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Wall Street au sommet en attendant la Fed

| Boursier | 194 | Aucun vote sur cette news

La cote américaine profite des espoirs commerciaux et monétaires

Wall Street au sommet en attendant la Fed
Credits Reuters

La cote américaine progresse encore avant bourse ce vendredi, soutenue une fois de plus par les espoirs commerciaux et monétaires, au lendemain de la réunion de la BCE et à cinq jours du verdict de la Fed. Le S&P500 gagne 0,2% en pré-séance, alors que le Nasdaq prend 0,3%. Le DJIA progresse de 0,3%. Le sentiment de marché reste positif, alors que Wall Street renoue désormais, à quelques points près, avec ses sommets historiques... L'indice dollar recule aujourd'hui de 0,2% à 98,1. Les cours du pétrole refluent, le brut WTI abandonnant 0,5% à 54,8$ et le Brent de la mer du Nord régressant de 0,6% à 60$ le baril.

La situation semble par ailleurs grandement s'améliorer sur le front commercial entre les Etats-Unis et la Chine, avant une rencontre à haut niveau programmée début octobre à Washington. Pékin va exclure des produits agricoles tels que le porc et le soja des tarifs additionnels sur les importations de biens américains, indique l'agence Xinhua ce jour, citant des sources officielles.

Sur le front économique ce vendredi, outre-Atlantique, les ventes de détail du mois d'août 2019 seront dévoilées à 14h30 (consensus +0,2% en comparaison du mois antérieur, +0,2% hors automobile, +0,3% hors automobile et essence). Les prix à l'import et à l'export du mois de juillet seront annoncés à la même heure (consensus -0,5% sur les prix à l'import en comparaison du mois précédent, -0,1% sur les prix à l'export). Les stocks et ventes de grossistes aux USA pour le mois de juillet seront communiqués à 16h (consensus 0,3% pour les stocks). Enfin, l'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains pour le mois de septembre mesuré par l'Université du Michigan sera révélé à 16h (consensus 91).

Wall Street a frôlé hier ses record historiques inscrits en juillet dernier, dans l'espoir d'un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine. Les annonces de la BCE pour soutenir la croissance ont aussi soutenu la cote. Des rumeurs évoquant un possible accord intérimaire entre les Etats-Unis et la Chine ont été appréciées, même si elles ont ensuite été démenties. Le cours de l'euro a zigzagué face au dollar, après que Donald Trump a accusé la BCE d'agir pour déprécier la devise européenne.

Les indices américains ont cependant vu leurs gains s'éroder quelque peu à la clôture. L'indice Dow Jones a gagné 0,17% à 27.182 points, signant sa 7ème séance consécutive de hausse, et finissant à 0,6% de son record historique de juillet. L'indice large S&P 500 a progressé de 0,29% à 3.009 pts (à 0,5% de son record) et le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, a avancé de 0,3% à 8.194 pts, à 1,7% de son record (8.330 pts).

Sur le front commercial, des informations de presse ont fait état d'un projet d'accord intermédiaire entre les Etats-Unis et la Chine, qui porterait sur un nombre limité de sujets, en attendant un accord plus global trop complexe à atteindre actuellement. Cette information a cependant été démentie par la Maison blanche en cours de séance. Les marchés ont néanmoins apprécié l'annonce par Donald Trump d'une concession à la Chine, sous la forme d'un report de deux semaines des surtaxes douanières sur 250 milliards de dollars de produits chinois importés aux Etats-Unis. Ces surtaxes entreront en vigueur le 15 octobre au lieu du 1er octobre, ce qui offre une nouvelle marge de manoeuvre aux négociateurs. Cette promesse intervient au lendemain d'un geste de conciliation de Pékin, qui a accepté de retirer certains produits américains de la liste des produits surtaxés par la Chine.

Les questions monétaires ont également agité les marchés financiers ce jeudi. Depuis Francfort, la BCE a annoncé une série de mesures fortes, à commencer par la baisse du taux de dépôt de -0,4% à -0,5%, accompagné d'un système de modulation pour épargner les banques distribuant le plus de crédit. La banque centrale européenne va en outre reprendre ses rachats d'actifs (QE) au rythme de 20 milliards d'euros par mois, à compter du 1er novembre et sans limite de date. Enfin, les prêts ciblés de la BCE aux banques (TLTRO) verront leurs conditions d'attribution évoluer. Cependant, certains investisseurs espéraient des gestes encore plus spectaculaires (une baisse des taux plus importante et un QE plus volumineux. Ces annonces ont provoqué des mouvements erratiques sur la paire euro/dollar. Cette volatilité a accompagné un échange d'amabilités entre Donald Trump et Mario Draghi, le président de la BCE.

Trump a ainsi vivement réagi aux annonces de la BCE en estimant qu'elle "essaie et est en train de réussir, à déprécier l'euro face à un dollar TRES fort, pénalisant les exportations américaines..." Le président américain s'en est une nouvelle fois pris à la Réserve fédérale américaine, qui se réunira les 17 et 18 septembre, en persiflant : "Et la Fed reste assise, assise... Ils (la BCE) se font payer pour emprunter de l'argent, tandis que nous payons des intérêts". Mercredi, Donald Trump avait traité les banquiers centraux américains de "crétins" (Boneheads) et leur avait réclamé de ramener les taux à zéro, voire en terrain négatif pour soutenir la croissance aux Etats-Unis... Lors de sa conférence presse Mario Draghi a répondu sèchement à Donald Trump que la BCE avait "un mandat. Nous recherchons la stabilité des prix et nous ne visons pas de taux de change. Point final".

Aux Etats-Unis, les marchés anticipent une baisse des taux d'un quart de point de la Fed mercredi prochain, qui ramènerait le taux des "fed funds" à 1,75%-2%. L'outil FedWatch du CME Group montre que les traders anticipent au total deux ou trois baisses de taux d'ici à la fin de l'année. Vendredi dernier, le président de la Fed, Jerome Powell, avait indiqué que la banque centrale ne prévoyait pas de récession aux Etats-Unis, mais que l'économie américaine faisait face à des risques baissiers "significatifs".

Le pétrole a reculé jeudi pour la 3ème séance d'affilée. Le brut pâtit de doutes sur le niveau de réduction de la production de l'Opep+. Le nouveau ministre saoudien de l'Energie a déclaré jeudi qu'aucune nouvelle baisse de production ne serait décidée avant la réunion semestrielle de l'Opep en décembre. Le pétrole a aussi reculé depuis que des signes de réchauffement des relations entre les Etats-Unis et l'Iran ont pointé, après le limogeage par Donald Trump de son conseiller à la Sécurité nationale John Bolton. Selon l'agence 'Bloomberg', Trump préparerait même une rencontre avec le président iranien Rohani avant la fin septembre. Autre facteur négatif pour le pétrole : l'Agence d'Information sur l'Energie américaine (EIA) et l'Opep ont toutes deux revu en baisse cette semaine leurs prévisions de croissance de la demande mondiale de pétrole brut pour cette année et 2020.

De son côté, l'or a signé jeudi sa deuxième séance de rebond, après sa récente correction de plus 3%. Le métal jaune a ainsi repris jeudi 0,19% à 1.506$ l'once (contrat à terme de décembre sur le Comex). Il poursuit sa route ce matin avec un gain de +0,5% à 1.514,5$.

Sur le plan macro-économique aux Etats-Unis, l'inflation sous-jacente s'est accélérée en août pour atteindre son plus haut niveau en rythme annuel depuis juillet 2018 à 2,4%, ce qui pourrait inciter la Fed à ne pas abaisser trop vite ses taux directeurs. Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont par ailleurs diminué la semaine dernière, à 204.000, leur plus bas niveau depuis avril.

Enfin, le déficit budgétaire des Etats-Unis s'est un peu réduit en août à 200 milliards de dollars (-6% sur un an), grâce à l'activité économique relativement solide qui a permis une hausse des recettes, notamment issues des tarifs douaniers. Cependant, le déficit cumulé sur 11 mois dépasse désormais les 1.000 milliards de dollars, pour la première fois depuis 7 ans, à un mois de la clôture de l'exercice fiscal.

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