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Wall Street : la remontée des rendements pèse

| Boursier | 304 | Aucun vote sur cette news

La situation se complique sur la cote américaine

Wall Street : la remontée des rendements pèse
Credits Reuters

La situation se complique sur la cote américaine, après la lourde correction de la veille menée par le Nasdaq. Les marchés sont donc sous pression dans un contexte de remontée des rendements obligataires et de craintes inflationnistes, malgré les espoirs de relance économique et le soutien monétaire toujours affirmé de la Fed. Le DJIA perd 0,2% avant bourse ce jour et le S&P 500 0,3%, alors que le Nasdaq cède 0,4%. Le baril de brut WTI est assez stable à 61,3$. L'indice dollar prend 0,2% face à un panier de devises. Le bitcoin cède 2% sous les 50.000$ sur Bitfinex.

Dans l'actualité économique américaine ce jeudi, la dernière étude Challenger relative aux destructions de postes annoncées par les entreprises pour le mois de février sera communiquée à 13h30. Les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 27 février seront révélées à 14h30 (consensus 760.000).

Les chiffres révisés de la productivité non-agricole américaine pour le quatrième trimestre seront également annoncés à 14h30 (consensus au rythme de -4,7%, +6,7% pour les coûts unitaires du travail).

Les commandes industrielles du mois de janvier seront publiées à 16 heures (consensus +2% en comparaison du mois précédent).

Rappelons également que le rapport gouvernemental sur la situation de l'emploi aux Etats-Unis pour le mois de février sera dévoilé demain à 14h30. Le consensus est de 175.000 créations de postes non-agricoles pour 6,3% de chômage, avec 183.000 créations dans le privé et 16.000 dans le secteur manufacturier. Le taux de participation à la force de travail est attendu à 61,5% et le salaire horaire moyen devrait augmenter de 0,2% par rapport au mois antérieur.

Selon le dernier rapport d'ADP publié mercredi, les créations de postes dans le privé en février se sont chiffrées à 117.000.

Ailleurs dans le monde, il faudra suivre ce matin les ventes européennes de détail et le chômage européen.

Les investisseurs ont levé le pied mercredi à Wall Street, découragés par une nouvelle poussée de fièvre de taux longs souverains, malgré les propos rassurants des banquiers centraux américains et européens concernant le risque de dérapage inflationniste. Le DJIA a cédé 0,39% à 31.270 points, tandis que l'indice large S&P a reculé de 1,31% à 3.819 pts, et que le Nasdaq a perdu 2,7% à 12.997 pts.

Sur les marchés obligataires, la hausse des taux est repartie de plus belle mercredi, après trois séances de détente. Alors que le plan de relance de 1.900 milliards de dollars proposé par Joe Biden est examiné par le Sénat à partir de ce mercredi, les marchés continuent de se demander s'il n'est pas surdimensionné et s'il va entraîner un emballement haussier des prix dans les prochains mois.

Le rendement du T-Bond à 10 ans a frôlé le seuil de 1,50% en séance hier avant de finir à 1,48%, non loin de son pic de 1,54% atteint jeudi dernier en séance, son plus haut niveau depuis janvier 2020. Il évolue à 1,46% environ ce jour. Le rendement du 30 ans a terminé à 2,28% hier et pointe à 2,23% ce jeudi. En février, les taux souverains américains à 10 et 30 ans ont connu leur plus forte poussée haussière depuis 2016. Fin décembre, l'emprunt d'Etat US à 10 ans rapportait 0,9% et le 30 ans 1,66%.

Pourtant, la BCE ne semble pas s'inquiéter d'un risque inflationniste. De même, la Réserve fédérale américaine ne croit pas à un retour durable de l'inflation. Le président de la Fed, Jerome Powell, s'est efforcé de rassurer les marchés la semaine dernière, affirmant que la banque centrale n'a aucune intention de resserrer sa politique monétaire avant longtemps, et estimant que l'économie américaine est loin d'avoir surmonté la crise sanitaire. Il s'est montré peu préoccupé par une flambée durable de l'inflation, laissant entendre que les prix pourraient connaître temporairement un passage au-dessus de l'objectif de 2% de la Fed sans déclencher de remontée des taux directeurs.

Dans son dernier Livre Beige, publié mercredi à deux semaines de sa réunion des 16 et 17 mars, la Fed a estimé que l'économie américaine a continué de croître à un rythme modeste en début d'année, avec des entreprises se montrant optimistes pour les mois à venir, au vu de l'accélération de la campagne de vaccination contre le Covid-19. Toutefois, la situation sur le marché du travail reste contrastée, avec une amélioration lente de l'emploi, relève la banque centrale.

Concernant l'inflation, question qui agite actuellement les marchés financiers, la Fed apporte des éléments contrastés. Elle note que certains détaillants et industriels ont pu relever leurs prix de vente, mais que de nombreux autres n'ont pas été en mesure de le faire.

Concernant le pétrole, notons que les vingt-trois membres de l'Opep+ se retrouvent ce jeudi en réunion plénière, pour statuer sur leur niveau de production à partir du mois d'avril. La hausse des prix du brut et les espoirs de reprise de la demande mondiale pourraient les inciter à accroître leur production. L'Arabie saoudite pourrait ainsi cesser de réduire unilatéralement sa production de 1 million de barils par jour, comme elle l'avait fait en février et mars. En outre, d'autres membres du groupe, dont la Russie, pourrait réclamer une hausse d'au moins 500.000 bj. Certains experts envisagent donc une rallonge assez importante, de 1,5 à 2 millions de barils par jour au total à partir d'avril, ce qui pourrait entraîner une rechute des cours du brut.

Sur le front sanitaire, Joe Biden continue de mettre la priorité sur la campagne de vaccination, et estime désormais que les Etats-Unis disposeront d'ici à la fin mai d'un nombre suffisant de vaccins pour l'ensemble de la population adulte. A ce jour, près de 52 millions d'Américains ont reçu au moins une dose de vaccin, dont 26 millions ont reçu 2 doses. Environ 8% de la population totale sont à ce stade complètement vaccinés.

Le président américain espère que le pays sera en mesure de retrouver une vie normale dans un an, et même peut-être un peu plus tôt, selon l'attitude de la population. Joe Biden s'appuie sur l'augmentation du nombre de vaccins disponibles, depuis que celui de Johnson & Johnson (qui ne nécessite qu'une seule injection) a été autorisé samedi par les autorités de santé américaines, et arrive donc en renfort de ceux déjà approuvés de Pfizer / BioNTech et de Moderna. J&J a en outre passé un accord avec son concurrent Merck & Co, qui va l'aider à produire son vaccin, augmentant les volumes disponibles.

Dans ce contexte, certains Etats américains ont annoncé cette semaine leur intention d'alléger leurs mesures de restrictions face au Covid-19, malgré les mises en garde de l'administration Biden et des Centres de prévention des maladies (CDC) contre un relâchement trop précipité. Les gouverneurs du Texas et du Mississipi se sont attiré de nombreuses critiques en levant notamment l'obligation de porter un masque de protection, tandis que le Michigan a assoupli les contraintes pesant sur l'accueil dans les restaurants et sur les rassemblements publics et privés.

Selon le dernier bilan de l'Université Johns Hopkins, qui fait référence sur la question, le nombre de cas confirmés du nouveau coronavirus dans le monde depuis le début de l'épidémie est désormais de plus de 115 millions, dont près de 29 millions aux USA. Le virus a fait officiellement 2,56 millions de morts dans le monde et plus de 518.000 aux États-Unis.

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