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Whirlpool Amiens: accord signé pour réindustrialiser le site

| AFP | 130 | Aucun vote sur cette news
Whirpool annonce la signature d'un accord avec l'entreprise Decayeux pour la
Whirpool annonce la signature d'un accord avec l'entreprise Decayeux pour la "réindustrialisation" de son site d'Amiens ( FRANCOIS NASCIMBENI / AFP/Archives )

Le dossier Whirlpool Amiens a connu mardi un dénouement heureux, mais qui reste à concrétiser, avec la signature d'un accord avec l'industriel picard Nicolas Decayeux pour "réindustrialiser" le site, promis à la fermeture en juin.

Bien accueilli par les syndicats du groupe d'électroménager, qui l'avaient "approuvé à l'unanimité" en août, le projet, appuyé par l'Etat, la région Hauts-de-France et la ville d'Amiens, "permettra la réindustrialisation de l'usine d'Amiens et la création de 277 emplois à terme", a indiqué Whirlpool dans un communiqué. Ce dossier s'était invité à la Une lors de l'élection présidentielle, avec la venue concomitante dans l'entre deux tours d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen.

Le site, qui fabrique des sèche-linge, emploie 290 salariés et, quasiment en permanence, 250 intérimaires. Il fait également travailler une centaine de personnes chez Prima, un sous-traitant produisant des plastiques.

Whirlpool avait annoncé le 24 janvier la délocalisation de la production à Lodz, en Pologne, pour des raisons de rentabilité.

Nicolas Decayeux, président du holding financier du groupe Decayeux, avait déposé une offre en juin, en tant que personne physique, au nom de la société WN, et non pour le compte de son groupe Decayeux, fondé en 1872 et leader européen de la fabrication de boîtes aux lettres (650 salariés).

Il indique, mardi dans un communiqué, qu'il implantera "progressivement ses activités sur le site à partir de septembre 2017, parallèlement aux activités de production de Whirlpool".

Le site accueillera deux types d'activité. D'abord "une activité industrielle propre pour la fabrication de chargeurs pour véhicules électriques et de casiers intelligents réfrigérés destinés aux marchés de la santé, de l'alimentaire, de la restauration et de l'agriculture", "l’idée étant de substituer, dès juin 2018, la production de sèche-linge par 100% de la production WN". Ensuite un "modèle innovant de site de production collaboratif pour les TPE/PME des secteurs de l'équipement, de l'aménagement et du mobilier urbain".

La première activité, qui sera exercée par WN Full Time Service, démarrera "au premier semestre 2018", avec "un premier investissement de 5 millions d'euros" d'ici la fin de l'année. La seconde débutera "en 2018". "J'ai demandé à Whirlpool de m’épauler dans le montage financier de ce projet et c’est ce que Whirlpool a fait", a souligné M. Decayeux dans un entretien au Courrier picard.

Whirlpool "soutiendra ce nouveau projet avec toutes les ressources et les actifs nécessaires" à sa "réussite", a déclaré le groupe américain dans son communiqué.

"On ne peut être que satisfait de voir cet accord aboutir", a réagi Ludovic Creusé, délégué CFE-CGC interrogé par l'AFP. "On favorise bien l’agriculture au plus près. Avec ce projet de reprise, on fait aussi le choix d’une industrie au plus près", a-t-il dit.

Juridiquement, les Whirlpool seront licenciés, avec des indemnités à la clé, et devront postuler pour se faire embaucher chez WN. "Dès demain (ndlr : mercredi 13 septembre), les fiches de postes des futures activités de WN seront connues. Les salariés de Whirlpool pourront y prétendre et envoyer leur CV, leur lettre de motivation", a précisé M. Creusé.

Le futur patron est venu dès mardi présenter son projet aux salariés. "Ils m’ont écouté avec beaucoup d’intérêt. Il y a eu de très bons échanges (...) Je leur ai dit qui j’étais, pourquoi j’étais là et ce que je voulais faire eux."

Pour Pascal Lefèbvre (CFTC), secrétaire-adjoint du comité d’entreprise, la cession du site est "une bonne nouvelle, pour les salariés en premier lieu, qui ont fait beaucoup de sacrifices."

Selon lui, "M. Decayeux est quelqu’un de sérieux (...) il pourra s’appuyer sur des salariés qui ont un vrai savoir-faire". "On croise les doigts, il n’y a pas de raison que ça ne marche pas".

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