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Wall Street en mode 'recovery'

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Wall Street est attendu en hausse avant bourse ce jeudi

Wall Street en mode 'recovery'
Credits Reuters

Wall Street est attendu en hausse avant bourse ce jeudi. Le S&P500 prend 0,7%, le Nasdaq 0,6% et le DJIA 1,1%. Le baril de brut WTI avance de 1,3% sur le Nymex à 40,3$. L'once d'or se stabilise à 1.781$. Les espoirs de reprise économique mondiale l'emportent pour l'heure face aux craintes de résurgence de l'épidémie de coronavirus. Hier, les opérateurs étaient pourtant préoccupés par la vive hausse des cas d'infection au coronavirus, en particulier aux Etats-Unis.

Hier, l'enquête mensuelle d'ADP sur l'emploi privé aux Etats-Unis, l'ISM américain du secteur manufacturier et les ISM chinois ou européens, ont confirmé l'hypothèse de la reprise en V.

Ce jeudi, et alors que Wall Street est fermé demain pour l'Independence Day, les opérateurs suivront une belle série de statistiques outre-Atlantique, comprenant le rapport officiel sur l'emploi américain (14h30, consensus 3 millions de créations de postes non-agricoles pour 12,4% de taux de chômage en juin), la balance du commerce international (14h30, consensus 53 milliards de déficit en mai), les inscriptions hebdomadaires au chômage (même heure, consensus 1,4 million), ainsi que les commandes industrielles (16 heures, consensus +8,7% en mai, en comparaison du mois précédent).

La bourse de New York a débuté hier le second semestre sur une note partagée, le Dow Jones terminant en léger recul, tandis que le Nasdaq franchissait un nouveau record historique, après des informations encourageantes sur un essai de vaccin anti-Covid-19 testé par le laboratoire Pfizer (+3,2%). Les marchés ont aussi salué aussi l'annonce d'un vif redressement de l'activité manufacturière en juin aux Etats-Unis. Cependant, ils gardent un oeil inquiet sur la hausse des cas de coronavirus dans le pays, avec de nouveaux records quotidiens dans de nombreux Etats, dont la Californie et le Texas.

A la clôture, le Dow Jones a reculé de 0,30% à 25.734 points, tandis que l'indice large S&P 500 a progressé de 0,50% à 3.115 pts et que le Nasdaq Composite, a grimpé de 0,95% à 10.154 pts, effaçant son précédent record du 23 juin dernier à 10.131 pts.

Sur le deuxième trimestre 2020, achevé mardi, le Dow Jones a rebondi de 17,7%, le S&P 500 a repris 20% et le Nasdaq a flambé de 30,5%. L'indice riche en valeurs technologiques et biotechnologiques progresse désormais de 13% depuis le début de l'année, creusant son écart avec les deux autres indices (-9,8% pour le DJIA et -3,5% pour le S&P 500).

En mars, les indices américains s'étaient effondrés de l'ordre de 35% sous l'effet de la crise du coronavirus, avant de rebondir vivement au 2e trimestre après l'annonce de plans de soutien massifs de la Réserve fédérale et de l'Etat américain.

Mercredi, dans un entretien avec 'Fox Business Network', le président américain Donald Trump s'est prononcé en faveur d'un nouveau versement de chèques en faveur des Américains pour les aider à faire face à la crise du Covid-19. Trump a affirmé "je soutiens un tel projet, du moment que c'est organisé correctement".

"Je soutiens même des montants supérieurs à ceux proposés par les démocrates, mais je veux que ce soit fait correctement. La dernière fois (dans le cadre du plan de 2.200 Mds$ adopté fin mars : ndlr) la procédure décourageait les gens de travailler", a-t-il estimé, suggérant que les prochains versements seraient effectués de façon plus sélective que les premiers, qui avaient été envoyés à tous les Américains gagnant moins de 99.000$ brut par an.

L'amélioration de la conjoncture fait relativiser la dégradation de la situation sanitaire aux yeux des investisseurs. Le nombre de nouveaux cas augmente dans plus de 30 sur 50 Etats américains depuis deux semaines, notamment en Californie, au Texas et en Arizona.

Le professeur Anthony Fauci, infectiologue très respecté aux Etats-Unis, a dit s'attendre à ce que le nombre de nouveaux cas flambe à 100.000 par jour (contre environ 40.000 actuellement) si les mesures de distanciation sociales ne sont pas scrupuleusement respectées par la population.

Au moins 16 des 50 Etats américains ont été amenés depuis la fin de la semaine dernière à ralentir, voire à interrompre le processus de réouverture de leurs économies, en raison d'une flambée de nouveaux cas de Covid-19, sur fond de polémique croissante sur le non-respect des mesures de distanciation sociale, notamment le port du masque dans les lieux publics.Le coronavirus a désormais fait plus de 128.000 décès aux Etats-Unis pour plus de 2,68 millions de cas. Au niveau mondial, selon l'Université Johns Hopkins, le virus a contaminé 10,69 millions de personnes et fait 516.210 morts depuis le début de l'épidémie.

Mercredi, dans son entretien avec 'Fox Business Network', Donald Trump a assuré qu'il était favorable au port du masque, mais il a répété qu'il ne pensait pas qu'il fallait le rendre obligatoire. "Je ne sais pas si je suis pour l'obligation. Mais je suis tout à fait pour les masques, je pense que les masques sont bons" pour empêcher la transmission du virus, a-t-il déclaré.

Aux Etats-Unis, le port du masque, qui n'a pas été recommandé jusqu'ici par l'administration Trump, est devenu un sujet plus politique que sanitaire. Les partisans du président américain refusent ainsi souvent de porter un masque par principe, au nom de la liberté individuelle, malgré les injonctions des professionnels de santé.

Face à la flambée de la pandémie, de nombreuses personnalités et élus républicains se sont pourtant publiquement prononcés en faveur du port du masque ces derniers jours, et mardi, la banque d'affaires Goldman Sachs s'est lancée dans le débat, en publiant un rapport intitulé "Masques et PIB". Les stratégistes de GS estiment que le port obligatoire du masque pourrait sauver la reprise américaine en cours, en empêchant le recours à de nouvelles mesure de confinement. "Notre analyse suggère que l'économie pourrait profiter grandement d'une telle décision surtout quand on la compare à l'alternative: un retour à un confinement de grande ampleur", estiment ainsi les auteurs du rapport.

Pour l'instant, l'administration Trump reste discrète sur ce sujet qui divise le pays, préférant mettre l'accent sur le rebond de la croissance observé depuis le déconfinement en mai. En outre, Donald Trump a une nouvelle fois blâmé la Chine, se disant mardi soir "de plus en plus en colère" contre Pékin en voyant le lourd bilan de la pandémie de COVID-19 dans le monde et aux Etats-Unis en particulier.

"Quand je regarde la pandémie répandre son horrible visage à travers le monde, y compris les dégâts qui ont été faits aux États-Unis, je deviens de plus en plus en colère contre la Chine", a-t-il ainsi tweeté.

A l'approche de l'élection présidentielle américaine du 3 novembre, les relations sino-américaines continuent de se tendre, faisant craindre une nouvelle guerre commerciale. Les tensions sont remontées mardi au sujet de la situation de Hong Kong, où la Chine a imposé sa loi de sécurité nationale qui restreint les libertés d'expression dans l'ancienne colonie britannique. Pour protester contre la reprise en main du territoire par Pékin, Washington a annoncé lundi mettre fin à ses exportations de matériel de défense sensible vers Hong Kong. Ce à quoi Pékin a répliqué mardi qu'il y aurait "des représailles" à cette décision.

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