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Wall Street : suffisante, cette purge boursière ?

| Boursier | 715 | Aucun vote sur cette news

Après une brutale purge boursière ayant frappé surtout les grandes valeurs technologiques de la cote sur fond de craintes de survalorisation, la cote...

Wall Street : suffisante, cette purge boursière ?
Credits Reuters

Après une brutale purge boursière ayant frappé surtout les grandes valeurs technologiques de la cote sur fond de craintes de survalorisation, la cote américaine tente un timide sursaut technique avant bourse ce mercredi. Ainsi, le DJIA remonte de 0,4% et le S&P500 de 0,6%, alors que le Nasdaq se redresse de 1,6%. Rien n'est toutefois acquis, alors que la volatilité est bien de retour sur les marchés. Le baril de brut WTI regagne 1,6% sur le Nymex à 37,3$, alors que le Brent s'accorde 1,1%. L'once d'or consolide de 0,2% à 1.938$.

Dans l'actualité économique aux Etats-Unis ce jour, le Département au Travail annoncera à 16 heures sont rapport JOLTS sur les ouvertures de postes du mois de juillet (consensus 5,95 millions d'unités).

Les opérateurs surveilleront par ailleurs demain jeudi le communiqué monétaire et la conférence de presse de la BCE. Alors que les derniers indicateurs macro-économiques montrent que la reprise post-Covid patine en Europe, la banque centrale pourrait se montrer ouverte à de nouvelles mesures de soutien, même si aucun geste concret n'est attendu dès cette semaine par les économistes.

AstraZeneca va connaître une journée difficile. Le groupe pharmaceutique vient en effet d'annoncer la suspension de l'essai clinique de son potentiel vaccin contre le COVID-19, après qu'un participant a contracté une affection inexpliquée. Le processus standard de vérification a été lancé et le groupe a volontairement suspendu les vaccinations, afin qu'un comité indépendant puisse procéder à l'examen des données de sécurité. Le géant pharmaceutique britannique mène l'essai sur ce vaccin en collaboration avec des chercheurs de l'Université d'Oxford, dans plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, où l'affection en question a été signalée.

Le groupe ne fournit pas de précisions à propos de la teneur de l'"affection" en question. La suspension de l'essai aurait par ailleurs eu des conséquences sur les essais cliniques d'autres vaccins d'AstraZeneca, ainsi que sur les essais sur des vaccins contre le COVID-19 menés par d'autres laboratoires, croit savoir le site Stat News, repris par Reuters. Toujours selon Stat News, les laboratoires à travers le monde menant des essais sur un vaccin contre le COVID-19 tenteraient maintenant de déterminer si leurs participants n'auraient pas contracté la même maladie inexpliquée. Le New York Times précise pour sa part, citant une source, que le participant basé au Royaume-Uni serait atteint d'une myélite transverse, syndrome inflammatoire affectant la moelle épinière et souvent déclenché par les infections virales.

L'épidémie du nouveau coronavirus persiste au niveau mondial, mais un ralentissement du rythme d'expansion semble se confirmer dans les pays les plus frappés. Selon les dernières données de l'Université Johns Hopkins, qui fait référence sur le sujet, près de 27,6 millions de cas confirmés sont désormais recensés au niveau mondial, dont 6,33 millions aux Etats-Unis, 4,37 millions en Inde et 4,16 millions au Brésil. La Russie compte 1,03 million de cas confirmés. Le Pérou recense plus de 691.000 cas, la Colombie plus de 679.000 et le Mexique plus de 642.000.

897.833 décès sont désormais recensés dans le monde, depuis l'émergence du virus, le bilan ressortant à 189.680 morts aux USA, 127.464 au Brésil et 73.890 en Inde.

Néanmoins, des signes de ralentissement sont donc perceptibles, même s'ils restent à confirmer, en particulier au Brésil avec "seulement" 14.279 nouveaux cas confirmés de contamination au coronavirus et 504 décès supplémentaires liés à l'épidémie au cours des vingt-quatre dernières heures. Le Brésil compte donc un peu plus de 4,1 millions de cas d'infection et 127.464 décès selon les données gouvernementales... En Inde, la tendance des derniers jours, moins évidente, paraît également traduire un léger ralentissement ou un possible pic en termes de cas quotidiens, alors que le pays était le plus affecté ces dernières semaines.

La Chine, dont les chiffres semblent toujours aussi étonnamment faibles, a recensé pour sa part deux nouveaux cas confirmés de contamination au coronavirus au cours des vingt-quatre dernières heures, qui concerneraient tous des personnes venues de l'étranger à en croire le refrain des autorités sanitaires locales. Il s'agirait ainsi du vingt-quatrième jour consécutif sans transmission locale signalée dans le pays. Officiellement, 85.146 cas de contamination ont été confirmés au total en Chine continentale pour 4.634 décès. Aucun nouveau décès n'a été rapporté ce mercredi...

La Bourse de New York s'était enfoncée dans le rouge hier, toujours sous le poids des valeurs technologiques, qui continuaient de corriger après l'euphorie du mois d'août. Le Nasdaq a plongé de plus de 4%, et est entré officiellement en zone de correction, correspondant à une chute de 10% sur ses récents sommets. Les marchés s'inquiètent du rythme de la reprise post-Covid, mais aussi d'un regain des tensions commerciales après des propos offensifs de Donald Trump sur un possible "découplage" des économies américaine et chinoise. Le pétrole WTI a plongé de près de 8% dans la crainte d'une croissance ralentie, tandis que le dollar a progressé, retrouvant son rôle de valeur refuge.

A la clôture, les principaux indices américains sont retombés à leur plus bas niveau depuis quatre semaines. L'indice Dow Jones a reculé de 2,25% à 27.500 points, tandis que l'indice large S&P 500 a lâché 2,78% à 3.331 pts et que le Nasdaq Composite a abandonné 4,1%, à 10.847 pts. Ce dernier, riche en valeurs "technos" et "biotechs" a désormais perdu 10% par rapport à ses récents sommets, ce qui correspond officiellement à une correction. Le Nasdaq avait atteint le 2 septembre un nouveau record historique à 12.056 points, avant de subir des prises de bénéfices appuyées. Mais il gagne encore près de 21% depuis le début 2020.

Du côté des valeurs, le titre Tesla a dégringolé de 21%, ce qui a fait entrer le titre dans un marché baissier (baisse de plus de 20%) avec un plongeon de 33% depuis le début du mois de septembre... La plus grosse capitalisation de Wall Street, Apple, a chuté de 6,7%.

Donald Trump a jeté un froid lundi soir en évoquant un possible "découplage " des économies américain et chinoise, qui restent très dépendantes l'une de l'autre malgré le retour d'une certaine dose de protectionnisme depuis deux ans sous la présidence de Trump.

En pleine campagne électorale en vue de l'élection présidentielle du 3 novembre, le président républicain a lancé lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche : "Nous perdons des milliards de dollars et si nous ne faisions pas d'affaires avec eux (ndlr, les Chinois), nous ne perdrions pas des milliards de dollars. Ça s'appelle le découplage, donc on va commencer à y penser", a-t-il ajouté. "Si Biden gagne, la Chine gagne car la Chine prendra possession de ce pays", a-t-il ajouté, attaquant son adversaire démocrate Joe Biden.

"Quand on mentionne le mot 'découpler', c'est un mot intéressant", a-t-il ajouté, en assurant que cela ne ferait pas perdre d'argent aux Etats-Unis. Il a aussi promis de relocaliser des emplois de la Chine vers les Etats-Unis, un thème qui était déjà au coeur de sa campagne de 2016.

Parmi les autres facteurs pesant sur la cote ce mardi figure l'incertitude persistante autour du Brexit, après un regain de tension entre Londres et Bruxelles sur les relations post-Brexit. Alors qu'une nouvelle session de négociations a commencé ce mardi, le Premier ministre britannique Boris Johnson a confirmé les informations de presse publiées lundi, en fixant un nouvelle date-butoir au 15 octobre..."Si nous n'arrivons pas à nous accorder d'ici là, je ne vois pas d'accord de libre-échange entre nous", et le Royaume-Uni quittera l'UE fin décembre quoi qu'il arrive, a-t-il averti.

Les cours du pétrole ont dégringolé dans la crainte que la reprise économique mondiale ne s'essouffle, sur fond de crise sanitaire toujours présente, et de tensions commerciales aggravées entre Pékin et Washington. Le baril de brut léger américain (WTI) a plongé de 7,6% à 36,76$, tandis que le Brent d'échéance novembre a reculé de 5,3% à 39,78 le baril. Les deux variétés de pétrole sont désormais revenues au plus bas depuis juin dernier. La semaine dernière, elles avaient déjà baissé de 7,5% pour le WTI sur 5 séances, et de 7% et le Brent de la Mer du Nord.

Face à la faible demande d'or noir, les compagnies du Golfe Saudi Aramco et Abu Dhabi National Oil Co ont annoncé depuis lundi une baisse de leurs prix de vente officiels en Asie pour le pétrole dont la livraison est prévue pour octobre.

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