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Au Kenya, la lutte contre le braconnage passe aussi par la high-tech

| AFP | 404 | Aucun vote sur cette news
Un rhinocéros noir dans la réserve d'Ol Pejeta au Kenya, le 28 mai 2019
Un rhinocéros noir dans la réserve d'Ol Pejeta au Kenya, le 28 mai 2019 ( TONY KARUMBA / AFP/Archives )

Chaque matin, aux confins de la réserve animalière d'Ol Pejeta, surplombée par le Mont Kenya, un ranger à l'uniforme kaki efface soigneusement les empreintes au sol d'animaux, pour les protéger d'éventuels braconniers.

La méthode est ancestrale mais le ranger peut désormais compter sur de nouveaux outils: fixée à un mât, une caméra à 360° filme la zone et relaie 24 heures sur 24 de possibles intrusions au quartier général de la réserve.

Cette caméra est l'une des dernières armes de l'arsenal technologique anti-braconnage déployé dans la réserve privée d'Ol Pejeta, sur le plateau de Laikipia (centre), qui abrite notamment les deux derniers rhinocéros blancs du Nord au monde - deux femelles - et la plus grande population d'Afrique de l'Est de rhinocéros noirs, une espèce en danger critique d'extinction.

Le mois dernier, Ol Pejeta a lancé ce qu'elle présente comme le premier laboratoire high-tech pour la faune, un centre de recherche situé au cœur du sanctuaire et destiné à intégrer les nouvelles technologies à la gestion quotidienne des réserves animalières.

Installés dans un conteneur aménagé, des ingénieurs en informatique testent la prochaine génération de puces de géolocalisation des animaux et développent des capteurs qui, un jour, donneront des informations sur l'état de santé des rangers, sur le niveau des rivières...

"Nous n'en sommes encore qu'à nos premiers pas dans ce domaine", reconnaît Richard Vigne, le directeur général d'Ol Pejeta, auprès de l'AFP.

Une puce dans la corne

Entre autres projets, les chercheurs travaillent à la conception d'une puce électronique qui serait insérée dans la corne d'un rhinocéros et renseignerait en temps réel la localisation exacte de l'animal et ses données vitales.

Damian Otieno, ingénieur en informatique, fait la démonstration des techniques mises en place dans la réserve d'Ol Pejeta, au Kenya, le 28 mai 2019
Damian Otieno, ingénieur en informatique, fait la démonstration des techniques mises en place dans la réserve d'Ol Pejeta, au Kenya, le 28 mai 2019 ( TONY KARUMBA / AFP/Archives )

"Personne d'autre ne mène ce genre d'expérimentation dans le milieu de la protection de la faune au Kenya (...) Pour moi, c'était très attrayant", explique Damian Otieno, un informaticien kényan qui a quitté un travail de bureau pour diriger ces recherches à Ol Pejeta.

Jusqu'à cette année, pour savoir si un braconnier rôdait dans le sanctuaire, il fallait soit l'apercevoir directement, soit éplucher les photos prises par des appareils équipés de détecteurs de mouvements.

"Ce qui me tracasse avec le monde de la protection de la faune, c'est notre lenteur à adopter les nouvelles technologies et à mettre en place de nouvelles manières de faire les choses. Il faut que ça change", explique M. Vigne.

Pour le moment, trois caméras installées dans la réserve de 360 km2 envoient des alertes en temps réel, en cas d'intrusion par exemple, aux 250 rangers chargés de la sécurité.

La dernière victime du braconnage à Ol Pejeta, un rhinocéros, remonte à octobre 2017. Mais la menace demeure. L'année dernière, trois rhinocéros ont été tués, leurs cornes sectionnées et emportées, dans le parc national de Meru, sur l'autre versant du Mont Kenya.

"Une banque sans portes"

La demande de cornes de rhinocéros émane surtout de Chine et du Vietnam, où la médecine traditionnelle leur attribue toutes sortes de vertus, rappelle Samuel Mutisya, responsable de la protection de la faune à Ol Pejeta.

Un kilo de corne de rhinocéros se négocie plus cher qu'un kilo d'or sur le marché noir, souligne-t-il.

"Sur le papier, nous sommes comme une banque sans portes".

Les rangers patrouillent dans la réserve animalière d'Ol Pejeta au Kenya, le 28 mai 2019
Les rangers patrouillent dans la réserve animalière d'Ol Pejeta au Kenya, le 28 mai 2019 ( TONY KARUMBA / AFP/Archives )

Dans la grande majorité des parcs nationaux, la collecte de renseignements repose toujours sur le travail des rangers et le talkie-walkie continue de régner en maître, faute de couverture réseau dans ces zones souvent reculées.

Mais la réserve d'Ol Pejeta dispose désormais de son propre réseau, mis en place par une société française (SigFox) et qui permet à de petits appareils numériques très peu énergivores d'envoyer des données sur une plateforme unique.

Géolocalisation des rangers ou d'un groupe de lions, dégâts sur une clôture du parc, toutes ces données s'affichent sur une carte interactive consultable sur l'écran de son choix.

Menottes clignotantes

Une icône représentant une paire de menottes clignotante indique une arrestation. Un message "contact braconnier" déclenche l'envoi immédiat de rangers armés.

Une girafe mâle le 28 mai 2019 dans la réserve d'Ol ëjeta au Kenya
Une girafe mâle le 28 mai 2019 dans la réserve d'Ol ëjeta au Kenya ( TONY KARUMBA / AFP/Archives )

D'autres innovations ont été testées ailleurs en Afrique pour lutter contre le braconnage, mais leur coût élevé demeure le principal obstacle à leur généralisation.

Drones, caméras thermiques et clôtures dématérialisées ont été notamment testées dans plusieurs pays africains par l'ONG WWF via un programme pilote financé par Google, qui s'est terminé en 2017.

La société Flir Systems, qui fabrique des caméras thermiques, a indiqué en janvier que sa technologie, déjà utilisée dans la réserve du Masaï Mara au Kenya, serait déployée dans 10 parcs kényans.

Pour Richard Vigne, il faut toutefois surmonter le coût de ces nouvelles solutions et le laboratoire de nouvelles technologies d'Ol Pejeta vise à en trouver de peu coûteuses.

La réserve utilise déjà des puces électroniques très économiques et d'une durée de vie de plusieurs années pour localiser les troupeaux de bétail des communautés environnantes.

"C'est bien beau d'avoir un ou deux parcs en Afrique avec plein de technologie mais si c'est cher au point que personne d'autre ne peut y recourir, alors c'est une perte de temps", explique M. Vigne.

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