause de l'hyperinflation, José voit mourir ses patients faute de médicaments, Manuela ne peut plus légiférer, Henry a décidé d'émigrer...

Ces Vénézuéliens se débattent avec une crise économique et politique qui n'a cessé de s'aggraver sous la présidence de Nicolas Maduro dont le deuxième mandat, contesté par l'opposition et la communauté internationale, débute jeudi.

-"J'ai perdu sept kilos" -

Jairo Colmenares, 33 ans, tente de faire ses courses avec un salaire qui plafonne à l'équivalent de sept dollars. Au marché, il parvient à peine à acheter 12 oeufs, un demi-kilo de pommes de terre et quelques goyaves.

Lorsqu'il ne travaille pas, cet employé du métro de Caracas se lève tard pour s'économiser un repas. "J'ai perdu sept kilos", explique-t-il, frappé de plein fouet par l'hyperinflation (10 millions de % en 2019 selon le FMI).

Jairo Colmenares fait ses courses dans un marché de Caracas, le 29 décembre 2018
Jairo Colmenares fait ses courses dans un marché de Caracas, le 29 décembre 2018 ( YURI CORTEZ / AFP/Archives )

Il mange principalement des haricots et des lentilles que distribue le gouvernement à des prix subventionnés. "Une fois par mois, j'essaie d'acheter du poulet ou de la viande".

Il gagne un peu d'argent en travaillant à côté, mais cela ne suffit pas. Ses enfants de 10 et 11 ans ont émigré en Colombie avec leur mère en 2017.

Pour Jairo, Nicolas Maduro, l'ancien chauffeur de bus, est loin d'être un "président ouvrier" comme il le clame.

Pas d'eau dans les hôpitaux

A l'entrée de l'hôpital Pérez Carreño, le plus grand de Caracas, un homme attend sur une civière posée à même le sol, à quelques mètres d'un cadavre recouvert d'un drap.

Plus loin, les parents d'un jeune homme touché d'une balle dans la tête ont amené de l'eau pour laver son visage ensanglanté.

Un homme couché à l'entrée des urgences de l'hôpital Docteur Pérez Carreño, le 31 décembre 2018 à Caracas
Un homme couché à l'entrée des urgences de l'hôpital Docteur Pérez Carreño, le 31 décembre 2018 à Caracas ( YURI CORTEZ / AFP/Archives )

"Par manque de produits ou de personnel, un ou deux patients meurent chaque jour", explique à l'AFP José, neurochirurgien de 27 ans.

Les étagères vides témoignent de la pénurie de médicaments et de matériel médical, difficiles à importer depuis l'écroulement de la production pétrolière -- de 3,2 millions à 1,1 au cours des dix dernières années.

"Quand il y a des antibiotiques, il n'y a pas de seringues, quand il y a des seringues, il n'y a pas d'antibiotiques. Il faut un alignement de planètes pour que tout se passe bien pendant une semaine", ironise José.

"Il arrive souvent que nous n'ayons pas d'eau", ajoute le médecin. Selon une ONG, 70% des hôpitaux font face à des pénuries d'eau.

Pour le gouvernement, ces pénuries sont dues à la "guerre économique" menée par les Etats-Unis, qui ont coûté 20 milliards de dollars à l'économie vénézuélienne en 2018.

Députés impuissants

Le Parlement, seule institution contrôlée par l'opposition, a déclaré illégitime le nouveau mandat de Maduro. Mais les députés sont en réalité impuissants.

Toutes leurs décisions sont annulées par la Cour suprême, réputée proche du pouvoir, et les prérogatives du Parlement ont été récupérées par l'Assemblée constituante, composée d'affiliés au régime.

Un slogan contre le président du Venezuela, Nicolas Maduro, le 3 janvier 2018
Un slogan contre le président du Venezuela, Nicolas Maduro, le 3 janvier 2018 ( YURI CORTEZ / AFP/Archives )

Sans pouvoir, les députés, accusés par Nicolas Maduro de vouloir le renverser, voire de l'assassiner, ne reçoivent plus de salaire depuis 2016.

La députée Manuela Bolivar survit grâce aux transferts d'argent et de denrées que lui font parvenir son époux et sa famille émigrés. "Je n'ai pas reçu un centime de salaire. Ils veulent nous casser", se désole la députée de 35 ans.

Des députés de province expliquent, quant à eux, qu'ils font 14 heures de bus pour assister aux débats, faute de pouvoir se payer un billet d'avion, et ne mangent qu'un repas par jour.

"Le pire est derrière nous"

Les vieux parents de Henry Peña ne peuvent s'empêcher de pleurer lorsque ce dernier leur fait ses adieux au terminal de bus de Caracas.

Le mécanicien de 45 ans est rentré du Pérou pour venir chercher ses filles, qui ont elles-mêmes deux enfants âgés de deux et quatre ans. La famille va rejoindre les 2,3 millions de Vénézuéliens qui ont quitté le pays depuis 2015, selon l'ONU qui prévoit 5,3 millions de réfugiés de ce pays en 2019.

Henry a vendu sa camionnette, sa moto et sa télévision pour acheter les billets. Après 14 heures de voyage, la famille arrive à la frontière colombienne. "Le pire est derrière nous", s'exclame une de ses filles dans une vidéo enregistrée sur son téléphone.

"Nous avons décidé de partir avant que Maduro ne ferme la frontière ou que les pays voisins rompent leurs relations diplomatiques avec le Venezuela", explique Henry.

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