Wall Street : rebond en vue ?
Alors que Washington semble vouloir négocier
Wall Street se redresse avant bourse ce mercredi, le Dow Jones s'adjugeant 0,9%, le S&P 500 0,8% et le Nasdaq 0,8% également, alors que les États-Unis auraient élaboré un plan en 15 points visant à mettre fin à la guerre avec l'Iran, selon des sources de Bloomberg proches du dossier. Ce plan soulignerait l'urgence croissante, au sein de l'administration Trump, de résoudre le conflit face à l'aggravation des conséquences économiques. Le président américain a multiplié les efforts pour entamer des négociations avec l'Iran afin de mettre un terme aux combats. Cependant, ces efforts sont entravés selon Bloomberg par l'incertitude qui plane sur la structure des négociations, les participants iraniens et les modalités d'un éventuel accord.
Le plan a été transmis à l'Iran via le Pakistan, selon une source anonyme de Bloomberg. Les détails de cette proposition en 15 points restent flous, bien que Trump ait publiquement laissé entendre que tout accord devrait inclure une interdiction pour l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire ou d'enrichir des matières radioactives à des fins civiles. Le New York Times a lui aussi fait état de ce document.
Après avoir menacé d'attaquer les infrastructures énergétiques iraniennes, Trump a annoncé lundi un report de cinq jours afin de permettre des négociations, évoquant des points d'accord majeurs avec l'Iran.
Hier, une source iranienne a déclaré à CNN que des contacts avaient eu lieu entre les États-Unis et l'Iran et que Téhéran était disposé à écouter des propositions "durables" pour mettre fin à la guerre. "L'Iran ne demande pas de rencontre ni de pourparlers directs avec les États-Unis, mais est disposé à écouter si un plan pour un accord durable, préservant les intérêts nationaux de l'Iran, se profile", a déclaré la source de CNN.
Les cours du pétrole fléchissent nettement ce jour, le baril de brut WTI perdant 4% à 88,6$. Le baril de Brent de la mer du Nord abandonne 4,5% à 95,8$, recul traduisant l'espoir d'une possible initiative diplomatique pour résoudre le conflit au Moyen-Orient, qui dure depuis près d'un mois.
Avant-hier, Wall Street avait déjà tenté un rebond, Trump évoquant des discussions "très fructueuses" avec l'Iran. Mais les médias iraniens avaient démenti et le ministère iranien des Affaires étrangères avait affirmé qu'il n'y avait pas de pourparlers, accusant Trump de gagner du temps pendant que les efforts de désescalade se poursuivent.
"J'ai le plaisir de vous annoncer que les États-Unis d'Amérique et l'Iran ont eu, ces deux derniers jours, des échanges très constructifs et fructueux en vue d'un règlement complet et définitif de nos hostilités au Moyen-Orient. Compte tenu de la teneur et du ton de ces discussions approfondies, détaillées et constructives, qui se poursuivront tout au long de la semaine, j'ai donné instruction au Département de la Guerre de reporter toute frappe militaire contre les centrales électriques et les infrastructures énergétiques iraniennes pour une période de cinq jours, sous réserve du succès des réunions et discussions en cours", avait pourtant expliqué Trump sur son réseau Truth Social.
"Nous avons eu des discussions très, très franches... Nous verrons où elles nous mèneront. Nous avons des points d'accord, des points d'accord majeurs, je dirais même que nous sommes d'accord sur presque tous les points...", avait ensuite insisté Trump devant les journalistes, indiquant que Mojtaba Khamenei serait injoignable et qu'il "ne le considère par comme le chef". MM. Witkoff et Kushner auraient mené ces discussions, qui se seraient "parfaitement déroulées". Interrogé sur l'identité de l'interlocuteur du diplomate américain Steve Witkoff, Trump a expliqué aux journalistes qu'il ne pouvait la divulguer... pour ne pas le mettre en danger, mais qu'il s'agissait d'"une personne de premier plan" en Iran... "Nous avons affaire à l'homme qui, je crois, est le plus respecté et le 'chef'. C'est un peu difficile - nous avons éliminé tout le monde", a résumé Trump, selon lequel l'interlocuteur en question n'est pas le Guide suprême. Il a tout de même précisé qu'il "ne pouvait pas garantir un deal".
La volatilité est donc toujours aussi forte au gré des humeurs de Trump et des réponses de l'Iran. Les tensions s'étaient apparemment accentuées durant le week-end. Le président américain avait déclaré qu'il ne voulait pas de cessez-le-feu et la rhétorique belliqueuse entre États-Unis et Iran s'était intensifiée. Trump avait ainsi lancé un ultimatum de 48 heures, affirmant que si le détroit d'Ormuz restait fermé, il ordonnerait des attaques contre les infrastructures énergétiques iraniennes, Téhéran promettant pour sa part des représailles ciblées sur les infrastructures énergétiques et de désalinisation des pays du Golfe.
Ce mercredi aux États-Unis, les opérateurs suivront les prix à l'import et à l'export de février (13h30, consensus FactSet +0,6% pour les prix à l'import), la balance des comptes courants du 4e trimestre (13h30, consensus -250 milliards de dollars) ou encore le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques américains (15h30).
Les inscriptions hebdomadaires au chômage et l'indice manufacturier de la Fed de Kansas City sont attendus demain. Enfin, vendredi, les marchés prendront connaissance de la balance du commerce international de biens, ainsi que de l'indice du sentiment des consommateurs de l'Université du Michigan.
Concernant la Fed, les marchés anticipent désormais un statu quo monétaire jusqu'à la fin de l'année (probabilité de 69% selon l'outil CME FedWatch) voire même une possible hausse de taux d'un quart de point (probabilité de 21,4%). Stephen Miran de la Fed s'exprime ce mercredi, tandis que Lisa Cook, Miran, Philip Jefferson et Michael Barr prennent la parole demain.
Les informations et conseils rédigés par la rédaction de Boursier.com sont réalisés à partir des meilleures sources, même si la société Boursier.com ne peut en garantir l'exhaustivité ni la fiabilité. Ces contenus n'ont aucune valeur contractuelle et ne constituent en aucun cas une offre de vente ou une sollicitation d'achat de valeurs mobilières ou d'instruments financiers. La responsabilité de la société Boursier.com et/ou de ses dirigeants et salariés ne saurait être engagée en cas d'erreur, d'omission ou d'investissement inopportun.
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote