En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des statistiques d'audience et vous proposer des services ou publicités adaptés à vos centres d'intérêt.  En savoir plus  J'accepte

  Votre navigateur (${ userBrowser.name + ' ' + userBrowser.version }) est obsolète. Pour améliorer la sécurité et la navigation sur notre site, prenez le temps de mettre à jour votre navigateur.      
4 773.30 PTS
+0.40 %
4 772.0
+0.39 %
SBF 120 PTS
3 789.25
+0.34 %
DAX PTS
10 789.19
+0.45 %
Dowjones PTS
23 675.64
+0.35 %
6 491.52
+0.00 %
1.141
+0.38 %

Visites d'Etat et gros contrats: gare aux effets d'annonces

| AFP | 1030 | 3 par 2 internautes
Présentation de divers véhicules blindés de Nexter au salon de Villepinte (Seine-Saint-Denis) le 13 juin 2016
Présentation de divers véhicules blindés de Nexter au salon de Villepinte (Seine-Saint-Denis) le 13 juin 2016 ( Jacques DEMARTHON / AFP/Archives )

Gare aux effets d'annonces: les signatures de contrats commerciaux se chiffrant en milliards d'euros ou de dollars, passage obligé de toute visite de chef d'Etat à l'étranger, recouvrent des accords hétéroclites, et pas toujours contraignants.

Le voyage officiel en Chine d'Emmanuel Macron, du 8 au 10 janvier, devrait comporter son lot d'annonces économiques, comme déjà le déplacement effectué en décembre au Qatar par le président français.

A cette occasion, Paris avait annoncé la signature de contrats pour 11,1 milliards d'euros. Pour arriver à ce total, il faut par exemple compter une "lettre d'intention" pour l’achat de véhicules blindés de Nexter, d’un montant allant de 1,5 à 3,2 milliards d'euros.

Or une lettre d’intention doit généralement être traduite en protocole d’accord, puis en commande ferme, avant que le contrat n'aboutisse effectivement, un processus qui peut prendre des années.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président chinois Xi Jinping le 7 juillet 2014 à Pékin
La chancelière allemande Angela Merkel et le président chinois Xi Jinping le 7 juillet 2014 à Pékin ( ANDY WONG / POOL/AFP/Archives )

En 2014, par exemple, le ministère français de la Défense se félicite de la signature d'une lettre d'intention portant sur l'achat par le Qatar d'hélicoptères fabriqués par Airbus, pour un montant de près de 2 milliards d'euros. Près de quatre ans plus tard, la commande n'a toujours pas été concrétisée.

Mais il ne s'agit pas d'une spécificité française, loin de là. Tout voyage officiel de la chancelière allemande Angela Merkel en Chine notamment s'est jusqu'ici accompagné de cérémonies de signatures diverses et variées - y compris au bénéfice du constructeur aéronautique européen Airbus, dont les succès peuvent être revendiqués aussi bien par Paris que par Berlin.

Le président américain Donald Trump a lui porté cette pratiques d'annonces commerciales spectaculaires à de nouveaux sommets. En visite en Chine début novembre 2017, il se targue d’avoir signé pour 250 milliards de dollars de contrats. Energie, aéronautique, technologie ou agroalimentaire, Donald Trump n'oublie aucun secteur ou presque.

L'avalanche d'accords est qualifiée de "véritable miracle" par le ministre chinois du Commerce, Zhong Shan.

Mais derrière le chiffre rond se mêlent des dossiers déjà anciens, de simples lettres d’intention ou des accords sans promesse de financement.

James McGregor, président pour la Chine du cabinet APCO Worlwide, y voit à l'époque un exemple de "politique à l'ancienne: un dirigeant arrive et tire prestige d'une série d'accords déjà en cours, auxquels d'autres sont ajoutés pour arriver à un gros chiffre".

L'échelonnement des procédures commerciales, ou alors la souscription d'options d'achat, peuvent permettre de décliner une seule transaction en plusieurs variations.

Les accords commerciaux entre Paris et New Delhi illustrent particulièrement bien le décalage qui peut exister entre des annonces fracassantes, et leur mise en oeuvre concrète.

Exemple: la vente prévue par la France de réacteurs nucléaires à l'Inde.

Le premier protocole d'accord est signé en 2009. Lors d'une visite du président François Hollande en janvier 2016, le groupe EDF et son homologue indien Nuclear Power Corp of India Ltd concluent ensuite un protocole de coopération relatif à la construction de six EPR dans l'ouest du pays. Début 2018, le chantier n'a toujours pas démarré.

L'achat par l'Inde d'avions de chasse Rafale a également tourné au feuilleton.

En janvier 2012, New Delhi sélectionne l'appareil de Dassault dans le cadre d'un colossal appel d'offres de 12 milliards de dollars visant à lui livrer 126 avions de chasse. L'exécutif d'alors - le président Nicolas Sarkozy et son Premier ministre François Fillon - y voit une récompense de la "ténacité de l'industrie comme du gouvernement".

Mais il a fallu attendre septembre 2016 pour que l'Inde passe finalement commande de 36 Rafale.

Au-delà de la teneur commerciale, la signature de ces contrats a surtout une valeur diplomatique et un intérêt de communication politique. Pour Lucie Béraud-Sudreau, chercheuse à l’International Institute for Strategic Studies (IISS) et spécialiste des questions d’exportation d’armement, "cela montre qu’on se bat pour le développement de l’emploi et pour les industries".

Même si, confirme-t-elle, une bonne partie de la somme engagée ne se traduit pas toujours par des retombées pour l’économie du pays concerné: "Dans l’effet d’annonce, on ne retient que le chiffre, pas les détails".

 ■

Copyright © 2018 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
2 avis
Note moyenne : 3
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
CONTENUS SPONSORISÉS
À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 19/12/2018

L'équipe d'analystes de TradingSat.com a sélectionné pour les investisseurs actifs désireux de diversifier leur portefeuille un certificat, qui réplique l'inverse de la dynamique des cours du…

Publié le 19/12/2018

D'un point de vue graphique, le titre est orienté à la hausse, soutenu par une oblique haussière depuis la mi-octobre. Du côté des indicateurs techniques, les moyennes mobiles à 20 et 50…

Publié le 19/12/2018

Ceconomy lance son troisième avertissement sur résultat de l’année, et inquiète un peu plus les investisseurs. Ainsi le titre du groupe allemand décroche de 10,71% à 3,25 euros en bourse,…

Publié le 19/12/2018

Evolution possible du capital...

Publié le 19/12/2018

Après sa forte chute de la veille, Solocal Group se ressaisit légèrement, sur un gain de 1% à 0,504 euro...