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Wall Street timidement dans le vert, après la purge

| Boursier | 353 | Aucun vote sur cette news

Wall Street regagne un peu de terrain avant bourse ce vendredi, le DJIA s'adjugeant 0,2%, le S&P 500 0,4% et le Nasdaq 0,7%...

Wall Street timidement dans le vert, après la purge
Credits Reuters

Wall Street regagne un peu de terrain avant bourse ce vendredi, le DJIA s'adjugeant 0,2%, le S&P 500 0,4% et le Nasdaq 0,7%. Le baril de brut WTI remonte de 1,7% sur le Nymex à 61$. L'once d'or avance de 0,5% à 1.742$. L'indice dollar rend 0,1% face à un panier de devises. Le bitcoin s'affiche pratiquement stable sur 24 heures vers les 58.500$ sur Bitfinex. Les rendements obligataires restent tendus, avec un niveau de 1,69% sur le T-Bond à échéance 10 ans et un rendement de 2,42% sur le '30 ans'.

Il n'y aura pas de statistique économique notable outre-Atlantique ce jour. Notons qu'il s'agit néanmoins de la journée des Quatre Sorcières, soit le troisième vendredi de mars, journée marquée par l'échéance simultanée de quatre catégories de produits dérivés. Cela peut éventuellement (mais de moins en moins) donner lieu sur les marchés à une volatilité accrue.

En attendant, la cote américaine semble vouloir tenter un modeste sursaut technique, malgré les inquiétudes sanitaires ou celles concernant l'inflation. Le ton général des banques centrales demeure 'dovish', et les opérateurs apprécient l'ampleur du stimulus économique massif outre-Atlantique. Les discussions entre USA et Chine en Alaska ne semblent pas produire quant à elles de grands effets. Les deux pays semblent camper sur leurs positions, pour l'heure, les critiques portant sur les droits de l'homme, le commerce et les alliances internationales. Pékin espère tout de même l'organisation d'une réunion le mois prochain entre Xi Jinping et Biden.

Ailleurs dans le monde ce vendredi, les opérateurs ont pris connaissance ce matin d'un indice allemand des prix à la production en croissance de 0,7% en février, un peu moins que prévu. Le CPI japonais a lui régressé de 0,4% sur le même mois, un niveau proche des attentes. La politique monétaire japonaise n'a pas non plus fourni de surprise, la BoJ élargissant sa fourchette de tolérance autour de l'objectif de 0% à plus ou moins 25 points de base.

La Bourse de New York a fini en nette baisse hier, plombée par les valeurs technologiques et les pétrolières, au lendemain des annonces de la Fed, qui n'ont pas permis de calmer durablement les craintes d'inflation, qui font grimper les taux sur les marchés obligataires. Hier, les taux de l'emprunt d'Etat à 10 ans américain ont bondi de 9 points de base à 1,73%, au plus haut depuis décembre 2019. Le dollar s'est renforcé, tandis que le pétrole a plongé de 7%. La Fed a assuré mercredi qu'elle ne relèverait pas ses taux directeurs avant la fin 2023, mais les marchés n'ont visiblement pas trop cru à ce calendrier... A la clôture, le Dow Jones a cédé 0,46% à 32.862 points, au lendemain d'un record absolu au dessus des 33.000 pts, et l'indice large S&P 500 a fléchi de 1,48% à 3.915 pts. Quant au Nasdaq, il a abandonné 3,02% à 13.116 pts.

Les cours du pétrole ont plongé hier, signant une 5e séance de baisse consécutive, et cédant plus de 10% par rapport à leurs récents sommets de début mars.

Les investisseurs s'inquiètent notamment de la situation en Europe, où la dégradation de la situation sanitaire et les retards de la campagne de vaccination contre le coronavirus, font craindre une reprise et une demande pétrolière moins dynamiques que prévu. Outre le retour des craintes sur la croissance mondiale et la demande pétrolière, la remontée du dollar, jeudi, liée à celle des taux d'intérêts, a contribué à la chute de l'or noir.

Malgré les aléas des statistiques, les investisseurs tablent sur une accélération de la croissance liée aux aides du Plan Biden, et craignent un dérapage inflationniste... L'absence de réaction de la Fed face à ce risque, que la banque centrale juge temporaire, ne fait qu'accroître la nervosité des marchés, qui semblent persuadés que la banque centrale devra relever ses taux plus vite que prévu pour juguler l'inflation.

Mercredi, la Fed a maintenu en l'état sa politique monétaire ultra-accommodante, et a revu en nette hausse ses prévisions de croissance pour 2021 (+6,5% attendu aux Etats-Unis contre 4,2% en décembre), tout en réaffirmant son intention de ne pas relever ses taux directeurs (actuellement proches de zéro) avant la fin 2023... La Fed considère visiblement que l'ajustement actuel sur les taux à long terme ne traduit pas des risques inconsidérés, mais simplement un retour à la normale après la récession éclair de 2020, provoquée par la crise du coronavirus.

Pour autant, la Fed estime que le retour à ses objectifs de plein emploi et d'inflation autour de 2% n'est pas près de se produire. Dans ses nouvelles projections, la Fed prévoit le retour d'un taux de chômage pré-pandémie à 3,5% fin 2023, après 3,9% fin 2022 et 4,5% fin 2021. Quant à l'inflation, elle dépasserait légèrement l'objectif en 2021, à 2,2% pour le "Core PCE", avant de se stabiliser ensuite à 2% en 2022 et à 2,1% en 2023.

Le président de la Fed Jerome Powell a souligné mercredi que les Etats-Unis comptaient encore 9,5 millions d'emplois de moins qu'avant la pandémie, qui a détruit plus de 22 millions d'emplois au printemps 2020. Il aussi estimé que la crise continue de faire peser un "risque considérable" sur les perspectives économiques, notamment dans les secteurs les plus sinistrés.

Sur le front de la pandémie de coronavirus, les marchés surveillent de près la situation en Europe, où le nombre de cas augmente fortement dans de nombreux pays, dont l'Allemagne et la Belgique. La France a annoncé jeudi soir de nouvelles mesures restrictives, sous la forme d'un reconfinement de 16 départements, dont Paris et les 7 départements d'Ile-de-France.

La polémique sur le vaccin AstraZeneca (suspendu cette semaine par de nombreux pays européens) devrait se calmer après la décision jeudi de l'Agence européenne du médicament (EMA) jugeant ce vaccin "sûr et efficace". Les bénéfices du vaccin AstraZeneca sont supérieurs aux risques, a dit Emer Cooke, directrice de l'EMA, tout en disant ne pouvoir formellement exclure un lien entre la vaccination et les 30 rares cas de formation de caillots sanguins sur lesquels l'agence a enquêté parmi 5 millions de personnes vaccinées.

A noter enfin, des tensions entre Biden et Poutine. Mercredi, dans une interview diffusée par ABC News, Joe Biden a provoqué des vagues en attaquant de front le président russe Vladimir Poutine, qu'il a notamment accusé d'ingérence dans la présidentielle américaine de 2020 au profit de Donald Trump, ajoutant qu'il devrait "en payer le prix". Le leader russe a froidement répondu. Pour le Kremlin, l'administration Biden ne veut 'clairement pas' améliorer ses relations avec la Russie. "On se regarde toujours, en quelque sorte, dans un miroir", a rétorqué Poutine à Biden, qui l'avait décrit comme un tueur.

Les valeurs

Fedex a publié jeudi soir après la clôture de Wall Street des bénéfices et des ventes supérieurs aux attentes des analystes pour son 3e trimestre fiscal, qui a été dopé par les livraisons à domicile sur fond de pandémie de coronavirus. Le groupe américain a en outre affirmé s'attendre à ce que la demande pour ce type de services "reste très élevée dans un avenir prévisible".

Pour son 3e trimestre fiscal, achevé fin février, le groupe basé à Memphis (Tennessee) a annoncé un bénéfice net de 892 millions de dollars (3,30$ par action) contre 315 M$ (1,2$ par action) un an plus tôt. En données ajustées des éléments non récurrents, les bénéfices atteignent 939 M$, ou 3,47$ par action, alors que le consensus du cabinet FacSet tablait sur un bpa ajusté de 3,3$. Les ventes ont grimpé de 23% à 21,5 milliards de dollars, là aussi supérieures aux attentes des analystes, logées à 19,97 Mds$.

Pour l'ensemble de l'exercice 2021 en cours, Fedex prévoit un bpa ajusté entre 17,60$ et 18,20$. Les investissements ont été revus en hausse pour l'exercice, autour de 5,7 Mds$, en raison de changements dans le calendrier de paiement de ses avions et d'une accélération de l'expansion de ses capacités de livraison par la route.

Nike, le géant américain des équipements sportifs, a publié jeudi soir après la clôture de Wall Street des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, mais la croissance de ses ventes a ralenti en raison de difficultés logistiques pour acheminer ses produits aux Etats-Unis depuis l'Asie, en raison de la crise du coronavirus. Ces retards ont pesé sur les ventes du groupe pendant la période cruciale des fêtes de fin d'année. Au 3e trimestre fiscal, achevé fin février, Nike a dégagé un bénéfice net de 1,45 milliard de dollars (90 cents par action) en forte hausse de 71%. Les ventes du groupe ont totalisé 10,36 Mds$, en hausse de 2,6%. Le consensus était de 76 cents de bénéfice par action et 11 Mds$ de CA.

Nike avait subi une chute de ses ventes pendant deux trimestres consécutifs en 2020, en raison des confinements liés au Covid-19, avant de retrouver la croissance (+7%) pour son 2e trimestre fiscal, achevé fin novembre, qui incluait Thanksgiving, le Black Friday et le Cyber Monday. Cependant, le groupe (qui a désormais pu rouvrir la majorité de ses points de vente) a connu à partir de décembre des perturbations de sa chaîne d'approvisionnement, qui ont ralenti l'acheminement de ses produits des usines asiatiques vers les Etats-Unis. Ces perturbations sont liées "à la pandémie de Covid-19 en particulier en Amérique du Nord et dans la zone EMEA" (Europe, Moyen-Orient, Afrique), a précisé Nike.

Ainsi, les ventes ont reculé de 11% au 3e trimestre en Amérique du Nord à taux de changes constants, "en grande partie en raison d'une pénurie de conteneurs et d'une congestion dans les ports des Etats-Unis, qui ont retardé les livraisons au 3e trimestre de plus de trois semaines", selon Nike. Ainsi, l'activité des ports des Etats-Unis a été freinée par le manque de main d'oeuvre lié à la gestion de la crise du Covid.

Au troisième trimestre, le groupe a aussi fait état d'un ralentissement de ses ventes en ligne, qui ont explosé depuis le début de la crise sanitaire. Les ventes en ligne ont certes encore grimpé de 59% sur un an au 3e trimestre, mais elles avaient bondi de 84% au 2e trimestre et d'environ 80% sur les deux précédents trimestres. Nike a par ailleurs annoncé qu'il allait reprendre son programme de rachat d'actions.

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