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Wall Street repart en hausse avec le vaccin Pfizer / BioNTech

| Boursier | 241 | Aucun vote sur cette news

Wall Street est attendu désormais en hausse avant bourse ce mercredi, après sa consolidation légère de la veille...

Wall Street repart en hausse avec le vaccin Pfizer / BioNTech
Credits Reuters

Wall Street est attendu désormais en hausse avant bourse ce mercredi, après sa consolidation légère de la veille. Le Dow Jones gagne 0,5%, le S&P 500 0,3% et le Nasdaq 0,2% en pré-séance, après les bonnes nouvelles relatives au candidat vaccin de Pfizer et BioNTech contre le coronavirus. Le baril de brut WTI prend maintenant 2,3% à 42,6$, alors que l'once d'or perd 0,9% à 1.868$. L'indice dollar cède 0,1% face à un panier de devises de référence.

La tendance n'est toutefois pas euphorique. Les opérateurs restent sur la défensive, alors que les données restent préoccupantes concernant l'épidémie du nouveau coronavirus et que les perspectives de vaccination de masse sont encore un peu éloignées. Par ailleurs, les dernières statistiques publiées à travers le monde montrent une reprise plus timorée.

Néanmoins, les marchés peuvent toujours compter sur la Fed de Jerome Powell. S'exprimant au Bay Area Council Business Hall of Fame, Powell a ainsi indiqué que le temps n'était pas encore venu, et ne le serait pas de sitôt, pour une levée des outils d'urgence de la Réserve fédérale. Le dirigeant de la Fed a ajouté que la Fed ne réfléchirait à une normalisation de son bilan qu'après beaucoup de nouveaux progrès sur les fronts de l'inflation et de l'emploi.

Sur le front économique outre-Atlantique ce jour, les mises en chantier de logements et permis de construire aux Etats-Unis pour le mois d'octobre seront annoncés à 14h30 (consensus 1,46 million pour les mises en chantier, 1,56 million pour les permis). Le rapport hebdomadaire du Département américain à l'Energie concernant les stocks pétroliers domestiques, pour la semaine close au 13 novembre, sera révélé à 16h30.

Charles Evans, John Williams, James Bullard, Raphael Bostic et Robert Kaplan de la Fed, s'exprimeront durant la journée sur diverses questions économiques et monétaires.

L'épidémie de coronavirus ne faiblit pas. Selon l'Université Johns Hopkins, plus de 55,6 millions de cas confirmés ont désormais été recensés à travers le monde depuis l'émergence du virus, dont 11,4 millions aux Etats-Unis, 8,9 millions en Inde et 5,9 millions au Brésil. La France est le quatrième pays le plus touché au monde avec près de 2,1 millions de cas, alors que la Russie se rapproche des 2 millions de contaminations. Le virus a fait 1,34 million de victimes dans le monde, dont 248.687 aux USA, 166.699 au Brésil et 130.993 en Inde.

Les espoirs existent, après les très bons résultats des candidats vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna. Néanmoins, la réalité de court terme en attendant la vaccination est inquiétante. Tokyo a d'ailleurs relevé son niveau d'alerte après une hausse record des infections. La Corée du Sud a durci ses mesures de distanciation sociale après une récente poussée des contaminations. L'Australie a lancé des actions de confinement dans le sud du pays.

Aux Etats-Unis, les hospitalisations ont atteint un record de 73.000 environ et de plus en plus d'Etats annoncent des restrictions face au virus. Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont recensé hier 151.855 nouvelles contaminations par le coronavirus et 762 décès supplémentaires liés à l'épidémie depuis le précédent décompte.

Sur le front commercial, les tensions sino-américaines persistent, attisées par les dernières semaines de présidence de Trump. La SEC, gendarme boursier américain, affiche ses plans qui pourraient mener au 'delisting' (radiation) de titres chinois cotés à Wall Street. Les valeurs Baidu, Alibaba, Sohu et autres JD.com sont donc à surveiller ce jour. L'administration Trump a quant à elle signalé déjà sa volonté de prendre des mesures supplémentaires contre la Chine. Evidemment, le président-élu Joe Biden devrait adopter une attitude nettement plus diplomate dès son entrée en fonctions...

En attendant, Trump n'admet toujours pas sa défaite à l'élection présidentielle et vient d'ailleurs de limoger le responsable national de la cybersécurité qui était notamment en charge des aspects technologiques du vote, Christopher Krebs, directeur de la sécurité du Département de Sécurité Domestique. Trump a estimé que les récents commentaires de Krebs à propos de l'élection étaient "hautement inexacts".

Concernant l'éventuel nouveau plan de relance de l'activité aux USA, enfin, Bloomberg rapporte que le leader de la minorité au Sénat, Chuck Schumer, et la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, ont écrit au leader de la majorité du Sénat Mitch McConnell, lui demandant une reprise des discussions au sujet du plan de stimulus. Le bureau de McConnell aurait toutefois répondu en se référant à son support antérieur à un package réduit de 500 milliards de dollars environ.

Les économistes estiment cependant qu'en cas de dégradation rapide de la situation sanitaire, entraînant de nouveaux confinements, le Congrès pourrait parvenir à s'accorder pendant la période de transition entre Trump et Biden sur un plan de taille modeste (500 à 800 milliards de dollars) afin de soutenir les Américains les plus affectés par la crise.

Lundi soir, Joe Biden a ainsi appelé le Congrès à voter "rapidement" un nouveau plan de "soutien immédiat" à l'économie, et a prédit un "hiver sombre" sur fond de pandémie de Covid. Lors d'un discours prononcé depuis son fief de Wilmington (Delaware), le président élu a réitéré ses principaux objectifs de campagne, notamment la création de trois millions d'emplois "bien payés" et d'un salaire minimum horaire à 15 dollars (contre 7,25 dollars actuellement).

Il a aussi répété sa volonté de mettre en place une "fiscalité équitable" pour faire payer aux grandes entreprises et aux riches une "part juste". Ce projet est l'un des points les moins appréciés par les marché financiers, qui avaient au contraire plébiscité les fortes baisses d'impôts mises en place par Donald Trump après son élection en 2016. Trump avait notamment abaissé l'impôt sur les entreprises de 35% à 21%.

La Bourse de New York a fléchi mardi, au lendemain de records pour le Dow Jones et le S&P 500 dans la perspective de vaccins efficaces contre le coronavirus, annoncés pour les prochaines semaines par Moderna et Pfizer, et sans doute d'autres laboratoires actuellement dans la phase finale de leurs essais cliniques. Les investisseurs espèrent que la reprise économique accélérera courant 2021, mais à court terme, la 2e vague de Covid-19 qui enfle aux Etats-Unis pourrait entraîner un passage à vide, nécessitant davantage de soutien budgétaire et monétaire. Ainsi, les ventes de détail ont un peu déçu en octobre aux Etats-Unis, même si elles ont continué à augmenter.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,56% à 29.783 points, tandis que l'indice large S&P 500 a fléchi de 0,48% à 3.609 pts, après deux records d'affilée, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a lâché 0,21% à 11.899 pts. Le Russell 2000, qui regroupe les petites et moyennes valeurs de la cote américaine, a gagné 0,37%, alignant ainsi trois records consécutifs (ses premiers depuis 2018).

Alors que les cas de coronavirus ont rapidement augmenté depuis la fin septembre, obligeant plusieurs Etats américains à prendre de nouvelles mesures de restriction, les marchés ont observé d'un oeil inquiet hier les derniers chiffres des ventes de détail. Ils ont signalé un ralentissement de la consommation, qui est le principal moteur de l'économie américaine. Ainsi, les ventes de détail ont augmenté de 0,3% en octobre par rapport à septembre, contre +0,4% attendu par le consensus, et en net ralentissement par rapport à septembre, où elles avaient bondi de 1,6% (ce dernier chiffre a en outre été révisé en baisse ce mardi).

Hors automobile, les ventes de détail n'ont augmenté que de 0,2% en octobre, contre 0,5% de consensus et +1,2% un mois plus tôt. Hors automobile et essence, l'expansion de la consommation américaine s'est également limitée à +0,2% en octobre, contre +0,6% de consensus.

En revanche, la production industrielle s'est redressée plus que prévu en octobre, de 1,1% sur un mois contre un consensus placé à +1%, et après un repli de 0,4% en septembre. La production manufacturière est ressortie en hausse de 1%, contre +0,9% de consensus. Le taux d'utilisation des capacités de production s'est établi à 72,8% contre 72,2% de consensus.

Ces dernières semaines, la Réserve fédérale américaine a appelé à la prudence à court terme sur la reprise économique, qui donne des signes d'essoufflement à l'automne, après un redémarrage en flèche pendant l'été, suite à la récession du printemps liée à la pandémie de coronavirus. Les responsables de la Fed, à commencer par son président Jerome Powell, estiment ainsi que l'économie américaine aura encore besoin de soutien monétaire, mais aussi budgétaire, même si les vaccins en cours d'élaboration arrivent sur le marché rapidement. Il faudra en effet des mois pour produire et distribuer massivement les vaccins aux populations américaine et mondiale, sans compter les réticences de certaines personnes vis-à-vis des vaccins ce qui pourrait en diminuer l'efficacité globale.

Si la Fed laisse entendre qu'elle pourrait augmenter le montant de ses achats d'actifs pour soutenir la croissance, la perspective d'un nouveau vaste plan de soutien budgétaire semble s'être éloignée. Soutenue par le parti démocrate du président élu Joe Biden, le plan s'est heurté avant l'élection présidentielle du 3 novembre aux réticences des Républicains, majoritaires au Sénat et qui devraient le rester malgré l'élection de Joe Biden à la Maison blanche.

Dans l'actualité des entreprises cotées à Wall Street ce mercredi, peu de publications. A noter tout de même, les annonces de résultats de Nvidia, Lowe's, Target, L Brands, Jack in the Box, Avaya et TJX.

Les valeurs

Pfizer / BioNTech. Récemment surclassés de ce point de vue par Moderna, l'Américain Pfizer et son partenaire allemand BioNTech viennent d'annoncer ce mercredi que leur candidat vaccin contre le Covid-19 était en fait efficace à 95%, selon l'analyse définitive des essais cliniques de phase 3. Les deux laboratoires prévoient de déposer dans les jours à venir une demande d'autorisation d'urgence aux Etats-Unis auprès de la FDA.

Pfizer et BioNTech avaient annoncé plus tôt ce mois des résultats intermédiaires de phase 3 de leur vaccin contre le nouveau coronavirus faisant ressortir une efficacité de plus de 90% à sept jours après la seconde dose. Les deux groupes ont désormais terminé leur étude de phase 3 sur le candidat vaccin, atteignant tous les critères primaires d'efficacité. L'analyse démontre désormais pour BNT162b2 une efficacité de 95% contre le Covid-19 à partir de 28 jours après la première dose. 170 cas confirmés ont été accumulés pour cette évaluation, dont 162 observés avec le placebo et 8 avec le groupe vaccin. L'efficacité était constante selon les données démographiques relatives à l'âge, au sexe, à la race et à l'origine ethnique. L'efficacité observée chez les adultes de plus de 65 ans était supérieure à 94%.

Le jalon des données de sécurité requis par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis pour l'autorisation d'utilisation d'urgence (EUA) a été atteint. Les données démontrent que le vaccin a été bien toléré dans toutes les populations avec plus de 43.000 participants inscrits. Aucun problème de sécurité grave n'a été observé. Les seuls événements indésirables de grade 3 dont la fréquence était supérieure à 2% étaient la fatigue à 3,8% et les maux de tête à 2%.

Les entreprises prévoient de soumettre dans les jours à venir auprès de la FDA leur demande d'EUA et de partager des données avec d'autres agences de réglementation du monde entier. Les partenaires prévoient de produire dans le monde jusqu'à 50 millions de doses de vaccin en 2020 et jusqu'à 1,3 milliard de doses d'ici la fin de 2021. Pfizer est confiant dans sa vaste expérience, son expertise et l'infrastructure existante de la chaîne du froid pour distribuer le vaccin dans le monde, ajoute le groupe.

Les sociétés ont développé des chargeurs thermiques spécialement conçus et à température contrôlée utilisant de la glace sèche pour maintenir des conditions de température de -70 degrés C ± 10 degrés. Ils peuvent être utilisés comme unités de stockage temporaires pendant 15 jours en se remplissant de glace sèche. Chaque chargeur contient un capteur thermique compatible GPS pour suivre l'emplacement et la température de chaque expédition de vaccins sur les itinéraires prédéfinis en tirant parti du vaste réseau de distribution de Pfizer.

Target, le détaillant discount américain, a publié pour son troisième trimestre des résultats remarquables. Les revenus ont totalisé 22,6 milliards de dollars contre 20,7 milliards de consensus. La marge brute s'est élevée à 30,6%. Le profit opérationnel est ressorti également largement supérieur aux attentes, à 1,93 milliard. Le bénéfice dilué par action a représenté 2,79$ contre 1,6$ de consensus. Les ventes à comparable se sont appréciées de 21% en glissement annuel, avec une progression de près de 10% dans les magasins physiques et une hypercroissance confirmée de 155% dans le e-commerce. La progression de l'activité ralentit très légèrement par rapport au rythme impressionnant du second trimestre (+11% pour les ventes en magasins et 195% de croissance sur Internet).

Lowe's a légèrement raté le consensus de bénéfice pour le troisième trimestre, ce qui devrait peser sur son cours de bourse ce jour à Wall Street. Sur le trimestre clos début novembre, le groupe a réalisé un bénéfice de 1,98$ par titre, en augmentation de 40% en glissement annuel mais 1 petit cent sous le consensus. Les revenus trimestriels ont grimpé de 28% à 22,3 milliards de dollars, contre un consensus de 21,2 milliards. Pour les derniers mois de l'exercice, le groupe envisage une croissance à comparable de 15 à 20%, et un bénéfice ajusté par action allant de 1,1 à 1,20$. Le consensus est de 1,17$ sur la période.

Tesla, déjà dopé hier mardi (+8,2% en clôture) par l'annonce de son intégration prochaine au sein de l'indice large S&P 500, pourrait poursuivre sa progression ce jour. Le dossier bénéficie d'une note favorable de Morgan Stanley, qui vient de relever sa recommandation de 'pondération en ligne' à 'surpondérer' et de porter son objectif de cours de 360 à 540$.

General Motors, le constructeur automobile de Detroit, doit dévoiler demain jeudi les détails d'une vaste stratégie sur le segment des véhicules électriques, afin de convaincre les investisseurs qu'il peut être un concurrent sérieux pour Tesla. C'est du moins ce qu'ont indiqué à Reuters des personnes proches du dossier.

Goldman Sachs, le géant new-yorkais de la banque d'affaires, envisagerait une deuxième vague de suppressions d'emplois, trois mois après avoir annoncé les suppressions de 400 postes. C'est ce qu'ont déclaré hier à Reuters des personnes au fait de la situation.

Boeing, le colosse aéronautique américain, rebondit à Wall Street ce jour. L'administration fédérale américaine de l'aviation (FAA) doit lever ce mercredi l'interdiction de vol visant son 737 MAX, cloué au sol dans le monde entier depuis mars 2019 suite à deux accidents tragiques en Indonésie et en Ethiopie qui ont fait 346 morts en l'espace de cinq mois.

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