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L'Assemblée valide largement les recettes du budget 2019 et enchaîne avec la Sécu

| AFP | 1008 | 4.50 par 2 internautes
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire à l'Assemblée nationale à Paris, le 17 octobre 2018
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire à l'Assemblée nationale à Paris, le 17 octobre 2018 ( Eric FEFERBERG / AFP/Archives )

L'Assemblée nationale a largement approuvé mardi le volet "recettes" du deuxième budget du quinquennat, malgré les vives critiques des oppositions sur une baisse du pouvoir d'achat, qui vont se répéter dans les débats sur le financement de la Sécu et la hausse de CSG.

Pour cette première lecture, 346 LREM-MoDem ont voté pour, 181 contre (Gauche et LR) et 27 se sont abstenus (essentiellement UDI-Agir et "Liberté et Territoires) sur ce volet dans la lignée du premier budget Macron. La partie "dépenses" sera examinée à partir du 30 octobre, et l'ensemble doit être adopté définitivement avant fin décembre.

Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin et des Finances Bruno Le Maire ont défendu durant une longue semaine de débats les "engagements tenus", en premier lieu à l'égard de l'Europe, avec un déficit à 2,8% du PIB, sous la barre des 3%, alors même que la Commission vient de rejeter le budget italien - une première.

Au nom du groupe LREM, Bénédicte Peyrol a vanté "un budget responsable" et sans "grand soir fiscal" mais avec un "enrichissement du socle" posé l'an dernier. Et ce, "sans compromettre le pouvoir d’achat", d'après Jean-Noël Barrot (MoDem).

Mais certains élus de la majorité ont durant les débats porté les doléances de leurs administrés, notamment retraités, pour tenter d'infléchir la ligne - signe d'un début de contestation.

Pour 2019, le gouvernement met en avant près de 19 milliards de baisse d'impôts et cotisations pour les entreprises, 6 milliards pour les ménages (dont 3,8 via une nouvelle baisse de la taxe d'habitation) - un chiffre vivement critiqué par les oppositions comme masquant des transferts et ne reflétant pas le vécu des Français.

L'ensemble de la gauche a bataillé, mais en vain, en faveur de mesures de "justice", pour rétablir l'ISF ou supprimer la flat tax de 30% sur les revenus de l'épargne, deux mesures emblématiques votées il y a un an.

C'est "toujours plus aux riches" selon les Insoumis, et avec une "boussole libérale" d'après les communistes. "C'est un budget d'imposture s'agissant du pouvoir d'achat et aussi de la transition énergétique", jugent les socialistes.

Les UDI-Agir ont critiqué une "absence de vision claire", le groupe "Libertés et territoires" a pointé "l'urgence territoriale et sociale".

- 'matrice libérale' -

Les Républicains estiment "les classes moyennes, les retraités et les ruraux" qui vont "payer la note", notamment via les hausses de taxes sur les carburants.

Le Premier ministre a assumé la hausse du prix du diesel, une "mesure courageuse" pour réduire "l'utilisation constante et croissante du fioul", tout en assurant qu'il faut "accompagner ceux qui sont les plus fragiles".

Sitôt après le vote, l'Assemblée s'est plongée dans le budget de la Sécurité sociale, en excédent pour la première fois depuis 18 ans. L'examen de ses plus de 50 articles est prévu jusqu'à la fin de la semaine.

Parmi les mesures phares figurent le futur "reste à charge zéro" pour certaines lunettes, prothèses dentaires et auditives, la concrétisation des plans santé et pauvreté mais aussi le quasi-gel des prestations sociales et une incitation accrue aux médicaments génériques.

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a affirmé son "ambition" de conforter "un État providence" par l'investissement dans "notre système de santé" et "la protection des plus fragiles".

Une présentation qui n'a pas convaincu la gauche. "Ce budget ne répond pas aux enjeux, ne permet pas de faire face aux besoins de santé et de protection sociale du pays. Il s'inscrit dans la complémentarité d'un projet de loi de finances injuste qui reste dans une matrice libérale", a dénoncé le communiste Pierre Dharréville dans une motion de rejet.

"Nous sommes trop attachés au modèle social français universel, protecteur, fraternel et juste, pour voter ce texte qui remet en question l'autonomie financière de la Sécu", a appuyé Joël Aviragnet (PS) tandis que François Ruffin (LFI) fustigeait des mesures "pas à la hauteur".

Également critiques, les députés LR et UDI-Agir ont expliqué attendre du débat des avancées sur ce texte jugé "pauvre" et manquant de "réformes structurelles".

"Il ne faut plus seulement transformer le système de santé, il faut le reconstruire. Sans réforme de fond, le beau vaisseau de la sécu ne se maintiendra pas longtemps à flot", a lancé Jean-Carles Grelier en défendant au nom du groupe LR un renvoi en commission du texte qui a été rejeté.

"j'ai rêvé qu'à un moment la politique ne soit pas de la démagogie, de la gesticulation oratoire. J'entends ici la voix des lobbies que j'ai combattus", lui a répondu Agnès Buzyn.

parl-reb-pr/

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